Résoudre le casse-tête Turcot
Éric Faussurier - Candidat à la maîtrise en urbanisme de l'Université de Montréal. Bachelier en sciences politiques de l'Université d'Ottawa
9 juillet 2007
Québec
L'annonce du réaménagement de l'échangeur Turcot par Julie Boulet, ministre des Transports du Québec, est en soi une bonne nouvelle. Mais en quelques heures, différents acteurs se sont fait entendre sur le sujet. Le gouvernement fédéral, par la voix du sénateur Michael Fortier, veut ajouter au site un parc proposé par les candidats conservateurs de Montréal. En même temps, les résidants à proximité de l'échangeur font valoir leur consternation de ne pas être consulté par la Ville de Montréal.
Bref, le réaménagement de l'échangeur Turcot en 2007 est un excellent exemple de la complexité de l'aménagement au Québec. Il est peut-être temps de reconsidérer la complexité politique et administrative de l'aménagement au Québec en évaluant cet axe de transport selon la réalité actuelle.
Durant les années 1960, l'échangeur fut présenté comme un chef d'oeuvre d'ingénierie en suivant les recommandations des grands urbanistes fonctionnalistes tels le Corbusier. 7,7 kilomètres de voies aériennes réparties sur trois étages, où on circule sans s'attarder aux chemins de fer, au canal Lachine et aux rues avoisinantes. L'échangeur Turcot est une réussite technique hors pair et source de fierté.
Malheureusement pour cette solution, la politique, l'économie, la finance, l'humeur des gens, et même le climat changent. Personne ne pouvait prévoir l'explosion du nombre de véhicules qui y passent aujourd'hui. L'étalement urbain existe avec ses forces et faiblesses et génère des déplacements automobiles. L'échangeur Turcot est au coeur du commerce et de l'industrie canadienne. Il supporte un important flux de circulation reliant l'est à l'ouest du Québec et du Canada. Mondialisation aidant, les flux de transports explosent.
Politiquement, il est difficile de justifier un axe de contournement de l'île de Montréal comme l'autoroute 30 pour diminuer partiellement les flux de circulation. N'oublions pas que les finances publiques peinent à soutenir le réseau routier actuel. Effleurons seulement la difficulté des enjeux environnementaux en les mentionnant. Et les résidants qui habitent à proximité depuis plusieurs dizaines d'années, que vont-ils devenir? On constate que l'échangeur Turcot est un casse-tête d'enjeux.
La solution miracle existe-t-elle? La question en soi apporte une réponse partielle. De toute façon, est-ce que les structures publiques et le contexte politique actuel (deux gouvernements minoritaire) permettent d'implanter la meilleure solution? Celle-ci ne passe surtout pas par une multitude d'interventions ponctuelles par les différents ordres de gouvernement. Ce serait l'équivalent de résoudre le casse-tête à trois où chacun a les yeux bandés, et le plus vite possible s'il vous plaît!
La clé passe en premier par un comité exécutif tripartite qui évalue les enjeux avec le plus d'informations et prend une décision. Quoi qu'il advienne par la suite, cette décision devra être respectée. Après tout, c'est ainsi que fonctionne notre démocratie: les citoyens délèguent des élus pour qu'ils prennent la meilleure décision.
Élus, je vous souhaite d'écouter vos homologues et de travailler en équipe avec urbanistes, architectes et ingénieurs pour implanter la meilleure solution.
Bref, le réaménagement de l'échangeur Turcot en 2007 est un excellent exemple de la complexité de l'aménagement au Québec. Il est peut-être temps de reconsidérer la complexité politique et administrative de l'aménagement au Québec en évaluant cet axe de transport selon la réalité actuelle.
Durant les années 1960, l'échangeur fut présenté comme un chef d'oeuvre d'ingénierie en suivant les recommandations des grands urbanistes fonctionnalistes tels le Corbusier. 7,7 kilomètres de voies aériennes réparties sur trois étages, où on circule sans s'attarder aux chemins de fer, au canal Lachine et aux rues avoisinantes. L'échangeur Turcot est une réussite technique hors pair et source de fierté.
Malheureusement pour cette solution, la politique, l'économie, la finance, l'humeur des gens, et même le climat changent. Personne ne pouvait prévoir l'explosion du nombre de véhicules qui y passent aujourd'hui. L'étalement urbain existe avec ses forces et faiblesses et génère des déplacements automobiles. L'échangeur Turcot est au coeur du commerce et de l'industrie canadienne. Il supporte un important flux de circulation reliant l'est à l'ouest du Québec et du Canada. Mondialisation aidant, les flux de transports explosent.
Politiquement, il est difficile de justifier un axe de contournement de l'île de Montréal comme l'autoroute 30 pour diminuer partiellement les flux de circulation. N'oublions pas que les finances publiques peinent à soutenir le réseau routier actuel. Effleurons seulement la difficulté des enjeux environnementaux en les mentionnant. Et les résidants qui habitent à proximité depuis plusieurs dizaines d'années, que vont-ils devenir? On constate que l'échangeur Turcot est un casse-tête d'enjeux.
La solution miracle existe-t-elle? La question en soi apporte une réponse partielle. De toute façon, est-ce que les structures publiques et le contexte politique actuel (deux gouvernements minoritaire) permettent d'implanter la meilleure solution? Celle-ci ne passe surtout pas par une multitude d'interventions ponctuelles par les différents ordres de gouvernement. Ce serait l'équivalent de résoudre le casse-tête à trois où chacun a les yeux bandés, et le plus vite possible s'il vous plaît!
La clé passe en premier par un comité exécutif tripartite qui évalue les enjeux avec le plus d'informations et prend une décision. Quoi qu'il advienne par la suite, cette décision devra être respectée. Après tout, c'est ainsi que fonctionne notre démocratie: les citoyens délèguent des élus pour qu'ils prennent la meilleure décision.
Élus, je vous souhaite d'écouter vos homologues et de travailler en équipe avec urbanistes, architectes et ingénieurs pour implanter la meilleure solution.
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