Le pari libéral: baisser les impôts et survivre
Québec remettra 950 millions dans les poches des contribuables à même l'argent venu d'Ottawa
Photo : Agence Reuters
Monique Jérôme-Forget a déposé son premier budget hier, qui prévoit notamment des baisses d’impôt de 950 millions.
Le gouvernement Charest ayant tenu son engagement pris en toute fin de campagne électorale, le contribuable québécois qui gagne de 40 000 $ à 60 000 $ par année peut donc s'attendre à une baisse d'impôt de 99 ¢ par jour à partir du 1er janvier 2008.
La nouvelle ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a confirmé hier la baisse d'impôt de 950 millions financée à hauteur de 700 millions par l'augmentation des transferts du gouvernement Harper. Une réduction de 250 millions avait déjà été annoncée en février dernier lors du budget de précampagne, signé par son prédécesseur, Michel Audet.
«Il était temps qu'on donne des baisses d'impôt», a dit Mme Jérôme-Forget lors d'une conférence de presse pendant le huis clos à Québec. «Ça fait des années qu'on nous reproche de ne pas le faire, et aujourd'hui, on le fait.»
Les partis d'opposition ont lourdement critiqué cette décision en affirmant que le gouvernement n'a pas la marge requise pour se permettre cette manoeuvre. Ils ont signalé que les dépenses de Québec sont déjà légèrement supérieures aux revenus cette année et que le manque à gagner atteindra 1,3 milliard en 2008-09.
Concrètement, l'an prochain, les revenus de Québec croîtront de 0,4 % alors que les dépenses augmenteront de 2,5 %. En ce qui concerne les revenus de cette année, le budget d'hier les a relevés de 754 millions par rapport au budget Audet, et ce, en raison du transfert plus substantiel en provenance d'Ottawa.
La ministre Jérôme-Forget a cependant défendu cette réduction d'impôt en disant y voir une façon d'accroître la compétitivité du Québec. «Baisser les impôts, c'est un moyen d'encourager l'effort et le travail, de dynamiser notre économie, d'encourager les Québécois les mieux formés de rester au Québec et aussi les mieux qualifiés de choisir le Québec», a-t-elle dit.
Pour faire entrer la baisse d'impôt en vigueur, Québec entend majorer de 25 % les seuils de revenu imposable de la table d'imposition. Auparavant, le taux d'imposition de 20 % s'appliquait aux revenus se situant entre 29 875 $ et 59 765 $. À compter de janvier 2008, il faudra qu'un contribuable gagne au moins 37 500 $ mais pas plus de 75 000 $ par an pour être assujetti à ce taux.
De plus, le montant de base a été augmenté de 275 $ pour s'établir à 10 215 $, indique le budget du gouvernement Charest.
Pour un contribuable vivant seul et faisant partie de la classe moyenne, la baisse d'impôt représentera 360 $ par année. Pour une personne gagnant plus de 75 000 $, l'économie pourrait atteindre 969 $, selon les documents du budget. Pour un couple au revenu annuel total de 100 000 $ avec deux enfants, la baisse représentera 720 $.
Outre la diminution de 950 millions, le budget présenté hier contient diverses mesures fiscales, dont certaines étaient annoncées en février, qui totalisent 298 millions.
Nouvelles mesures
De ces 298 millions, 84 millions découlent de nouvelles mesures. La plupart d'entre elles se feront sentir en 2008 seulement. Par exemple, Québec va augmenter de 500 000 $ à 750 000 $ l'exonération des gains en capital sur les actions de petites entreprises et sur les biens agricoles. Cette mesure représente à elle seule la moitié de la somme des nouvelles mesures.
Le gouvernement va aussi relever de 69 à 71 ans la limite d'âge pour les REER. Cela représente une baisse d'impôt de 25 millions. Cette mesure permettra aux personnes de 70 et 71 ans de continuer à faire fructifier leur épargne à l'abri de l'impôt.
Québec entend aussi améliorer le crédit d'impôt remboursable pour fins d'épargne-études. L'aide fiscale, indique le budget, équivaudra à 10 % pour la première tranche de 2500 $ de cotisation annuelle.
Par ailleurs, Québec augmentera la déduction pour les frais de repas des camionneurs, cessera d'imposer les revenus de placement d'un régime enregistré d'épargne-invalidité, arrêtera d'imposer les gains en capital sur les dons de titres cotés en Bourse à des fondations privées et fera passer de 1200 à 1800 $ le seuil d'impôt pour les versements d'acomptes provisionnels.
D'autres mesures énumérées hier se trouvaient déjà dans le budget du ministre des Finances précédent, Michel Audet, quelques jours avant la campagne électorale. Elles totalisent 214 millions et comprennent ce qui suit: le fractionnement des revenus de retraite, le crédit d'impôt remboursable pour l'épargne-études, la hausse du crédit remboursable pour les frais de garde ainsi que la bonification des mesures fiscales pour les parents dont les enfants sont aux études postsecondaires.
La nouvelle ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a confirmé hier la baisse d'impôt de 950 millions financée à hauteur de 700 millions par l'augmentation des transferts du gouvernement Harper. Une réduction de 250 millions avait déjà été annoncée en février dernier lors du budget de précampagne, signé par son prédécesseur, Michel Audet.
«Il était temps qu'on donne des baisses d'impôt», a dit Mme Jérôme-Forget lors d'une conférence de presse pendant le huis clos à Québec. «Ça fait des années qu'on nous reproche de ne pas le faire, et aujourd'hui, on le fait.»
Les partis d'opposition ont lourdement critiqué cette décision en affirmant que le gouvernement n'a pas la marge requise pour se permettre cette manoeuvre. Ils ont signalé que les dépenses de Québec sont déjà légèrement supérieures aux revenus cette année et que le manque à gagner atteindra 1,3 milliard en 2008-09.
Concrètement, l'an prochain, les revenus de Québec croîtront de 0,4 % alors que les dépenses augmenteront de 2,5 %. En ce qui concerne les revenus de cette année, le budget d'hier les a relevés de 754 millions par rapport au budget Audet, et ce, en raison du transfert plus substantiel en provenance d'Ottawa.
La ministre Jérôme-Forget a cependant défendu cette réduction d'impôt en disant y voir une façon d'accroître la compétitivité du Québec. «Baisser les impôts, c'est un moyen d'encourager l'effort et le travail, de dynamiser notre économie, d'encourager les Québécois les mieux formés de rester au Québec et aussi les mieux qualifiés de choisir le Québec», a-t-elle dit.
Pour faire entrer la baisse d'impôt en vigueur, Québec entend majorer de 25 % les seuils de revenu imposable de la table d'imposition. Auparavant, le taux d'imposition de 20 % s'appliquait aux revenus se situant entre 29 875 $ et 59 765 $. À compter de janvier 2008, il faudra qu'un contribuable gagne au moins 37 500 $ mais pas plus de 75 000 $ par an pour être assujetti à ce taux.
De plus, le montant de base a été augmenté de 275 $ pour s'établir à 10 215 $, indique le budget du gouvernement Charest.
Pour un contribuable vivant seul et faisant partie de la classe moyenne, la baisse d'impôt représentera 360 $ par année. Pour une personne gagnant plus de 75 000 $, l'économie pourrait atteindre 969 $, selon les documents du budget. Pour un couple au revenu annuel total de 100 000 $ avec deux enfants, la baisse représentera 720 $.
Outre la diminution de 950 millions, le budget présenté hier contient diverses mesures fiscales, dont certaines étaient annoncées en février, qui totalisent 298 millions.
Nouvelles mesures
De ces 298 millions, 84 millions découlent de nouvelles mesures. La plupart d'entre elles se feront sentir en 2008 seulement. Par exemple, Québec va augmenter de 500 000 $ à 750 000 $ l'exonération des gains en capital sur les actions de petites entreprises et sur les biens agricoles. Cette mesure représente à elle seule la moitié de la somme des nouvelles mesures.
Le gouvernement va aussi relever de 69 à 71 ans la limite d'âge pour les REER. Cela représente une baisse d'impôt de 25 millions. Cette mesure permettra aux personnes de 70 et 71 ans de continuer à faire fructifier leur épargne à l'abri de l'impôt.
Québec entend aussi améliorer le crédit d'impôt remboursable pour fins d'épargne-études. L'aide fiscale, indique le budget, équivaudra à 10 % pour la première tranche de 2500 $ de cotisation annuelle.
Par ailleurs, Québec augmentera la déduction pour les frais de repas des camionneurs, cessera d'imposer les revenus de placement d'un régime enregistré d'épargne-invalidité, arrêtera d'imposer les gains en capital sur les dons de titres cotés en Bourse à des fondations privées et fera passer de 1200 à 1800 $ le seuil d'impôt pour les versements d'acomptes provisionnels.
D'autres mesures énumérées hier se trouvaient déjà dans le budget du ministre des Finances précédent, Michel Audet, quelques jours avant la campagne électorale. Elles totalisent 214 millions et comprennent ce qui suit: le fractionnement des revenus de retraite, le crédit d'impôt remboursable pour l'épargne-études, la hausse du crédit remboursable pour les frais de garde ainsi que la bonification des mesures fiscales pour les parents dont les enfants sont aux études postsecondaires.
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