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Concorde: fin des audiences de la commission

Le rapport se penchera sur la conception, la construction et l'entretien du viaduc

20 juillet 2007  Québec
Le président de la commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Pierre Marc Johnson, a promis hier que son rapport sur la tragédie serait «succinct» et «accessible» au plus grand nombre de Québécois possible, ce qui contrastera assurément avec l'érudition des débats entendus dans les dernières semaines.

«Je ne vois pas l'utilité de continuer d'abattre des arbres inutilement pour faire des choses qu'on peut saisir par l'électronique», a déclaré l'ancien premier ministre péquiste lors de la dernière journée des audiences publiques de la commission.

Ainsi, seul le rapport principal sera publié en format papier. Les nombreuses annexes, composées surtout des multiples rapports d'experts, ne seront disponibles que sur cédérom et dans Internet.

M. Johnson a indiqué hier que son rapport expliquerait les causes de l'effondrement du viaduc lavallois, en se penchant plus particulièrement sur sa conception, sa construction et son entretien.

Le rapport formulera en outre des recommandations sur le système d'inspection des ponts du ministère des Transports du Québec (MTQ), sur les pratiques professionnelles des ingénieurs, sur la procédure d'octroi de contrats de travaux routiers et sur l'amélioration des codes de construction.

Les plaidoiries des avocats de la commission, du MTQ et des ingénieurs-concepteurs du viaduc (de la défunte firme Desjardins-Sauriol) mettront fin à la partie publique des travaux, les 31 juillet et 1er août.

Par la suite, Pierre Marc Johnson et les deux autres commissaires, les ingénieurs Roger Nicolet et Armand Couture, tiendront des rencontres à huis clos avec des spécialistes au sujet des recommandations à formuler.

M. Johnson a indiqué hier qu'il «espérait» toujours déposer son rapport le 15 octobre, date fixée dans le dernier décret du gouvernement.

Budget

De sa création, le 3 octobre 2006, jusqu'au 30 juin dernier, la commission a dépensé près de 3,5 millions de dollars, une somme qui dépassera vraisemblablement le seuil des cinq millions de dollars à la fin de ses travaux.

Plus du tiers de cette somme, soit 1,4 million de dollars, a été consacré aux études effectuées par les experts de la commission afin d'expliquer les causes de l'effondrement du viaduc de la Concorde, qui a fait cinq morts et six blessés le 30 septembre 2006.

Au 30 juin, les commissaires Johnson, Nicolet et Couture avaient touché des honoraires totalisant 293 067 $. M. Johnson reçoit 245 $ l'heure, tandis que MM. Nicolet et Couture ont respectivement droit à 150 $ et 145 $ l'heure.

Au cours de ses 130 heures d'audiences publiques étalées sur 29 jours, la commission a entendu pas moins de 58 témoins, dont neuf experts en génie. Jusqu'ici, les avocats et les autres employés de la commission ont travaillé plus de 28 000 heures, tandis que les experts et les autres consultants ont facturé plus de 10 000 heures.

Ces dernières semaines, les différents experts mandatés par la commission, le MTQ et les ingénieurs-concepteurs du viaduc ont débattu des causes de la catastrophe.

Même s'ils ne s'entendent pas sur tout, les experts en sont tout de même venus à des consensus sur 27 questions touchant la conception, la construction et l'effondrement du viaduc. Le rapport Johnson reprendra intégralement ces consensus.

Les experts se sont notamment entendus sur les trois principales causes de la tragédie: la mauvaise qualité du béton, qui n'était pas résistant aux sels fondants, la conception inadéquate du viaduc et le mauvais positionnement de l'acier d'armature dans le porte-à-faux, lors de la construction.

Les experts de la commission estiment en outre que le remplacement d'un joint de dilatation, en 1992, a été mal effectué et qu'il a, par conséquent, pu contribuer à l'effondrement. Le MTQ désapprouve cette conclusion.

Les experts de la commission et certains ingénieurs-concepteurs ont mis beaucoup d'énergie à démontrer que le ministère aurait pu détecter les faiblesses du viaduc de la Concorde — et donc prévenir son effondrement — s'il avait mené correctement ses inspections et effectué les réparations qui s'imposaient, et ce, dès 1992. Ils ont aussi mis en lumière les lacunes du système de gestion des ponts du MTQ.

En contre-interrogatoire, les experts du ministère ont finalement convenu que les inspecteurs auraient pu noter le mauvais positionnement des armatures lors des travaux de 1992. Le MTQ continue toutefois de soutenir que la tragédie était imprévisible.
 
 
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