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Pauline Marois, la candidate

«Comment être souverainiste, comment être social-démocrate en 2007», demande celle qui devrait être couronnée chef du PQ

Stéphane Baillargeon   19 juin 2007  Québec
Pauline Marois: «Il faut mettre de côté la discussion sur un référendum pour parler du pays.»
Photo : Jacques Nadeau
Pauline Marois: «Il faut mettre de côté la discussion sur un référendum pour parler du pays.»
C'est en affirmant que le Parti québécois doit renouveler le discours progressiste et souverainiste que Pauline Marois a déposé son bulletin de candidature pour diriger cette formation politique.

La courte cérémonie officielle a eu lieu hier matin à la permanence du PQ, rue Papineau, à Montréal. Pour l'instant, Mme Marois demeure la seule candidate en lice.

«Depuis 40 ans, le Québec a changé. Et si le Québec et les Québécois ont évolué, le Parti québécois doit lui aussi évoluer», dit un texte expliquant ses «orientations» diffusé en même temps et publié aujourd'hui par Le Devoir en page Idées. Partout en Occident, des partis progressistes, sans rien renier de leurs valeurs profondes, adaptent leurs politiques. Nous ne devons pas craindre d'en faire autant et de nous renouveler à partir des attentes de la population. Posons-nous la question: comment être souverainiste, comment être social-démocrate en 2007?»

La militante souverainiste de longue date a déjà rencontré près de 3000 personnes au cours des dernières semaines, dans le cadre d'une tournée panquébécoise. Son «manifeste» impute la «baisse constante» de popularité de sa formation depuis 1994 à une position doctrinaire, coupée des gens.

«Je crois que nous n'avons pas été suffisamment à l'écoute de la population, a-t-elle poursuivi en conférence de presse. Nous nous sommes enfermés dans un discours en vase clos, pas par mauvaise foi cependant. J'invite les militants à aller écouter les gens, et je crois que nous serons capable de reconquérir leurs coeurs. [...] Je suis revenue pour le pays. Je le dis aux membres, je le répète: je crois qu'il faut revenir aux réalités identitaires, en même temps que nous sommes porteurs d'un projet social.»

Surtout, Mme Marois veut cesser de parler stratégie. «Il faut mettre de côté la discussion sur un référendum pour parler du pays. Laissons tomber la mécanique pour parler du Québec réel.»

Un candidat au poste de chef du PQ doit recueillir 1500 signatures d'appui de membres du parti, représentant au moins six régions et 40 circonscriptions électorales du Québec. Pauline Marois a finalement fait soutenir ses intentions par plus de 7000 signataires, dont les identités seront vérifiées, jusqu'à l'obtention du nombre nécessaire. Si elle demeure la seule candidate jusqu'au 26 juin à 17h, l'ancienne ministre — elle a dirigé 14 portefeuilles, dont le trio des Finances, de l'Éducation et de la Santé — sera automatiquement couronnée.

Le cas échéant, elle espère faire rapidement son entrée à l'Assemblée nationale, comme députée. «Le plus tôt sera le mieux, a-t-elle précisé. Mais il n'y a pas de circonscription disponible, et je ne suis pas encore chef du parti.»

Elle se dit aussi très à l'aise avec le fait que André Boisclair conserve son siège à l'Assemblée plutôt que de quitter sa circonscription de Pointe-aux-Trembles et ainsi forcer le déclenchement d'une élection partielle où elle pourrait se présenter. «André est légitimement élu, et je vais compter sur lui comme sur les autres députés.» Le Devoir révélait vendredi dernier que M. Boisclair n'annoncerait pas son intention avant l'automne.

C'est la troisième fois que Pauline Marois tente d'obtenir la direction du parti fondé par René Lévesque. Sa première tentative remonte à plus de vingt ans. «C'est rare que je lâche. Mais, cette fois-ci, sincèrement, j'avais tourné la page. Je n'imaginais pas me retrouver dans cette situation. [...] Le vrai travail va commencer le 27 au matin.»
 
 
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  • Julien Lussier - Inscrit
    19 juin 2007 06 h 18
    apprendre de la déroute socialiste en France
    Autant le PS était un parti dépassé, embourbé dans une idéologie désuète, autant le PQ doit faire face à la réalité et moderniser sa plate-forme s'il ne veut pas subir le même revers aux prochaines élections.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    19 juin 2007 07 h 53
    Me Marois devra être plus clair
    Mme. Marois déclare : «le Parti québécois doit renouveler le discours progressiste et souverainiste.»

    Renouveler le discours c'est bien, changer le programme pour réfléter le nouveau discours, ça serait bien mieux.

    Mme. Marois déclare : «si le Québec et les Québécois ont évolué, le Parti québécois doit lui aussi évoluer».

    Pourquoi est-ce que le PQ n'avait pas évolué dans les dernières années ? M. Bouchard, Landry ou Boisclair peut-être ?

    Mme. Marois pose la question : «Comment être souverainiste, comment être social-démocrate en 2007 ? »

    Est-ce que Mme. Marois a la réponse à sa question ? ou qui l'aura ?

    Mme. Marois impute la «baisse constante» de popularité de sa formation depuis 1994 à une position doctrinaire, coupée des gens.

    C'était quoi ça au juste, la position doctrinaire du PQ qui lui a nuit ?

    Mme. Marois déclare : «Laissons tomber la mécanique pour parler du Québec réel.»

    Le Québec-province réel actuel ou celui qui serait s'il était autonome ? Est-ce qu'il y a un Québec imaginaire qui serait le revers du Québec réel ?

    Si c'est du Québec souverain qu'il s'agit, est-ce que nous allons savoir si nous utiliserions la monnaie canadienne ? Est-ce que nous allons proposer une association ou un partenariat avec le Canada ou si nous aurons la souveraineté pure ?

    Si le PQ gouverne le Québec-province pendant 4 ans en prenant le pouvoir avec 30 % des votes, est-ce que ça va aider la cause de la souveraineté ? Comment ? Ça semble que de gouverner, en plus de fabriquer des ennemis, exemples "fusions forcées et négociations avec les employés de l'état", est une situation de perdant-perdant pour un parti souverainiste parce que, s'il réussit bien, les électeurs vont penser : Pourquoi se séparer, ça va bien comme ça et s'il échoue, ils diront : Sont même pas capables de gouverner une province, imaginez...un pays souverain.
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  • Raymond Langlois - Inscrit
    19 juin 2007 08 h 57
    Il n'est pas urgent que Madame Marois soit à l'Assemblée nationale
    Madame Marois devrait attendre la prochaine élection générale avant de siéger à l'Assemblée nationale et utiliser tout le temps que la situation lui permet pour rencontrer les Québécois à travers le Québec. Discuter avec les gens pour leur redonner confiance au Parti québécois. Je suis avec vous de tout coeur madame Marois. Bon pays quand les Québécois le voudront.
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  • Normand Chaput - Abonné
    19 juin 2007 12 h 03
    la carotte et le baton
    Au Mexique il y a eu un parti revolutionnaire au pouvoir pendant 50 ans. A la fin, il etait devenu le parti revolutionnaire institutionnel! Au Quebec, nous c est l independance. Dans 30 ans on va avoir encore un gouvernement independantiste dont les dirigeants vont dire WOH PAS SI VITE. La population est pas prete! C est gagnant-gagnant pour les deputes du parti quebecois. Pour se faire reelire ils disent au independantistes qu ils doivent voter pour eux et, en meme temps, ils disent aux federalistes qu ils peuvent aussi voter pour eux car ils ont les purs et durs a l oeil.
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  • Yves Petit - Inscrit
    19 juin 2007 13 h 51
    De la richesse et de la pollution
    Eh bien, Madame Marois veut créer de la richesse! Je pari qu'en disant cela, elle n'a pas pensé un instant qu'en créant de la richesse, nous allons créer encore plus de pollution.

    Madame Marois n'est qu'une politicienne comme les autres. Elle se refuse de voir que si nous continuons sur la voie de la mondialisation, de la croissance économique, de la compétition entre états et tralali et tralala, nous sommes foutus. Le seul point de vue valable aujourd'hui et celui que tous les politiciens se refusent de prendre, c'est celui d'une planète en harmonie avec toutes les espèces vivantes. Cela appelle à une façon radicalement nouvelle de faire les choses. Je suppose que c'est trop en demander à nos politiciens insignifiants.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    19 juin 2007 16 h 08
    Tirer sur la fleur est risqué
    Comme se plaisait à le dire M. Claude Morin : La souveraineté c'est comme une fleur, même si on tire dessus, elle ne pousse pas plus vite. J'ajouterais : Et on risque de lui casser la tige, ce qui nuit grandement à son développement et à celui de son jardinier qui la regardait pousser.

    D'accord avec Messieurs Petit et Chaput avec la richesse, la pollution, la carotte et le bâton et la chanson de la Bolduc : Ça va v'nir, pis ça va v'nir, découragez-vous pas, moi j'ai le coeur gai et j'continue à turlutter et...Bon été aux souverainistes, aux autonomistes et aux fédéralistes qui sont tous québécois bien que différents de l'option constitutionnelle et le besoin de protéger la langue française en Amérique.
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