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Un budget sans risque pour les libéraux

Robert Dutrisac   24 mai 2007  Québec
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a respecté la tradition hier en présentant à la presse les chaussures achetées en prévision du discours du budget, aujourd’hui.
Photo : Clément Allard
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a respecté la tradition hier en présentant à la presse les chaussures achetées en prévision du discours du budget, aujourd’hui.
Québec — L'Action démocratique du Québec a mis la table hier pour voter contre le budget que déposera aujourd'hui la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, tandis que le Parti québécois a déroulé le tapis pour se permettre de l'appuyer sans s'abîmer les genoux. Même avec les baisses d'impôt massives auxquelles tient mordicus le premier ministre Jean Charest et contre lesquelles s'élèvent les deux partis d'opposition, ce ne sera pas ce budget qui concourra à faire tomber le gouvernement libéral minoritaire.

Le critique de l'opposition officielle en matière de finances, Gilles Taillon, a présenté quatre «exigences formelles» dont dépend l'appui de l'ADQ au budget. Mais déjà, M. Taillon estime qu'il sera «extrêmement difficile» de concilier ces exigences avec les baisses d'impôt de 950 millions promises par Jean Charest en pleine campagne électorale.

L'opposition officielle réclame que le budget présente un véritable équilibre budgétaire alors que l'impasse prévue dans le budget Audet de février s'établissait à un milliard en 2008-09. «Ce budget-là doit stopper l'augmentation de la dette», estime l'ancien président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), qui a eu le loisir de commenter, à ce titre, nombre de budgets du Québec.

Le dernier budget Audet fait grimper la dette de 117 à 124 milliards, soit de sept milliards en deux ans. «C'est inadmissible», a dit M. Taillon. «On a beau parler de baisses de taxes, on sait que la dette est une véritable taxe reportée. C'est une taxe que l'on reporte sur les générations futures.»

«Nous allons faire des baisses d'impôt une première priorité à l'ADQ quand notre marge de manoeuvre nous [permettra] de la faire», a ajouté M. Taillon.

Mais cette allergie aux baisses d'impôt immédiates de la part d'un parti qui dit représenter la classe moyenne a servi de munitions hier au premier ministre lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. «La vraie question à partir de demain, c'est: qui parle au nom de la classe moyenne? Qui défend la classe moyenne au Québec? Qui va défendre les baisses d'impôt? C'est le Parti libéral du Québec qui va le faire», a lancé Jean Charest, alors que plusieurs députés adéquistes, grimaçant ou se tortillant, cachaient mal leur malaise. La ligne de parti est plus facile à tenir à cinq élus qu'à 41.

Les deux premières exigences adéquistes, c'est donc d'éliminer l'impasse budgétaire et d'éviter l'augmentation de la dette. En outre, l'équilibre financier doit être atteint en respectant les principes comptables généralement reconnus, comme l'exige le Vérificateur général. Il faut donc inclure les déficits des hôpitaux et des universités dans le cadre financier du gouvernement et mettre fin à la «comptabilité créative» qui fait passer a posteriori des dépenses courantes à la dette, a souligné M. Taillon. Enfin, l'ADQ insiste sur une politique tarifaire «responsable».

De son côté, en fin d'après-midi, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, s'est prêtée à la traditionnelle séance de photographie, à la veille de la présentation du budget.

Elle s'est engagée à présenter «un budget équilibré, qui prend en considération tous les volets de la société», a-t-elle dit aux représentants des médias, en exhibant une nouvelle paire de chaussures, comme le veut la tradition.

Quant à savoir dans quelle mesure elle a tenu compte des conditions fixées par les partis d'opposition au moment de rédiger son document, Mme Jérôme-Forget, sibylline, s'est contentée de dire que son budget refléterait «les aspirations de l'ensemble des Québécois».

«Monique est contente», a-t-elle ajouté, en précisant que le document présenté aujourd'hui correspondait aux priorités du gouvernement.

Comme il est évident que l'adhésion de l'opposition officielle au budget n'est pas acquise, les députés péquistes du deuxième groupe d'opposition tiennent le sort du gouvernement entre leurs mains. Mais hier, le chef de son aile parlementaire, François Gendron, reflétant les discussions qui ont eu lieu entre Mme Jérôme-Forget et le porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault, a énoncé les exigences somme toute modestes de son parti. «Est-ce que le premier ministre peut au moins garantir aux membres de cette Assemblée que de l'argent neuf sera investi en éducation, plus particulièrement pour les élèves en difficulté d'apprentissage, et en santé pour les soins à domicile?», a demandé M. Gendron. Il n'a pas obtenu de réponse sur-le-champ, mais on peut s'attendre à ce que la ministre des Finances ait justement prévu dans son budget des sommes pour ces deux demandes péquistes, qui s'inscrivent d'ailleurs dans les plans du gouvernement.

Le Devoir

Avec la Presse canadienne






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  • Roger Lapointe
    Abonné
    jeudi 24 mai 2007 06h25
    Le Parti Québecois fait preuve de lâcheté évidente.
    « L'électoralisme l'emporte sur le bien public et le Parti Québécois va payer cette facture à la prochaine élection.
    Le PQ de toute évidence craint comme la peste la force de l'ADQ et ça se sent à mille kilomètres à la ronde. »

  • Guy Lemieux
    Inscrit
    jeudi 24 mai 2007 06h30
    baisse d impôt l économie augmente
    « Quand donc le Québec suivra l Ontario dans la baisse drastique des impôts aux particuliers .La classe moyenne en bénéficiera à coup sur et votera pour les libérateurs qui en décideront ainsi que les ainés et les retraités .Quand je fouille dans mon porte-feuille je ne voit que le gouvernement comme cancer des feuillets verts royales.Surement que le gouvernement sera défait par les Péquistes car disent-ils ils n ont pas assez d argent pour leur parti, alors ils sont à vendre pour ainsi acheter leurs existences au parlement .La vrai solution est dans le ticket-modérateur un peu comme le prix des autoroutes dans certains états américains et la privatisation en partenariat avec le privé . »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 24 mai 2007 08h10
    LA MADAME EST CONTENTE, CONTENTE, CONTENTE...LA DETTE AGUMENTE
    « Le trou prévisible dans les finances du Québec va s'agrandissant pendant que les Libéraux provinciaux vont présenter un budget avec une baisse d'impôt.

    Est-ce que réduire les revenus et augmenter la dette peut aider à faire réélire son gouvernement comme ils ont toujous fait auparavant ? Pas grave, la prochaine génération paiera ça. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    jeudi 24 mai 2007 08h11
    Le gouvernement pose les bonnes questions..mais n'y répond pas
    « La vraie question c'est: qui parle au nom de la classe moyenne? Qui défend la classe moyenne au Québec?

    L'ADQ défend l'ADQ
    Le PQ défend le PQ
    Le Parti Libéral défend sa position au pouvoir

    Il en résulte que les décisions prises et les compromis concédés, ne sont faits que dans une optique électoraliste

    Personne ne défend le citoyen. Le citoyen vote pour des députés qui oeuvrent 4 années durant pour la survie de leurs partis et pour des intérëts personnels. »

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    jeudi 24 mai 2007 09h53
    Équilibrons le budget !!!
    « Dans le contexte actuel des finances publiques et face aux défis majeurs qui surviendront dans un avenir rapproché en raison du retrait du marché du travail des baby-boomers (entendons par là inversion de la proportion travailleurs/retraités ; hausse des coûts de santé ; etc.), il est totalement irresponsable pour un ministre des finances du Québec d'accorder des baisses d'impôts au cours d'un exercice financier qui se soldera par un autre déficit. À ce que je sache, une famille endettée, à l'avenir financier incertain, qui n'arrive pas à boucler son budget mensuel de surcroît, ne s'accorde pas de folles dépenses simplement sous prétexte qu'elle a la possibilité de les porter sur une carte de crédit. Ceci dit, si les gouvernement n'avaient pas que leur réélection en tête et travaillaient véritablement pour le bien-être à long terme de la population (en bon père de famille devrait-on dire), il en serait de même pour le secteur public. Cette stratégie faussement populiste de diminution du fardeau fiscal peut certes paraître alléchante aux inconscients qui n'en connaissent pas les conséquences, mais elle sert assurément bien mal nos intérêts communs et ne font que nous lester de plomb alors que nous sommes déjà en eaux troubles et que la tempête menace. Cette dette que nous engraisserons encore une fois cette année ne disparaîtra pas d'elle-même et un minimum de vision, de prévoyance ou un simple sentiment d'équité intergénérationnelle devrait nous interdire de telles politiques à courtes vues qui ne font que nier la réalité et refouler nos problèmes sur les générations futures. Finalement, posons-nous la question : si le Québec n'arrive pas à boucler son budget en période de croissance économique, que ferons-nous lors des phases de ralentissement ou pire de récession, qui obéissent à des cycles et par conséquent qui reviendront assurément ?
    A. Olivier, Économiste »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 24 mai 2007 13h32
    Oui à un budget equilibré et oui au coupure
    « Bon allons y Réduisons les impôt résultat plus d'argent dans nos poche donc on dépense et fait rouler l'économie, ça fait plus d'argent pour le gouvernement qui coupe encore les taxe... et la roue tourne. Maintenant équilibrons le budget, campons ou c'est pas productif économiquement revoyons tous les bureau agence et tous le poste et voyons si cela rapporte au gouvernement si oui conservons et investissons si non coupons et fermons. La santé ça rapporte, l'éducation ça rapporte, Télé Québec c'est un trou financier et le même travail peu être fait par le privé. Le gouvernement devrait se demander tout comme le privé se demande depuis des lune: comment faire plus avec moins, cela sera la clé du succès. Le BS comment peut on bien aidé les pauvre en dépensant moins? A t on besoin de tous ces niveau de direction dans le système de santé et d'éducation???? Les villes plus petit est meilleur réduisons la taille des villes et laissons les s'organiser et mettre en commun entre eux à leur guise et à leur choix. Créons un organisme qui publierais les rapports de productivité des différents services et mettons de la compétition entre eux. Faisons compétitionner les hôpitaux entre eux, les écoles et tous les service publique, et si un service publique a un monopole absolu comme le transport en publique, ouvrons la porte au privé et que le meilleur gagne, au bout on y gagnera tous. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 24 mai 2007 15h33
    Réformer la structure de l'assiette fiscale
    « Le problème de l'impôt au Québec n'est pas tant celui de son fardeau global (comparable à d'autres pays), que de sa répartition: les impôts sur le revenus de travail sont trop élevés, les taxes et tarifs public sont trop bas (relativement au taux de redistribution fiscale). C'est un problème connu, toutes les social-démocraties sont passées par là avant nous.

    La taxation excessive du travail tue l'économie, décourage l'initiative et l'effort, affecte la productivité: tous les économistes savent ça (ou devraient le savoir), y compris ceux de l'OCDE. Les tarifs publics trop bas encouragent le gaspillage et la surconsommation, découragent l'investissement (y compris dans l'amélioration des services), et privent l'État de leviers essentiels pour agir sur le rapport croissance / inflation, sur la consommation de biens et services destructeurs pour l'environnement. Tous les pays qui entretiennent un modèle social digne de ce nom ont des tarifs et taxes à la consommation très supérieurs à ceux du Québec.

    Ce que le gouvernement Charest ne dit pas, c'est que la baisse annoncée de l'impot sur le travail devra être inévitablement compensée en partie par une hausse des tarifs (la marge de maneouvre sur la TVQ étant minimale, mais le gouvernement du Québec devrait d'ailleurs reprendre les points de taxation abandonnés par le fédéral sur la TPS). Le ticket modérateur est également une bonne idée, dans la mesure ou il est accompagné de mesures amortissant son impact sur les plus défavorisés. La balance proviendra de l'élargissement de l'assiette fiscale sur les points de croissance économique supplémentaire (voir l'étude de l'IEDM sur le sujet).

    Baisser les impots sur les revenus de travail et sur le capital productif est la seule façon prouvée de relancer une économie étranglée par sa fiscalité: un accroissement des dépenses publiques, tels que demandé par le PQ, ne ferait que repousser et aggraver le problème à moyen terme et se retournerait contre l'emploi. Quant à l'ADQ, en l'instance ils parlent des deux côtés de la bouche.

    C'est à ces conditions seulement que le Québec pourra commmencer à rattraper son retard, et conjuguer performance économique avec solidarité sociale: on ne peut re-distribuer une richesse qu'on est incapable de créer.

    Le niveau de la dette n'est un problème qu'à partir du moment ou il excéde la capacité de remboursement de l'État. Or le Québec n'en est pas là, sa cote de crédit le montre assez clairement. Une dette trop faible bride les possibilités d'investissement et de croissance. Certes, il y'a une question d'équité intergénérationnelle, mais rembourser la dette plutôt que d'investir dans la croissance n'est pas la solution à cette problématique, ce serait comme rembourser son hypothèque au détriment de son solde de carte de crédit: une absurdité de trésorerie. »

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