mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Une Fête nationale tournée vers le monde

Photo : Jacques Nadeau
Il y aura quarante ans demain que le général de Gaulle secoua tout le Canada avec son vibrant «Vive le Québec libre!», lancé après un périple routier où il avait senti une «atmosphère du même genre que celle de la Libération». «C'était l'année de l'amour, c'était l'année de l'Expo», et ce sont les retombées de ce grand happening que la Fête nationale 2007 célèbre aujourd'hui en mettant l'accent des festivités sur le thème de la place du Québec dans le monde.

Quarante ans plus tard, on prend donc prétexte de l'anniversaire de l'Expo, qui a fait connaître la province à des millions de visiteurs, pour «souligner le succès actuel du Québec à l'étranger», indique Luc Savard, coordonnateur du Comité de la Fête nationale à Montréal. D'où le thème officiel: «À nous le monde».

Des «ambassadeurs» (comme le cinéaste Denys Arcand) ont été sélectionnés par les organisateurs pour illustrer le fait que des Québécois ont leur place parmi les grands de ce monde. Au niveau local, les comités organisateurs ont eux aussi choisi des personnalités ou des entreprises qui connaissent du succès en dehors de nos frontières, assez pour faire la fierté de leur patelin. Des organisations locales ont également invité des troupes et des artistes étrangers.

Le clin d'oeil à l'Expo se matérialisera dans les grands spectacles présentés ce soir à Québec et demain à Montréal par l'interprétation de pots-pourris de succès de l'époque. Tendance yé-yé, donc. À Montréal, le décor de la scène évoquera aussi le logo de l'exposition. Mais autrement, le thème «international» de la fête se fera plutôt discret, avoue M. Savard. «C'est un show musical, dit-il. On n'est pas pour demander aux ambassadeurs de chanter.» Il ajoute avec une pointe d'humour: «Ç'aurait été la même chose si on avait choisi Jacques Villeneuve!»

À l'échelle du Québec, la Fête nationale se déclinera en plus de 750 fêtes différentes, du petit banquet communautaire de village au gros défilé montréalais qui revient cette année rue Sherbrooke — là où Pierre Elliott Trudeau avait été pris à partie lors du défilé de 1968. Les chars allégoriques et quelque 135 marionnettes géantes du défilé partiront à 14h de la rue Fullum pour se diriger vers le parc Maisonneuve, lieu du grand rassemblement où différentes activités sont prévues. Le réseau TQS diffusera le défilé (et le spectacle de ce soir à Québec), alors que Radio-Canada se chargera du spectacle montréalais.

Les organisateurs espèrent que les améliorations apportées au défilé permettront de relancer l'intérêt envers celui-ci. Après les compressions imposées au financement de la Fête nationale en 2003, le défilé a en effet perdu des plumes. «Les critiques ont été dures en 2006, reconnaît Luc Savard. Alors, on a décidé de revoir la formule de fond en comble. On veut une fête familiale, un défilé traditionnel avec des chars, des fanfares, quelque chose d'animé et de coloré.»

Surtout, on introduit cette année un concept qui a fait ses preuves ailleurs: la participation de marionnettes géantes, qui peuvent avoir jusqu'à 20 pieds de haut. Samuel de Champlain, Marie-Moisson (qui symbolise l'importance de l'agriculture au Québec), Ludger Duvernay (qui a lancé l'idée en 1834 de transformer la Saint-Jean-Baptiste en fête nationale), une femme autochtone et un «personnage-surprise» seront donc présents. L'an prochain, le comité ajoutera d'autres personnages, selon ce que le public lui suggérera. «Le but, c'est de dynamiser le défilé et d'exploiter le patrimoine et l'histoire du Québec à travers lui.»

Comme c'est le cas chaque année, plusieurs personnalités politiques devraient rejoindre la foule des marcheurs qui emboîteront le pas aux chars. Mais l'objectif du comité organisateur reste d'offrir une fête dépolitisée: «On ne veut pas de partisanerie, dit M. Savard. C'est évident qu'il y a une connotation politique au seul fait d'avoir une fête nationale, mais ça s'arrête là.»

Jeudi, le Mouvement national des Québécois — coordonnateur de la Fête nationale partout au Québec sauf à Montréal — a rendu public un sondage dans lequel plus de huit répondants sur dix répondent que la Fête nationale est celle de tous les Québécois, et non seulement celle des francophones ou des souverainistes.

Les fondements mêmes de cette fête remontent à des centaines d'années, à des milliers de kilomètres de distance. Les peuples païens avaient de fait l'habitude de célébrer le solstice d'été par un grand feu de joie qui symbolisait le triomphe de la lumière sur les ténèbres. Au jour le plus long de l'année, on traversait la plus courte nuit en lumière. L'Église catholique plaça plus tard ce caractère rituel et sacré sous le patronage de saint Jean-Baptiste. La fête a ensuite traversé l'océan en même temps que les premiers colons sont venus s'implanter au Québec.

Un banquet champêtre organisé par Ludger Duvernay en 1834 a marqué le premier rapprochement entre la Saint-Jean et le concept d'une fête nationale québécoise. En 1925, le gouvernement a institué le 24 juin jour férié et le gouvernement de René Lévesque officialisa la date comme étant celle de la fête nationale des Québécois en 1977.


Congé

Par ailleurs, la Commission des normes du travail a rappelé hier que la journée du 24 juin est maintenant un jour férié et chômé, selon les dispositions de la nouvelle Loi sur la Fête nationale. L'ancienne loi prévoyait que le congé férié et chômé de la Fête nationale était reporté au lundi lorsque celle-ci tombait un dimanche. Ce changement doit permettre à

115 000 travailleurs du secteur du commerce de détail d'être en congé en même temps que tout le monde. Les 315 000 autres qui ne travaillent pas le dimanche conservent leur droit au congé le lundi.

Jeudi, le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC-FTQ) a toutefois dénoncé des rumeurs voulant que certaines grandes surfaces aient décidé de rester ouvertes demain. Si elles le font, la loi leur impose qu'un maximum de quatre employés travaillent ce jour-là. Les TUAC jugent qu'il est pratiquement impossible qu'une grande surface puisse fonctionner avec si peu d'employés et évoquent le fait que des magasins auraient demandé à leurs employés de travailler «en civil» pour berner les inspecteurs.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 23 juin 2007 09h45
    Magicien requis
    « On apprend ce matin que les derniers sondages donnent 45 % des Québécois en faveur de la souveraineté du Québec et, en même temps, 80 % qui sont fiers d'être Canadiens ce qui fait 125 %.

    Nos politiciens devont bien trouver la solution à ce fait, une sorte de quadrature du cercle constitutionnel québécois bien de chez-nous qu'il faudra résoudre un de ces jours »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 10h17
    bonne fête
    « et vive le Québec un jour peut-être libre! Michel Poniatowski avait bien organisé le voyage de Québec à Montréal : reste-t-il encore quelques-unes des fleurs de lys bleues qui décoraient le chemin du Roy ce jour-là? »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 10h35
    La Fête de l'oublie
    « Un défilé bien politisé, de soldats canadiens mennés par des uniformes militaires Britanniques dans la Capitale Québec.

    Suivie d'un défilé "national" dépolitisé sur la rue de Sir John Coape Sherbrooke (autre militaire Britannique) à Montréal, menné par un Duvernay transformé en bouffon géant paradant devant ceux-là même qui l'ont pendu et q'on a pas hésité à inviter!

    Et cette belle procession ira se terminer dans un parc obscur où tous se saouleront à mort en se gavant de London John Labatt "bleue" Britannique , pour oublier, pour oublier.

    Quant à moi, c'est une belle journée d'un soleil de solstice d'été pour travailler mon jardin-potager. Et oublier, oublier. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 23 juin 2007 10h47
    En 67...tout le monde était blanc à Montréal
    « Regardez bien les vidéos d'Expo 67. Regardez bien les rues de Montréal. "Tout le monde était beau, c'était l'année de l'Expo". Tout le monde était blanc à Montréal, à part une petite minorité noire à Pointe-St-Charles et quelques Chinois dans le Chinatown.

    Regardez Montréal aujourd'hui. Prenez la courbe démographique depuis 40 ans et projetez-la sur 40 ans. Il va rester quoi des Tremblay d'Amérique dans 40 ans à Montréal???
    (pour les ceusses qui l'ignorent le nom de naissance le plus commun à Montréal depuis plusieurs années n'est pas Tremblay, comme le maire, mais Nguyen...)

    Dans les prochains mois, Statistique Canada va nous apprendre qu'à Toronto, la minorité visible maintenant c'est les Blancs! En deux générations, la ville-reine, la ville-wasp est devenue la plus multiethnique du monde au point où les Blancs sont maintenant minoritaires! »

  • Laurent Dancygier
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 11h07
    Ouverture vers le monde ? Quelle plaisanterie
    « Lorsque je lis ou écoute les annonces des spectacles de la fête nationale, je suis frappé par le fait qu'ils invitent principalement les francophones du Québec à venir écouter des vedettes francophone québequoise. Autant pour la nation (qui devrait inclure toutes ses composantes y compris les anglophones) et pour l'ouverture au monde. »

  • Jacques Tremblay
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 11h19
    «Vive le Québec libre!»
    « Prononcé le 24 juillet 1997 et non le 24 juin. »

  • Nicolas Dufort
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 14h16
    fierté
    « La fierté pour moi consiste à être indépendant, prendre ses propres décisions et vivre avec les résultats.Les peureux,indécis, préfèrent que d'autres décident et se contentent d'une sorte d'orgueil qui n'a rien à voir avec la fierté. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 19h25
    Petite correction
    « Il y a quarante ans, le général de Gaulle a fait plutôt son fameux discours à l'hôtel de ville de Montréal le 24 juillet, soit lors de la journée nationale de la France à l'Expo et, comme tous les visiteurs de marque venus durant les 6 mois de cet événement, il avait été reçu à la mairie par Jean Drapeau. »

  • Alain Larouche
    Abonné
    samedi 23 juin 2007 19h26
    Confort et indifférence
    « Je suis gêné d'être Québécois. Pour la première fois de ma vie, je ne fêterai pas la St-Jean car je suis profondément déçu de tous les efforts que nous avons menés. C'est une fête que est une fête comme les autres, sans aucune conviction patriotique qui laisse place à l' indifférent de notre fièreté. Lorsque l'on regarde les sondange qui démontre que les Québécois repoussent au calendre grec la question de la souveraineté, ça illustre tout simplement le confort et l'indifférence`. Militant de la première heure avec le MSA (Mouvement Souveraintené et Association)sous l'égide de René Levesque, je ne peux que constater que le rendez-vous a été manqué et que la génération qui nous suit ainsi ainsi que les autres ne pourront rien y faire. Très peu politisée et individualiste, c'est très déçevant et je vais rentrer dans mes terres c-à-d le CONFORT ET L'INDÉFÉRENCE et assister à un peuple qui n'a pas voulu se responsabiliser. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mardi 26 juin 2007 00h47
    Bagosse et sénélité précoce
    « Est-il encore opportun de rappeler aux saoulons et bougons de l'orgiaque basquaise du 24 juin qui souillent et couvrent de honte autant le «Patron» que l'«Idéal» des Québécois, qu'ils ont la «mémoire du souvenir» très encrassée et probablement atteinte de la sénilité précoce, cet effet secondaire de la bagosse, le stupéfiant analgésique de leurs complexes et l'euphorisant élixir de leurs partouzes du 24 juin, ce grand cul-de-sac de l'ASSEMBLÉE NATIONALE des accros du Québec? Quant à leur «mémoire du rappel», celle du premier niveau, elle semble sérieusement amochée pour ne pas dire irréversiblement atrophiée. Ceux-là et celles-là (nouvelle tendance de l'égalité intégrale) sont un mélange des générations du «Je ne me souviens guère», du «Je ne m'en souviens plus» et du «J'ai décidé d'oublier» ...

    En raison de la multiplicité des agendas externes et souvent branchés aux «moteurs de la manipulation» et aux «robots des diktats sur-médiatisés», la «mémoire du souvenir», cette faculté de l'oubli, est régulièrement sollicitée et même inconsciemment déclenchée. À titre d'exemple, l'agenda du «24 juin», cette date butoir des bacchanales coloniales qu'idéalisent les toxicos du profond Québec des dépendants accros de l'intoxication séparatiste, occupe le TOP du palmarès. Ce moteur des «pures et dures» spécialistes des manipulations tordues, déclenche et commande la beuverie de la plèbe patriotarde, tout en réactivant les «souvenirs de la morbide dépendance» dans laquelle se vautrent si bassement les «colons et conquis hébétés» dont les cohortes déferlent, hurlent, rendent hommage à l'ébriété, vomissent leurs malaises et pissent leurs aises sur le Fleur de Lysé, leur drap d'une nuit. C'est ce que Québec a vu, entendu et subi, le soir du 23 et toute la nuit jusqu'au soleil levant du 24 juin 2007. Le Parc des Champs de Bataille Nationaux était, pour l'occasion, une chiotte à ciel ouvert, un Old Orchard Beach de comateux que le soleil prenait un malin plaisir à griller.

    À l'opposé, la «mémoire du rappel» exige, quant à elle, que tous ceux qui en sont doués, la grande majorité appelée masse critique des silencieux, fassent l'effort d'activer leur «mémoire vive», celle qui les distingue et les stimule, celle qui sélectionne des faits précis qui vont habituellement dans le sens de l'élégance remarquable d'une stature qui a résisté à l'usure de tout ce temps de leurs jeunes 400 ans.

    Malgré cet ombrageux tableau d'une ténébreuse imbécillité maintenant gavée et saoulée par la propagande séparatiste des «nationaleux et foireux», mais dont la récurrence débilitante est ponctuelle et sur appel de la commandite des médias singulièrement pluriels, je persiste et signe : «Vive le Québec des libres», ce merveilleux Québec de toutes les couleurs et de toutes les langues, celui de la majorité qui n'a jamais eu besoin de se saouler pour s'affirmer, pour se singulariser et pour se distinguer. Celui de la majorité qui vit et conjugue quotidiennement son patriotisme dans l'honneur et dans la dignité.

    Gerry Pagé »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009