samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 15h42
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Libre opinion: B'naï Brith et le droit de critiquer la politique néoconservatrice

Yakov M. Rabkin - Professeur titulaire au département d'histoire de l'Université de Montréal, l'auteur a récemment publié Au nom de la Torah - Une histoire de l'opposition juive au sionisme (Presses de l'Université Laval).  2 août 2007  Québec
Provoquant tout un tollé par sa censure des opinions de Jocelyn Coulon, candidat libéral dans Outremont, le B'naï Brith Canada, sous la plume de son conseiller juridique Moïse Moghrabi, cherche maintenant à s'esquiver (31 juillet). Non, plaide-t-il, les critiques à l'endroit du B'naï Brith n'ont absolument aucun rapport avec les reproches que le B'naï Brith fait au candidat libéral.

Il serait exact d'affirmer le contraire. Jocelyn Coulon se fait le porte-parole d'une aile bien traditionnelle du Parti libéral du Canada. Ses prises de position et son désir de revenir à une politique étrangère équilibrée s'inscrivent dans l'héritage de Lester Pearson. Ils expriment aussi une forte tendance chez la population canadienne, opposée tant à l'intervention américaine en Irak (approuvée par Stephen Harper) qu'à la participation canadienne aux opérations militaires en Afghanistan.

M. Coulon prône donc un dialogue avec les représentants du Hezbollah et du Hamas, tous deux démocratiquement élus. Son péché, aux yeux du B'naï Brith, serait moins le désaccord possible avec la politique étrangère du gouvernement Harper que son refus de diaboliser toute opposition à la politique de l'État d'Israël.

Il appert que pour le B'naï Brith, les propos de M. Coulon ne sont en l'occurrence qu'un prétexte pour agiter l'épouvantail iranien. Après un amalgame malhabile consistant à relier «attentats et activités terroristes» de New York à Islamabad, Moghrabi sort le chat du sac. Derrière toute cette rhétorique se trouverait l'Iran qui, par la voix de son président, inciterait «au génocide des juifs».

Tout comme l'infâme fausse nouvelle voulant que l'Iran ait imposé des signes distinctifs aux juifs et aux autres minorités religieuses, diffusée par le National Post et allégrement reprise par Stephen Harper, cette affirmation est mensongère. Aucune menace de génocide à l'endroit des juifs n'a été prononcée par le président iranien. La présence d'une communauté juive prospère et bien enracinée en Iran rend l'accusation de génocide tout simplement ridicule. Selon Mahmoud Ahmadinejad, on ne saurait faire payer les Palestiniens pour les crimes génocidaires des Européens à l'endroit des juifs d'Europe. Comme de nombreux juifs, tant en Israël que dans la diaspora, il a formulé le souhait que l'État sioniste se transforme en un État plus inclusif, et ce, par un référendum de tous ceux qu'y habitent. Les sacrifices que la structure sioniste de l'État d'Israël a imposés à sa propre population et à celles des pays voisins rendent ce souhait pour le moins compréhensible.

Quant au nucléaire, Téhéran est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et a accepté des protocoles additionnels très contraignants de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'Iran a d'ailleurs déclaré à répétition, par la voix du guide suprême Ali Khamenei, qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire. Par contre, selon son premier ministre, Israël possède un arsenal nucléaire et, comme son allié américain, n'a jamais renoncé à la première frappe, tant et si bien qu'il continue d'affirmer que «toutes les options sont toujours sur la table». Israël n'a jamais signé le Traité de non-prolifération nucléaire ni accepté le moindre contrôle de la part de l'AIEA.

Tout en étant compréhensibles, les interventions du B'naï Brith, qui tente d'influer sur la politique canadienne, le sont moins lorsque cet organisme s'érige en censeur dans le but de promouvoir une politique hautement dangereuse d'expansion néocoloniale au Moyen-Orient.

À l'heure actuelle, devant la faillite du projet américain du «Grand Moyen-Orient», dont la mise en échec par le Hezbollah en 2006 a scellé le sort, les stratèges néoconservateurs au pouvoir aux États-Unis, alliés au lobby sioniste, chercheraient à provoquer une attaque contre l'Iran.

Jocelyn Coulon a le droit de critiquer cette politique et d'appeler le gouvernement du Canada au dialogue avec toutes les forces en présence au Moyen-Orient, surtout celles comme l'Iran, le Hezbollah et le Hamas, qui ont reçu un mandat démocratique de l'électorat. N'en déplaise au lobby sioniste de chez nous, M. Coulon ne cherche qu'à restaurer le respect dont la politique étrangère du Canada jouissait dans le monde entier, y compris au Moyen-Orient.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012