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À pas de tortue vers la souveraineté

La population choisira la date du référendum, dit Pauline Marois

Robert Dutrisac   29 juin 2007  Québec
Québec — Quand il est question de réaliser la souveraineté, Pauline Marois préfère adopter l'allure de la tortue. La nouvelle chef du Parti québécois est prête à diriger le Québec pendant un, deux et même trois mandats sans tenir de référendum sur la souveraineté. C'est ce qu'a indiqué Mme Marois au cours d'un point de presse alors qu'elle s'apprêtait à participer, hier matin, à sa première réunion du caucus de ses députés à titre de chef du PQ. Mme Marois était accompagnée du chef de l'aile parlementaire du parti, François Gendron.

Pauline Marois est donc disposée à gouverner le Québec comme province tant et aussi longtemps que la population le souhaitera. «Ça dépendra du moment où les gens nous diront qu'ils veulent qu'on tienne un référendum ou qu'on les consulte sur cette question», a-t-elle dit. La chef péquiste se fie à «l'intelligence» de la population qui, en temps et lieu, «sera capable de nous dire quand elle sera prête à choisir sa destinée».

Entre-temps, un gouvernement péquiste dirigé par Pauline Marois continuera de défendre les intérêts du Québec pour «occuper notre place et réclamer nos pouvoirs [...]. Alors, on va faire progresser le Québec dans le sens de ses intérêts», ce que le PQ a toujours bien fait, a-t-elle fait valoir.

Toutefois, l'objectif de la souveraineté — l'article 1 du programme du parti — demeure.

«Ça ne veut pas dire qu'on va rester passifs. On va agir sur tous les fronts», a signalé Mme Marois. «Je souhaite évidemment qu'on convainque [la population] le plus rapidement possible. Et ça va dépendre de notre capacité de nous mobiliser, d'aller rencontrer les gens, de les écouter, de répondre à leurs attentes, à leurs questions, à leurs inquiétudes.»

Mais contrairement à ce que stipule le programme du PQ, il n'est pas question qu'un gouvernement Marois engage des fonds publics pour promouvoir la souveraineté. C'est aux militants du PQ et du Bloc québécois ainsi qu'à l'ensemble du mouvement souverainiste de faire le travail. «Il me semble qu'on a assez de pain sur la planche pour faire ce travail-là nous-mêmes», a-t-elle affirmé.

Pauline Marois a dit comprendre que des Québécois soient d'avis que le PQ devrait abandonner son option souverainiste. Un sondage CROP montrait cette semaine que 68 % des gens interrogés pensent de même, dont 48 % d'électeurs péquistes. Les péquistes ont trop parlé d'échéancier référendaire, du moyen, plutôt que de garder le cap sur l'objectif et de «parler du pays», croit Mme Marois. «Quand on passe notre temps à parler de la mécanique et que personne ne veut entendre parler de mécanique, que personne ne veut entendre parler du moyen, eh bien, évidemment, on ne séduit pas grand monde et on ne convainc pas grand monde.»

Les derniers sondages indiquent que l'«effet Marois» s'est estompé depuis la démission d'André Boisclair, bien que le PQ, à égalité avec l'Action démocratique du Québec, se tire mieux d'affaire en ce moment qu'au cours des semaines qui avaient suivi les dernières élections. «Ce dont je suis consciente, c'est qu'on a du travail à faire», a prévenu Mme Marois. «Il y a eu un bris de confiance entre le Parti québécois et la population québécoise. On a arrêté de les écouter. On a proposé des solutions toutes faites. On s'est parlé entre nous.»

Lors de la soirée d'intronisation de Mme Marois, mercredi, François Gendron a évoqué les «chicanes inutiles» au PQ et la côte à remonter, «raide, abrupte». C'est à l'ensemble du parti, à l'ensemble du mouvement souverainiste, de faire ce travail. «Je n'ai pas l'impression que c'est une personne, soit-elle talentueuse, ait-elle quelque expérience, qui peut changer ça tout d'un coup», a avancé Mme Marois.

Pauline Marois propose aussi de moderniser la social-démocratie, d'offrir autre chose que «le mur-à-mur», tout en gardant le cap sur «l'équité, la justice sociale, la défense et la protection du bien commun». Il ne s'agit pas d'un virage à droite; le PQ continuera de proposer un gouvernement de centre gauche. «Tous les partis occidentaux [...] progressistes ont fait cette démarche-là et l'ont faite, dans la plupart des cas, avec succès. Et on n'a pas besoin de se tasser à droite», estime-t-elle.

Pauline Marois devait présenter hier soir une proposition à l'exécutif national pour faire avaliser par les membres les changements qu'elle veut apporter au programme du parti. Selon des sources péquistes, on veut éviter de tenir un congrès national à court terme, la seule instance habilitée à modifier les statuts et le programme du parti. Le prochain congrès national du PQ doit normalement avoir lieu en 2009.

De passage aux îles de la Madeleine hier, le premier ministre Jean Charest a repris à son compte les critiques formulées par Mario Dumont à l'encontre de Pauline Marois.

Mercredi, le leader de l'ADQ, qui reconnaissait l'expérience de Mme Marois, lui imputait néanmoins les ratés du système de santé et de la réforme scolaire ainsi que l'abandon des familles qui n'ont pas de place pour un enfant dans un centre de la petite enfance.

«Il est intéressant de constater que même M. Dumont aujourd'hui, et j'en suis très heureux, reconnaît qu'en 2007, les problèmes auxquels nous faisons face sont en grande partie [causés par] les décisions de Pauline Marois», a indiqué le premier ministre.

M. Charest a soutenu que les difficultés que la société québécoise connaît dans divers domaines, dont l'éducation et la santé, sont le résultat de décisions prises par Mme Marois. «Les mises à la retraite dans le domaine de la santé, c'est Pauline Marois. La fermeture dans les facultés de médecine, dans les sciences infirmières, c'est Pauline Marois. Et le déficit qu'elle nous a laissé en 2003, c'est Pauline Marois. Le déficit de la SGF, c'est Pauline Marois», a martelé le premier ministre.

Pauline Marois a répliqué aux attaques de Mario Dumont hier en rappelant qu'au moment des mises à la retraite massives dans le domaine de la santé, sous le gouvernement de Lucien Bouchard, elle était ministre de l'Éducation. Quant à la réforme scolaire qu'a décriée M. Dumont, Mme Marois a souligné qu'afin qu'une réforme fonctionne, il fait l'ajuster et la corriger, ce que le gouvernement Charest n'a pas fait depuis 2003.

François Gendron s'est montré cinglant à l'endroit du chef adéquiste. «Il est peut-être temps de demander à M. Dumont c'est quoi, son expérience de gestion», a-t-il lancé «Moi, j'aime mieux me fier sur [sic] quelqu'un qui a eu sept, huit ministères.»

***

Avec la Presse canadienne
 
 
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  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 00h52
    cheap stuff
    Les politiquailleries, on est pas certain que cela nous interesse. Cependant une nouvelle cheffe qui se presente avec un parti souverainiste devrait voir plus loin que repondre a des critiques de cuisine! Les erreurs sont des erreurs et, je vous le dit, on en faire encore de erreurs. Sous n importe quel parti. Ceci etant dit, si je veux voter pour un bon gestionnaire, je vote pour qui? Et si je veux voter pour un pays, je vote pour qui? A force de rendre tout drabe pour avoir des votes et se faire elire nous en sommes rendus a ne compter que sur nous-meme pour se gouverner! Est-ce si complique de ne pas chercher le pouvoir absolument? Juste qu on sache pourquoi on vote?

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 05h04
    Faut pas avoir peur, mais faut pas rêver...
    Oui il faut rêver de belles choses, de grandes réalisations, d'épanouissement personnel et collectif; mais il ne faut pas rêver sans connaître les étapes qu'il faudra franchir pour s'approcher de son rêve.

    Si les souverainistes et indépendantistes, grands et petits, avaient mis autant d'efforts a expliquer les choix à faire, les étapes et les obstacles à franchir pour s'approcher du Grand Rêve qu'ils en ont mis à parler du rêve lui-même, leur travail ne serait pas constamment à recommencer. Ils auraient peut-être moins de fidèles, cependant.

    Combien de personnes savent avec distinction, aujourd'hui, quelles sont les inconnus et les conséquences mesurables de la souveraineté. Faisons un sondage. Je prédis une très faible minorité.

    Devant l'inconnu, la peur ou la prudence sont à peu près la même chose.
    Alors, allons-y lentement, mais avec clarté. Surtout si le prochain référendum ne risque pas d'arriver avant deux ou trois mandats du PQ (qui sait quand le premeir aura lieu) c'est à dire aux environs de 2025, dans le meilleur des scénarios.

    Il n'y a donc pas de raison pour que le stress des observateurs augmente rapidement.

    Georges Paquet

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 06h57
    La Castafiore vient de nous faire dans les mains
    On s'est tous fait avoir. Oui on croyait qu'il fallait cesser de parler du référendum et parler enfin du pays. De la destination plutot que du voyage.

    Mais là, ce n'est plus ça. Là, Madame la première ministre, une fois son nom inscrit dans les livres d'histoire, va attendre qu'une délégation représentant le bon peuple se présente à son bureau pour la supplier de tenir un référendum suite à un sondage indiquant que 55% en veulent un. Alors là seulement Madame la première ministre s'abaissera a en tenir un!

    Le Grand Dérangeant voulait qu'on le plébicise afin de l'envoyer à Buenos Aires dans 1000 dodos. La Castafiore ne compte même plus les dodos...

    Le PQ nous aura écoeuré jusqu'à la fin. Faudra-t-il fonder un autre parti et tout recommencer à zéro?

  • Raymond Vaillancourt
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 08h27
    Un bel exemple !
    On se demande encore pourquoi la population croit de moins en moins en la politique ! Pourtant, à voir comment les partis politiques en viennent à galvauder ce pourquoi ils ont été fondé, on devrait finir par comprendre ! Quand un parti, dit souverainiste, accepte d'arriver au pouvoir pour ne pas en parler et encore moins réaliser son but premier, pourquoi mériterait-il le pouvoir ?

    Raymond Vaillancourt

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 08h41
    Le lièvre et la tortue
    Si on se rappelle bien la fable de M. de La Fontaine, c'est la tortue qui a finalement gagné la course contre le lièvre qui prenait un peu trop légèrement, l'affaire en se fiant sur sa vitesse légendaire.

    Notre nouvelle tortue Marois compte bien partir à temps et ne pas perdre de temps afin de faire de même.

    La fable ne nous dit pas si la tortue a gagné un référendum suite au gain de sa course avec le lapin qui fôlatrait un peu trop, principalement en campagne.

    Dans cette histoire-ici "comme le disait monsieur du Chrétien", il n'est pas certain que le lièvre Dumont va être pris à fôlatrer et que le mulet Charest "rétif en général et à reculons en particulier" sera encore dans la course à ce moment là.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 08h48
    La trahison de nos chefs.
    "Mais contrairement à ce que stipule le programme du PQ, il n'est pas question qu'un gouvernement Marois engage des fonds publics pour promouvoir la souveraineté. C'est aux militants du PQ et du Bloc québécois ainsi qu'à l'ensemble du mouvement souverainiste de faire le travail. «Il me semble qu'on a assez de pain sur la planche pour faire ce travail-là nous-mêmes», a-t-elle affirmé."

    On peux donner à Mme Marois d'être plus honnête que ses prédécesseurs en avouant ouvertement qu'elle aussi nous trahira.

    On a eu beau gagner nos élections, le PQ n'a jamais investi dans la promotion de notre option politique, ni dans la promotion identitaire, historico-culturelle de notre peuple.
    Même pendant le reigne de Marois à la tête du ministère de l'éducation, les cours d'histoire ne se sont pas améliorés.

    Et pourtant, les Libéraux qui gagnent leurs élections n'ont pas besoin de le dire deux fois à leurs chefs élus afin que la promotion de leur option politique soit servie et promue!

    Ils y mettent le paquet côté identitaire!

    "Alors, on va faire progresser le Québec dans le sens de ses intérêts», ce que le PQ a toujours bien fait, a-t-elle fait valoir." (P. Marois)

    Bein on sais. On a compris depuis des lustres. Mais merci tout-de même pour votre franchise, Mme Marois.

    Bonne chance dans votre carrière. Ça peut être payant, la fonction publique. Bonne place pour piger dans la richesse déjà faite par les travailleurs.

    Mais je vous apprend rien là!

  • francis batt
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 11h47
    "C'est le fors qui manque le moins.."
    ..Je suis plutôt d'accord avec Georges Paquet.
    "Le Grand Rêve" d'un Québec, souverain, indépendant, Libre (peut-être en...2025, comme le pense Georges Paquet, réaction n°2 ?).
    ..mais Libre et Souverain "par rapport à qui" ? "par rapport à quoi" ? .."that is the Real question"!
    1ère Etape : ayons le courage de "nommer l'ennemi qui usurpe les souverainetés" : le nouvel "Ordre" mondial dont le pouvoir et l'ambition s'accroissent sans cesse, de jour en jour plus fort, et sur le Québec aussi.
    2ème Etape : lorsque nous aurons "eu ce courage de diriger notre regard dans la bonne direction", alors nous pourrons à nouveau discourir sur de bonnes bases, et "la souveraineté" cessera d'être "ce grand serpent de mer" qu'on nous ressort à périodes fixées.
    ...alors nous pourrons commencer à véritablement lutter pour défendre et rétablir notre souveraineté.
    [.. dans cette lutte, nous nous retrouverons avec tous les Etats du Nord Canada, et même avec tous les "Etats" du continent Nord-Américain ; Etats confrontés avec la même acuité aux mêmes pressions, et à la même obligation de lutte de reconquête de leurs institutions].
    ...Soyons honnêtes et allons jusqu'au bout :
    1) quelle alternative proposons-nous à ce nouvel "Ordre" mondial (la question est posée "à tout le monde").
    2) et re-parlons de souveraineté ensuite.
    ..c'est ça "la politique" !
    Je crois que nous avons enfin un Premier Ministre.
    Pensons à Miss Thatcher... bon courage !
    Francis Batt

  • Jacques Léger
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 14h09
    Un parti à l'agonie
    Je pense que le Parti Québécois est à lentement agoniser. Triste fin pour ce qui fut un des moments forts de la vie politique du Québec. Peu de choses vont finalement le distinguer du Parti libéral et de l'Action démocratique. Pauline Marois se rend-elle compte qu'elle doit son accession à la chefferie au grand vide laissé par le psychodrame des derniers mois et le peu de moyens qui restaient à ceux qui auraient pu s'y intéresser de près?. Elle qui prétend vouloir être à l'écoute de la population n'en à que faire d'être à l'écoute de ses propres membres.

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 14h45
    Pauline va nous écouter...
    Pauline va nous écouter. C'est le nouveau mentra. La recette Mario. On va écouter ceux qui veulent des bulletins avec des chiffres et de l'alsphate dans les nids-de-poule. La p'tite vie 101, made in banlieue tranquille.

    Pourtant Dumont a gagné ses élections bien avant le début de la campagne électorale. Il n'a pas gagné sur les bulletin mais sur les accomodements raisonnables. Pendant que Charest refusait de toucher à ça (c'est sa clientèle...) et que le grand Zaza voulait sortir le crucifix de l'Assemblée nationale, Dumont a monté qu'il s'inquiétait de les choses déraper ainsi. Rien de bien génial, mais un intéret pour la cause de l'heure. C'est là qu'il s'est envolé dans les sondages!

    La cause de l'heure présentement c'est le tournoi mondial de soccer. Le monde entier va nous regarder mais nous on n'est pas là. L'Écosse va être là (mais pas l'Angleterre). L'Écosse qui a un parlement seulement depuis 1999 a son équipe nationale qui fait triper tout le pays. Le Québec de Pauline n'a rien. Aucune équipe capable de rassembler tout le peuple de 7 à 77 ans, minorités incluses. Au PQ on n'a jamais jamais jamais compris à quel point le sport pouvait être important dans la vie collective d'un peuple.

    Cet automne ca va être l'Afghanistan. Des dizaines de Québécois vont mourir dans les montagnes perdues, à l'autre bout du monde. C'est un sujet en or pour le PQ, un Québec libre n'enverrait jamais ses boys se faire tuer dans pareil trou. Pauline va-t-elle parler? Va-t-elle leader? OU va-t-elle juste écouter?

  • David Lépine
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 15h24
    Question à JN
    Est-ce qu'un Québec indépendant ferait partie de l'ONU, de l'OTAN, de l'OEA ? Aurait-il une armée? Participerait-il aux missions internationales sanctionnées par l'ONU? Pouvez-vous nous donner la liste pré approuvée des pays susceptibles de recevoir nos missions? Allez-vous exigez que nos boys n'aillent jamais dans les zones dangeureuses? Auriez-vous envoyé nos boys à Kigali?

    Vous êtes un ''armchair quarterback'' qui choisit toujours le bien à postiori.On sait toujours ce que vous êtes contre mais jamais ce que vous feriez à leur place.

    Quand tu te fais toujours payer le repas par tes amis, le jour que ton tour arrive, tu ne peux pas toujours choisir le restaurant.

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 16h03
    À Francis Batt.
    Francis Batt a un talent certain pour les facéties. Si j'ai dit qu'un référendum sur la souveraineté ne pouvait vraisemblablement pas être tenu avant 2025, dans le meilleur des sénarios, c'est que dans mon esprit, 20 ans en politique c'est plus long que l'éternité. Donc je prétends qu'avec les propositions de Pauline Marois la souveraineté a bien peu de chance de revenir comme sujet important du débat politique au cour de ce siècle. Pour une option politique c'est l'équivalent de la disparition.
    R.I.P.

    Georges Paquet

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 29 juin 2007 16h44
    Indépendantiste le PQ ?
    Les chefs du PQ, René Lévesque en tête, ont toujours été prêts à troquer la lutte pour l'indépendance contre un « beau risque », une « bonne » entente avec les dirigeants politiques du Canada, de quelque parti qu'ils soient. La lutte pour l'indépendance a pris le « clos » lorsque le RIN a avalé l'espoir chanté par le mouvement souveraineté-association de René Lévesque. Utopie pour utopie, aussi bien opter pour Québec solidaire !
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Eric Tremblay
    Inscrit
    vendredi 29 juin 2007 21h28
    PQ-Pauline : des odeurs d'attentisme et d'affirmationnisme
    Le 16 mai dernier, dans « Notre situation est unique dans l'Histoire du monde moderne » publié sur Vigile.net, je conviais Madame Marois à convoquer des États Généraux sur l'Indépendance afin de permettre à l'ensemble du mouvement indépendantiste d'adopter une démarche gagnante qui permettrait enfin de créer le pays que nous attendons depuis tant d'années. Ce texte rappelait aussi que cette construction du pays du Québec commande une vision emballante, une volonté inébranlable, une détermination sans faille et un courage de tous les instants ancrés dans l'action.

    Avant-hier à Québec, Madame Marois, reprenant le contenu de son texte publié le 18 juin dernier sur le site du Parti Québécois, exposait son plan de match afin que le PQ redevienne le parti des Québécois. À la suite de ce discours, le moins que l'on puisse dire, c'est que les indépendantistes qui croyaient sincèrement que le nouveau chef du PQ se consacrerait entièrement à la réalisation de l'indépendance du Québec seront encore une fois déçus. En effet, Madame Marois, tout en appelant les militants à promouvoir l'indépendance auprès des Québécois, affirme brutalement que ces derniers ne sont pas prêts à rouvrir maintenant la discussion décisive sur la concrétisation du pays du Québec, bien qu'ils s'attendent à voir leur identité et leurs valeurs fondamentales être affirmées haut et fort. Ces propos ont des odeurs d'attentisme et d'affirmationnisme. Rien de bien motivant pour les indépendantistes.

    En attendant, Madame Marois s'engage résolument dans la recherche de la mythique troisième voie. Sans posséder les pleins pouvoirs législatifs et fiscaux d'un pays, ce qui risque fort de miner toute chance de succès de cette entreprise, elle entend moderniser la social-démocratie afin de trouver le juste équilibre entre les rôles respectifs de l'État, du secteur privé et de la société civile. De cette façon, croit-elle, les indépendantistes ayant délaissé le PQ au profit de l'ADQ ou de QS reviendront naturellement au bercail. Pourtant rien n'est moins sûr. Le jeu de réalignement sur l'axe gauche-droite ne permettra pas de rassembler l'ensemble du mouvement indépendantiste derrière le PQ. Si le PQ n'arrive plus à fédérer les indépendantistes de gauche, de centre-gauche, de centre-droit et de droite, c'est que depuis le référendum de 1995, ce parti n'a pas su présenter une vision indépendantiste emballante et proposer une démarche d'accession à l'indépendance gagnante. Les indépendantistes voteront de moins en moins pour un PQ qui ne propose rien de plus qu'un programme de gestion provinciale.

    De plus, bien que Madame Marois affirme qu'il faille abandonner l'obligation référendaire, elle se refuse à dire comment elle entend procéder à la création du pays. Elle entretient l'ambiguïté. Pourtant, la démonstration du « comment » se veut aussi importante que l'explication du « pourquoi ». Nous sommes capables de mâcher de la gomme et de marcher en même temps. Si nous voulons que les Québécois soutiennent la réalisation de l'indépendance, il faudra bien les rassurer en leur expliquant comment nous allons procéder. Ce n'est pas l'idéal de l'indépendance qui est massivement rejeté par la population québécoise, mais bien le moyen du référendum. La moyenne des sondages depuis 2005 indique que l'appui à l'indépendance se situe aux alentours de 45%, alors que le moyen du référendum est rejeté par plus de 80% des Québécois. Il faudrait en tirer les bonnes conclusions. Que les Québécois refusent de rejouer dans un psychodrame référendaire, cela se comprend parfaitement. Ils ne veulent plus s'exposer au viol de leur démocratie par les forces d'Ottawa et de « Corporate Canada ». À nous de leur proposer une démarche claire, franche, honnête et transparente. Ainsi, nous pourrons les convaincre plus facilement de la nécessité pour le Québec de devenir un pays.

    Le problème fondamental du PQ depuis 1974 réside dans l'imposition du dogme référendaire et de la dissociation qui en découle entre l'accession au pouvoir et la réalisation de l'indépendance. Il ne faut pas chercher ailleurs l'explication des deux raclées que le PQ a subies lors des élections de 2003 et 2007. Faut-il rappeler que plus de la moitié des indépendantistes n'ont pas voté pour le PQ lors de ces deux dernières élections. Il s'avère tout à fait normal que de plus en plus d'indépendantistes se soient lassés de l'étapisme référendaire proposé par le PQ, surtout après ce qui s'est produit en 1995.

    Depuis ce temps, le PQ ne cesse de cacher sa véritable raison d'être sous le couvert d'un jeu purement électoraliste. Ainsi, tel un équilibriste, il a tenté de préserver l'appui des indépendantistes en proposant la tenue d'un éventuel référendum, pourtant rejeté massivement par la population, tout en cherchant à s'attirer la faveur des Québécois en affirmant que celui-ci ne se tiendra pas si les astres ne sont pas parfaitement alignés. Maintenant, Madame Marois pousse la logique électoraliste plus loin que Bouchard, Landry et Boisclair n'auraient pu l'espérer en abrogeant l'obligation référendaire sans proposer une méthode alternative d'accession à l'indépendance.

    Puisque le peuple n'est pas prêt à décider de la création du pays, le PQ ne s'engagera pas dans la construction du pays avant que le peuple ne le lui demande. Avec une telle attitude, les indépendantistes risquent d'attendre fort longtemps avant de voir leur idéal se concrétiser. Puisque le peuple n'est pas prêt pour la grande décision, on lui proposera de se prononcer sur de petites décisions de gestion provinciale tout en lui parlant du pays lointain. L'instrumentalisation de la cause indépendantiste pour la recherche du pouvoir va se poursuivre sous l'ère Marois. Le nouveau chef attendra que le peuple réclame la tenue d'un référendum. Le dogme référendaire se perpétue sans être soumis à un échéancier précis. Si jamais, dans un avenir plus ou moins lointain, de nombreux sondages consécutifs indiquaient que l'appui à l'indépendance se situait au-dessus, par exemple, de 55%, alors un gouvernement Marois pourrait en appeler au peuple. On nage dans le pur délire mystique !

    Un vrai leader, empreint d'une volonté créatrice, amène le peuple à le suivre en lui montrant le plus droit chemin menant à l'atteinte de l'objectif. Il ne lui cache rien. Il lui expose une démarche claire, franche, honnête et transparente qui le force à prendre ses responsabilités et à choisir en toute connaissance de cause. Par sa vision, son assurance, sa détermination et son courage, le leader amène le peuple à se faire confiance, à se dépasser, à aller au-dessus et au-delà des limites qui lui sont imposées par les pouvoirs en place. Le leader favorise la libération du potentiel créateur du peuple. Si nous croyons que l'indépendance du Québec est juste et nécessaire, nous devons non seulement convaincre les Québécois de sa nécessité, mais s'engager à la réaliser grâce à une méthode d'accession limpide (ex : Déclaration d'indépendance et adoption d'une Constitution d'État) qui se retrouvera détaillée clairement à l'intérieur d'un programme politique et d'une plate-forme électorale.

    Faisons confiance à l'intelligence des Québécois. Si le peuple n'est pas prêt, il nous le fera savoir en élisant un gouvernement d'un autre parti politique. Cette défaite ne serait pas fatale. Nous n'aurons qu'à continuer le travail jusqu'à ce que l'on gagne une élection qui nous permettra de réaliser l'indépendance. Agir autrement, en semant la confusion et en entretenant l'ambiguïté, ne fait que mettre en danger notre idéal d'indépendance. À chaque fois que le PQ propose une plate-forme électorale provinciale et perd les élections, nous nous éloignons davantage de la réalisation de notre idéal. Le refus de l'action et de l'engagement à concrétiser le pays favorisent l'éclatement et l'éparpillement des forces indépendantistes.

    Le nécessaire rassemblement de ces forces ne pourra survenir que lorsqu'un parti indépendantiste s'engagera résolument sur le chemin de la réalisation de l'indépendance du Québec sans référendum. Madame Marois souhaite ce rassemblement, mais adopte une position attentiste qui ne peut que produire l'effet contraire et favoriser la morosité.

    Si le PQ de Madame Marois se conforte, pour des motifs purement électoralistes, dans l'attentisme et l'affirmationnisme, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S'il refuse, lors des élections, de proposer aux Québécois une démarche claire, sans référendum, menant à l'indépendance, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? S'il ne fait que parler de l'indépendance comme d'un rêve lointain, voulez-vous bien me dire à quoi il sert ? Combien de temps encore devrons-nous attendre ? Combien d'échecs devrons-nous encore subir avant de tirer les bonnes conclusions ? Devrons-nous attendre que l'idéal indépendantiste recule au-dessous de 20% avant de rectifier le tir ? Devrons-nous attendre que le PQ tue l'indépendance avant d'agir ?

    Enfin, quoiqu'en pense Madame Marois, le « comment » se veut aussi important que le « pourquoi ». Sans une méthode d'accession à l'indépendance adaptée au contexte et à la situation du Québec, ce dernier risque fort de demeurer éternellement un État-nation avorté.

    Éric Tremblay

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 30 juin 2007 14h02
    Éric Tremblay dans les traces de Louis Bernard
    M. Tremblay écrit : «Faisons confiance à l'intelligence des Québécois. Si le peuple n'est pas prêt, il nous le fera savoir en élisant un gouvernement d'un autre parti politique. Cette défaite ne serait pas fatale. Nous n'aurons qu'à continuer le travail jusqu'à ce que l'on gagne une élection qui nous permettra de réaliser l'indépendance.»

    Bravo M. Tremblay ! c'est presque la façon de faire prônée par M. Louis Bernard depuis, au moins 2 ans qui ne semble pas avoir encore beaucoup d'écho chez celles et ceux du PQ, plus versés vers le pouvoir que vers la souveraineté.

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