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L'été des conservateurs

Bernard Descôteaux   21 juillet 2007  Québec
Si à Québec le gouvernement de Jean Charest semble être parti en vacances, c'est tout le contraire à Ottawa, où celui de Stephen Harper est sur toutes les tribunes pour annoncer de bonnes nouvelles. La différence entre ces deux gouvernements est que le premier est encore à digérer le résultat des dernières élections, alors que le second se prépare à affronter à nouveau l'électorat.

Il y aura 18 mois ce lundi 23 juillet que Stephen Harper était appelé à former un gouvernement minoritaire. À quelques reprises, il a failli être renversé, mais a réussi à se maintenir grâce à l'appui de l'un ou l'autre des partis d'opposition. Il sait cependant qu'approche le moment où il devra retourner devant les électeurs. La durée des gouvernements minoritaires a rarement dépassé 24 mois au Canada.

Stephen Harper a toujours dit qu'il ne chercherait pas à précipiter la tenue d'élections générales, croyant que, pour sa part, il lui appartient de gouverner. Ce sera à l'opposition de le défaire, ce qu'elle pourrait être tentée de faire plus tôt que tard dans la mesure où la popularité des conservateurs stagne. En 18 mois, ils n'ont jamais vraiment réussi à se distancer des libéraux au point de pouvoir espérer former un gouvernement majoritaire. Le plus récent sondage les place maintenant coude à coude, avec chacun 31 % des intentions de vote. La nouvelle est d'autant plus mauvaise que les femmes en général et les Québécois en particulier boudent le Parti conservateur. Au Québec, celui-ci est maintenant relégué au troisième rang, loin derrière le Bloc québécois et à bonne distance du Parti libéral.

Clairement, les conservateurs agissent sur le mode de la réaction. Les annonces faites hier par le ministre de la Défense à propos de l'installation d'une nouvelle escadre aérienne à Bagotville et, avant-hier, au sujet de la renaissance du collège militaire de Saint-Jean sont fortement teintées d'électoralisme. Ce sont de bonnes décisions qui auront un impact social et économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Montérégie, deux régions du Québec où les conservateurs espèrent faire des gains à la prochaine élection. Dans le comté de Saint-Jean, ils ont déjà recruté une grosse pointure comme candidat en la personne de l'ancien président d'Hydro-Québec, André Caillé. Des victoires au Québec sont indispensables au Parti conservateur pour se maintenir au pouvoir, ne serait-ce qu'en tant que gouvernement minoritaire. La confirmation hier d'un accroissement de 30 millions de dollars du financement de base du Conseil des arts du Canada n'était pas non plus sans rapport avec une volonté de modifier la perception des milieux culturels à l'égard du gouvernement.

En matière d'image, le coup de barre le plus marquant donné par le premier ministre Harper a trait à la présence militaire canadienne en Afghanistan. Il y a quelques jours, il a indiqué clairement que si le Canada devait rester présent dans ce pays au terme de la présente mission en février 2009, ce ne serait plus pour combattre. C'est un changement de discours important. Stephen Harper semble avoir compris enfin que les électeurs désapprouvent majoritairement — très majoritairement dans le cas du Québec — l'engagement des soldats canadiens en sol afghan. Cette question sera un thème central de la prochaine élection, les partis d'opposition ayant saisi depuis longtemps que la re-militarisation du Canada engagée par le gouvernement conservateur, en parallèle avec un alignement sur les stratégies du Washington de George W. Bush, constitue son talon d'Achille.

Depuis qu'il est élu, le gouvernement de Stephen Harper se définit comme «le nouveau gouvernement» du Canada. Même 18 mois après son élection, il persiste à utiliser ce qualificatif dont le sous-entendu est évident. S'il y a un «nouveau» gouvernement, c'est qu'il y en a un ancien dont on veut rappeler l'existence. Un gouvernement nouveau porte par définition le poids des politiques de celui qui l'a précédé et il ne peut donc être tenu responsable de tous les malheurs du pays. Dans le cas de l'Afghanistan, il est vrai que ce sont les libéraux qui ont engagé le Canada en Afghanistan, mais ce sont tout de même les conservateurs qui ont prolongé la mission militaire et accru les effectifs. Après 18 mois, les conservateurs ne peuvent plus prétendre être tributaires des gestes posés par les gouvernements Chrétien et Martin. Leur gouvernement n'est plus si «nouveau». À cet égard, les sondages montrent que les électeurs ne sont pas dupes de cet artifice. Ce sont leurs politiques qu'ils jugeront à la prochaine élection.
 
 
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  • Pierre Allard - Inscrit
    20 juillet 2007 23 h 48
    L'occasion ratée
    Oui, je sais, qu'une vie humaine a la même valeur, qu'elle soit de Québec ou de Vancouver. Mais si un francophone du Québec est tué en Afghanistan, les Conservateurs ne garderont même pas les sièges qu'ils ont gagnés au Québec lors du dernier scrutin. Pourtant, s'ils avaient fait des élections en mai, ils auraient sans doute fait des gains importants. Ils ne sont pas très doués pour la stratégie... Curieusement, cette histoire de Chiliens agressés par la police torontoise va aussi leur nuire. Les Québécois ne veulent pas perdre leur image à l'étranger parce que des Canadiens se conduisent comme des Américains... et ça leur rappelle la relation Harper-Bush.

    Pierre JC Allard
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  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    21 juillet 2007 09 h 08
    LA CAROTTE OU LE BÂTON ?
    Les Québécois, en majorité, savent qu'il est plus utile, pour se faire de amis dans le monde et ici, d'aider, de négocier et de fraterniser que de donner des coups en haut ou en bas de la ceinture "Busherie". C'est ce que semble commencer à comprendre nos gouvernements au fédéral "l'ancien Libéral et le nouveau Conservateur".

    Si M. Harper fournit des truelles à nos soldats à la place des mitraillettes pour mieux boucher des trous en Afghanistan à la place d'en faire de nouveaux, il va améliorer ses chances électorales au Québec.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    21 juillet 2007 10 h 14
    L'automne des conservateurs?
    Stephen Harper sent-il tourner le vent, qui risque alors de balayer sa prochaine victoire électorale espérée, comme le vent balaie les feuilles mortes? Tout porte à le croire, non seulement avec les mesures à saveur électoraliste récemment annoncée, qui touchent largement le Québec, mais aussi avec les orientations politiques générales qu'il se donne.

    En fait, la politique de Stephen Harper est à géométrie variable, comme la voilure de ces avions dont la forme peut être modifiée en cours de vol, afin de les rendre capables d'évoluer à différentes vitesses sans perte d'efficacité, comme certains chasseurs, ou dans la nature, comme certains rapaces et oiseaux de mer qui modifient la configuration de leurs ailes pour fondre sur leur proie. S. Harper veut-il fondre ainsi sur des électeurs dont il a grand besoin, s'il veut former un jour un gouvernement majoritaire, alors qu'il ne fait actuellement que du vol plané dans des sondages plats.
    L'exemple le plus criant est le changement d'attitude concernant la mission des troupes canadiennes en Afghanistan. «Je pense que si on reste en Afghanistan après 2009, les Canadiens s'attendent à ce que l'on ait une nouvelle mission. Les Canadiens sont assez clairs: si on reste après 2009, il faudra avoir une certaine évolution» de la mission, des troupes canadiennes, déclarait-il le 10 juillet à Calgary. On est loin des déclarations précédentes, qui ne fixaient pas de délais à cette mission. Mais la population canadienne n'aime pas cette mission et la population québécoise encore moins. Alors! élections obligent.
    Tout aussi radical est le changement d'attitude concernant les droits de la personne. À Hanoï, en novembre dernier, lors du sommet de l'APEC, le président chinois, Hu Jiantao, avait annulé une rencontre qu'il devait avoir avec Stephen Harper, pour manifester l'irritation des dirigeants chinois envers le gouvernement conservateur. M. Harper avait alors réagi à cette décision en affirmant que le Canada n'avait pas l'intention de «brader» les droits de l'homme simplement pour avoir de meilleures relations commerciales avec la Chine et empocher «les puissants dollars» de ce pays de plus d'un milliard d'habitants. Or, ne voilà-t-il pas qu'il vient d'accorder son appui au président de la Colombie, Alvaro Uribe, un pays où les droits de la personne sont loin d'être respectés. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les démocrates du Congrès américain ont bloqué l'adoption d'un accord de libre-échange que venaient de conclure la Colombie et l'administration Bush. Où sont donc passés les beaux principes énoncés à Hanoï? Et dans quel but?
    Et l'on pourrait continuer. S. Harper est sans doute un habile tacticien politique, qui cherche à placer de bonnes cartes dans son jeu, pour s'en servir au bon moment. Mais, lorsque le dessous des cartes finit par apparaître au grand jour, ce qui commence à s'entrevoir, le joueur risque bien de perdre la partie.
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    21 juillet 2007 11 h 13
    Le Canada a intérêt à sortir du pays Afghan
    D'abord, il est impossible de vaincre ce pays; seul Alexandre Le Grand a réussi cet exploit, il 2 500 ans. Ensuite,ce pays n'est pas gouvernable. Le président Karzai ne contrôle même pas Kaboul. Par ailleurs, nos morts Québécois et Canadiens en valent-ils la peine?

    Enfin, que fait le Canada là-bas? Le monde est menacé, non pas par les Musulmans de l'Afghanistan ou de l'Irak ou de l'Iran, mais par les pays comme la Chine, qui vont mettre à feu et à sang notre terre. L'Occident, dans son aveuglement, préfère s'en prendre à de petits pays musulmans, tout en fermant les yeux sur les véritables menaces. L'an dernier, les 3 pays qui ont le plus augmenté leurs dépenses militaires son: Les É.U., la Chine et l'Inde(???) Qui menace notre avenir? Les petits pays comme la Corée du Nord, l'Iran, l'Irak, l'Afghanistan ?

    Et il vaut mieux cesser de parler de la situation pitoyable des femmes en Afghanistan, en cas de retour des Talibans. Pourquoi personne ne parle de la situation des femmes en Arabie Saoudite où c'est pire depuis 50 ans pour les femmes.
    Nous nous laissons manipuler. Ce ne sont pas les intégristes musulmans qui sont nos pires ennemis, ce sont le étatsuniens, la Chine et peut-être l'Inde. En ce qui concerne cette dernière, elle me semble assez sage (zen), pour ne pas imiter les étatsuniens ou le Chinois, car, cela détrira la terre. Si elle a augmenté ses dépenses militaires, c'est peut-être par peur du Pakistan. En fait, contrairement aux Chinois et aux Japonais, l'Inde n'a jamais tenté de conquérir des territoires, sauf qu'elle s'attache au Cachemire INDIEN
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  • André Chamberland - Inscrit
    21 juillet 2007 13 h 34
    Combien nous coûtent les vacances des conservateurs ?
    Profiter de l'été et de l'absence de débat en chambre pour distribuer des cadeaux et annoncer des subventions, pour la guerre par exemple (Collège militaire, avions et bateaux de combats, base militaire, etc)est un peu lâche.

    Nous dirons bientôt "Hi Harper !" si ça continue.

    André Chamberland
    Lévis
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