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Commission Bouchard-Taylor - Les bases d'une constitution pourraient voir le jour, croit Dumont

Antoine Robitaille   15 août 2007  Québec
Mario Dumont appuie l’idée présentée hier par la chef du Parti québécois, Pauline Marois,  d’obtenir tous les pouvoirs en matière d’immigration.
Photo : Jacques Nadeau
Mario Dumont appuie l’idée présentée hier par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, d’obtenir tous les pouvoirs en matière d’immigration.
Québec — La commission Bouchard-Taylor jettera les prémisses d'une constitution québécoise. C'est ce qu'a soutenu le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, dans un entretien au Devoir hier. «J'ose dire, sans exagérer, que [cette commission] pourrait jeter les prémisses d'une éventuelle constitution québécoise.» Ses attentes sont «plutôt élevées», admet-il. Surtout que l'adoption d'une telle loi fondamentale fait partie de son programme électoral. Au printemps dernier, il se faisait plutôt critique à l'égard de la commission Bouchard-Taylor. Nuance: «J'ai critiqué la façon dont le gouvernement l'a mise en place. Mais je n'ai jamais remis en question le choix des deux intellectuels qui la président. J'ai grande confiance en eux.»

Il souhaite seulement que le débat se fasse «sans les fameux tabous sur ce qui est censé être "interdit" de discussion». M. Dumont estime que Jean Charest, en l'attaquant depuis dimanche, s'est montré «affreusement démagogue» et est tombé dans le «politically correct». Aussi, le chef libéral a violé la promesse de rechercher les compromis et les consensus, promesse qu'il avait répétée au lendemain des élections. «Les Québécois observent absolument le contraire: c'est un premier ministre aigri, aux propos le plus souvent démagogiques, qui cherche à déformer les propos des autres plutôt qu'à construire des consensus. C'est tout sauf ce qu'on attend d'un premier ministre dans de pareilles circonstances.»

Le Pen?

Lorsqu'on lui demande si les propos de M. Charest rejoignent ceux de Pierre Arcand, qui, à la veille du déclenchement des élections, l'avait qualifié de «Jean-Marie Le Pen québécois», M. Dumont se montre prudent: «Je n'embarquerai pas sur ce terrain-là.» Au fait, où en est sa menace de traîner devant les tribunaux M. Arcand, devenu député de Mont-Royal? «Depuis le 27 mars, je n'ai pas eu beaucoup d'énergie ou de temps à mettre là-dessus», dit-il d'un air amusé. Menaces futiles, alors? Non, répond M. Dumont. Les propos étaient «graves» et «n'ont pas leur place sur la scène politique». Au reste, il n'est pas trop tard pour poursuivre le député de Mont-Royal, insiste-t-il, «il n'y a rien de prescrit là-dedans».

N'a-t-il par affirmé, dans son entrevue à La Presse, qu'il y avait «assez d'immigrants» au Québec? «Je n'ai pas dit cette phrase-là du tout», proteste-t-il. Le chef de l'opposition se dit d'accord avec Gérard Bouchard: il est difficile d'évaluer «au chiffre près» le seuil d'immigration idéal. Mais il plaidera, lors de la commission parlementaire qui étudiera, à partir du 18 septembre prochain, la planification de l'immigration au Québec, pour un maintien des seuils actuels, soit environ 46 000 immigrants par année. «Et le premier ministre me reproche de vouloir "freiner l'immigration"! Écoutez, 46 000 immigrants annuellement, c'est plus que la ville de Rouyn-Noranda , année après année. Selon moi, il s'agit plutôt de maintenir un flot d'immigration important et, j'insiste, tout en maintenant une préoccupation pour l'intégration.» Ce dont il faudrait plutôt «s'inquiéter», c'est d'un gouvernement, celui de M. Charest, qui propose d'augmenter les seuils d'immigration — «que les jeunes libéraux parlaient de doubler en cinq ans!» — alors que ce même gouvernement «a coupé dans l'aide aux organismes de francisation et ceux qui oeuvrent dans le communautaire».

Le chef de l'opposition officielle appuie toutefois le premier ministre dans sa volonté d'obtenir une reconnaissance réciproque des compétences avec la France. Mais il souligne au passage que le gouvernement Charest n'a pas atteint les objectifs qu'il s'était fixés en ces matières en 2003.

Pleins pouvoirs

Mario Dumont appuie aussi l'idée présentée hier par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, d'obtenir tous les pouvoirs en matière d'immigration. «Il faudrait toutefois qu'on commence par utiliser les pouvoirs qu'on a!» En formulant une telle demande, M. Dumont croit que la chef péquiste a tenté d'éviter les vrais sujets, dont celui du «seuil d'immigrants».

Actuellement, la compétence en immigration est partagée entre le gouvernement fédéral et le Québec, à la suite des accords Cullen-Couture de 1978, reconduits à plusieurs occasions depuis cette date. Ottawa a la responsabilité d'accueillir les réfugiés politiques et de veiller à la réunification des familles, tandis que Québec s'occupe de la venue des immigrants investisseurs et de l'intégration de l'ensemble des immigrants. La ministre québécoise de l'Immigration, Yolande James, juge toutefois que ces accords sont suffisants.

***

Avec la presse canadienne
 
 
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  • Guy Archambault - Abonné
    15 août 2007 04 h 01
    Les accomodements religieux
    S'il n'y avait pas de prosélytisme et de communautarisme sectaire de la part de certains chefs religieux, le problème des accomodements raisonnables ne seraient pas si aigu.

    L'impérialisme inavoué de certains chefs religieux les amène à cacher sous le couvert de la diversité culturelle leur besoin de défendre la liberté religieuse de leurs membres mais surtout leur désir profond de préserver leur pouvoir " mâle " sur ces membres dans toutes les sphères de leur vie.

    S'il n'y avait pas ce " machisme " religieux caché sous le couvert de la défense de la liberté de religion et de la diversité culturelle, le problème de l'intégration des immigrants à la société québécoise ne serait pas si aigu.

    Guy Archambault
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    15 août 2007 08 h 13
    UNE USINE À BONNE IDÉES
    M. Mario Dumont, comparé aux chefs libéral très provincial et péquiste, est une usine à bonnes idées. Le ministre liébral Pelletier va probablement faire une sortie pour dire qu'il avait eu cette idée là avant et les autres qui viendront aussi comme celle qu'il réclame de l'autonomie du Québec qui fait partie du programme adéquiste depuis un bon moment.

    M. Dumont appuie le premier ministre dans sa volonté d'obtenir une reconnaissance réciproque des compétences avec la France. Est-ce que Mme. Marois fera de même ? Ça serait doublement important pour le PQ de montrer cette ouverture vers le pays des origines de la majorité.

    Quand une idée est bonne, nos chefs "provinciaux" devraient toujours se tenir ensemble à la place de faire dans la petite politique.
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  • Roland Berger - Abonné
    15 août 2007 10 h 56
    La recette de Charest ?
    Charest a-t-il soufflé aux jeunes libéraux l'idée de doubler le nombre annuel d'immigrants d'ici cinq ans ? Une chose est certaine, une telle recette affaiblirait lentement mais combien sûrement la proportion des francophones du Québec, ces maudits francophones qui ont délaissé le PLQ pour l'ADQ ?
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Serge Granger - Inscrit
    15 août 2007 14 h 51
    une constitution inutile
    Y a-t-il quelqu'un qui peut expliquer à M. Dumont qu'une constitution pour une province est inapplicable? Une constitution est une loi suprême pour un pays et non une province. Surprenant que les politiciens de la trempe de M. Dumont ignore cela...
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  • Serge Granger - Inscrit
    15 août 2007 14 h 55
    constitution inutile
    pour écrire une constitution, il faut un pays sinon elle ne vaut rien. SVP expliquez cela à M. Dumont.
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