Commission d'enquête sur l'effondrement du viaduc de la Concorde - Johnson et le MTQ sont à couteaux tirés
Le long témoignage d'un expert du ministère impatiente la commission
Après des jours de tension entre le président de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Pierre Marc Johnson, et le ministère des Transports du Québec (MTQ), une bisbille a éclaté au grand jour hier.
M. Johnson n'a pas caché son exaspération devant la longueur du témoignage du troisième et dernier expert appelé à la barre par le MTQ, Bruno Massicotte, professeur de génie à l'École polytechnique de Montréal.
«On va un peu dans toutes les directions, a lancé l'ancien premier ministre péquiste. [...] Le problème, c'est qu'on étire un peu le temps parce qu'on est dans de longues descriptions avant d'arriver aux conclusions. [...] Il faut aller au coeur des choses.»
Sous le couvert de l'anonymat, un représentant du MTQ s'est indigné de cette pression, allant jusqu'à se demander si la commission ne cherchait pas à désavantager le ministère.
Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, en a rajouté.
«Recherche-t-on la vérité ou la prise de vacances? a-t-il demandé. On presse le ministère, on le pénalise parce qu'il est le dernier à passer. Or ce qui nous est présenté aujourd'hui [mardi], c'est d'une grande importance pour éclairer la commission. On dirait que les commissaires veulent aller le plus vite possible. Pourquoi?»
Pierre Marc Johnson se montre «impatient» parce que certaines des conclusions des experts du MTQ contredisent celles des experts de la commission, a prétendu M. Gagnon.
Pour faire preuve de bonne foi, M. Johnson s'est finalement dit prêt à siéger plus tard aujourd'hui, de façon à entendre tout ce que M. Massicotte a à dire.
Conclusions faussées?
Hier, Bruno Massicotte s'est interrogé sur l'impact qu'a pu avoir le démantèlement du viaduc lavallois et le transport des pièces sur les conclusions tirées par les experts de la commission. Selon lui, des fissures ont pu être agrandies par les travaux effectués après l'effondrement, qui a fait cinq morts et six blessés le 30 septembre 2006.
«Je ne dis pas [que les ouvriers] auraient pu faire mieux, je dis seulement que l'examen qu'on fait après l'enlèvement doit être vu en prenant en considération les opérations de manutention et de prélèvement du béton», a expliqué M. Massicotte.
Les experts de la commission affirment que le MTQ aurait dû prévoir l'effondrement en analysant en profondeur les fissures visibles de l'extérieur. Le ministère, pour sa part, soutient que ces fissures n'avaient pas de lien avec celle, interne, qui a suscité l'effondrement.
L'expert du MTQ a néanmoins convenu que les travaux effectués en 1992 sur le viaduc de la Concorde avaient pu contribuer à aggraver la fissure fatale.
Bruno Massicotte a ainsi apporté une nuance de plus à la thèse défendue par le MTQ depuis les débuts des travaux de la commission d'enquête.
Jusqu'ici, le ministère soutenait que la réparation de 1992 — le remplacement d'un joint de dilatation — n'avait pas joué de rôle dans l'affaiblissement de la structure.
Hier, M. Massicotte a relevé que le devis de la réparation prévoyait l'installation d'une membrane d'étanchéité entre le béton et l'asphalte, ce qui n'a jamais été fait.
À cela, le MTQ a répliqué que le recours aux membranes d'étanchéité n'était pas la norme à l'époque.
Bruno Massicotte a aussi avancé que la pose d'asphalte chaud lors des travaux, en novembre 1992, a pu causer un «choc thermique» qui a pu, par la suite, être à l'origine de fissures dans le béton.
Pour démontrer que les fissures graves du viaduc de la Concorde étaient impossibles à détecter facilement, M. Massicotte a souligné que les experts de la commission n'avaient pas pu déceler certaines d'entre elles, même en taillant des «fenêtres d'observation». C'est finalement le MTQ, en sciant plus profondément, qui les a découvertes.
«Il fallait donc presque connaître le défaut initialement pour le trouver», a écrit M. Massicotte dans son rapport.
L'expert a enfin reconnu que, si le MTQ avait procédé à des tests de charge au cours des dernières années, il aurait découvert que la capacité du viaduc de la Concorde était à la limite des normes actuelles.
«On fait ce genre d'évaluation-là quand on soupçonne quelque chose [...] et ça n'a manifestement pas été le cas», a indiqué Jacques Gagnon, responsable du MTQ pour la région de Montréal et l'ouest du Québec.
Les audiences de la commission doivent prendre fin demain. Les avocats feront ensuite leurs plaidoiries les 31 juillet et 1er août.
M. Johnson n'a pas caché son exaspération devant la longueur du témoignage du troisième et dernier expert appelé à la barre par le MTQ, Bruno Massicotte, professeur de génie à l'École polytechnique de Montréal.
«On va un peu dans toutes les directions, a lancé l'ancien premier ministre péquiste. [...] Le problème, c'est qu'on étire un peu le temps parce qu'on est dans de longues descriptions avant d'arriver aux conclusions. [...] Il faut aller au coeur des choses.»
Sous le couvert de l'anonymat, un représentant du MTQ s'est indigné de cette pression, allant jusqu'à se demander si la commission ne cherchait pas à désavantager le ministère.
Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, en a rajouté.
«Recherche-t-on la vérité ou la prise de vacances? a-t-il demandé. On presse le ministère, on le pénalise parce qu'il est le dernier à passer. Or ce qui nous est présenté aujourd'hui [mardi], c'est d'une grande importance pour éclairer la commission. On dirait que les commissaires veulent aller le plus vite possible. Pourquoi?»
Pierre Marc Johnson se montre «impatient» parce que certaines des conclusions des experts du MTQ contredisent celles des experts de la commission, a prétendu M. Gagnon.
Pour faire preuve de bonne foi, M. Johnson s'est finalement dit prêt à siéger plus tard aujourd'hui, de façon à entendre tout ce que M. Massicotte a à dire.
Conclusions faussées?
Hier, Bruno Massicotte s'est interrogé sur l'impact qu'a pu avoir le démantèlement du viaduc lavallois et le transport des pièces sur les conclusions tirées par les experts de la commission. Selon lui, des fissures ont pu être agrandies par les travaux effectués après l'effondrement, qui a fait cinq morts et six blessés le 30 septembre 2006.
«Je ne dis pas [que les ouvriers] auraient pu faire mieux, je dis seulement que l'examen qu'on fait après l'enlèvement doit être vu en prenant en considération les opérations de manutention et de prélèvement du béton», a expliqué M. Massicotte.
Les experts de la commission affirment que le MTQ aurait dû prévoir l'effondrement en analysant en profondeur les fissures visibles de l'extérieur. Le ministère, pour sa part, soutient que ces fissures n'avaient pas de lien avec celle, interne, qui a suscité l'effondrement.
L'expert du MTQ a néanmoins convenu que les travaux effectués en 1992 sur le viaduc de la Concorde avaient pu contribuer à aggraver la fissure fatale.
Bruno Massicotte a ainsi apporté une nuance de plus à la thèse défendue par le MTQ depuis les débuts des travaux de la commission d'enquête.
Jusqu'ici, le ministère soutenait que la réparation de 1992 — le remplacement d'un joint de dilatation — n'avait pas joué de rôle dans l'affaiblissement de la structure.
Hier, M. Massicotte a relevé que le devis de la réparation prévoyait l'installation d'une membrane d'étanchéité entre le béton et l'asphalte, ce qui n'a jamais été fait.
À cela, le MTQ a répliqué que le recours aux membranes d'étanchéité n'était pas la norme à l'époque.
Bruno Massicotte a aussi avancé que la pose d'asphalte chaud lors des travaux, en novembre 1992, a pu causer un «choc thermique» qui a pu, par la suite, être à l'origine de fissures dans le béton.
Pour démontrer que les fissures graves du viaduc de la Concorde étaient impossibles à détecter facilement, M. Massicotte a souligné que les experts de la commission n'avaient pas pu déceler certaines d'entre elles, même en taillant des «fenêtres d'observation». C'est finalement le MTQ, en sciant plus profondément, qui les a découvertes.
«Il fallait donc presque connaître le défaut initialement pour le trouver», a écrit M. Massicotte dans son rapport.
L'expert a enfin reconnu que, si le MTQ avait procédé à des tests de charge au cours des dernières années, il aurait découvert que la capacité du viaduc de la Concorde était à la limite des normes actuelles.
«On fait ce genre d'évaluation-là quand on soupçonne quelque chose [...] et ça n'a manifestement pas été le cas», a indiqué Jacques Gagnon, responsable du MTQ pour la région de Montréal et l'ouest du Québec.
Les audiences de la commission doivent prendre fin demain. Les avocats feront ensuite leurs plaidoiries les 31 juillet et 1er août.








