L'été des conservateurs
Si à Québec le gouvernement de Jean Charest semble être parti en vacances, c'est tout le contraire à Ottawa, où celui de Stephen Harper est sur toutes les tribunes pour annoncer de bonnes nouvelles. La différence entre ces deux gouvernements est que le premier est encore à digérer le résultat des dernières élections, alors que le second se prépare à affronter à nouveau l'électorat.
Il y aura 18 mois ce lundi 23 juillet que Stephen Harper était appelé à former un gouvernement minoritaire. À quelques reprises, il a failli être renversé, mais a réussi à se maintenir grâce à l'appui de l'un ou l'autre des partis d'opposition. Il sait cependant qu'approche le moment où il devra retourner devant les électeurs. La durée des gouvernements minoritaires a rarement dépassé 24 mois au Canada.
Stephen Harper a toujours dit qu'il ne chercherait pas à précipiter la tenue d'élections générales, croyant que, pour sa part, il lui appartient de gouverner. Ce sera à l'opposition de le défaire, ce qu'elle pourrait être tentée de faire plus tôt que tard dans la mesure où la popularité des conservateurs stagne. En 18 mois, ils n'ont jamais vraiment réussi à se distancer des libéraux au point de pouvoir espérer former un gouvernement majoritaire. Le plus récent sondage les place maintenant coude à coude, avec chacun 31 % des intentions de vote. La nouvelle est d'autant plus mauvaise que les femmes en général et les Québécois en particulier boudent le Parti conservateur. Au Québec, celui-ci est maintenant relégué au troisième rang, loin derrière le Bloc québécois et à bonne distance du Parti libéral.
Clairement, les conservateurs agissent sur le mode de la réaction. Les annonces faites hier par le ministre de la Défense à propos de l'installation d'une nouvelle escadre aérienne à Bagotville et, avant-hier, au sujet de la renaissance du collège militaire de Saint-Jean sont fortement teintées d'électoralisme. Ce sont de bonnes décisions qui auront un impact social et économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Montérégie, deux régions du Québec où les conservateurs espèrent faire des gains à la prochaine élection. Dans le comté de Saint-Jean, ils ont déjà recruté une grosse pointure comme candidat en la personne de l'ancien président d'Hydro-Québec, André Caillé. Des victoires au Québec sont indispensables au Parti conservateur pour se maintenir au pouvoir, ne serait-ce qu'en tant que gouvernement minoritaire. La confirmation hier d'un accroissement de 30 millions de dollars du financement de base du Conseil des arts du Canada n'était pas non plus sans rapport avec une volonté de modifier la perception des milieux culturels à l'égard du gouvernement.
En matière d'image, le coup de barre le plus marquant donné par le premier ministre Harper a trait à la présence militaire canadienne en Afghanistan. Il y a quelques jours, il a indiqué clairement que si le Canada devait rester présent dans ce pays au terme de la présente mission en février 2009, ce ne serait plus pour combattre. C'est un changement de discours important. Stephen Harper semble avoir compris enfin que les électeurs désapprouvent majoritairement — très majoritairement dans le cas du Québec — l'engagement des soldats canadiens en sol afghan. Cette question sera un thème central de la prochaine élection, les partis d'opposition ayant saisi depuis longtemps que la re-militarisation du Canada engagée par le gouvernement conservateur, en parallèle avec un alignement sur les stratégies du Washington de George W. Bush, constitue son talon d'Achille.
Depuis qu'il est élu, le gouvernement de Stephen Harper se définit comme «le nouveau gouvernement» du Canada. Même 18 mois après son élection, il persiste à utiliser ce qualificatif dont le sous-entendu est évident. S'il y a un «nouveau» gouvernement, c'est qu'il y en a un ancien dont on veut rappeler l'existence. Un gouvernement nouveau porte par définition le poids des politiques de celui qui l'a précédé et il ne peut donc être tenu responsable de tous les malheurs du pays. Dans le cas de l'Afghanistan, il est vrai que ce sont les libéraux qui ont engagé le Canada en Afghanistan, mais ce sont tout de même les conservateurs qui ont prolongé la mission militaire et accru les effectifs. Après 18 mois, les conservateurs ne peuvent plus prétendre être tributaires des gestes posés par les gouvernements Chrétien et Martin. Leur gouvernement n'est plus si «nouveau». À cet égard, les sondages montrent que les électeurs ne sont pas dupes de cet artifice. Ce sont leurs politiques qu'ils jugeront à la prochaine élection.
Il y aura 18 mois ce lundi 23 juillet que Stephen Harper était appelé à former un gouvernement minoritaire. À quelques reprises, il a failli être renversé, mais a réussi à se maintenir grâce à l'appui de l'un ou l'autre des partis d'opposition. Il sait cependant qu'approche le moment où il devra retourner devant les électeurs. La durée des gouvernements minoritaires a rarement dépassé 24 mois au Canada.
Stephen Harper a toujours dit qu'il ne chercherait pas à précipiter la tenue d'élections générales, croyant que, pour sa part, il lui appartient de gouverner. Ce sera à l'opposition de le défaire, ce qu'elle pourrait être tentée de faire plus tôt que tard dans la mesure où la popularité des conservateurs stagne. En 18 mois, ils n'ont jamais vraiment réussi à se distancer des libéraux au point de pouvoir espérer former un gouvernement majoritaire. Le plus récent sondage les place maintenant coude à coude, avec chacun 31 % des intentions de vote. La nouvelle est d'autant plus mauvaise que les femmes en général et les Québécois en particulier boudent le Parti conservateur. Au Québec, celui-ci est maintenant relégué au troisième rang, loin derrière le Bloc québécois et à bonne distance du Parti libéral.
Clairement, les conservateurs agissent sur le mode de la réaction. Les annonces faites hier par le ministre de la Défense à propos de l'installation d'une nouvelle escadre aérienne à Bagotville et, avant-hier, au sujet de la renaissance du collège militaire de Saint-Jean sont fortement teintées d'électoralisme. Ce sont de bonnes décisions qui auront un impact social et économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Montérégie, deux régions du Québec où les conservateurs espèrent faire des gains à la prochaine élection. Dans le comté de Saint-Jean, ils ont déjà recruté une grosse pointure comme candidat en la personne de l'ancien président d'Hydro-Québec, André Caillé. Des victoires au Québec sont indispensables au Parti conservateur pour se maintenir au pouvoir, ne serait-ce qu'en tant que gouvernement minoritaire. La confirmation hier d'un accroissement de 30 millions de dollars du financement de base du Conseil des arts du Canada n'était pas non plus sans rapport avec une volonté de modifier la perception des milieux culturels à l'égard du gouvernement.
En matière d'image, le coup de barre le plus marquant donné par le premier ministre Harper a trait à la présence militaire canadienne en Afghanistan. Il y a quelques jours, il a indiqué clairement que si le Canada devait rester présent dans ce pays au terme de la présente mission en février 2009, ce ne serait plus pour combattre. C'est un changement de discours important. Stephen Harper semble avoir compris enfin que les électeurs désapprouvent majoritairement — très majoritairement dans le cas du Québec — l'engagement des soldats canadiens en sol afghan. Cette question sera un thème central de la prochaine élection, les partis d'opposition ayant saisi depuis longtemps que la re-militarisation du Canada engagée par le gouvernement conservateur, en parallèle avec un alignement sur les stratégies du Washington de George W. Bush, constitue son talon d'Achille.
Depuis qu'il est élu, le gouvernement de Stephen Harper se définit comme «le nouveau gouvernement» du Canada. Même 18 mois après son élection, il persiste à utiliser ce qualificatif dont le sous-entendu est évident. S'il y a un «nouveau» gouvernement, c'est qu'il y en a un ancien dont on veut rappeler l'existence. Un gouvernement nouveau porte par définition le poids des politiques de celui qui l'a précédé et il ne peut donc être tenu responsable de tous les malheurs du pays. Dans le cas de l'Afghanistan, il est vrai que ce sont les libéraux qui ont engagé le Canada en Afghanistan, mais ce sont tout de même les conservateurs qui ont prolongé la mission militaire et accru les effectifs. Après 18 mois, les conservateurs ne peuvent plus prétendre être tributaires des gestes posés par les gouvernements Chrétien et Martin. Leur gouvernement n'est plus si «nouveau». À cet égard, les sondages montrent que les électeurs ne sont pas dupes de cet artifice. Ce sont leurs politiques qu'ils jugeront à la prochaine élection.
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