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Option Canada - L'argent du love-in reste un mystère

Un demi-million a été dépensé illégalement, conclut l'ex- juge Grenier

Antoine Robitaille   30 mai 2007  Québec
L’ex-juge Bernard Grenier n’a pu déterminer la provenance de l’argent qui a permis d’organiser le grand rassemblement fédéraliste tenu à Montréal trois jours avant le référendum du 30 octobre 1995.
Photo : Jacques Nadeau
L’ex-juge Bernard Grenier n’a pu déterminer la provenance de l’argent qui a permis d’organiser le grand rassemblement fédéraliste tenu à Montréal trois jours avant le référendum du 30 octobre 1995.
Québec — Après 16 mois d'enquête et deux millions de dollars, l'ex-juge Bernard Grenier est arrivé à la conclusion qu'au référendum de 1995, le camp du NON avait dépensé un demi-million de dollars de façon illégale par le truchement d'Option Canada et du Conseil pour l'unité canadienne (CUC). Il a déploré les agissements de quatre personnes clés, dont le vice-président du conseil exécutif de Montréal, Claude Dauphin, et l'actuel délégué général du Québec à Toronto, suspendu avec solde depuis le début de l'enquête, Jocelyn Beaudoin.

Plusieurs questions restent toutefois en suspens, tellement que certains, dont celui qui était directeur général des élections en 1995, Pierre-F. Côté, croient que l'enquête de M. Grenier aurait dû être publique. Le commissaire-enquêteur lui-même a reconnu hier qu'il avait été dans l'impossibilité de désigner la source de financement du fameux «love-in» du 27 octobre 1995, où des centaines de milliers de personnes du reste du Canada avaient pris d'assaut les rues de Montréal pour convaincre les Québécois de voter NON. M. Grenier a insisté pour dire que son mandat était bien circonscrit: il devait se borner à étudier les dépenses d'Option Canada et n'avait aucune possibilité d'enquêter sur les agissements du gouvernement fédéral. Ce qui inclut évidemment Patrimoine Canada, d'où sont venues toutes les sommes sur lesquelles il s'est penché.

Malgré tout, après avoir entendu 90 témoins pendant 52 jours d'audience, il a établi que la somme réelle dépensée par Option Canada et le Conseil pour l'unité canadienne dans la campagne préréférendaire a été de 11 millions. Toutefois, 539 460 $ seulement de ce montant auraient été utilisés en infraction à la loi. Le juge affirme que des «personnes en autorité» au Parti libéral du Québec, dont Stéphane Bertrand (actuel chef de cabinet de Jean Charest), Pietro Perrino et Pierre Anctil, ont «manqué de vigilance par rapport aux activités du CUC et d'Option Canada». Mais l'ex-juge a refusé de faire à leur égard une «conclusion défavorable».

Cinq autres personnages ont cependant droit à une «conclusion» de ce type, qui ne consiste pas, a-t-il insisté, en un jugement de nature pénale. D'abord, Jocelyn Beaudoin, nommé en 2005 par Jean Charest délégué du Québec à Toronto, était directeur général du Conseil pour l'unité canadienne lors de la création d'Option Canada. M. Beaudoin s'est toujours défendu en disant qu'après la création de l'organisme, le 7 septembre 1995, il n'avait plus eu de contacts Option Canada. Mais le juge Grenier a conclu que la preuve contredisait cette version et qu'il est arrivé à M. Beaudoin, en période référendaire, de donner des directives au directeur général d'Option Canada, René Lemaire.

À propos de ce dernier, le juge Grenier en est aussi arrivé à une «conclusion défavorable», puisque selon la preuve «il a fait plusieurs dépenses réglementées sans obtenir l'autorisation de l'agente officielle du NON». Le comptable aux ordres de M. Beaudoin et Lemaire, Réjean Roy, fait aussi face à une «conclusion défavorable»: «Il a obéi sans se poser de questions.»

Le juge reproche aussi à Claude Dauphin, qui fut président honoraire d'Option Canada, d'avoir continué d'être payé durant la période référendaire alors que ces émoluments n'étaient pas comptabilisés dans les dépenses du camp du NON. «Il n'a pas vérifié auprès de l'agente officielle du NON si le versement de ses émoluments était conforme à la loi. Pourtant, il a exigé de ses collaborateurs qu'ils respectent la loi. M. Dauphin avait une certaine connaissance des lois électorales puisqu'il avait été député à l'Assemblée nationale», écrit le juge Grenier. En fin d'après-midi hier, M. Dauphin s'est réjoui que le juge ait conclu qu'il était de bonne foi, qu'il a joué un rôle mineur. Par conséquent, il a dit qu'il ne voyait pas pourquoi il démissionnerait de sa fonction actuelle.

Notons que le juge a aussi mentionné que l’agente officielle du PLQ, Nathalie Bernier, avait fait preuve de négligence.

Au reste, les gens d'Option Canada et du CUC avaient de drôles de méthodes, a aussi démontré le juge Grenier. Par exemple, pour contourner la loi électorale, ils ont par exemple congédié des employés au début de la campagne référendaire, leur octroyant de généreuses «primes de séparation» de 15 ou 17 semaines de salaire. Cela faisait d'eux des «bénévoles du camp du NON».

Pétard mouillé

En matinée, en Chambre, Jean Charest a qualifié cette affaire de «pétard mouillé» étant donné que lui et ses proches se voyaient pratiquement exonérés de tout blâme. Le juge a conclu que M. Charest, chef du Parti conservateur à l'époque, n'avait pas été au courant de l'existence d'Option Canada. M. Charest s'est plu à souligner que, dans le livre par lequel le scandale a éclaté (Les Secrets d'Option Canada du journaliste Normand Lester et de l'ancien candidat péquiste Robin Philpot), il était question d'une somme illégale de cinq millions de dollars. Il a aussi déploré toutes sortes d'insinuations — selon lui sans fondement — entendues pendant cette dernière année, car elles contribuent à ternir la classe politique. Aussi, au chef de l'opposition Mario Dumont, qui insistait pour savoir s'il avait été mis au courant des dépenses illégales d'un demi-million, M. Charest a répondu: «J'ai participé avec beaucoup de fierté au référendum de 1995. Je peux même vous dire, moi, de quel côté j'étais. J'étais du côté du NON, contrairement au chef de l'ADQ dont on sait avec qui il était pendant le référendum de 1995 et de quel côté il se campe aujourd'hui.»

En conférence par la suite, Mario Dumont s'est étonné que le rapport du juge Grenier ne contienne pas de blâme. Il a réclamé que le Parti libéral du Québec, «directement visé dans le rapport, rembourse les 540 000 $ qui ont été reçus et dépensés illégalement». Une demande à laquelle le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a refusé de répondre hier.

La leader péquiste, Diane Lemieux, a dit que le «refus de condamner» les dépenses illégales, de la part de Jean Charest, «s'apparente à un aveu de culpabilité au nom du camp fédéraliste». Mais en fin d'après-midi, du bout des lèvres, le ministre Pelletier a reconnu que les dépenses illégales des forces fédéralistes lors du référendum de 1995 «étaient déplorables». «Des irrégularités ont été commises. C'est déplorable. On a des lois au Québec et ce n'est pas pour rien. On espère que ces lois soient respectées», a-t-il confessé.

Le PQ a aussi réclamé que Jocelyn Beaudoin «sorte du circuit [...] de représentation du gouvernement du Québec». Mais M. Pelletier a dit hier attendre d'obtenir la version des faits de M. Beaudoin avant de prendre une décision quant à son sort. M. Pelletier admet qu'«a priori, il y a une contradiction entre la version des faits fournie par M. Beaudoin et les conclusions de l'enquête».

Notons du reste que le PQ réclame que soit levée l'ordonnance de non-publication à portée illimitée dont le juge a frappé les éléments de la preuve, sinon il menace de la contester devant les tribunaux.

Prudence

Plusieurs ont souligné la grande prudence du rapport Grenier. «Clairement on a senti, on a vu la limite d'une enquête qui n'est pas publique», a déclaré Mario Dumont. Diane Lemieux, pour sa part, a fait remarquer que le commissaire a été «assailli de toutes sortes de considérations de la part de plusieurs avocats. Il s'est fait poser des questions sur sa juridiction, sur des aspects constitutionnels. À l'évidence, il a été encerclé de toutes sortes de questions légales. Alors, je comprends que le résultat net, c'est qu'il a joué probablement plus de prudence.»

Pour l'ancien directeur général des élections, Pierre-F. Côté, le rapport laisse en plan plusieurs interrogations, est «précautionneux» et plein de «circonvolutions prudentes». Il trouve «étrange» que le commissaire n'ait pas jugé bon de le rencontrer, lui qui était en poste en 1995 et qui a tenté — sans succès — d'enquêter sur Option Canada et sur le «love-in» dans les années qui ont suivi le référendum. Depuis 2000, soit cinq ans après les faits, la loi électorale ne permet plus aux autorités québécoises de poursuivre devant les tribunaux ceux qui ont commis des infractions. Selon M. Côté, l'enquête de M. Grenier aurait dû être publique et aurait dû être élargie à l'ensemble des millions dépensés dans la campagne de 1995. Il trouve «ahurissante» la conclusion du commissaire selon laquelle le camp du NON n'a pas dépensé le maximum permis par la loi de 5 087 000 $, soit 1 $ par électeur, ce qui fait écrire au juge Grenier que le camp du NON a «terminé la campagne référendaire avec un montant non utilisé de 375 963 $». Cette conclusion a d'ailleurs conduit le ministre des Affaires intergouvernementales Benoît Pelletier, hier, à affirmer que le vrai montant en infraction est 163 497 $ et non un demi-million.

Pour l'ancien directeur général des élections, Pierre-F. Côté, le rapport laisse en plan plusieurs interrogations, est «précautionneux» et plein de «circonvolutions prudentes». Il trouve «étrange» que le commissaire n'ait pas jugé bon de le rencontrer, lui qui était en poste en 1995 et qui a tenté — sans succès — d'enquêter sur Option Canada et sur le «love-in» dans les années qui ont suivi le référendum. Depuis 2000, soit cinq ans après les faits, la loi électorale ne permet plus aux autorités québécoises de poursuivre devant les tribunaux ceux qui ont commis des infractions. Selon M. Côté, l'enquête de M. Grenier aurait dû être publique et aurait dû être élargie à l'ensemble des millions dépensés dans la campagne de 1995. Il trouve «ahurissante» la conclusion du commissaire selon laquelle le camp du NON n'a pas dépensé le maximum permis par la loi de 5 087 000 $, soit 1 $ par électeur, ce qui fait écrire au juge Grenier que le camp du NON a «terminé la campagne référendaire avec un montant non utilisé de 375 963 $». Cette conclusion a d'ailleurs conduit le ministre des Affaires intergouvernementales Benoît Pelletier, hier, à affirmer que le vrai montant en infraction est 163 497 $ et non un demi-million.

Enfin, l'agence de publicité BCP a accueilli favorablement le rapport Grenier. «Le juge Grenier confirme sans équivoque l'intégrité professionnelle de BCP.» L'agence demande par conséquent des «excuses publiques et complètes» de MM. Philpot et Lester ainsi que de l'éditeur Les Intouchables «pour les fausses allégations formulées» à son sujet dans leur livre. Les auteurs ont applaudi au rapport hier mais réagiront aujourd'hui plus en détail lors d'une conférence de presse.

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  • France Lafontaine - Abonné
    30 mai 2007 02 h 37
    Et le groupe du "OUI" ?
    Ce qui faisait le pendant d'Option Canada au Québec, c'était le Conseil de la souveraineté.Il a été formé le 2 mai 1995 pour faire la promotion de la souveraineté du Québec.Cet organisme a reçu 3 882 461$du gouvernement du Québec (et c'est encore notre argent !)Parizeau a octroyé 2 000 000$ le 16 août 1995 (par décret) et une autre tranche de 1 882 461$
    le 11 octobre de la même année. Nous connaissons maintenant les dépenses du groupe d'Option Canada (l'enquête a coûté plus cher que les dépenses illégales !)mais qu'en est-il des dépenses du Conseil de la souveraineté ? Nous n'en savons rien et nous n'en saurons pas plus! Est-ce que toutes les dépenses se sont faites en respectant la loi référendaire ?
    Nous ne aurons jamais la vérité à ce sujet. Et le PQ ose en remettre... ils ont du culot !
    Il faudrait trouver des fédéralistes aussi "tordus" que ceux qui ont demandé cette enquête. Ils ne voulaient que semer le doute... Mal leur en pris, il n'y a personne d'accuser. Ce sont des manipulateurs d'opinion publique pour arriver à leur fin: aider le PQ et faire de l'argent!

    Pourquoi y a-t-il deux poids deux mesures ?

    France

    lafontainefrance@videotron.ca
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  •  
  • arabe - Inscrit
    30 mai 2007 06 h 02
    De la lettre à l'esprit de la loi.
    Parfois il est préférable de briser une petite loi afin d'en appliquer une plus grande.

    Le gouvernement fédéral aurait donc dépensé illégalement sept cents par citoyen Québécois afin de sauver le pays! Blâmer le gouvernement fédéral dans les circonstances en question (n'oublions pas que c'était avant la loi sur la clarté référendaire) est semblable à blâmer un automobiliste (un médecin, par exemple) pour avoir roulé à 61 km/h dans une zone de 50, ou ne pas avoir fait un arrêt complet à un coin de rue 4-stop, pour sauver la vie de quelqu'un en danger d'écartèlement.

    Je préfère ce 7 cents illégal à toute la magouille et les pertes faramineuses qui auraient été occasionnées par une victoire du oui par 50,1% des voix AVANT la loi sur la clarté référendaire. Un 7 cents illégal qui a sans doute sauvé $700 ou plus par citoyen: rendement, donc, de 900 000 % au bénéfice de chaque citoyen québécois.

    Décision osée, courageuse, et bénéfique de M. Chrétien. Merci, M. Chrétien. Les circonstances étaient uniques. Votre geste, ou celui de vos comités, l'était tout autant.

    Pointez la lune du doigt, et l'idiot fixera le doigt du regard. Pointez la sauvegarde d'un pays du doigt, et le sans envergure-à-cheval-sur-la-lettre-et-incapable-de-voir-l'esprit fixera avec hargne condescendante et drapée-de-fausse-vertu le 7 cents illégalement dépensé.

    La vertu, le sens commun, c'est de dire: un référendum hypothétiquement perdu par un 7 cents par citoyen ne méritait pas d'être remporté.

    Le reste, comme dirait Hillel, ce grand pharisien contemporain de Jésus, n'est que commentaire...
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  • Lapirog - Abonné
    30 mai 2007 06 h 34
    A quoi rime ce type d'enquête?
    Argent public qui ne fait rien découvrir et qui ne sanctionne évidemment pas les premiers coupables.La même chose va se reproduire avec l'enquête sur le viaduc de la Concorde à Laval, mais là attention, car la facture va être salée pour nous con-tribuables toujours perdants dans ces shows pas drôles du tout.
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  • jacques noel - Inscrit
    30 mai 2007 08 h 17
    Au sujet des votes annulés par le PQ
    En 1992, lors du référendum de Charlottetown, 87,832 bulletins avaient été rejetés par les Libéraux pour 3,945,189 votes acceptés soit 2,2%.

    En 1995, seulement 86,501 bulletins ont été rejetés par les Péquistes pour 4,671,008 votes acceptés, soit 1,8%.

    Prétendre que le PQ a enlevé le vote aux Anglos et Allos est une légende urbaine entretenue depuis une bonne décennie par la Gazette et CTV.
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  • Guimont Rodrigue - Inscrit
    30 mai 2007 11 h 14
    Petardus mouilleris ou l'art de l'esquive...
    À M. Laughrea, citoyen

    C'est complètement tordu que d'affirmer comme vous le dites : «Parfois il est préférable de briser une petite loi afin d'en appliquer une plus grande ». Briser une petite loi, étouffer la démocratie, mentir, voler, tout pour justifier la fin... Si vous étiez chrétien, je dirais que vous avez «l'esprit jésuitique».

    La loi morale qui s'impose impérativement à la conscience humaine, interdit le mensonge et le vol. Un gouvernement démocratique, procède par référendum mais quand l'un des deux partis est éminemment de mauvaise foi et ravit ou tente de ravir par tous les moyens, licites comme illicites, de gagner coute que coute et indépendamment des lois morales et sociales, l'issue du débat, je pense qu'il y a là un véritable problème démocratique. Non, la fin ne justifie pas tous les moyens.

    Conséquemment, s'il y a eu abus ou fraude lors du dernier referendum les Québécois pourraient être considérés, au point de vue du droit international, comme un peuple colonisé par la majorité canadienne et dont on a volé l'identité et la légitimité d'être souverain.
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  • Etienne Merven - Inscrit
    30 mai 2007 11 h 39
    France Lafontaine (suite)
    Vous soulevez un point excellent, Madame.
    On ne parle jamais des sommes énormes englouties par les gouvernements (principalement péquistes) dans cette mascarade qu'est le Conseil de la souveraineté, qui n'a aucune raison d'être, car la souveraineté n'est qu'une chimère...
    Et dire que ce Conseil se compose de personnes, grassement rémunérées je suppose, chargées de jeter de la poudre aux yeux d'une armée de moutons...
    Après les sondages récents, etc., je pense qu'une grande majorité des Québécois sont de vraies girouettes et cela commence vraiment à devenir risible...
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  • Claude Archambault - Inscrit
    30 mai 2007 11 h 53
    il y aura toujours des perdants
    Que voulez-vous, M Chrétien a eu une meilleure cage à homard que M. Parizeau. Et c'est bien ainsi car il y avait guerre et en guerre le nerf est l'argent. (Ce que le Québec n'a pas) Et, le PQ admettera que pour gagner tous les moyens sont bon.
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  • Richard Labbé - Inscrit
    30 mai 2007 12 h 38
    M.Laughrea: De la loi sans esprit?
    Michael Laughrea: "Parfois il est préférable de briser une petite loi afin d'en appliquer une plus grande." L'exemple du médecin...

    Je suis désolé, mais je ne considère pas les lois protégeant la démocratie comme petites lois qu'il faut contourner pour assurer la stabilité du pouvoir établi...

    L'exemple du médecin est mal utilisé, vous faites référence à un cas particulier pour traiter du fondement de nos valeurs politiques. Le policier qui laisse aller le médecin qui a fait une infraction de vitesse pour aider un patient est un exemple de compromis dans sa fonction, le policier se doit d'aider la société... Donc laissez les juges décider de ce qui est bien ou croche dans le dossier d'Option Canada!
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  • arabe - Inscrit
    30 mai 2007 12 h 58
    M. Guimont
    Depuis la loi sur la clarté référendaire, les choses sont beaucoup moins tordu. Grand merci à Stéphane Dion. Le véritable scandale, la véritable torsion de la démocratie, esti est celui des votes annulés en 1995 dans les régions fédéralistes par des escouades séparatistes bien rodées pour la tâche. X minuscule, barre, crochet: qu'à cela ne tienne, vote annulé. Une des pattes de votre X majuscule ne touche pas au noir du reste du bulltin de vote: vote annulé.

    Un vote annulé pour ces raisons pusillanimes est le seul véritable scandale de ce référendum fait, rappelons-le, en l'ABSENCE de la loi sur la clarté référendaire. En l'absence de cette loi, on ne peut blâmer le gouvernement fédéral pour avoir dépensé 7 cents par citoyen québécois afin d'éviter les dépenses faramineuses (900 000% de plus, i.e. $700 par citoyen?) qu'auraient occasionnées le flou d'une victoire du oui par 50,1% des voix.

    Sauver un pays du marasme vaut bien 7 cents, tout comme sauver une personne d'un écartèlement vaut bien qu'un médecin fasse du 61 km/h dans une zone de 50, ou ne fasse pas un arrêt complet à un coin 4-stops. Quand on brise une loi pour obéir à une plus grande, on fait oeuvre de grandeur d'esprit: on prouve qu'on sait faire la distinction entre l'esprit et la lettre de la loi.

    Le gouverment fédéral a suivi l'esprit de la loi, mais non la lettre, en 1995, alors que les forces séparatistes ont suivi la lettre de la loi (dans leur zèle annuleur de vote) mais non l'esprit de la loi.
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  • Ing Vibol - Inscrit
    30 mai 2007 13 h 45
    L'usage illégal et mensonger de l'argent pour embrouiller la lucidité populaire est anti-démocratique.
    Pour le peuple québécois, l'histoire est toujours très amère. Voilà essentiellement pourquoi notre devise nationale est: "Je me souviens". Il revient à chacun individuellement de prendre conscience des événements troublants et honteux comme celui de la défaite du référendum de 1995. Comprenez particulièrement que je suis immigrant d'origine, venu m'établir à Montréal parce que c'est une ville bilingue et parce que mon pays natal est dévasté par un génocide pendant la guerre civile. Il m'est impossible d'accepter moralement des pratiques aussi odieuses et sans scrupule de la part d'un gouvernement fédéral, et plus encore, pas n'importe lequel, celui d'un pays qui défend les droits humains, la justice et les valeurs libérales partout sur le globe. Est-ce la facade étrangère est représentative des fondements essentiels du Canada? Oui... et cependant, trois lettres qui sonnent difficilement dans mon coeur. J'assume bien ma citoyenneté canadienne, cependant je rêve encore plus d'une identité québécoise, libre et responsable du devenir des nos enfants dans un contexte global de plus en plus complexe.

    Pourquoi? Parce que c'est un droit fondamental à tout peuple de se questionner sur son identité, de rêver d'unité, d'un projet rassembleur, noble et digne. Il me paraît évident qu'en dehors de la question linguistique, le Québec se trouve présentement en marge des institutions politiques canadiennes. Notre peuple défend l'environnement, le libéralisme, l'éducation qui assume une vision d'avenir, le libre choix d'orientation sexuelle, le progrès, la liberté de croyance religieuse, la diplomatie et le maintien de la paix, sans aucun souffle de béligérence et de colonialisme. Nous sommes différents et nous voulons rendre le monde meilleur en devenant une nation exemplaire. Nous voulons défendre et promouvoir la culture et le savoir partout à travers le monde, nous voulons prendre parole aux Nations Unies pour influencer le cours de l'histoire, parce que nous croyons en nos valeurs profondes. Revendiquer pacifiquement et légalement son identité est un droit inaliénable de tout peuple. De même, il est idiot de prévenir son propre enfant de devenir un adulte libre et responsable parce qu'il emprunte un chemin différent de soi qui est son parent. Individuellement et collectivement, l'être humain mature et cette croissance exige à chaque instant qu'on ajuste nos relations interpersonnelles pour que l'harmonie puisse régner sans violence aux différentes parties.

    Ce que nous observons de façon récurrente dans l'histoire québécoise est une aliénation populaire expressément imposée par des intérêts capitalistes identitairement extérieures au 'zeitgeist' québécois, à l'esprit de tout un peuple en notre triste époque. Il m'est viscéralement inacceptable que de malversations comme celles de 1995 se produisent sur la terre où naîtront mes enfants. J'exige que des enquêtes supplémentaires soient conduites, en défense à la dignité de toute une génération bafouée.

    Il est triste que nous ne puissions même pas conjecturer le sort du Québec actuel si la vérité, l'authenticité, la sincérité, la noblesse et l'honneur avaient prévalu véritablement dans le coeur de tous les québécois et canadiens? Serions-nous devenus en dehors de cette relation conjugale turbulente des véritables partenaires respectueux et justes capable de se concerter comme des adultes sur les véritables enjeux planétaires et environnementaux? Je maudis tous ceux et celles qui ont manqué à leur scrupule et morale en toute insincérité pour le tort qu'ils ont commis en participant à obscurcir la conscience collective plutôt qu'à l'éclairer... seulement ne comprennent-ils seulement l'incommensurabilité des conséquences de leur geste?

    Pouvoir tourner une dernière page de notre actuelle histoire pour débuter un nouveau chapitre, afin que la paix d'esprit avec notre passé nous enjoint enfin à regarder loin vers l'avenir... pour un Québec meilleur dans un monde meilleur: voilà mon présent voeux.
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  • andré michaud - Inscrit
    30 mai 2007 15 h 23
    Le OUI a aussi fraudé
    Il ne faudrait pas croire que le clan du OUI n'a pas fraudé. J'ai moi-même assisté à une de ces fraudes.

    Le président de l'organisme à but non lucratif dont je faisais partie était aussi l'organisateur du député péquiste. La fraude avait pour but de ne pas comptabiliser des dépenses d'ameublement. Officiellement le député donnait de l'argent à notre organisme pour acheter des meubles. Pendant la campagne référendaire on devait passer ces meubles au clan du OUI. Après le référendum on nous redonnait les meubles que l'on vendait pour se faire des fonds. De cette façon on évitait de comptabiliser ces dépenses..
    Y aura t'il un jour une enquête sur les fraudes du clan du OUI?
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  • Roland Berger - Abonné
    30 mai 2007 16 h 40
    À Michael Laughrea
    On a la morale qu'on peut. Forcez-vous un peu.
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Maxime Codère - Inscrit
    30 mai 2007 17 h 09
    Quoi dire de plus de l'intervention d'Ing Vibol
    Je souhaite remercier Ing Vibol pour son intervention des plus intéressantes et qui me rapproche toujours plus avec ces gens du monde.

    Enfin, une personne qui sait utiliser les mots pour soumettre sa pensée.
    Enfin, un Québécois d'adoption qui adopte le Québec et qui le défend.
    Enfin, un Québécois d'adoption qui n'a pas peur d'émettre son opinion haut et fort, malgré que cette opinion soit majoritairement contraire aux autres Québécois d'adoptions.
    Enfin, un Québécois d'adoption qui voit que derrière la création d'un pays, ce n'est pas le chaos, l'anarchie et la pauvreté comme le pays qui ont laissé derrière eux, mais la liberté et le début d'une émancipation.

    Bravo Bravo Bravo
    Que je suis fier d'être Québécois
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  • André Loiseau - Abonné
    30 mai 2007 20 h 34
    Félicitations
    Bravo à Messieurs Codère et Vibol. Que voilà des citoyens lucides!
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    30 mai 2007 21 h 50
    La guerre? Oui monsieur!
    À lire ces fédéralistes qui défendent "l'autre pays", le plus meilleur pays du monde (une chance!) avec ses principes élasssstiques, il n'y a pas de coups bas d'interdits. Fort bien, la prochaine fois il faudra que Paulinne Marois fasse gaffe pour protéger la prochaine démarche car il faudra combattre le feu par le feu! Fini l'angélisme. Heureusement qu'il y a des esprits comme monsieur Vipol à travers tous ces tordus du porte-feuilles. Comment expliquer autrement que par leurs intérêts personnels ($$$$$$) leur hargne face à un pays qui veut prendre sa place dans le concert des nations?
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  • Jean Desjardins - Abonné
    30 mai 2007 23 h 18
    M. Laughrea, si c'est ça votre plussssss meilleur pays... (bis)
    Monsieur Laughrea.

    Votre position pour le moins tordue conduit directement à la violence. En êtes-vous conscient ou êtes-vous tout simplement de mauvaise foi ? Quelle honte que d'avoir le même passeport que vous !

    À vous lire, vous comprendrez que je choisis de m'identifier à la nationalité québécoise plutôt qu'à votre chère nationalité canadienne pour laquelle vous êtes prêt à faire tous les compromis amoraux possibles pour préserver le statu quo du système en place. Si c'est ça votre plusssssss meilleur pays au monde, on repassera.

    Pour construire un pays du Québec qui a de l'allure, je préférerais échanger pour chaque centaine de vos semblables un citoyen du type de monsieur Ing Vibol. Avec des voisins comme monsieur Vibol, je n'aurais pas peur de laisser mes portes débarrées.


    Jean Desjardins

    Laval.
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  • roger montreal - Abonné
    3 juin 2007 10 h 23
    Les fédéralistes ont tous les droits eux
    Il faut être réellement aveugle ou partisan a outrance de dire que le camp du oui ont triché, comme le fait Mme LAFONTAINE et d autre. Le fédéral a gaspillé des centaine de millions en commandite, avant et après le référendum de 95 tout illégalement. Mais les fédéraliste comme le dit MICHAEL LAUGHERA eux ont le droit de tout faire c est normal. Vaut mieux en rire.
    ROGER DION
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