Charest gagne son pari
Québec - Le premier ministre Jean Charest n’a pas cédé et il a gagné son pari de garder intacte la baisse d’impôt de 950 millions contenue dans le budget du gouvernement. Le Parti québécois a choisi de sauver le gouvernement alors que seulement trois de ses députés vont voter contre le budget aujourd’hui.
En contrepartie de cet engagement de ne pas défaire le gouvernement et ainsi entraîner les Québécois dans des élections précipitées, le deuxième groupe d’opposition obtient du gouvernement qu’il consacre 111 millions de plus à son budget, soit 60 millions à la santé et 30 millions en éducation pour les élèves en difficultés. C’est en deçà de la demande formulée mardi soir par le PQ qui souhaitait obtenir 250 millions de plus d’argent frais pour financer les services publics. Le PQ insistait pour que cette somme provienne d’une baisse d’impôt coupée de moitié pour les contribuables qui gagnent 75 000 $ et plus par an, alors que la réduction d’impôt globale serait passée de 950 à 700 millions. Mais pour M. Charest, il n’en était pas question.
Le vote sur le budget, dont dépend la survie du gouvernement libéral minoritaire, doit avoir lieu après la période de questions à l’Assemblée nationale vers midi ou une heure.
C’est vers 21 h 30 hier, que le chef de l’aile parlementaire péquiste, François Gendron, et le porte-parole en matière de finances, François Legault, ont rencontré la presse. Ce point de presse suivait un caucus des députés péquistes, qui avait duré deux heures, où on a été en communication avec la chef en attente, Pauline Marois.
Les députés péquistes étaient bien conscients que la population ne voulait pas d’élections générales déclenchées sur-le-champ. «On est dans le respect de la volonté populaire», a dit François Gendron.
Le PQ estime qu’il a fait des gains importants avec les 111 millions qui iront dans l’amélioration des services. «Il y a eu des efforts additionnels sur des valeurs de société portées par notre formation politique. On n’est pas que souverainiste, on est aussi social-démocrate», a fait valoir M. Gendron.
Selon MM. Gendron et Legault, Jean Charest paiera le prix politique pour avoir procédé à des baisses d’impôt dont la population ne voulait pas.
Vers 22 heures hier, la ministre Jérôme-Forget a lu à la presse une déclaration manuscrite par laquelle elle a annoncé qu’elle fera ce matin vers 10 heures, avant la période de questions, une «déclaration ministérielle». Celle-ci viendra modifier le discours budget et comportera le «dépôt de crédits supplémentaires». Hier soir, on ne pouvait parler précisément de la mesure fiscale qui permettra de dégager ces nouveaux crédits puisque que la déclaration constitue un amendement au budget et doit être entourée du même secret jusqu’à son dévoilement. Mais on sait que cette mesure fiscale ne touchera pas les particuliers.
Mme Jérôme-Forget s’est réjouie du «dénouement heureux» que constitue la survie du gouvernement et l’adoption de son budget avec lequel elle s’est dit «en amour : «Je me réjouis surtout pour tous les Québécois qui approuvent ce budget et qui ne veulent pas d’élections et qui souhaitent des baisses d’impôt», a-t-elle déclaré, saluant au passage le leadership du premier ministre qui a permis de sortir de la crise. Elle a eu ensuite de bons mots pour le Parti québécois qui, selon elle, «a joué son rôle». «Quant à l’ADQ, [elle] ne comprend pas ce qui est le sens du devoir», a-t-elle tonné.
Croisé dans le couloir, le critique de l’opposition officielle en matière de Finances, Gilles Taillon, a lancé : «On ne commente pas !» Après la période de questions aujourd’hui, M. Taillon disposera de 30 minutes en chambre pour commenter la déclaration ministérielle.
La somme de 111 millions sera consacrée à des domaines identifiés par le PQ. Les 60 millions $ qui iront à la santé seront réservés aux soins à domicile et à la création de nouveaux groupes de médecine familiale (GMF). Le montant de 30 millions $ versé à l’éducation visera les élèves en difficultés et la réduction du décrochage. Le congé fiscal pour les entreprises dans les régions-ressources, d’une valeur de 21 millions $ annuellement, que le gouvernement voulait abolir mais qui sera maintenu, devra davantage stimuler l’innovation.
Hier, Jean Charest avait décidé d’amorcer personnellement des négociations avec les chefs des deux partis d’opposition. Le premier ministre avait pour la première fois convié le chef de l’opposition officielle Mario Dumont et François Gendron, séparément, à le rencontrer. Le chef de l’aile parlementaire du Parti québécois a accepté tandis que Mario Dumont, déclinait l’invitation.
Au terme d’une rencontre qui a duré un peu plus d’une heure en fin de journée, François Gendron, et le porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances, François Legault, sont sortis sans s’adresser à la presse pour rejoindre ensuite leur caucus.
François Gendron et François Legault s’étaient présentés au bureau du premier ministre vers 17 h 30 hier pour cette rencontre de la dernière chance avec le premier ministre et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
En principe, le vote sur le budget devrait avoir lieu vers midi aujourd’hui après la période de questions à l’Assemblée nationale. Les partis pourraient toutefois s’entendre pour reporter le vote à la semaine prochaine.
De son côté, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a refusé d’annuler des rendez-vous prévus à ses bureaux de Montréal de la Place Ville-Marie. «J’ai parlé au premier ministre. J’ai dit que j’étais disponible au téléphone», a dit M. Dumont alors qu’il s’apprêtait au milieu de l’après-midi à prendre la route pour Montréal. «Pour l’instant, on parle dans le vide parce que de toute façon il n’y aucune proposition sur la table», a lancé le chef adéquiste vers midi.
Son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, a nié la rumeur, relayée par le cabinet du premier ministre, que M. Dumont rencontrait des candidats en vue des prochaines élections et qu’il participait à une activité partisane. M. Dumont avait des rencontres à titre de chef de l’opposition officielle avec «des leaders de la communauté montréalaise», a indiqué M. Gagné.
Au cabinet du premier ministre, on a réagi avec mauvaise humeur à l’absence de M. Dumont en pareil moment. Le chef péquiste a aussi déploré que M. Dumont n’ait pas choisi d’annuler ses rendez-vous pour rencontrer le premier ministre. «Dans la situation que vous connaissez - à peu près un tiers, un tiers, un tiers [à l’Assemblée nationale] -, on a tous une responsabilité à assumer, à la suite du jugement de la population, [pour] que cette Assemblée nationale fonctionne un tant soit peu», a déclaré François Gendron alors qu’il s’apprêtait à participer à la rencontre avec le premier ministre. «Je trouve un peu curieux que pour quelque chose de majeur, de significatif, quelqu’un qui avait indiqué qu’il souhaitait faire de la politique autrement commence à pratiquer la politique de la chaise vide.»
Alors qu’il participait à une conférence de presse dans une école de Québec, Jean Charest avait montré pour la première fois des signes d’ouverture. «On va assumer nos responsabilités, on va chercher à conclure une entente et à faire en sorte que ce budget puisse vivre», avait-il dit.
«On va chercher à conclure une entente et à faire en sorte que l’on puisse prendre les bonnes décisions pour les citoyens du Québec, bien au-delà de la joute politique. Parce qu’au-delà de la joute politique à l’Assemblée nationale, il y a les citoyens politiques», a-t-il fait valoir.
Il fallait sortir de la «bulle» de l’Assemblée nationale, estimait Jean Charest. «L’enjeu, c’est vraiment la classe moyenne, c’est l’intérêt des citoyens». Le premier ministre a défendu le budget de son gouvernement qui cadre avec «une politique de prospérité». La réduction des impôts, «ça valorise le travail. Ça appuie ceux et celles qui travaillent. C’est un geste extrêmement important pour qu’on puisse prospérer au Québec et retenir des gens qui sont ici. Parce que l’on a une fiscalité qui est un ‘désincitatif’.»
Le chef libéral s’en est pris au PQ qui a changé ses demandes au fil des jours, selon lui. «Allez savoir ce qu’il voulait. M. Legault a dit samedi que c’est 700 millions. Après ça, c’est 300 millions», a-t-il dit.
Jean Charest estime que l’ADQ a aussi une responsabilité dans ces tractations autour du budget. «On a interpellé hier l’ADQ également parce qu’on n’est pas seul dans ce parlement. On est trois partis politiques, on a chacun nos responsabilités», a-t-il dit.
Hier, Monique Jérôme-Forget a pris part, avec ses hauts fonctionnaires et quelques députés libéraux, aux travaux de la commission parlementaire qui achevait d’étudier le budget. Elle a donné la réplique aux deux partis de l’opposition représentés par M. Legault et par M. Taillon. La ministre avait prévu faire un point de presse en milieu d’après-midi qu’elle a annulé quand le premier ministre eut invité les deux chefs à le rencontrer.
En contrepartie de cet engagement de ne pas défaire le gouvernement et ainsi entraîner les Québécois dans des élections précipitées, le deuxième groupe d’opposition obtient du gouvernement qu’il consacre 111 millions de plus à son budget, soit 60 millions à la santé et 30 millions en éducation pour les élèves en difficultés. C’est en deçà de la demande formulée mardi soir par le PQ qui souhaitait obtenir 250 millions de plus d’argent frais pour financer les services publics. Le PQ insistait pour que cette somme provienne d’une baisse d’impôt coupée de moitié pour les contribuables qui gagnent 75 000 $ et plus par an, alors que la réduction d’impôt globale serait passée de 950 à 700 millions. Mais pour M. Charest, il n’en était pas question.
Le vote sur le budget, dont dépend la survie du gouvernement libéral minoritaire, doit avoir lieu après la période de questions à l’Assemblée nationale vers midi ou une heure.
C’est vers 21 h 30 hier, que le chef de l’aile parlementaire péquiste, François Gendron, et le porte-parole en matière de finances, François Legault, ont rencontré la presse. Ce point de presse suivait un caucus des députés péquistes, qui avait duré deux heures, où on a été en communication avec la chef en attente, Pauline Marois.
Les députés péquistes étaient bien conscients que la population ne voulait pas d’élections générales déclenchées sur-le-champ. «On est dans le respect de la volonté populaire», a dit François Gendron.
Le PQ estime qu’il a fait des gains importants avec les 111 millions qui iront dans l’amélioration des services. «Il y a eu des efforts additionnels sur des valeurs de société portées par notre formation politique. On n’est pas que souverainiste, on est aussi social-démocrate», a fait valoir M. Gendron.
Selon MM. Gendron et Legault, Jean Charest paiera le prix politique pour avoir procédé à des baisses d’impôt dont la population ne voulait pas.
Vers 22 heures hier, la ministre Jérôme-Forget a lu à la presse une déclaration manuscrite par laquelle elle a annoncé qu’elle fera ce matin vers 10 heures, avant la période de questions, une «déclaration ministérielle». Celle-ci viendra modifier le discours budget et comportera le «dépôt de crédits supplémentaires». Hier soir, on ne pouvait parler précisément de la mesure fiscale qui permettra de dégager ces nouveaux crédits puisque que la déclaration constitue un amendement au budget et doit être entourée du même secret jusqu’à son dévoilement. Mais on sait que cette mesure fiscale ne touchera pas les particuliers.
Mme Jérôme-Forget s’est réjouie du «dénouement heureux» que constitue la survie du gouvernement et l’adoption de son budget avec lequel elle s’est dit «en amour : «Je me réjouis surtout pour tous les Québécois qui approuvent ce budget et qui ne veulent pas d’élections et qui souhaitent des baisses d’impôt», a-t-elle déclaré, saluant au passage le leadership du premier ministre qui a permis de sortir de la crise. Elle a eu ensuite de bons mots pour le Parti québécois qui, selon elle, «a joué son rôle». «Quant à l’ADQ, [elle] ne comprend pas ce qui est le sens du devoir», a-t-elle tonné.
Croisé dans le couloir, le critique de l’opposition officielle en matière de Finances, Gilles Taillon, a lancé : «On ne commente pas !» Après la période de questions aujourd’hui, M. Taillon disposera de 30 minutes en chambre pour commenter la déclaration ministérielle.
La somme de 111 millions sera consacrée à des domaines identifiés par le PQ. Les 60 millions $ qui iront à la santé seront réservés aux soins à domicile et à la création de nouveaux groupes de médecine familiale (GMF). Le montant de 30 millions $ versé à l’éducation visera les élèves en difficultés et la réduction du décrochage. Le congé fiscal pour les entreprises dans les régions-ressources, d’une valeur de 21 millions $ annuellement, que le gouvernement voulait abolir mais qui sera maintenu, devra davantage stimuler l’innovation.
Hier, Jean Charest avait décidé d’amorcer personnellement des négociations avec les chefs des deux partis d’opposition. Le premier ministre avait pour la première fois convié le chef de l’opposition officielle Mario Dumont et François Gendron, séparément, à le rencontrer. Le chef de l’aile parlementaire du Parti québécois a accepté tandis que Mario Dumont, déclinait l’invitation.
Au terme d’une rencontre qui a duré un peu plus d’une heure en fin de journée, François Gendron, et le porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances, François Legault, sont sortis sans s’adresser à la presse pour rejoindre ensuite leur caucus.
François Gendron et François Legault s’étaient présentés au bureau du premier ministre vers 17 h 30 hier pour cette rencontre de la dernière chance avec le premier ministre et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.
En principe, le vote sur le budget devrait avoir lieu vers midi aujourd’hui après la période de questions à l’Assemblée nationale. Les partis pourraient toutefois s’entendre pour reporter le vote à la semaine prochaine.
De son côté, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a refusé d’annuler des rendez-vous prévus à ses bureaux de Montréal de la Place Ville-Marie. «J’ai parlé au premier ministre. J’ai dit que j’étais disponible au téléphone», a dit M. Dumont alors qu’il s’apprêtait au milieu de l’après-midi à prendre la route pour Montréal. «Pour l’instant, on parle dans le vide parce que de toute façon il n’y aucune proposition sur la table», a lancé le chef adéquiste vers midi.
Son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, a nié la rumeur, relayée par le cabinet du premier ministre, que M. Dumont rencontrait des candidats en vue des prochaines élections et qu’il participait à une activité partisane. M. Dumont avait des rencontres à titre de chef de l’opposition officielle avec «des leaders de la communauté montréalaise», a indiqué M. Gagné.
Au cabinet du premier ministre, on a réagi avec mauvaise humeur à l’absence de M. Dumont en pareil moment. Le chef péquiste a aussi déploré que M. Dumont n’ait pas choisi d’annuler ses rendez-vous pour rencontrer le premier ministre. «Dans la situation que vous connaissez - à peu près un tiers, un tiers, un tiers [à l’Assemblée nationale] -, on a tous une responsabilité à assumer, à la suite du jugement de la population, [pour] que cette Assemblée nationale fonctionne un tant soit peu», a déclaré François Gendron alors qu’il s’apprêtait à participer à la rencontre avec le premier ministre. «Je trouve un peu curieux que pour quelque chose de majeur, de significatif, quelqu’un qui avait indiqué qu’il souhaitait faire de la politique autrement commence à pratiquer la politique de la chaise vide.»
Alors qu’il participait à une conférence de presse dans une école de Québec, Jean Charest avait montré pour la première fois des signes d’ouverture. «On va assumer nos responsabilités, on va chercher à conclure une entente et à faire en sorte que ce budget puisse vivre», avait-il dit.
«On va chercher à conclure une entente et à faire en sorte que l’on puisse prendre les bonnes décisions pour les citoyens du Québec, bien au-delà de la joute politique. Parce qu’au-delà de la joute politique à l’Assemblée nationale, il y a les citoyens politiques», a-t-il fait valoir.
Il fallait sortir de la «bulle» de l’Assemblée nationale, estimait Jean Charest. «L’enjeu, c’est vraiment la classe moyenne, c’est l’intérêt des citoyens». Le premier ministre a défendu le budget de son gouvernement qui cadre avec «une politique de prospérité». La réduction des impôts, «ça valorise le travail. Ça appuie ceux et celles qui travaillent. C’est un geste extrêmement important pour qu’on puisse prospérer au Québec et retenir des gens qui sont ici. Parce que l’on a une fiscalité qui est un ‘désincitatif’.»
Le chef libéral s’en est pris au PQ qui a changé ses demandes au fil des jours, selon lui. «Allez savoir ce qu’il voulait. M. Legault a dit samedi que c’est 700 millions. Après ça, c’est 300 millions», a-t-il dit.
Jean Charest estime que l’ADQ a aussi une responsabilité dans ces tractations autour du budget. «On a interpellé hier l’ADQ également parce qu’on n’est pas seul dans ce parlement. On est trois partis politiques, on a chacun nos responsabilités», a-t-il dit.
Hier, Monique Jérôme-Forget a pris part, avec ses hauts fonctionnaires et quelques députés libéraux, aux travaux de la commission parlementaire qui achevait d’étudier le budget. Elle a donné la réplique aux deux partis de l’opposition représentés par M. Legault et par M. Taillon. La ministre avait prévu faire un point de presse en milieu d’après-midi qu’elle a annulé quand le premier ministre eut invité les deux chefs à le rencontrer.
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