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Les dilemmes de la gauche

Antoine Robitaille   23 juin 2007  Québec
Photo : Pascal Ratthé
«Moderniser la social-démocratie»: le projet de Pauline Marois est ambitieux mais périlleux puisqu'il la contraindra à faire des choix déchirants. Comment moderniser sans dénaturer? Les exemples britanniques et scandinaves sont-ils importables ici?

Québec — Il faut «moderniser la social-démocratie», a déclaré Pauline Marois, qui sera couronnée chef du Parti québécois cette semaine. Moderniser, encore? À chaque décennie, en Occident, on la remet sur le métier, on tente de la réinventer.

Ceux qui portent l'étiquette «social-démocrate» y sont contraints, cette fois-ci par d'amères défaites électorales, comme celles de Ségolène Royal en France et du PQ au Québec, ou encore par l'usure du pouvoir, comme en Angleterre, où le chef du New Labour, Tony Blair, quittera ses fonctions à la fin du mois.

Chez Pauline Marois, ce projet semble être une sorte d'idée fixe. Il y a près de 20 ans, le 11 mai 1988, dans un PQ alors en redéfinition (Jacques Parizeau venait d'être couronné le 18 mars), elle avait tenté un retour en politique à la faveur d'une élection partielle dans Anjou, circonscription laissée vacante par l'ancien chef Pierre Marc Johnson. Un des thèmes centraux du discours d'investiture de Mme Marois? La souveraineté, bien sûr. Mais surtout ceci: «redonner un nouveau visage à la social-démocratie» grâce à «une économie à visage plus humain».

À 20 ans d'écart, promettre encore une fois de moderniser la social-démocratie, est-ce une rengaine commode pour une politicienne toujours à la recherche d'un renouveau? Sans doute un peu.

La modernisation à l'époque était légèrement différente de celle envisagée aujourd'hui. La question de la bureaucratie était alors centrale. Les néolibéraux Margaret Thatcher en Angleterre et Ronald Reagan aux États-Unis achevaient une décennie de réformes axées sur le retour de l'individu face à une machine étatique qui semblait surdimensionnée, à peine moins lourde que celle de l'URSS, d'ailleurs sur le point de tomber.

Aussi se redéfinir constamment fait-il partie de la nature même de la social-démocratie. Née en opposition au communisme révolutionnaire au XIXe siècle, elle consiste en une pensée «réformiste», qui progresse plutôt par essais et erreurs, qui fait des compromis avec les nouveaux phénomènes plutôt que de tenter de leur tordre le cou. Et en 20 ans, les changements ont été légion: effondrement de l'URSS, précarisation du travail, mondialisation, nouvelles technologies, désordre mondial et terrorisme...

Dans leur très influent manifeste pour une «troisième voie», aussi qualifiée de «nouveau centre», en 1999, le premier ministre britannique Tony Blair et le chancelier allemand Gerhard Schröder, influencés respectivement par les intellectuels Anthony Giddens et Bodo Hombach, proposaient une liste de changements qui forçaient une redéfinition de la social-démocratie.

n Historiquement, la social-démocratie a été le véhicule de la classe ouvrière pour influer sur le pouvoir, voire pour l'exercer. Mais à la fin du XXe siècle, le travail a profondément changé, au point où l'expression «classe ouvrière» apparaît surannée, remplacée par «mouvements sociaux». «Occuper le même emploi toute sa vie n'est plus concevable», écrivaient Blair et Schröder. Ainsi, les sociaux-démocrates doivent apprendre à «marier les demandes croissantes en faveur de la flexibilité et les exigences sociales en faveur de conditions de vie normales».

n Les transformations techniques s'imposant de plus en plus vite commandent de créer «les meilleures conditions pour la prospérité et l'adaptation des entreprises» ainsi que pour le développement de nouvelles entreprises.

n Dans ce contexte, il fallait urgemment investir dans le capital «humain», rendre «les entreprises adaptées à une nouvelle économie basée sur le savoir».

n La gauche du XIXe siècle et du XXe siècle a été très confiante dans la technique. Le mythe de Prométhée et les cheminées triomphantes ont longtemps été glorifiés par les gens de gauche. Cependant, les nouveaux sociaux-démocrates doivent «réconcilier le progrès technique nécessaire à la société avec la préservation de l'environnement».

n En Europe, du reste, «les dépenses publiques par rapport au PIB ont atteint les limites de l'acceptable».

n L'accroissement de l'espérance de vie, les nouvelles structures familiales et les nouveaux rôles des femmes sont autant de phénomènes qui ont changé la donne et qui forcent à repenser des pans de la social-démocratie.

n Levant un tabou de la gauche, Blair et Schröder abordaient la question de la criminalité et affirmaient qu'être en sécurité dans la rue «est un droit essentiel».

Devant cette nouvelle donne, l'État devait changer de rôle. «Il ne doit pas ramer mais tenir le gouvernail», écrivaient-ils. Il fallait réduire la bureaucratie, «favoriser une mentalité de gagnant» et un «nouvel esprit d'entreprise à tous les niveaux de la société».

Cercles pauliniens

Dans les cercles «pauliniens», on admet depuis longtemps que la «social-démocratie classique est bloquée», comme l'écrivait dans son livre Souverainistes, que faire? Michel Venne, ancien journaliste au Devoir et fondateur de l'Institut du Nouveau Monde, désigné cette semaine par Pauline Marois pour participer au comité Castonguay sur le financement du système de santé.

En 2002, en plein débat sur le modèle québécois, Michel Venne partageait plusieurs des constats des auteurs de la «troisième voie» et du «nouveau centre». Il affirmait que les problèmes du PQ venaient du fait qu'il était encore associé à une conception de l'État «centralisé, jacobin, autoritaire».

Citant le cas des garderies à 5 $ par jour, Michel Venne lançait ceci: «Le Parti québécois a choisi, dans bien des cas, des modèles universels qui s'appliquent partout de la même manière, comme il l'a fait dans le domaine des services de garde, plutôt que de laisser la société innover dans un contexte pluraliste.»

Or la nouvelle donne comprend à la fois la transformation du monde du travail et la mondialisation. Celle-ci a suscité de nouvelles demandes de protection ainsi que des demandes d'affranchissement de la part des gens qui voulaient tirer parti de nouvelles occasions. «Dans leur pratique du pouvoir, les gouvernements sociaux-démocrates n'ont pas su dégager une nouvelle synthèse qui réponde à cette nouvelle contradiction sociale. Ils ont oscillé entre la défense des positions acquises et le suivisme libéral», tranchait Michel Venne.

Certains se sont montrés plus brutaux. En juin 2002, Joseph Facal, en pleine première montée de l'ADQ, avait rompu avec la solidarité ministérielle et avait déclaré: «Le PQ a [...] un devoir de lucidité.» (Déjà ce mot!) Sa formation politique avait erré en érigeant «en dogme le sacro-saint modèle québécois, en refusant de voir ses failles, le corporatisme, la rigidité, la dépendance vis-à-vis de l'État qu'il engendre, la dette astronomique qu'il a suscitée».

M. Facal, maintenant professeur aux HEC et chroniqueur au Journal de Montréal, prépare actuellement un livre sur ce sujet. Pour Pauline Marois, il mène une réflexion, de concert avec l'ancien rival de Mme Marois, François Legault. Celui-ci, en 2002, avait appuyé Joseph Facal. «Il faut être progressiste, mais il faut aussi un État efficace. Il y a du travail à faire pour améliorer l'efficacité de nos réseaux», avait-il déclaré.

Les deux Pauline

Le débat sur le modèle québécois en a conduit plusieurs, en octobre 2005, aux conclusions du Manifeste pour un Québec lucide, dévoilé en pleine course à la direction du Parti québécois.

À l'époque, Pauline Marois s'était opposée à ce manifeste, pourtant signé par des gens proches d'elle, comme «son» ancien premier ministre, Lucien Bouchard, l'économiste Pierre Fortin et Joseph Facal. Les «lucides», rappelons-le, recommandaient de hausser les prix de l'électricité et les frais de scolarité et de déployer des efforts titanesques pour affronter le «tsunami» du vieillissement de la population.

Qualifiant à l'époque ces conclusions de «pessimistes», Pauline Marois a plutôt plaidé pour le maintien du gel des frais de scolarité. Elle s'était engagée, contrairement à André Boisclair, à rétablir le libellé de l'article 45 du Code du travail, modifié à l'automne 2003 par le gouvernement Charest pour faciliter le recours à la sous-traitance. Campée dans le rôle de la protectrice du modèle québécois social-démocrate, elle avait obtenu l'appui du SPQ libre ainsi que de plusieurs syndicalistes et d'un certain nombre de signataires du Manifeste pour un Québec solidaire, comme l'écrivaine Hélène Pedneault. Pauline Marois se disait même prête à créer une coalition électorale avec Québec solidaire.

Mai 2007: c'est une nouvelle Pauline Marois, post-26 mars, qui se présente. «L'autre Pauline», comme le notait en ces pages Michel David cette semaine. Celle soutenue, entre autres, par Joseph Facal, dont les critiques adressées au modèle québécois semblent désormais «décomplexées».

La hausse des frais de scolarité? Mme Marois semble désormais d'accord. Les «idées toutes faites» de la gauche péquiste traditionnelle? Fini! Le ton est désormais celui de la rupture. La formule «en finir» apparaît deux fois dans son texte publié mardi: «Nous devons "en finir" avec certaines idées toutes faites dans lesquelles une très large majorité de Québécois ne se reconnaissent plus.»

De même, écrit-elle, «il faut, une fois pour toutes, en finir avec cette peur de la richesse comme s'il s'agissait de quelque chose qui nous détournerait du bien commun». À cette affirmation, Alain Dubuc, auteur d'Éloge de la richesse, a applaudi dans La Presse. C'est «Pauline à la page».

L'autre Dubuc, Pierre, celui de L'Aut' Journal et du SPQ libre, dit qu'il faut attendre avant de juger ces quelques intentions générales. Dans les sites et les blogues solidaires, comme Presse-toi à gauche (pressegauche.org), il est dénoncé pour son mutisme.

Il faut dire qu'après le 26 mars, le score minimaliste de Québec solidaire et la seconde montée de l'ADQ qui a propulsé Mario Dumont au statut d'opposition officielle, le contexte n'est plus le même. La colère de la classe moyenne a porté. «Nous avons le devoir de l'écouter avec respect», écrit la candidate Marois.

La «gauche de gauche», au PQ, est sur les dents. En 2005, elle avait fait plier Bernard Landry et réussi à définir des pans du nouveau programme. Sous André Boisclair, elle a été prompte à dénoncer tout écart d'apparence droitiste, par exemple lorsque le chef a promis de «soulager le capital». Le SPQ libre fait maintenant dans le wait and see.

Pierre Dubuc, par exemple, soutient que la position de Pauline Marois sur les frais de scolarité «n'est pas encore vraiment arrêtée». Rétablir l'article 45 du Code du travail? «Des études ont démontré que ça n'avait pas été beaucoup utilisé», bref, que ce n'est «peut-être plus nécessaire», dit l'ancien candidat à la direction.

André Boisclair avait été fustigé pour avoir lancé que les Québécois avaient «peur du succès». Pauline Marois, elle, affirme qu'il faut se débarrasser de la «peur de la richesse». «Personne n'est contre la création de la richesse», répond Pierre Dubuc. Pour clarifier les choses, pour statuer sur les tentatives de modernisation de la social-démocratie à l'étranger, le SPQ libre entend organiser un grand colloque à l'automne pour contribuer à la réflexion de la nouvelle chef.

Par-delà la gauche et la droite

Les tenants de la «troisième voie», Anthony Giddens en tête, ont depuis longtemps proposé qu'on surmonte les clivages gauche-droite pour repenser la social-démocratie. Pauline Marois rejoint cette volonté quand elle écrit: «Il n'y a rien qui ne puisse être remis en question si cela sert le bien commun.»

L'économiste Pierre Fortin, de l'UQAM, est d'accord. Signataire du manifeste des «lucides», il dit que lorsqu'il va au Canada anglais, on le présente pourtant comme un «leading left wing intellectual». Après avoir fréquenté l'un et l'autre camp, il présente son verdict: «La droite est sans coeur et la gauche est sans dessein!»

Plus sérieusement, selon Pierre Fortin, c'est sur des thèmes donnés et précis que le débat se fera désormais et moins sur ces grandes grappes de mesures que force une perspective «de gauche» ou «de droite».

Il sera intéressant de voir comment la nouvelle chef du PQ tranchera la question de l'augmentation du salaire minimum, par exemple, et toutes celles liées à la productivité et à la fiscalité des entreprises. Conserverait-elle les baisses d'impôt de Jean Charest?

Sur la question de la place du privé, Mme Marois propose déjà quelques lignes où elle évoque «une collaboration» (et non des partenariats... ) avec lui. Se convertirait-elle aux PPP très blairistes de Monique Jérôme-Forget?

Selon l'ancien conseiller péquiste Jean-François Lisée (lui aussi animateur d'un site Internet sur les politiques sociales et la mondialisation, politiquessociales.net), le plus grand dilemme de Pauline Marois dans cet effort de modernisation portera sur la notion de dette de l'État. Elle aura à trancher entre ceux qui, à l'instar de Jacques Parizeau et de bien des «solidaires», relativisent le problème et les autres qui estiment que la justice intergénérationnelle commande de payer une part de la dette. Conserverait-elle le Fonds des générations?






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Vos réactions

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  • Benoît Gagnon
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 01h43
    Créer la richesse. par Benoît Gagnon
    « Le véritable sens de "créer de la richesse" consiste à établir une justice sociale. Nous possédons la richesse pour établi une plus grande justice sociale. Ce n`est pas de créer des gagnants, mais des êtres humains responsables de nos libertés communes. Notre force comme peuple et qui doit devenir notre moteur`est notre appartenance basée sur la "coopération."
    Une société qui a comme tradition l`entraide entre les individus peut orienter ses actions pour pouvoir bien vivre ensemble. Notre but c`est la justice sociale, le moyen c`est la souveraineté. Ceci étant dit, la véritable richesse(non pas celle qui se traduit souvent par l`abus du droit de propriété)mais celle du citoyen à qui le système d`éducation le sens de la coopération. Soyons un peuple avec ses racines fondées sur le partage. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 07h03
    Pas de problème fondamental avec la dette
    « Il est fallacieux de présenter comme un clivage solidaires-lucides les différentes opinions sur le remboursement de la dette. Il s'agirait plutôt d'un clivage fourmis et cigales. Mais les cigales ne sont pas forcément celles que l'on pense.

    Il y'a deux questions à se poser au sujet d'une dette. La première concerne son montant total actuel en pourcentage du PIB: étant donné les paiement d'intérêts que ce montant implique, est elle trop élevée, ou trop basse? La réponse est que la dette totale actuelle du Québec n'est pas trop élevée au regard du potentiel de l'économie québécoise, si on la compare à celle de société comparable.

    La deuxième question concerne l'éventuel accroissement ou réduction de cette dette: que financerait cet accroissement? Des investissements, ou des dépenses de fonctionnement? Dans le premier cas, un accroissement est envisageable en autant que l'on respecte la contrainte définie par la réponse à la première question. Dans le second, il faut la maintenir à son niveau actuel.

    Mais vous me direz,il FAUT réduire la dette. Says who? Non, il ne faut pas, pas si cette politique conduit à étrangler les flux d'investissements qui permettront, dans l'avenir, de créer la richesse requise pour financer notre modèle social. Et dans la situation actuelle, il y'a plusieurs raisons (en particulier le pouvoir de pression excessif de certains partenaires sociaux) de penser que ce serait bien le cas. Prétendre alors qu'on doit réduire la dette du Québec sans avoir rigoureusement répondu aux deux questions précédente, c'est donc raisonner comme une cigale incapable de voir plus loin que la fin de l'été. »

  • Jasette
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 08h52
    "Wait and see", pourquoi pas, bien que humainement parlant, si tout le monde pouvait être instruits, compétents, riches, je ne suis pas sûr que tout le monde serait vraiment content.
    « Suivant monsieur Robitaille, le verdict de monsieur Fortin, en tenant compte de son expérience dans les deux camps est que : "la droite est sans coeur et la gauche sans-dessein". On peut facilement comprendre son verdict pris d'un certain point de vue.

    Mais il y a aussi le point de vue d'un chef d'entreprise qui pourrait dire par exemple que "la gauche est sans coeur", faisant référence au monde du travail. Tandis que selon le point de vue de certains humanistes, on pourrait dire aussi que la droite est "sans dessein", en tenant compte cette fois de certaines interventions à courte vue, sur le plan humain.

    Par conséquent, tout est question de perspective. Imaginons un monde idéal, rassembleur, où tout le monde mettraient l'épaule à la roue. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 23 juin 2007 09h11
    C'est qui ces peureux ?
    « Il est écrit plus haut : "Pauline Marois, elle, affirme qu'il faut se débarrasser de la «peur de la richesse»."

    C'est qui qui a peur de la richesse au Québec ? Des noms, s.v.p. parce que je n'en connait pas personnellement

    Ça serait surprenant vu le grand nombre d'acheteurs de billets de LOTO.

    Certains de nos politiciens brûlent ce qu'ils avaient adoré...il y a quelques années. Est-ce par flexibilité ou opportunité ? »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 09h23
    Pauline Marois ira loin !
    « Si madame Marois continue à proposer des solutions d'ordre si général qu'elles permettent toutes les interprétations, elle ira loin. C'est la recette pour prendre le pouvoir et s'y maintenir un bon moment.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Sebastian Desbarats
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 10h59
    ADQ-Lite?
    « Si Pauline Marois veut embarquer dans ce virage à droite en empruntant des 'catch-phrases' sophistes (pour ne pas dire niaiseux) comme 'la peur de la richesse', je crains que le PQ devienne, un peu comme les deux autres partis, le parti des intérêts bourgeois, mais des bourgeois qui prétendent avoir une conscience sociale. J'ai moins peur de la richesse, que de la concentration trop élevée de cette richesse, et de l'éventuelle privatisation des soins de santé, de l'éducation, etc.
    Sebastian Desbarats
    (un Anglo-Québécois-souverainiste(déçu)et social-démocrate(encore plus déçu)
    Verdun, Québec »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 11h25
    Comment on peut dire des absurdités pareilles?
    « Qui a peur de la richesse?

    La richesse se crée au Québec et au Canada. Elle se crée plus que les derniers 50 ans!

    Mais cette richesse se concentre dans les coffres d'un 20% de la population.

    20% d'entre nous possèdent 90% du capital de cette richesse.

    Or, pour créer de la richesse il faut du capital.

    Résultat: ceux qui possèdent le 90% du capital s'enrichissent encore plus et le 80% de ceux qui ne possèdent que 10% du capital s'appauvrissent.

    La seule façon que ce 80% s'enrichisse, c'est qu'il soit collectivement actionnaire dans le plus d'entreprises possibles. Le PQ a fait un bon travail sur ce côté avec le bat de laine des Québécois (SGF, etc...) et nous étions actionnaires majoritaires de belles entreprises nationales.

    Le PLQ de Charest est entrain de tout dilapider ce travail de 30 ans.

    C'est celà que Marois devrait dénoncer et non accuser les Québécois ou les juger de fondamentalement faibles ou non-entreprenneurs.

    Ces absurdités de la part de la Cheffetaine d'un parti qui est supposé représenter le peuple, sont très curieuses.

    Ce sont les paroles à d'autres.

    Nous avons besoin d'une Cheffe, pas d'un autre pantin. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 12h39
    La social démocratie au PQ, entre la chaise d'aisance et la plantureuse niche écologique de la période peace and love.
    « Il en est des choses flasques comme de la conception de Pauline Marois en matière de sociale démocratie.

    Pauline Marois désire réactualiser la sociale démocratie comme elle sait rénover une toilette au parlement. C'est un exercice qui risque de coûter cher aux contribuables québécois.

    La sociale démocratie du PQ a pignon sur rue.
    Elle habite rue de la Madonne comme dans la chanson de Brel :

    «Une maison qui se déhanche
    Une maison qui se tire-bouchonne
    Et qui pleure à grosses planches
    L'escalier colimaçonne
    C'est pas grand non oh non mais y a de la place»

    Brel ajoutera qu'on la retrouve dans :

    «Un boudoir plein de bouddhas
    Les bougies dansent dans leurs bougeoirs
    Ça sent bon c'est sans histoires
    Ça ruisselle de taffetas»

    C'est rempli de photos de la sociale démocratie
    Qui sommeilles devant la glace



    Alors vous comprendrez que lorsque Madame Marois parle de moderniser la sociale démocratie, elle jongle avec un concept qu'elle n'a jamais su intégrer dans sa vie de politicienne, ni dans celle du Parti Québécois. Elle s'en défend timidement lorsqu'elle déclare qu'il faut se débarrasser de la «peur de la richesse».

    Le Parti Québécois est un parti démocrate de droite depuis longtemps toute comme le parti libéral. À l'examen radiographique, il y a une similitude de programme qui apparente ces deux formations politiques à des variantes de couleur de cuirette dans lesquelles on peu voir briller des soupçons, des brindilles, de sociale démocratie qui sont autant de voeux pieux laissés en plan en souvenir de la pensée de René Lévesque.

    La pensée même de Pierre E. Trudeau dépasse aujourd'hui les prétentions sociales démocrates du PQ.

    Le New Labour party de Tony Blair ne constitue pas plus une référence sociale démocrate moderne bien qu'il en arbore le titre, que la position bien connue de Joseph Facal devenu marchand de pansements adhésifs dans un costume de fakir avec un livre en chantier pour étayer sa pensée de centre droite tout comme les autres, sociaux démocrates que nous côtoyons.

    Blair, en encourageant le recours à l'économie du pétrole et de l'armement de Bush a su démontrer qu'à l'extrême droite ( à une température dépassant les 5000 degrés , dans laquelle une bombe , le Javelin se déploie), la sociale démocratie est depuis longtemps fondue et caramélisée. Ces armes achetées par les forces britanniques provoquent des brûlures sévères aux victimes qui n'ont qu'à mourir au nom de la lutte pour les valeurs de la sociale démocratie dans le monde.

    Jacques Parizeau et Pierre Marc Johnson sont autant de jalons de politique centre droite dans l'histoire du PQ. Le premier nous vend maintenant sa piquette tandis que le second nous oblige à le faire vivre dans d'interminables enquêtes qui sont à la résolution de l'effondrement d'un viaduc ce que le martyre de Sainte Apolline d'Alexandrie est au mal de dents. Sous l'Empereur Dèce ils finirent par lui briser une à une toutes les dents puis la menacèrent de la jeter vivante dans le bûcher qu'ils venaient d'allumer si elle ne reniait pas sa foi. Elle s'excusa auprès d'eux de ne pouvoir le faire, puis elle s'élança d'elle-même dans les flammes. L'empereur Dèce dut débourser l'équivalent de plusieurs millions de dollars sans savoir pourquoi l'arc de triomphe de Tyr s'est partiellement effondré. Il en conserva une dent contre la sainte qui fut remis à l'église d'Egreville en France, à gauche du boulevard de la Brèche qui passe au pied de la croix et de la chapelle Sainte-Apolline qui n'est pas pour autant la vrai église paroissiale aujourd'hui disparue, pour longer les fortifications, franchir la levée qui barre l'étang des Moines et atteindre enfin le carrefour des Trois platanes. C'est donc la dent de l'Empereur Dèce qu'on vénère aujourd'hui sous le nom de la sociale démocratie qui passe pour être de la gencive même de Sainte Apolline.

    Depuis le 11 mai 1988, Pauline Marois nous refait le coup de la sociale démocratie en nous disant qu'il faut lui «redonner un nouveau visage». En fait c'est une mâchoire qu'il lui manque et quelques dents. Il faudrait au moins que Pauline puisse se donner quelques coups de poings au thorax comme seule Céline Dion sait s'en asséner en chantant sa sociale démocratie de tout son coeur, comme Céline chante sa démocratie à Végas. Car between You and I
    elle ferait pourtant mieux s'avouer simplement démocrate et récolter avec Hillary Clinton, une part de la chanson.

    Lorsque le chancelier allemand Gerhard Schröder, influencé par Anthony Giddens et Bodo Hombach, proposaient une liste de changements qui forçaient une redéfinition de la social-démocratie, Pauline Marois brillait par son mutisme dans l'imitation in vitro d'une carpe. Le parti Québécois dans son entier faisait office de mare de ouaouarons et s'ouvrait un bière froide aux festivités de la St-Jean. C'était au temps de la sociale démocratie soutien gorge, bien installée dans sa niche écologique.

    Brel résume bien notre propension sociale démocrate péquiste admirative devant la découverte de cette doctrine, que dis-je, cette école politique de l'époque en chantant :

    «Tu as des seins comme des soleils
    Comme des fruits comme des reposoirs
    Tu as des seins comme des miroirs
    Comme des fruits comme du miel
    Tu les recouvres tout devient noir
    Tu les découvres et je deviens Pégase
    Tu as des seins comme des trottoirs
    Et moi et moi, moi je viens pour le gaz»

    Alors de l'épisode de Broadback Mountaine du chef précédent au retour à la Sociale Démocratie revue et corrigée par Pauline, il y a une ligne, une tangeante d'un seul tenant : la démocratie dans sa nudité absolu.

    C'est pour cela qu'on couronne Pauline sans débats de fonds, sans renouvellement du parti.

    C'est parce que Pauline est la reine de la sociale démocratie pour ne pas dire de la démocratie tout court. Et que le PQ, est devenu au fil des ans, le temple du respect du citoyen moyen. Un temple que dis-je, un cénacle à mille lieux des préoccupations de la plèbe au sein du nouveau paradigme, dans un désert bien à lui où «l'homme que je suis quoi qu'il en pense n'a pas accès, ni de près, ni de loin...» pour ne citer qu'Offenbach

    Allez, bonne Saint Jean à tous, social démocratiquement vôtre. Go Paulin Go....

    Pierre Castonguay »

  • Richard DÉCARIE
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 19h52
    Marois veut " moderniser la modernité " : l'incohérence de la " gauche caviar " !
    « Selon Pauline Marois, il faudrait encore « moderniser la social-démocratie ». Celle qui sera couronnée « cheffe » du Parti québécois cette semaine, risque plutôt de devenir la « reine du carnaval » oû les chefs successifs paradent dans un total désintérêt de la population. Si on identifie un leader à « celui qui repère une parade et se place devant » , pour qu'une parade ait un sens encore faut-il que la population se masse pour la regarder passer !

    Pauline Marois se retrouvera, à l'instar d'André Boisclair, couronnée à la tête du PQ en n'ayant aucune chance de gagner les prochaines élections générales du printemps 2008. Et si elle obtient le second pire résultats de l'histoire de ce gauche parti, Gilles Duceppe est mieux de planifier un retour à Québec en catastrophe... car c'est toute la sociale-démocratie qu'il devra venir tenter de sauver !

    Aux conseillers politiques qui font parti du « Cercle paulinien », je suggère de ne pas s'éloigner trop de leur carrière professionnelle en dehors du gouvernement... à l'instar des Pierre Marc et Daniel Johnson, Pauline Marois a les moyens financiers de ne se permettre qu'un « job d'été » !

    Lorsque l'on constate que même Michael Moore ("Manufacturing Dissent"/Ange ou démon ?) doit mentir sur la qualité véritable du système de santé au Canada pour faire passer « le message », on comprend que la sociale-démocratie n'a plus la cote. Elle n'a d'ailleurs jamais représenté une solution à long terme. Claude Castonguay a bien raison de vouloir contribuer à « ramener du bon sens » dans son projet initial du début des années 70, dont l'époque sociale-démocrate l'a privé d'y inclure une place raisonnable au privé. En fait, la force populaire de la sociale-démocratie, a toujours été puisée dans un endettement démesuré et déconnecté des tendances socio-économiques, ainsi que dans une action législative brimant paradoxalement les libertés individuelles fondamentales au nom « d'une liberté » que les générations post-"Baby-Boom" espèrent toujours.

    En cette fin de première décennie du XXIe siècle, Mario Dumont et une équipe ministérielle qui tarde à se concrétiser, représente malgré tout l'espoir de ce que les citoyens du Québec recherchent. Désolé madame Marois, j'ai personnellement toujours cru que comme pour Bernard Landry et André Boisclair, des « numéros 2 » comme vous ne feront jamais un bon Premier ministre pour gouverner le peuple canadien-français du Québec.

    Bonne Saint-Jean-Baptiste !

    Richard DÉCARIE
    Montréal, le 24 juin 2007 »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 20h20
    L'exemple à suivre: L'Europe du Nord
    « L'exemple à suivre : l'Europe du Nord

    Le Québec fait face à des défis majeurs et nous sommes doublement piégé par l'idéologie: Le premier piège est celui de l'idéologie fédéraliste qui nous condamne à chercher des solutions dans le confinement du provincialisme, et; l'autre piège est celui de ce débat gauche droite qui nous fige dans un braquage stérile alors même qu'il faudrait regrouper les forces pour amener des solutions qui existent pourtant : La sociale économie telle que pratiquer par les pays d'Europe du Nord. (1).

    C'est cette proche qui, consiste à réunir les acteurs (Gouvernement, Patronat, Syndicat) autour d'objectif visant l'amélioration de la productivité, politique et économique, qui a permis ces pays de réaliser des réformes majeurs qui leurs ont assuré des gains de productivités qui les classe parmi les plus performant au monde Suède 4% (2) et Danemark numéro un au monde depuis 2002.

    Voici les gains des revenus par habitant réaliser pour chacun de ces pays (en dollars US) pour les années de 1993 à 2005 suite à ces réformes:

    Danemark : 1993 (26 130$); 2005 (40650$)
    Finlande : 1993 (16 165$); 2005 (32790$)
    Islande : 1993 (22300$); 2005 (38620$)
    Norvège : 1993 (24000$); 2005 (52030$)
    Suède : 1993 (21200$); 2005 (35770$)

    (En comparaison le revenu par habitant au Québec est d'environ 34 000$ Can.)

    Ces réformes structurelles majeures n'auraient pas été possible si ces états avaient été des provinces enfermeés dans un fédéralisme de tutelle qui pèse si lourd sur le processus décisionnelle (la clé de la productivité).

    Donc, pour que le Québec relève le défi de la productivité, nous devons abandonner l'idéologie fédéraliste et sortir du confinement provincialiste qui vient avec; Et, sortir aussi braquage idéologique stérile gauche droite.


    (1) L'Europe du Nord contemporaine, de 1900 à nos jours
    François Charles Mougel
    Édition Ellipses


    (2) http://www.ledevoir.com/politique/blogues/elections2007/2007/02/27/Pendant-ce-temps-la-en-Suede.html »

  • Yvonne lemile
    Inscrite
    dimanche 24 juin 2007 19h55
    Social ou bedon démocrate ou bedon capitaliste ou bedon pauvre.
    « N'y a-t-il pas un trop plein d'étiquettage dans ces débats.

    Un, est ceci

    L'autre, est cela.

    Et bla..bla..bla..

    Personne n'aborde le vrai problème.

    Le problème se situe entre les deux, comme le dit Fortin
    <<<La droite est sans coeur et la gauche est sans dessein!» >>>

    Sans coeur et sans dessein, de part et d'autre ?

    <<<Il faut dire qu'après le 26 mars, le score minimaliste de Québec solidaire et la seconde montée de l'ADQ qui a propulsé Mario Dumont au statut d'opposition officielle, le contexte n'est plus le même. La colère de la classe moyenne a porté. «Nous avons le devoir de l'écouter avec respect», écrit la candidate Marois.>>>

    Un contexte ça fait toujours parti du décors.

    Dumont a pris la place justement pour cette raison entre les sans coeur et les sans dessein.
    Les tournez de bord ne change rien.

    Saura-t-il poursuivre, wait and see.

    Évoquons le problème de fond.

    La richesse et la pauvreté, avec toutes ses gradations.

    Là est le problème de fond.

    La richesse tire toute la créme du pie de la vache, même avant la traite
    et laisse le petit lait au pauvre.

    Bien malin qui peut en tirer du lait 3.5%.

    Si la Marois ne comprend pas ça, tant pis pour elle.
    C'est pas parce qu'elle est une femme qu'elle comprend,
    tous les riches ne comprennent pas ça et elle n'est pas pauvre,
    elle n'a jamais tiré le diable par la queue.
    Même si c'était, des vendus, ça se trouve partout.

    Notre Cher Lucien à qui l'on a payé une jambe de bois pour lui sauver la vie, nous crache dessus.
    C'est une tête en bois qu'on aurait dû y poser.

    La répartition de la richesse équitable, c'est le but à obtenir.

    La question est du comment on peut être équitable quand on est plutôt du type filou ?

    Dans les riches, la majorité ont ce gène de filou.

    En sortirons-nous jamais ?

    Commencons par écraser les 2 CHUM inutiles, utile seulement pour enrichir encore les riches.

    Suivont en ajustant les garderies au salaire.

    Suivons en nationnalisant les assurances.
    Ça va régler l'imbécilité de la SAAQ, de la CSST et de l'assurance médicament.

    Repatrions les évasions fiscales, ça va régler la question de la dette.

    Libérons le gain de capital des maison privés seulement pour les propriétaires occupant.
    Ça va booster les dépenses d'entretiens et les ventes internes et le réinvestissement local.

    Plus de dette, plus de problème au système de santé.

    Servons-nous des revenu de nos chers ESCROCS, Hydro-Québec, la SAQ et la Loto pour investir dans l'environnement à fond de train. Producteur d'emplois locaux. ( ça s'exporte pas)

    Éolienne nationale.
    Auto hybride série nationale
    Power plan individuel, photovoltaïque solaire, nationale
    Production d'éthanol de chanvre industriel nationale
    Etc.

    Fortin le dit
    Des sans coeur et des sans dessein de tous cotés. »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    lundi 25 juin 2007 18h56
    Enrichissons les riches!
    « Pas besoin de longues analyses M.Robitaille,

    La social-démocratie n'est pas à l'avantage de l'entreprise privée. C'est pourquoi les Dubuc, Facal et autres Fortin de ce monde souhaitent tant que nous laissions le privé s'enrichir en cette période de manne sans précédent. Imaginez, des millions de personnes vieillissantes qui devront se payer des services de santé. Ce cataclysme annoncé est en fait la plus belle occasion d'affaires depuis la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1604. S'il y a urgence en la demeure, ce n'est pas pour sauver le système de santé, c'est pour récolter l'argent de nos joyeux bébés boomers qui s'apprêtent à prendre leurs retraites.

    Louis Lapointe
    Brossard »

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