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Le Québec est convié au défi de la diversité

La commission Taylor-Bouchard entend ratisser plus large que les accommodements raisonnables

Clairandrée Cauchy   15 août 2007  Québec
Charles Taylor et Gérard Bouchard sillonneront le Québec pour prendre le pouls de la population.
Photo : Jacques Grenier
Charles Taylor et Gérard Bouchard sillonneront le Québec pour prendre le pouls de la population.
La Commission sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, présidée par les intellectuels Charles Taylor et Gérard Bouchard, sillonnera le Québec cet automne pour sonder les coeurs et les âmes des citoyens, non seulement sur la question des accommodements raisonnables, mais aussi sur la laïcité, les modèles d'intégration des immigrants, les relations interculturelles et l'identité québécoise.

Le duo Taylor-Bouchard entend mener une vaste consultation qui le mènera dans 17 villes du Québec, du 10 septembre au 30 novembre. Les participants sont invités à y soumettre un mémoire, à livrer un témoignage ou à participer à des forums de discussion.

Les commissaires, qui ont dévoilé hier l'horaire des consultations publiques et leur fonctionnement, ont indiqué leur souhait de donner la parole aux citoyens pour aller au fond du malaise identitaire. Depuis une dizaine d'années, le débat sur les questions de l'immigration et de la diversité culturelle s'est déroulé «surtout parmi les élites, les intellectuels et les chercheurs, laissant de côté la population, ce que plusieurs appellent le vrai monde», constate M. Bouchard. Les commissaires entendent donc libérer cette parole, lui laissant un espace pour s'exprimer de façon directe.

Au cours de la tournée régionale, une soirée sera réservée à des forums de discussions, qui seront suivis d'une journée d'audience plus formelle, où il y aura présentation de mémoires et de témoignages verbaux. Un site Internet accueillera également les commentaires des citoyens. L'Institut du Nouveau Monde (INM) ouvrira le bal des consultations en tenant, le 24 août prochain, un forum avec quelque 250 jeunes, dans le cadre de son école d'été. L'INM organisera également trois autres forums nationaux: sur l'islam, sur le contrat moral qui lie la société d'accueil et les personnes issues de l'immigration ainsi que sur les valeurs communes des Québécois.

Au-delà du rouage de l'accommodement

C'est à un débat large, qui dépasse de beaucoup le concept strictement juridique de l'accommodement raisonnable, que nous convient les deux commissaires. Certes, ils entendent faire une recension des pratiques d'accommodements et tenter de dégager des balises pour guider les institutions appelées à aménager (ou non) leurs règles et leur fonctionnement pour accommoder les Québécois issus de la diversité culturelle. Mais la réflexion ne se limitera pas à cet exercice. Au terme de cinq mois de cogitation et d'organisation, les deux coprésidents en sont venus à la conclusion que la réflexion devrait s'aventurer plus loin.

«On ne peut débattre de la question de la raisonnabilité à moins de débattre de ce que c'est, un bon régime de laïcité ou un bon modèle d'intégration», illustre le philosophe Charles Taylor.

Le document de consultation ratisse large, lançant la réflexion sur les valeurs communes, la place de la culture canadienne-française au sein de la culture québécoise, la laïcité et le statut du catholicisme, les niveaux d'immigration, l'intégration des immigrants...

«Nous nous sommes bien aperçus que le débat sur les accommodements raisonnables en cachait un autre. Les gens ne sont pas passionnés par les raffinements techniques du rouage juridique de l'accommodement raisonnable. Ils s'intéressent au genre de rapports qui sont en train de s'instituer entre la culture majoritaire, la culture d'accueil et celles des néo-Québécois», fait valoir l'historien et sociologue Gérard Bouchard.

Débat complexe

Le professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi et titulaire de la chaire de recherche sur la dynamique comparée des imaginaires collectifs reconnaît toutefois qu'en définissant ainsi son mandat, la commission qu'il préside embrasse un débat complexe. «Si on descend au fond des choses, nous risquons de nous avancer sur des terrains glissants. Nous nous sommes aperçus également que c'est précisément là où il fallait aller. [...] Nous verrons où cela nous mènera.»

C'est l'identité québécoise qui est dans la mire de ces deux intellectuels, qui s'adjoindront un comité-conseil de 15 universitaires de diverses disciplines. «C'est comme si les Québécois d'origine canadienne-française avaient l'impression que leur culture connaît une sorte de vide, alors que la culture des autres est très vivante. Il y a ce qu'on pourrait appeler un problème identitaire très sérieux parmi les Québécois d'origine canadienne-française», constate M. Bouchard.

La situation particulière des Canadiens français, minoritaires au Canada et en Amérique du Nord mais majoritaires au Québec, contribue à ce malaise identitaire, précise M. Bouchard. Ces derniers en viennent à se comporter comme une minorité au sein du Québec, craignant pour leur culture. M. Bouchard cite comme exemple le fait que plusieurs Canadiens français sont inquiets du port du voile islamique, pourtant arboré par un infime pourcentage de la petite minorité musulmane. «Il faut dans une certaine mesure faire l'apprentissage de la majorité, se comporter comme une majorité», poursuit M. Bouchard.

Laïcisation rapide

Autre caractéristique propre au Québec: la laïcisation rapide de la société conjuguée aux luttes pour l'émancipation des femmes rend plusieurs Québécois, particulièrement des femmes, craintifs face à un retour du religieux dans l'espace public, observe M. Bouchard. La commission s'associera d'ailleurs à la chaire Claire-Bonenfant en études féministes pour prendre en compte les impacts de ses recommandations sur les femmes.

Les commissaires font valoir que la crise, qui a éclaté il y a quelques mois quand les médias ont exposé maints exemples d'accommodements, ne se limite pas au Québec. «Toutes les nations en Occident sont confrontées exactement au même genre de problème. Aucune n'a trouvé la solution. Nous pensons que notre commission peut contribuer, avec les Québécois, à faire avancer un débat international fondamental», conclut M. Bouchard.

La commission, qui coûtera cinq millions de dollars, poursuivra ses travaux de consultation tout l'automne. Elle devrait remettre son rapport au gouvernement le 31 mars prochain.

***

Pour plus d'information: www.accommodements.qc.ca
 
 
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  • Kim Cornelissen
    Inscrite
    mercredi 15 août 2007 07h09
    Les hommes ne peuvent pas représenter les femmes
    C'est une grave erreur que d'avoir nommé deux hommes à la tête de la commission. On le voit déjà dans leur premier texte d'opinion: alors que l'égalité entre les femmes et les hommes est au coeur du problème, ils n'en ont fait aucunement mention. Le fait qu'il y ait un comité majoritairement composé de femmes et l'appui de la Chaire Bonenfant ne changera pas ce fait: encore une fois, l'égalité entre les femmes et les hommes sera traitée quand ça adonnera, parce qu'ils n'y penseront pas spontanément. Ils ont d'ailleurs dit que l'inégalité inquiétait les femmes; or, le souci de l'égalité devrait toucher l'ensemble de la société, à commencer par eux.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 07h19
    Il y a plus d'immigrants au Québec (12%) qu'aux usa (11,1%)
    On aime bien se comparer aux USA. C'est toujours plus beau au sud. Les routes sont meilleures, leurs hopitaux sont meilleurs, leurs universités sont meilleures, leur télé est meilleure, leurs taxes sont plus basses, le pays est puissant et attirent plus d'immigrants (on est tellement racistes!). Pourtant le Québec compte maintenant plus d'immigrants que les USA, plus d'immigrants que tous ces États:


    http://www.gcir.org/about_immigration/usmap.htm


    L'Oregon a 8,5% d'immigrants
    Le Montana 1,1%
    L'Idaho 4,9%
    L'Utah 3,1%
    Le Wyoming 2,3%
    Le Nord-Dakota 1,9%
    Le Sud-Dakota 1,8%
    Le Nebraska 4,4%
    Le Kansas: 5%
    L'Oklahoma 3,8%
    Le Minnesota 5,3%
    L'Iowa 3,1%
    Le Missouri 3,7%
    L'Arkansas 2,8%
    La Louisiane 2,6% (c'est à coté du Mexique)
    Le Wisconsin 3,6%
    Le Michigan 5,3% (c'est Détroit!)
    L'Indiana: 3%
    L'Ohio 3% (c'est l'un des plus populeux du pays)
    Le Kentuky 2%
    Le Tennesse 3,8%
    Le Mississipi 1,4%
    La Géorgie 7% (c'est l'État d'Atlanta)
    La Caroline du Sud 2,9%
    La Caroline du Nord 5,7%
    La Virginie: 8,1%
    La Virginie occ 1%
    Maryland 5,8% (c'est l'État de Baltimore)
    Delaware 5,7% (c'est une banlieue de Washington)
    La Pennsylvanie (c'est Philadelphie) 4,1%
    Le Rhode Island 11,3%
    Le Connecticut 10,9% (c'est une banlieue newyorkaise)
    Le Vermont 3,8% (ce sont nos voisins)
    Le NH 4,4% (ce sont nos voisins)
    Le Maine 2,9% (ce sont nos voisins)
    L'Alaska 5,9% (ce sont des Nordiques comme nous)


    Pourquoi le Québec aurait-il besoin de 12% alors que la Pennsylvanie fonctionne très bien avec 4%?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 07h34
    LES RELIGIONS, à la maison s.v.p.
    Est-ce que le défi à la diversité implique qu'il faut être multiculturel au Québec avec les religions étalées sur nos trottoirs et places publiques ?

    Ça ne nous dérangerait pas trop, sauf pour ceux qui nous bloquent le chemin, à genoux sur leur tapis, le nez à terre, pour leurs prières.

    Que chacun pratique donc sa religion dans sa maison et son temple et la guerre, souvent causée par les religieux, aura moins de chances de nous arriver ici.

  • Max Roujeon
    Abonné
    mercredi 15 août 2007 10h22
    Noyer le poisson et aller chercher des votes, c'est le mot d'ordre!
    Avis : Je vais limiter mon intervention aux gens de religion islamique (j'espère que j'écris cela correctement car je ne souhaite pas les choquer).
    Faire une commission d'enquête sur ces accommodements est une insulte à ces communautés.
    Cela revient à les inciter à rejeter un commandement fondamental du Coran!
    D'où je sors ça?
    D'un «fait divers» qui eut lieu en Allemagne cette année.
    J'ai vu cela aux nouvelles : le 22 mars 2007 à TV5 à midi et ce fut repris à RDI à 19h00.

    Ça se passe en Allemagne à Frankfort :
    Une femme musulmane demande le divorce parce que son mari la bat.
    LA juge lui refuse le divorce arguant que c'est OK et c'est de sa faute selon le Coran.
    (Je suppose qu'elle ne voulait pas se mettre la communauté arabe mâle à dos)
    Mais...coup de théâtre!
    L'imam de Frankfort Ismael Sabeghi s'objecte et remet le jugement en question!
    Elle a droit au divorce selon lui !
    La raison?
    Vous êtes bien assis?
    Voici ce que l'Iman a dit :
    Il est écrit dans le Coran, (il a référé à la page où c'est inscrit, mais je suis arrivé trop tard pour la noter j'étais en train d'écrire son nom) que :
    «...Quand tu immigres dans un autre pays, tu DOIS te soumettre aux lois de ce pays...!!!
    Alors...?
    Une commission avec l'objectif décrit de vérifier les accommodements ne fera qu'inciter à transgresser les lois du Coran si j'en crois cet Imam qui connaît sans doute mieux le Coran que les 15 universitaires réunis pour cette mascarade de commission.
    Je vous laisse avec ça, vous avez les moyens de vérifier cette info, je ne fais que vous transmettre ce que j'ai vu et entendu.
    Ma position? Que tous les gens d'origine différentes vivent comme ils le veulent en autant qu'ils n'imposent pas aux autres leur façon de vivre ET respectent les us et coutumes du pays où ils se trouvent et où ils ont choisi de vivre, comme le dit si bien le Coran.
    Pas besoin de commission de 5 millions de dollars pour ça.
    Les libéraux ne peuvent pas être stupides à ce point, sans doute voient-ils là une occasion d'aller chercher du capital de sympathie (on est à l'écoute...) pour des élections proches, et de planter l'ADQ qui commence à leur faire peur, tout en graissant la patte de leurs fidèles sympathisants. Avouons que c'est une possibilité. Je préfère cela, à penser que nous sommes gouvernés par des imbéciles.
    Si vous n'aimez pas ce que j'écris, dites le à Ismael Sabeghi, l'Imam de Frankfort. Moi, j'ai tendance à le croire car la civilisation musulmane en est une de respect d'intelligence et de raffinement et de...sagesse!

  • André Loiselet
    Abonné
    mercredi 15 août 2007 10h40
    Fallait y penser
    Bonne idée politique que cette consultation. Les deux sages admettront peut-être que la question identitaire serait amplement résolue si la nouvelle nation (québécoise)canadienne-française se couplait à un nouveau pays (le Québec.

    Nous accueillons au Canada (pays) des gens que nous préférerions voir débarquer chez nous, au Québec (province en instance de devenir pays). Quelle commission pourrait leur faire comprendre cet imbroglio?

    L'espace publique, ici, devrait être laïque et l'immigrant devrait se conformer au modus vivendi du VRAI pays d'accueil
    avant même son départ. Il devrait aussi s'efforcer à comprendre que la pays "Canada" possède deux langues officielles, ce qui ne signifie pas nécessairement le bilinguisme même si le Québec est la seule province bilingue dans le fait quotidien.

    Bref, nos deux éminents penseurs ne pourront pas éluder la notion de pays identitaire, endroit familial s'il en est, à l'intérieur de leurs nécessaires tergiversations.

    Il est étonnant que cette suggestion d'enquête vienne des libéraux...Il demeure vrai qu'ils avaient une patate chaude dans le gorgoton avec les "accommodements".

    Il ne faudrait pas, non plus, que la "diversité" serve à noyer le poisson comme la bibitte du "multiculturalisme" l'avait fait grâce à un autre sage de salon.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 11h37
    Rire du monde!
    "Les gens ne sont pas passionnés par les raffinements techniques du rouage juridique de l'accommodement raisonnable."

    Faut surtout pas en parler! Car c'est le coeur du problème. La charte du multiculturalisme à Ottawa.
    C'est trop complexe pour nos moutons.

    «Si on descend au fond des choses, nous risquons de nous avancer sur des terrains glissants. Nous nous sommes aperçus également que c'est précisément là où il fallait aller. [...] Nous verrons où cela nous mènera.» (Gérard Bouchard)

    Oui! C'est çà la solution pour éviter la question essentielle juridique. Glissons le débat dans un gouffre profond!

    "...la laïcisation rapide de la société conjuguée aux luttes pour l'émancipation des femmes rend plusieurs Québécois, particulièrement des femmes, craintifs face à un retour du religieux dans l'espace public, observe M. Bouchard."

    La laïcisation (séparation de l'État et l'Église) rend les femmes craintives à un retour du religieux!
    Il fume quoi, M. Bouchard?

    «On ne peut débattre de la question de la raisonnabilité à moins de débattre de ce que c'est, un bon régime de laïcité ou un bon modèle d'intégration»(Charles taylor)

    Un bon régime de laïcité? Y'a combien de sortes de laïcité dans les livres de M. Taylor? C'est pas LA laïcité?

    "...la place de la culture canadienne-française au sein de la culture québécoise"

    Il y a une culture "au dessus" de la majorité canadienne-française (les Québécois) au Québec!? Laquelle S.V.P?

    5 millions de dollars pour aller les voir faire tourner des ballons sur leur nez. Ça me fait pas rire du tout!

  • Jacques Fontaine
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 12h43
    Rectifications
    Ma réaction à deux commentaires. André Loizeau dit que le Québec est la seule province bilingue au Canada. C'est faux ! La seule province bilingue au Canada est le Nouveau-Brunswick (deux langues officielles, 30% de francophones). Quant au Québec, il faut faire une distinction entre Montréal, ville cosmopolite et plurilingue, et le reste du Québec. Montréal est bilingue car l'ouest de l'île est anglophone et l'est, francophone. Ça c'est la faute des gouvernements successifs qui n'ont pas compris que pour intégrer les immigrants, il faudrait les envoyer en régions plutôt que de favoriser leur ghettoïsation à Montréal. Le reste du Québec est unilingue francophone (à part quelques exceptions comme l'Outaouais et certains groupuscules anglophones en Gaspésie et en Estrie). Sur les 6+ millions de francophones au Québec, 4 millions d'entre eux sont incapables de soutenir une conversation normale en anglais ! Donc, le Québec est unilingue francophone presque partout sauf dans la grande région métropolitaine.

    Quant à Jacques Noël qui se demande pourquoi la Pennsylvanie fonctionne très bien avec 4% d'immigrants et pas nous, c'est que eux, les Américains, ils se reproduisent alors que nous, les Québécois, on ne veut plus faire de bébés car ça nuit à nos loisirs. Le taux de natalité aux États-Unis dépasse largement le 2,1% alors qu'au Québec, il est d'environ 1,5% (et il est déjà descendu à 1,2 % je crois). On ne peut pas comparer des pommes avec des oranges.

    Voilà ! Bonne journée à tous !

  • Louise caroline Bergeron
    Abonné
    mercredi 15 août 2007 13h06
    Et les femmes, dans tout ça ?
    Deux hommes pré-Révolution tranquille, blancs, intellectuels, universitaires, paternalistes, rationalistes ... et ce «vrai monde», juste bon à papotter devant ces grand hommes qui leur font l'honneur de les écouter ? Rien d'autre que des hommes blancs qui soit assez bons pour siéger sur cette commission ?

    Aucune mention des femmes, du féminisme, de la moitié de la population dans tout ça, des exigences d'égalité entre les deux sexes, de la nécessaire familiarisation des immigrants avec les moeurs qui tendent vers une éventuelle véritable équité entre tous et toutes, etc...

    Ce fut une erreur de ne pas nommer autant de femmes que d'hommes à cette commission. À mon avis, une erreur si grosse en 2007 qu'elle rend toute l,affaire presque ridicule. Pour moi, Taylor comme Bouchard sont deux dinosaures qui ont beau avoir toute la bonne volonté du monde il n'en reste pas moisn que la bonne volonté de siècles d'hommes blancs à créé le monde qu'on connait... et qui n,est aps très bon, en général, pour les femmes... Ce pourquoi j'espère que plusieurs d'entre elles viendront s'installer et élever leurs enfants ici, parmi nos valeurs qui se veulent (sans toujurs être, soyons-en conscientes) laiques et avant-gardistes. Je veux que le point de vue de ces femmes serve à constituer cette commission, pas qu'il soit obligé de se conformer à une structure encore une fois imposée par des hommes, blancs, universitaires.

    Il semble que nous avions ici la chance de rétablir une injustice immense, qui est que nous vivons dans une société fondée et construite sur le modèle et les valeur masculines, au détriment des femmes qui sont encore dans un rôle de second ordre dans la société québécoise, n'en déplaise aux super héros qui grimpent les ponts.

    Nous avions ici l'occasion de fonder quelque chose ENFIN tous et toutes ensemble, et lorsque l'absence de femmes fut soulevées lors des nomination à cette commission, on a réduit cette absence à une question de pragmatisme, comme si c'était un détail.

    Si ces deux gars veulent élargir leur mandat au delà des accomodement pour en faire une consultation sociale sur des enjeux d'ampleur, alors il faut recommencer tout de suite sur des bases équitables et admettre deux femmes à cette commission, et tout repartir sur des bases dès l'abord faites par des hommes ET des femmes.

    Comme elle est, cette commisssion binaire de deux rats d'universités répétant la vieille façon de se voir et se penser, soit un anglais, l'autre français, discrédite à la base les éventuels résultats, si bons et rigoureux soient-ils, parce que l'absence de femmes antagonise les jeunes femmes comme moi, inspire méfiance auprès de celles qui ont eu à se coltailler à ces bonhommes comme professeurs, à leur façon étrange parce que tout mâle de voir le monde, la connaissance, l'humanité, la société etc. et qui en ont largement soupé de ce monde fait par et pour des hommes, qui valorise les conflitrs comme suite logique de la poplitique, la soumission des femmes et l'appropriation utilitariste de tout le vivant, pour ne mentionner que celà.

    Bon je fais des liens larges, mais comme Kim Cornelissen plus haut, je déplore amèrement l'absence de femmes, en 2007, dans une commission qui désire maintenant examiner des fondements sociaux en profondeur. Immanquablement, quand les hommes font les choses seuls, leur perpspective est masculine.

    Comme le souligne K. Cornelissen, alors que la question des accomodements touche particulièrement les femmes et les femmes immigrantes, on voit tout de suite que des préoccupations de la moitié de la population sont éludées par le simple fait que les deux perspectives à la tête de cette commission ne sont pas des femmes là où ça compte : dans leur corps, dans leur esprit, dans leur pensée, dans leur être : ils ne peuvent pas penser ni comprendre en femmes car ils n'en sont pas. Un jur, j'ose espérer, nous serons au-delà de cette vision binaire de l'humain, mais encore aujourd,hui, la séparation des sexes fait une différence, notamment dans l'accession aux postes de pouvoirs puisque ceux-ci sont faits, permettez-moi l'image, pour les épaules larges des hommes, par pour les hanches et les seins larges des femmes.

    Il est plus que temps qu'on embraye ! Les femmes doivent maintenant être la moitié de tout ce qui se décide ou prétend avoir de l'importance au QUébec. Et il est temps AUSSI que les importances féminines soient prises au sérieux, pas seulement reléguées à des rubriques secondaires. Les femmes ne sont PAS une minorité mais bien la MOITIÉ de la population ! Partout où des décisions, des gestes, des actions, n'importe quoi de significatif se passe pour fonder ou refonder notre vivre ensemble. les femmes doivent en être au moins la moitié.

    Cette commission est fautive depuis sa constitution jusqu'à maintenant. Je la considère diminuée par son retard social, par ses deux seuls pauvres vieux bonhommes issus d'un autre temps, d'une autre éducation, celle qui s'offrait par les prêtres aux seuls hommes -- tellement ouverte aux mentalités féminines, cette Église qui n'est toujours pas sure que les femmes ont pleine autorité sur leur corps, et donc sur la progéniture qu'elle porte, pour ne nommer que cette imbécillité là.

    Taylor et Bouchard ne voient pas plus que les autres bonhommes avant eux les questions qui sont importantes aux femmes, vous savez, celles qui, y'a pas si longtemps, étaient mineures face à leurs maris, ne pouvaient pas signer pour elles-mêmes, devaient se soumettre à l'autorité paternaliste (que M. Bouchard et son fréro Lucide incarnent si bien, on se croirait encore en 1955).

    Bref, j'en ai marre, comme de tant de choses qu'on pourrait faire tellement mieux, tellement plus avant-gardiste ! Le Québec pourrait être un si bel exemple pour le reste du monde. Au lieu d'aller de l'avant, évoluer, on voudrait juste réitérer le passé et continuer le linéaire progès masculin de la croissance et de l'assimilation...

    En tout cas, comme ça, j'aimerais vriament qu'au moins une femme de trempe, une Jannette Bertrand qui refonde les règles et construit des ponts, plutôt qu'une femme spécialisée à faire l'homme et à gagner à leurs jeux de batailles (comme la plupart des politiciennes, par exemple, qui jouent à ce pitoyable jeu de la politique) soit nommée pour réévaluer l'ensemble du progès de cette commission depuis les débuts, et pour la mener à bien, voire s'assurer avec force et ténacité que les valeurs féminines et féministes du Québec soient bien intégrées dans les fondements mêmes des principes de cette commission, et en éclaire les conclusions.

    Les élites bourgeoises (dont les Bouchards semblent faire partie puisqu'ils sont de toutes les tribunes d'opinion qui ont du pouvoir), universitaires, blanches, les boys clubs, et autres vestiges d'une société qu'il est plus que temps de passer outre, soit celle de l'avant Révolution tranquille, ne sont absolument pas, à mon sens, les repères d'une renouveau québécois, du vivre ensemble et de l'accueil de nouveaux citoyens ET CITOYENNES. Mais bon, l'évolution sociale se fait lentement...

    Et clairement, nous sommes encore loin de l'égalité entre tous et toutes, au Québec comme ailleurs.

    La composition de cette commission formées de deux mecs est vraiment, vraiment décevante...

    J'espère que d'autres femmes le remarqueront et prendront la parole pour demander qu'on la reparte avant qu'elle ne soit rendue trop loin, sur des bases ÉGALITAIRES, enlevez-moi ces deux bonhommes et mettez-nous de la couleur, des vulves et des seins, différents degrés de ridés, des orientations sexuelles qui partent dans tous les sens, du monde de région, des AUTOCHTONES (parce que c'est sur les terres que les gouvernements de nos ancêtres leurs ont volé, les Lucides de l'époque de la conquête et les pauvres suiveux de colons, que nous accueillons tout ce beau monde... ça vous tenterait, vous, qu'on vous prenne votre maison et qu'on y invite plein d'amies sans même vous en parler ?) et une table circulaire au milieu de tout celà.

    Peut-être à ce moment cette commission aura un minimum de crédibilité. En tout cas pour moi...

    LC Bergeron :-)
    socio-démographiquement humaine, femme, mère, blanche, trentenaire, universitaire, grosse bourgeoise issue de région éloignée... et convaincue qu'on (québécois, québécoises) peut faire mieux, beaucoup beaucoup beaucoup mieux !

  • Jean-Yves Bégin
    Abonné
    mercredi 15 août 2007 13h20
    Simple anecdote
    C'était à Ville St-Laurent, une ville à renommer.

    J'étais chez mon marchand de gourmandises libanais.

    Entre une dame, asiatique, le type indonésien.

    - Bonjour M'ame Chose, comment allez-vous aujourd'hui, lui demande mon bon marchand libanais.

    - Bien, bien, de mieux en mieux M'sieu Chose, on est de plus en plus nombreux icitte, pis bientôt on va être la majorité, pis alors c'est nous autres qui va ``runner`` dans c'pays-là, on va les avoir les maudits Frenchies.

    Mon marchand libanais jette un regard d'inquiétude à mon endroit, voyant que la femme n'a manifestement pas remarqué ma présence.

    Alors j'entre en scène, histoire de créer un désaccommodement très raisonnable.

    - Bon ben M'ame, que vous soyiez la majorité ou pas, c'est pas grave, vous êtes toujours toutt' paqu'tés dans l'même building, nous autres on sait quoi faire avec vous autres.

    Un frisson de terreur a balayé son regard, elle est restée figée... de toute évidence elle savait mieux que moi à quoi je venais de faire allusion...

    Alors j'ai un un sentiment de pitié pour elle, je me suis demandé de quel pays de terreur elle venait, de quelle culture de la terreur elle était issue, de quel destin de terreur elle s'était sortie en venant ici, et j'ai ajouté, pour détendre l'atmosphère...

    - Allons, M'ame, ayez pas peur, c'est rien que des blagues, comme pour vous d'ailleurs...

    Voilà. Je n'en infère rien. Cela fait sans doute partie des vérités qu'il ne faut ne pas dire. Je souhaite bonne chance à la Commission!

    Mais la vérité a tout de même ses droits.

    Alors je dis, entre autres, à mes bonnes amies féministes, dont je partage bien des positions, faites attention, car vous risquez de vous retrouver un jour avec un adversaire bien plus coriace que ces petits hommes roses québécois culpabilisés les oreilles rabattues la queue entre les pattes. Préparez vos tchadors.

    Sans aller jusqu'à l'excision.
    Ni la lapidation. Et le reste.

    Et songez aux divers degrés de l'intolérance, à commencer par le prosélytisme, premier degré de l'intégrisme.

    Et ne nous gênons pas trop tandis que nous sommes encore la majorité.

    Quitte à demander aux bonnes dames asiatiques de type indonésien... si elles sont venues ici pour profiter de nos libertés... ou pour nous imposer leurs asservissements...


    Déjà je me sens parfois obligé de mentionner... que je n'ai certes pas laissé le catholicisme pour embrasser l'islam...

    J'ai dit.

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 13h56
    La voie de la facilité
    Commission + sondage: suivre la voie de moindre résistance et s'engueuler avec les moins nombreux. Une démonstration supplémentaire de l'absence de leadership et de courage politique de Jean Charest. Les droits civiques ne se marchandent pas à coups de sondages, ou au coup par coup dans les cours de justice. Décidément, Jean Charest c'est comme l'eau tiède: on peut pas haïr ça, mais c'est pas bien excitant non plus. Devant ces reculades, ces atermoiements et ces petites lâchetés, le projet de constitution québécoise est plus que jamais à l'ordre du jour.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 15h06
    @Jacques Fontaine: il n'y a pas de crise démographique au Québec
    En 2006, les Québécoises ont fait 82,100 enfants ce qui représente 10,85 enfants par 1000 hab. C'est mieux que les Finlandaises (10,46), les Belges (10,38), les Espagnoles (10,06) les Coréennes (10) et les Japonaises (9,3). Et beaucoup mieux que les Bulgares (8,65), les Ukrainiennes (8,82), les Autrichiennes (8,74) les Italiennes (8,32) , les Allemandes (8,25) et même les Chinoises de Hongkong (7,29)
    Les Québécoises ont fait 42% plus d'enfants que les Chinoises de Hongkong! C'est le secret le mieux gardé en ville!

    http://www.nationmaster.com/graph/peo_bir_rat-peop


    Il n'y a pas de crise démographique au Québec. C'est le plus gros mensonge du siècle

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mercredi 15 août 2007 15h20
    C'est l'autre qui a tort! Point.
    Je trouve que c'est ce qui arrive de mieux au Québec depuis longtemps que cette commission Taylor-Bouchard soutenue par des commissaires très compétents. Encore faut-il que les citoyens y croient et y participent en qualité.

    Si je me fie à plusieurs réactions lues ici, on dirait que les gens ne veulent pas authentiquement parler du problème, le circonscrire et y trouver des solutions satisfaisantes pour toutes les parties. Un peu comme le mari réticent à suivre une thérapie de couple avec sa compagne car, probablement qu'il devra se regarder en face et modifier lui aussi des attitudes. C'est plus facile de faire comme si c'est l'autre qui a tous les torts et... on s'en lave les mains de notre situation cahoteuse.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mercredi 15 août 2007 22h04
    Et nous ? Qui nous accomode ?
    J'ai réécris de nombreuse fois un texte assez compliqué sur le sujet d'aujourd'hui.

    Puis, j'ai finalement décidé de vous parler bien simplement Madame Cauchy.

    Vous voulez ma réaction la plus élémentaire ?

    Quand je vais chez le dépanneur, si je me faisais répondre en français, je trouverais ça déjà pas mal plus accommodant et plus raisonnable. Mais surtout pas mal moins arrogant et plus respectueux.

    Quand on demande le respect, ne faut-il pas par commencer par en donner...

  • Renée Lavaillante
    Inscrite
    jeudi 16 août 2007 17h47
    TROIS POINTS
    TROIS POINTS

    1. Il y a une grande distance entre cet intéressant article et l'intervention de MM Bouchard et Taylor, à Radio-Canada, le même jour. Monsieur Bouchard a dit que leur commission est là AVANT TOUT pour rassurer les québécois de souche: ça me semble bien réducteur et paternaliste. On n'est pas des enfants! On a plutôt besoin d'être assurés que, par exemple, si on refuse d'acquiescer à une demande de privilèges pour raisons religieuses, on ne va pas se retrouver devant les tribunaux. Enlevez ce poids psychologique et bien des problèmes récents n'auraient probablement pas eu lieu.

    2. Un petite partie de la population cependant aurait bien besoin d'être rassurée: je pense aux enfants qui sont dans des écoles religieuses privées, où ils n'apprennent pas ce qu'il faut pour vivre librement au Québec. Et, dans les écoles publiques, aux petites filles qui ne veulent pas porter le voile: plus le voile sera toléré à l'école, plus la pression sur elles sera forte.

    3. Je trouve dommage et peut-être hypocrite ou politiquement bien-pensant, que le mot "religieux" soit supplanté par "culturel" dans le titre de la commission. Cherche-t-on par là à camoufler le vrai problème? C'est presque toujours le motif religieux qui est brandi dans les demandes de privilèges. Pour ce qui est des cultures, les québécois, sans être parfaits, semblent plutôt ouverts.

    Renée Lavaillante
    Montréal

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 16 août 2007 20h24
    Au plus simple
    Le Québec divisé sur son avenir s'inquiète de l'allégence des nouveaux arrivants: vivront-ils en français et se fondront-ils dans notre laïcité? Ils le feront d'autant plus facilement s'ils peuvent travailler en français. Veulent-ils s'intégrer à la majorité, y sont-ils invité? Comme le dit monsieur Bousquet, la religion devrait se vivre à l'intérieur... de leurs Maison. Pour venir vivre au Québec il faudrait accepter de se fondre dans la laïcité tout en conservant sa religion et ses règles compatibles avec les droits de chacuns, chacunes. Évidamment les signes hostentatoires de certaines religions sont inacceptables, hors des lieux du culte, quand l'on prétent vouloir s'intégrer au mode de vie égalitaire du Québec. Bien entendu, celà risque d'altérer la foi comme nous le voyons ici. C'est celà vivre au Québec, pour le meilleur, mais aussi, hélas, pour le pire. C'est ici que l'apport de vos cultures peut être intéressant.

    Claude L'Heureux, Québec

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