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Le pari libéral: baisser les impôts et survivre

Québec remettra 950 millions dans les poches des contribuables à même l'argent venu d'Ottawa

François Desjardins   25 mai 2007  Québec
Monique Jérôme-Forget a déposé son premier budget hier, qui prévoit notamment des baisses d’impôt de 950 millions.
Photo : Agence Reuters
Monique Jérôme-Forget a déposé son premier budget hier, qui prévoit notamment des baisses d’impôt de 950 millions.
Le gouvernement Charest ayant tenu son engagement pris en toute fin de campagne électorale, le contribuable québécois qui gagne de 40 000 $ à 60 000 $ par année peut donc s'attendre à une baisse d'impôt de 99 ¢ par jour à partir du 1er janvier 2008.

La nouvelle ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a confirmé hier la baisse d'impôt de 950 millions financée à hauteur de 700 millions par l'augmentation des transferts du gouvernement Harper. Une réduction de 250 millions avait déjà été annoncée en février dernier lors du budget de précampagne, signé par son prédécesseur, Michel Audet.

«Il était temps qu'on donne des baisses d'impôt», a dit Mme Jérôme-Forget lors d'une conférence de presse pendant le huis clos à Québec. «Ça fait des années qu'on nous reproche de ne pas le faire, et aujourd'hui, on le fait.»

Les partis d'opposition ont lourdement critiqué cette décision en affirmant que le gouvernement n'a pas la marge requise pour se permettre cette manoeuvre. Ils ont signalé que les dépenses de Québec sont déjà légèrement supérieures aux revenus cette année et que le manque à gagner atteindra 1,3 milliard en 2008-09.

Concrètement, l'an prochain, les revenus de Québec croîtront de 0,4 % alors que les dépenses augmenteront de 2,5 %. En ce qui concerne les revenus de cette année, le budget d'hier les a relevés de 754 millions par rapport au budget Audet, et ce, en raison du transfert plus substantiel en provenance d'Ottawa.

La ministre Jérôme-Forget a cependant défendu cette réduction d'impôt en disant y voir une façon d'accroître la compétitivité du Québec. «Baisser les impôts, c'est un moyen d'encourager l'effort et le travail, de dynamiser notre économie, d'encourager les Québécois les mieux formés de rester au Québec et aussi les mieux qualifiés de choisir le Québec», a-t-elle dit.

Pour faire entrer la baisse d'impôt en vigueur, Québec entend majorer de 25 % les seuils de revenu imposable de la table d'imposition. Auparavant, le taux d'imposition de 20 % s'appliquait aux revenus se situant entre 29 875 $ et 59 765 $. À compter de janvier 2008, il faudra qu'un contribuable gagne au moins 37 500 $ mais pas plus de 75 000 $ par an pour être assujetti à ce taux.

De plus, le montant de base a été augmenté de 275 $ pour s'établir à 10 215 $, indique le budget du gouvernement Charest.

Pour un contribuable vivant seul et faisant partie de la classe moyenne, la baisse d'impôt représentera 360 $ par année. Pour une personne gagnant plus de 75 000 $, l'économie pourrait atteindre 969 $, selon les documents du budget. Pour un couple au revenu annuel total de 100 000 $ avec deux enfants, la baisse représentera 720 $.

Outre la diminution de 950 millions, le budget présenté hier contient diverses mesures fiscales, dont certaines étaient annoncées en février, qui totalisent 298 millions.

Nouvelles mesures

De ces 298 millions, 84 millions découlent de nouvelles mesures. La plupart d'entre elles se feront sentir en 2008 seulement. Par exemple, Québec va augmenter de 500 000 $ à 750 000 $ l'exonération des gains en capital sur les actions de petites entreprises et sur les biens agricoles. Cette mesure représente à elle seule la moitié de la somme des nouvelles mesures.

Le gouvernement va aussi relever de 69 à 71 ans la limite d'âge pour les REER. Cela représente une baisse d'impôt de 25 millions. Cette mesure permettra aux personnes de 70 et 71 ans de continuer à faire fructifier leur épargne à l'abri de l'impôt.

Québec entend aussi améliorer le crédit d'impôt remboursable pour fins d'épargne-études. L'aide fiscale, indique le budget, équivaudra à 10 % pour la première tranche de 2500 $ de cotisation annuelle.

Par ailleurs, Québec augmentera la déduction pour les frais de repas des camionneurs, cessera d'imposer les revenus de placement d'un régime enregistré d'épargne-invalidité, arrêtera d'imposer les gains en capital sur les dons de titres cotés en Bourse à des fondations privées et fera passer de 1200 à 1800 $ le seuil d'impôt pour les versements d'acomptes provisionnels.

D'autres mesures énumérées hier se trouvaient déjà dans le budget du ministre des Finances précédent, Michel Audet, quelques jours avant la campagne électorale. Elles totalisent 214 millions et comprennent ce qui suit: le fractionnement des revenus de retraite, le crédit d'impôt remboursable pour l'épargne-études, la hausse du crédit remboursable pour les frais de garde ainsi que la bonification des mesures fiscales pour les parents dont les enfants sont aux études postsecondaires.
 
 
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  • Abonné
    vendredi 25 mai 2007 01h40
    baisse d,impôt
    demander donc aux québecois les + taxés au Canada s,ils sont contre çà les baisses d,impôt?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 25 mai 2007 08h32
    BAISSER LES IMPÔTS ET PÉRIR OU UN AUTRE MONT ORFORD EN ÉTÉ ?
    Notre gouvernement Libéral très provincial manque un petit peu de jugement politique. 75 % des Québécois sont contre l'idée de réduire les impôts quand le gouvernement est dans le trou et que ses services manquent d'argent mais...il décide de braver le danger de se faire monoriser à l'Assemblée, en les les réduisant quand même.

    Un autre recul Libéral ou une élection estivale ?

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 25 mai 2007 09h06
    Pure stratégie
    On ne pouvait pas s'attendre à autre chose de la part du stratège Charest. Il n'allait pas céder à l'avance mais imiter plutôt son collègue d'Ottawa et foncer dans les partis d'opposition. Il sera toujours temps de faire des concessions. Finalement, aux yeux du bon peuple, les adéquistes et les péquistes auront empêché les Québécois composant le tranche la plus riche de la classe moyenne d'obtenir une réduction d'impôt de 99 cents par jour.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Max Roujeon
    Abonné
    vendredi 25 mai 2007 09h15
    Machiavel peut aller se rhabiller !
    Et voilà!
    M. Charest met en pratique la tactique de Napoléon (le Corse empereur).
    La meilleure défense c'est l'attaque!
    Il est fort et il nous prend pour des crétins (désolé mais ça en a tout l'air).
    Voici le plan :
    Il s'est dit :
    «Je maintiens contre toute logique la réduction des impôts».
    De toute façon, c'est une fausse réduction car, avec les autres augmentations SAAQ, Hydro, Taxes municipales, etc. Bin la réduction n'en n'est pas une, mais elle en a l'air.
    ET c'est ça qui compte!
    Son raisonnement :
    Soit ils (ADQ et ou PQ) me calent et votent contre le budget soit ils n'oseront pas refuser une apparente réduction au «peuple» et m'appuient.
    (La tactique Harper qui a mis le bloc de son bord la dernière fois)
    -S'ils votent pour moi, je gagne. Mais gouverner comme ça, pas un cadeau.
    -Par contre, s'ils votent contre moi et que je retourne en élections ils me donnent mon cheval de bataille pour être élu majoritaire : ils ont refusé une «GROSSE» réduction d'impôt (fausse) au peuple! La gaffe à ne pas faire!
    -Ils me donnent l'outil pour aller rechercher des votes non seulement chez l'ADQ mais même au PQ!
    Le dieu piastre étant hélas plus fort que le dieu indépendance. Et il le sait. Il sait aussi que la plupart des gens ne joignent pas les 2 bouts, la grogne dès le 1er jour de grève de la STM l'a démontré.

    Vous me direz, on n'est pas dupes!
    Pas sûr!
    C'est en entendant Arcand ce matin à l'émission «quand il faut se lever» dire que des centaines d'auditeurs lui avaient écrit pour protester contre l'ADQ qui leur avait refusé la soit disant réduction d'impôt que j'ai compris que les gens étaient FACILEMENT manipulables.
    Si on va en élections qu'est ce que vous croyez que les libéraux vont dire pour détruire leurs adversaires :
    Voulez-vous voter pour ceux qui ont refusé de réduire vos impôts? Ou pour nous qui ne voulons que votre bien?
    La réponse...
    Une fois élus majoritaires, les libéraux vont s'en donner à coeur joie.
    Alors, si vous sentez la manoeuvre comme moi je la sens, parlez à tous ceux susceptibles de changer d'avis et de voter libéral parce qu'on s'en va dans un mur. On peut freiner et faire demi-tour ou «peser sur le gas» comme on dit et se planter.
    À NOUS le choix.
    Bonne fin de semaine!

  • André Chamberland
    Inscrit
    vendredi 25 mai 2007 09h32
    0.99$ de plus pour payer xxx$ de plus en taxes et frais gouvernementaux
    0.99$ pour payer les stationnements à l'hôpital, les nouveaux payages d'entrée à Montréal et Québec, les hausses de parcomètres, les frais de services de plus en plus nombreux sur les services gouvernementaux, etc. etc.

    Ce n'est pas cela qui arrêtera le suicide des pauvres gens de tous âges qui étouffent et ne voient plus d'autres solution pour s'en sortir.

    Pendant ce temps, les politiciens, les paradeurs politiques (gouverneurs généraux, commissaires, etc.) dépensent des millions de nos argents sans compter.

    La belle farce !

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 25 mai 2007 11h58
    Manque de jugement
    Il y a des gens qui s'insurgent contre le fait que des élections coûteraient 70 millions $. D'après eux il faudrait passer l'éponge sur le manque de jugement du gouvernement Charest qui veut utiliser les sommes obtenues au compte du déséquilibre fiscal pour abaissser les impôts, alors que les besoins en éducation et en santé sont si criants, et que c'est pour ces domaines qu'on a réclamé des sommes d'Ottawa.

    Pour ceux qui ont peur des élections (à juste titre), il est préférable d'augmenter la dette du Québec de 950 millions $ en baissant les impôts, plutôt que de dépenser 70 millions en élections: quel beau raisonnement! D'autant plus que l'argent dépensé en élections est versé dans l'économie du Québec: c'est comme prendre 70 millions dans sa poche gauche pour la mettre dans sa poche droite (sauf qu'Ottawa va venir piger son 20 % là-dedans lui aussi, lui qui a si besoin d'argent!).

    Deux Québécois sur trois (et 80 % des francophones) ont voté contre les diminutions d'impôts, et Charest (ou sa Dame de fer?) décident quand même de foncer. Eh bien! Ces derniers vont rencontrer un mur.

    Le bon sens va-t-il revenir?

  • genevieve caya
    Inscrite
    vendredi 25 mai 2007 12h25
    Baisse d'impôts c'est bien beau...mais à quel prix ???
    J'avoue que nous somme la province la plus taxé au pays. Que nos taxes sont extrèmement élevés et que nous méritons bien de ce placer au 5eme rang du taux d'imposition au Canada au lieu d'être les derniers.

    Mais comment allons nous RÉELLEMENT financer toutes ces belles rénovations d'écoles et d'hopitaux? Pensez-vous vraiment que le 1.4 milliard et les 644 millions pour la santé et l'éducation seront suffisant? Pensez-vous que seulement 1000 nouveaux logements sociaux seront assez pour calmer la crise du logement? Comment allons nous éponger la dette qui augmente plus vite que l'on ne la paye? ET tout cela sans parler des routes en état lamentable, Du vieillissement de la population et de toutes les autres infrastuctures qui auraient grand besoin d'un coup de peinture au minimun.

    Ce n'est pas tout. N'oublions pas que nous avons été à Ottawa pour demander cet argent de la péréquation sous prétexte que nous avions des besoins criant dans les soins de santé et en éducation...et on le met en baisse d'impots !!!

    Quand je prète de l'argent pour aider à combler un besoin, je m'attend à ce que ce besoin soit VRAIMENT comblé.

    Alons à Ottawa encore pour quémander parce que nous ne savons pas gérer notre argent...

    Les baisses d'impôts...tout le monde en rêve...mais dans la situation actuelle, et surtout en pensant à plus long terme que 2 ou 3 ans, est-ce réellement raisonnable???

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 25 mai 2007 17h52
    $0.99 de plus
    Oui c'est ça de gagné, et pour ce qui est des autres frais je n'ai pas à les payer, faisont payer ceux qui utilise. Voyez le bon coté, L'impot est un frein à l'économie et à la motivation au travail. Les frais eux réduisent l'usage donc réduit les cout donc réduit encore les impôts.

    Les Québecois sont trop con pour voir ça.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 25 mai 2007 20h08
    ouf ! Enfin un peu de lest
    La baisse d'impôt est bien accueilli pour quel de la classe moyenne comme moi.

    Baisser les impôt sifnifie que moins de cerveaux vont quitter le Québec car on ne sera pas la province la plus taxée. Alors la baisse vient de se compenser en retenant ici les hauts salariés qui vont payer de l'impôt plus qu'ils n'en sauvent sans compter les taxes de vente, etc....

    Ca c'est comme la baisse des taxes sur le tabac pour lutter contre la contrebande. Plus notre taux est bas, plus on intéresse ceux qui crée la richesse à s'installer ici. Ainsi va l'économie. Ceux qui ne comprennent pas ca sont nés pour un petit pain.

    C'est génial ce que Mme Forget propose. Il s'agi de mettre de l'eau au moulin pour qu'il tourne et produise ses fruits. Pourquoi les gens sont attirés par l'Alberta. Gros salaires et peu de taxes. Voilà...

    Ceux qui crient qu'ils ploient sous les taxes viennent d'avoir un peu de lest. Comment, en haussant les seuils des différents niveaux de taxation. Une indexation rétroactive quoi ???

    Naturellement, Mme Forget a pensé à la PME en lui permettant de faire ses rapports de tacxes et impôts mensuels à tous les trois mois. Moins de paperasse et moins de tracas et de temps perdu qui deviennent productifs. En plus elle encourage l'investissement industriel en permettant un amortissement accéléré. C'est comme l'oeuf de Christophe Colomb. Fallait y penser...

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