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Un combat de géants: Marois-Duceppe

Le chef bloquiste décide de plonger avant même de rencontrer sa rivale

Robert Dutrisac   12 mai 2007  Québec
La course à la direction du Parti québécois s'est transformée en un combat de géants entre deux figures marquantes du mouvement souverainiste, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et l'ancienne ministre Pauline Marois. Tous deux s'affronteront, sans faire de quartier, pour prendre la tête du parti.

C'est vers 13h hier que Gilles Duceppe, qui poursuivait en principe sa réflexion et ses consultations à Montréal, a annoncé par voie de communiqué son intention de se porter candidat. Pauline Marois n'a pas attendu pour faire savoir qu'elle sera aussi candidate dans cette course.

Gilles Duceppe et Pauline Marois devaient se rencontrer ces jours-ci. La rencontre n'aura jamais lieu. Le chef du Bloc québécois a simplement informé Pauline Marois de sa décision par téléphone avant d'émettre son communiqué.

Vers 10h30 hier matin, Le Devoir apprenait que la décision de Pauline Marois était prise: elle se lançait dans la course, que Gilles Duceppe y aille ou pas. Elle comptait tout de même l'annoncer à M. Duceppe en personne ce week-end et souhaite même préparer un document d'orientation pour appuyer sa candidature. On sait que l'empressement de M. Duceppe a irrité Mme Marois. On dit qu'elle s'est sentie bousculée, brusquée, mais elle a répliqué avec célérité.

Pauline Marois tiendra une conférence de presse demain pour faire l'annonce officielle de sa candidature. Elle sera accompagnée de plusieurs députés péquistes, notamment le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, qui, avant même qu'elle ne prenne sa décision, avait lancé un appel pour qu'elle se présente, ainsi que Marie Malavoy, qui, sans surprise, a annoncé hier qu'elle l'appuyait comme en 2005. Quant à lui, Gilles Duceppe rencontrera la presse lundi à Québec.

Annonce bâclée, députés bloquistes pris de court, tension: tout indique que Gilles Duceppe n'avait pas prévu de faire connaître ses intentions aussi rapidement. Il a été bousculé.

Tout a commencé en début de journée hier. À Ottawa, certains membres de l'entourage de Gilles Duceppe ont reçu des appels afin de savoir si le chef du Bloc et Mme Marois s'étaient parlé. Les réponses étaient sèches, la tension était palpable. Quelque chose se tramait. Les adjoints de M. Duceppe ne semblaient pas contrôler la situation.

Cette tension a culminé deux minutes avant 13h lorsque des porte-parole du chef bloquiste ont avoué qu'un communiqué de presse était sur le point d'être émis.

«Lundi dernier, j'ai amorcé une intense réflexion, peut-on lire dans ce communiqué. Depuis, j'ai mené de larges consultations, d'abord auprès de membres de ma famille, de mon entourage, des députés du Bloc québécois et du Parti québécois, puis plus largement au sein de la famille souverainiste. Cet exercice est maintenant complété. J'ai déjà avisé la présidente du Parti québécois, Monique Richard, ainsi que Pauline Marois de ma décision, et, dans le meilleur intérêt du mouvement souverainiste, j'estime qu'il est temps de mettre fin au suspense.»

Personne n'a voulu révéler à quel moment précis le contact direct entre M. Duceppe et Mme Marois a été établi. Selon un membre de l'entourage de M. Duceppe, le chef bloquiste avait pris sa décision au moment de téléphoner à Mme Marois. «Il s'agissait d'un appel de courtoisie pour l'informer de sa décision», explique-t-on.

Tout porte à croire que M. Duceppe, ayant appris par des intermédiaires que sa rivale avait arrêté sa décision, ait voulu précipiter sa propre candidature, question de prendre les devants.

En effet, plusieurs détails du départ de M. Duceppe n'étaient pas encore ficelés. Par exemple, on ne savait pas encore hier soir si M. Duceppe conservait son siège à la Chambre des communes. Plusieurs députés bloquistes interrogés par Le Devoir hier ont mentionné leur «surprise» devant une décision aussi rapide.

«Je suis un peu surpris que M. Duceppe prenne sa décision aussi rapidement», a commenté son dauphin, Pierre Paquette, pourtant proche de M. Duceppe et du grand conseiller de celui-ci, François Leblanc (dont il est le colocataire à Ottawa).

Un d'entre eux a indiqué que les élus n'avaient appris la candidature de leur chef que par le service de communiqués de presse Telbec. «Nous n'avons pas eu de note. Le whip essaie de nous joindre pour nous apprendre que M. Duceppe a quitté, a ironisé un de ces députés. On vient de l'apprendre.» Puis, sur le ton de la critique: «Une petite note, ça existe.»

Du côté de Pauline Marois

Dans le clan Marois, tout s'est également précipité. Mais celle que Bernard Landry avait réussi à neutraliser en quelques jours en 2001 en ralliant rapidement les élus péquistes a appris sa leçon. Elle a aussi appris de la course de 2005, lors de laquelle elle avait pu convaincre seulement cinq députés péquistes de l'appuyer.

«Je suis certaine qu'elle aura des appuis importants [au sein du caucus] et je suis certaine aussi que, dans son esprit, si elle y va aujourd'hui [hier], c'est qu'elle sait déjà cela», a dit Mme Malavoy. Le député de Dubuc, Jacques Côté, qui a annoncé son appui à Mme Marois jeudi, estime que de cinq à six députés sont prêts à se déclarer en sa faveur. De ce nombre, Louise Harel, déchirée entre ses deux amis, Gilles Duceppe et Pauline Marois, aurait choisi cette dernière, selon certaines informations. Mme Harel a toutefois refusé de parler au Devoir hier.

Il y a une semaine à peine, Pauline Marois, resplendissante et heureuse de sa nouvelle vie, ne se voyait aucunement retourner en politique, encore moins se lancer dans une course pour succéder à André Boisclair. Mais le sondage TVA-Léger Marketing diffusé mardi, qui la plaçait nettement en avance devant Gilles Duceppe, a eu un effet d'entraînement et les manifestations d'appui qui lui sont parvenues se sont multipliées.

Gilles Duceppe compte deux appuis déclarés dans le caucus péquiste: Sylvain Simard et Maxime Arseneau. Il pourrait aussi compter sur des députés qui ont contribué à miner le leadership d'André Boisclair au cours des dernières semaines: Serge Deslières, Sylvain Pagé et Claude Cousineau. De ce nombre, François Legault a joué la carte de la neutralité hier, faisant savoir qu'il désirait rencontrer les deux candidats avant de choisir son camp.

Deux courses au leadership se profilent donc à l'horizon pour la famille souverainiste. Plusieurs députés bloquistes estiment que la priorité doit être accordée à celle du PQ. C'est l'avis de Michel Gauthier (Roberval), qui ne voit pas d'urgence à remplacer M. Duceppe à Ottawa.

«On n'est pas traumatisés. Il peut y avoir un très bon intérim au Bloc. Après ça, on verra. La structure au Bloc est plus légère. La priorité, c'est la cause au PQ, parce que tout peut arriver dans ce parlement. Avec la tradition de minoritaire qu'ils [n'ont pas], je ne suis pas sûr qu'ils vont faire très long à Québec.»

Selon les statuts du Bloc, cet intérim est assuré, à moins d'avis contraire, par le leader en Chambre, soit Pierre Paquette, qui réfléchit d'ailleurs à se porter candidat officiel à la succession (voir autre texte en page A 3).

À Ottawa, la fragilité du Bloc québécois donnera un répit au gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper. À moins que ce dernier ne veuille lui-même précipiter sa chute pour aller en élections, il est désormais très peu probable que des élections générales soient déclenchées à court terme. La mathématique parlementaire fait en sorte qu'il est nécessaire que les trois partis d'opposition se liguent contre le gouvernement pour le renverser, une tentative à laquelle il est peu probable que le Bloc québécois, sans chef, prenne part. D'ailleurs, Michel Gauthier se faisait un devoir de rappeler que la loi instaurant les élections à date fixe a été adoptée et que, en théorie, le prochain scrutin aura lieu en octobre 2009.
 
 
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  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 11 mai 2007 23h35
    l exemple vient de haut effectivement
    c est justement ce genre de chamailleries et grenouillages qu on deplorait la semaine derniere.

  • Richard Weilbrenner
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 06h08
    Vive Pauline Marois !
    Il est temps que le Québec ait une femme à sa tête, et cette femme, c'est Pauline Marois. Elle est cent fois mieux placée qu'un Gilles Duceppe pour mener le combat ultime de la soluveraineté. Gilles Duceppe est fait pour l'opposition. Pauline Marois est faite pour régner.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 07h17
    Le PQ doit remettre en question le "un membre, un vote"
    Pendant toute la campagne électorale on a cherché les 40,000 nouveaux membres qui avaient élu André Boisclair. Pour éviter un second coup de...parti, le PQ doit remettre en question le "un membre, un vote" en surpondérant le vote des vrais péquistes, de ceux qui sont là depuis longtemps, de ceux qui ont déjà collé des timbres et posé des pancartes

    Ainsi, un membre depuis plus de 5 ans devrait avoir 2 voix, un membre de 10 ans et plus, 3 voix, un membre de 20 ans et plus 5 voix.
    Un attaché politique et un président de comté devrait avoir 10 voix. Un ancien député 25 et un député 100 points.

    Enfin il devrait y avoir une distance assez grande entre le jour du scrutin et la date limite pour la vente de carte, un bon mois, voire deux.

    Le tout n'a rien d'antidémocratique. Il vise juste à empêcher aux plantes vertes de voter. Et à des fédéralistes de faire élire un autre André Boisclair!

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 09h16
    Les dessous d'une triste décision
    André Boisclair, quelques jours avant son départ, a dit que Gilles Duceppe est plus utile à Ottawa qu'il ne le serait au Québec. Je lui donne raison. Comment donc le chef bloquiste peut-il imaginer que, dans la plus pure tradition péquiste, une bataille en règle contre Pauline Marois pourrait avoir des effets positifs sur le parti et sur l'avenir de son objectif, la souveraineté? Saura-t-on jamais les dessous d'une telle décision?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 09h20
    Ils vont chanter au moins?
    En lisant cet article, j'ai failli oublier que je lisait Le Devoir. Je pensait lire Echo-Vedette.

  • Jean-François Tremblay
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 09h32
    Pour sa persévérance!
    Après sa 3e tentative, Pauline Marois mérite de devenir cheffe du PQ. C'est dans son prochain gouvernement que se fera l'indépendance! Le momemtum, le timing, la conjoncture est bonne pour elle. Sa détermination est un exemple de coeur et d'engagement. Cependant il lui manque un petit quelque chose, un charisme: elle devrait moins se retenir, davantage se laisser aller!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 09h35
    GOUVERNER LA PROVINCE DE QUÉBEC OU LE QUÉBEC PAYS ?
    Est-ce que ce géant qui va gagner cette course à la chefferie va mettre l'accent sur les politiques du PQ pour gouverner la Province de Québec ou s'il va avoir un programme pour vendre la souveraineté aux Québécois et gouverner à courte échéance un Québec souverain comme le propose ouvertement M. Louis Bernard deopuis 2005 ?

    Les péquistes devraient penser que si les Québécois ne sont pas majoritairement souverainistes, ça ne leur sert à rien que le PQ soit élu pour gouverner le «Québec province» comme un parti fédéraliste à moins que les candidats soient plus axés sur leurs carrières que la souveraineté.

  • emeri
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 11h45
    La «prof» Marois
    Madame Pauline Marois, je veux, tout de suite, vous féliciter
    pour votre prochaine victoire comme chef du PQ.
    C'est vous que cela nous prenais il y a un an et demi,
    les choses ont évoluées autrement. Maintenant, c'est votre
    heure. C'est notre heure.
    Cependant, j'ai une prière à vous faire.
    Il serait grandement apprécié par la population québécoise
    que vous vous déguisiez en professeure afin d'instruire le
    peuple québécois du «grand pourquoi» de la nécessité de
    l'indépendance nationale. Et, non pas de la date du prochain
    référendum, comme d'aucun s'y sont trop préoccupés. Un peu
    comme mettre le boeuf devant la charrue.
    C'est presque incroyable le nombre de Québécois qui ne savent
    pas que d'ici 1950, si rien n'est fait, le français ne sera
    plus parlé au Québec que dans les chambres à coucher.
    Donc, vive Pauline, vive le Québec.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 12h07
    Boisclair avait vu juste
    Bien des députés péquistes et bloquistes ont sévérement accusé André Boisclair d'avoir fabulé, quand il a déclaré entrevue à la télé qu'il soupçonnait Duceppe de vouloir le déloger. Maintenant que nous savons que le chef du Bloc a annoncé de façon officielle sa candidature à la chefferie du Parti québécois, nous réalisons que Boisclair avait entièrement raison !

  • Françoise Labelle
    Inscrite
    samedi 12 mai 2007 12h07
    À bas Pauline Marois
    Sous son règne, les mandarins de l'éducation ont foutu le bordel en éducation. Elle était présente au moment des décisions désastreuses qui ont mené au fiasco en santé, aux dépenses idiotes sur les champs de courses. Quel règne! Une femme, mais pas n'importe laquelle.

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 13h14
    Ne mettons pas la charrue devant les boeufs
    Il est évident que tout ce qui touche le Parti québécois est empreint d'émotion. Toutefois, il ne faut pas s'emporter trop rapidement parce que deux piliers de la politique ont annoncé qu'ils allaient s'affronter.

    D'abord, aucune date n'a encore été fixée pour l'élection du successeur d'André Boisclair. Cela donne le temps à plein de personnes, toutes aussi bien intentionnées les unes que les autres, pour prendre part à la course, et ce sans oublier que plusieurs d'entre-elles risquent d'abandonner en cours de route. Ensuite, les règles d'une telle course n'ont pas été déterminées, encore que la vraie course n'est pas encore lancée. Il risque de couler beaucoup d'eau sous les ponts avant que le tout prenne forme, et que la course officielle se mette en branle. Sachant tout cela, ne mettons pas la charrue devant les boeufs.

    Pour répondre au point de vue de Jacques Noël, je dirai que les "vieux partis" ont trouvé une façon simple d'empêcher des "touristes" d'élire leurs chefs, et c'est la bonne vieille méthode des délégués de congrès.

  • Daniel-Alexandre Girard
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 14h50
    Gestion de Province
    J'aimerais avoir Pauline Marois comme première ministre de la République du Québec, parce que c'est une très bonne gestionnaire de province. Mais avant d'être rendu là, il faudrait quelqu'un qui a la souveraineté du Québec comme première priorité, et ce n'est pas son cas.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 15h40
    WOW quel gros mots GÉANT
    Maintenant que le PQ a mangé son dernier chef, ils ont a choisir entre le rejet des deux dernier repas, (Marois) ou un clown sans avenir dans son cirque. Je ne crois pas que dans la conjoncture actuel aucun autre ne se présentera comme prochain repas au membre du PQ. Marois ou Duceppe? quel choix pathétique.

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 18h15
    Duceppe comme repoussoir
    Je ne voudrais pas être à la place de Gilles Duceppe qui risque fort dans les circonstances de servir de repoussoir à l'élection de Pauline Marois à la tête du PQ. Triste fin de carrière politique en effet!
    Roland Berger
    London, Ontario

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 20h25
    VAS-Y CURZI
    Maintenant que le ML s'est fait harakiri, ça nous prend Curzi pour avoir un vrai débat. Quelqu'un capable de sortir de la langue de bois et nous parler du pays. Vas-y Curzi

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    samedi 12 mai 2007 21h57
    Le retour de l'ile d'Elbe
    Et bien, c'est la totale.

    Loin d'incarner un quelconque renouveau, Pôline est un pilier de la technocratie péquiste. Outre ses propres intérêts - et ceux de son mari Claude Blanchet, naufrageur de la SGF et autres désastres découverts à marée basse -, la militante de longue date a de plus longtemps représenté les groupes de pression féministes au gouvernement du Québec.

    Elle a ainsi joué un rôle de premier plan dans la mise en place d'une batterie de lois ou systèmes plus ou moins bien inspirés tels que:

    · la loi sur le patrimoine familial, chef-d'oeuvre du clientélisme électoral: un « cadeau » aux femmes divorcées de sa génération... un casse-tête pour tous les autres Québécois désireux de se marier;

    · les quotas dans la fonction publique... qui ont rendu cette dernière à peu près inaccessible aux jeunes hommes québécois, si on en juge par l'évolution des effectifs - il aura fallu attendre le gouvernement Charest pour penser à dégraisser le mammouth... sans grand succès.

    · la Politique en matière de violence conjugale, usine à détruire les familles, qui a fait l'objet d'une plainte officielle auprès des Nations Unies en raison des abus judiciaires qu'elle cautionne. Une loi passée au prix de mensonges statistiques éhontés, à tel point que nul n'est plus capable de déterminer si ce texte a contribué à améliorer la situation, puisque le nombre officiel de victimes alléguées du phénomène est passé récemment de 300 000 à... 5000 par an;

    · les réformes du système scolaire, qui ont transformé ce dernier en une sorte de camisole de force assaisonnée au Ritalin pour la « mauvaise » moitié de la clientèle scolaire, et en école coranique socialo-souverainiste pour tous les autres - jusqu'à la « purge » idéologique du contenu des manuels scolaires!;

    · les Centres de la petite enfance, détournement étatiste de la légitime aspiration des Québécois à des services de garde décents, gabegie notoire de fonds publics, et négation du principe du libre choix pour les parents: non, il n'est pas légitime d'être puni fiscalement pour vouloir élever soi-même ses enfants.

    La liste est longue, et éloquente...

    Le départ de Pauline Marois après l'accession d'André Boisclair suivait celui de deux députées péquistes qui l'avaient appuyée lors de la dernière course à la chefferie - c'est donc toute l'aile féministe « historique » du PQ qui était en train de s'effondrer, une excellente nouvelle pour ceux et celles qui en ont soupé de la dictature intellectuelle des matrones quinquagénaires. Il n'y a donc guère lieu à priori de se réjouir de son retour en faveur: Pauline Marois, c'est la guerre totale contre les familles du Québec. L'ancienne directrice de CLSC devenue grande prétresse du souverainisme n'a jamais fait de quartiers à celles d'entre elles qui ne se reconnaissaient pas dans sa conception collectiviste de l'éducation.

    Ceux qui ont eu l'occasion de l'entendre avec son bras droit Jocelyne Caron au cours des travaux de la Commission parlementaire sur l'égalité des sexes en 2005 n'ont pu que constater l'étendue de leur misandrie: elles y affirmaient sans hésitation que « l'État doit s'occuper en priorité des problèmes des femmes et que les problèmes des hommes sont moins importants » (sic). Un politicien mâle qui aurait tenu ce genre de propos aurait été éjecté de son siège jusqu'à Saint-Pierre et Miquelon dans le temps de le dire.

    Or chaque fois qu'une de ces dames patronnesses quitte la politique, c'est une grande nouvelle pour l'égalité des sexes dans les deux sens, et non seulement... pour les groupes de pression comme la Fédération des femmes du Québec. Ceux-ci avait en 2005 perdu leur meilleur lieutenant, un dur coup pour leur programme de déstabilisation de la famille. Elles ont par ailleurs tenté d'expliquer la défaite de Mme Marois dans la dernière course à la chefferie par le sexisme envers les femmes en politique... sans pouvoir éclaircir par contre par quel miracle Andrée Boucher s'est fait élire à la mairie de Québec sans aucune campagne électorale! Les citoyens de Québec ne sont-ils pas supposés être des « vendus à l'extrême droite »? Et ils auraient élu une femme?

    Mais entretemps la langue de bois, la rhétorique d'apparatchik stalinienne s'est fissurée... Le vent de changement au PQ s'est peu à peu transformé en vent de panique, puis en déroute électorale: après Pauline, Charbonneau, Victor-Lévy Beaulieu, Jocelyn Caron... La députée de Terrebonne, connue pour son discours agressif contre tout ce qui conteste sa vision d'une famille québécoise où l'autorité du gouvernement doit prendre le pas sur celle des parents, a elle aussi quitté la politique, alors le come-back de la Marois évoque un peu le retour de l'ile d'Elbe, prélude à l'effondrement de l'empire des sangsues péquistes.

    Tout le monde sait que si Pauline a perdu la game la dernière fois, c'était en partie à cause de son image de Castafiore bourgeoise qui regarde le petit peuple de haut. Mais c'est aussi parce que son « bilan », si on y regardait de près, n'était pas si brillant que ça: honnête travail de technocrate qui fait ce que ses patrons lui disent de faire, et qui éteint les feux qu'elle a elle-même allumés, comme lorsqu'elle a décidé d'envoyer des patients aux États-Unis - à prix d'or, mais... aux frais des contribuables - en raison des ratés de notre système de santé: belle façon d'engraisser en vérité une médecine privée qu'on vilipende de l'autre côté de la bouche. Aucun instinct, aucune vision autre que l'étatisme à tout crin et le féminisme revanchard comme livre de chevet. De la gestion « à la commande », au service des « Big Boss » et des groupes de pression bien connectés. L'efficacité est parfois la pire ennemie de l'inspiration.

    On aime également citer à son crédit la loi sur le patrimoine familial. Ce texte correspondait à la nécessité de gérer une situation historique concernant des femmes divorcées dans la quarantaine et cinquantaine, qui n'avaient jamais eu l'occasion d'apprendre un véritable métier pour subvenir à leurs besoins - certaines s'étant même vues dans les années 50 dans l'impossibilité d'accéder à l'université malgré leur potentiel. Mais aujourd'hui, cette loi - unique en Amérique du Nord - est devenue une source d'abus, dont souffrent aussi bien des hommes que des femmes: nombre de jeunes professionnelles qui gagnent fort bien leur vie refusent de se marier par crainte de se voir dépouillées par leur conjoint en cas de divorce. Il est temps de l'abroger.

    Ce que Pauline incarne finalement, c'est une conception manichéenne, moralisatrice, « maternaliste » et... bureaucratique de la société dans laquelle 1) Femme = gentil; Homme = méchant et 2) l'État s'est substitué à l'Église pour investir tous les domaines de la vie privée des citoyens et leur retirer la prérogative du choix - mais n'hésite pas à leur faire porter la responsabilité de ses erreurs. Le tout financé par le « denier du culte », l'impôt le plus élevé en Amérique du Nord sur les revenus des travailleurs, et administré par un quarteron de mères supérieures à l'ego encore plus enflé que leur tour de taille, pour le compte de vieux croûtons autoritaires qui radotent sur leur prochain référendum, tels des prélats gâteux sur le jugement dernier. Maintenant que le bouillant séminariste à mordu la poussière et qu'ils ont été renvoyés à leur chères études de psycho-sociologie, que reste t'il à ces has-been? Pôline? Tout un sauveur en vérité!

    Les Québécois sont aujourd'hui capables de se prendre en main sans la béquille de ce « clergé laïque » qui vit sur leur dos depuis trop longtemps et leur suce le sang comme une armée de tiques. Les temps ont changé, souhaitons donc que le souffle de renouveau exprimé par l'essor de l'ADQ renvoie bien vite cette momie aux oubliettes de l'histoire.

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 23h38
    un membre, un vote mais...pas au suffrage universel
    Je verrais bien un amalgame entre un membre un vote mais chacun dans son comte puis le president du comte prend acte et vote a son tour en consequence. A la facon des grands electeurs a l americaine.

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 23h51
    Marois l'enfant chérie des médias...
    Le PQ devrait être plus discipliné et attendre les candidatures. Tous ceux qui sont dans les médias comme Charbonneau des délégués entrez dont chez-vous. Du réchauffer fera encore reculer davantage le PQ. D'Après mes observations les gens désirent être entendu et non des groupes de pressions, Ils veulent du sang neuf et surtout pourquoi avoir le PQ comme bon gouvernement???quand les autres partis sont là? Pourquoi les média sont si en faveur de Marois? A gauche et à droite en même temps avec Facal et F. David? Le plus dangereux est d'éviter une course à la chefferie. Surtout ne pas donné d'importance aux sondages car l'électorat change très vite. Le soir même de la démission de Boisclair on retoruvait un premier sondage??? Pensez que répondre aux écoeurer du PQ mais souverainistes quand on parle des décisions du PQ comme la SGF, Gaspésia, La caisse de dépôt etc??? Les mêmes gestionnaires avec Marois...De Grâce si vous voulez monter en politique présentez-vous aux courses à la chefferie vous monterez les marches du pouvoir. Désolant!

  • Etienne Merven
    Inscrit
    dimanche 13 mai 2007 07h37
    Et le cirque continue...
    Comme je le disais dans un commentaire en début de semaine, les masques tombent. Voilà que Gilles Duceppe se retire de la course. Qu'est-ce qui l'a poussé à faire volte-face en 24 heures? Je crains fort qu'on ne le sache jamais. A-t-il subi des pressions diverses et variées? S'est-il rendu compte qu'il serait battu? Ou alors, lui manque-t-il quelques années de service comme député fédéral pour toucher sa pleine pension fédérale? Ce sera beau un indépendantiste vivant grassement de sa retraite fédérale... Ça manque d'honnêteté intellectuelle!
    Et Marois dans tout ça. Il y a 18 mois, elle a tourné le dos à la politique, car elle s'était fait battre pour la 3e fois. Une vraie réaction d'enfant gâtée! Si je ne suis pas chef, je m'en vais. Et aujourd'hui que le vent lui semble favorable, elle revient. Pourquoi pas faire appel à Parizeau pendant qu'on y est?
    Tout cela a un relent de soif du pouvoir. Duceppe se retire parce qu'il se rend compte que le pouvoir, il ne l'aura pas. Marois revient parce qu'elle sent que le pouvoir est à portée de sa main. Bravo pour les motivations de ces deux personnes qui, à mon sens, n'ont absoluemnt rien de géants. Ce sont simplement deux politiciens assoiffés de pouvoir, comme bon nombre de leurs collègues.
    De toute façon, l'arrivée de Marois est un retour de la vieille garde, dont elle sera le pantin. Et rebelotte pour toute la litanie de l'indépendance, de la séparation et que sais-je encore. Et tout ça avec un parti où, de toute évidence, il y a davantage de magouilles et de coups bas que de vrais débats. Et c'est ça qui se prétend capable de mener le Québec à l'indépendance? Il est grand temps de trouver autre chose... Le pauvre René Lesvèque doit se retourner dans sa tombe.
    Entre-temps, le Québec continuera sa descente aux enfers, de s'apauvrir, etc. sans que l'on voie la moindre esquisse d'indépendance se profiler à l'horizon. Chimères que tout ça!
    Le Québec a encore de biens beaux jours dans un Canada uni!

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 13 mai 2007 10h13
    À Pierre-Yves Pau
    J'espère que l'attaché de presse de madame Marois lui soumettra votre essai de démolition. Elle pourra ainsi se faire une plus juste idée du type d'attaques que lui réservent la droite adéquiste.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Michel Rheault
    Inscrit
    dimanche 13 mai 2007 13h54
    Incendie à l'horizon...
    Attention aux braises qui couvent au fond du foyer. Se sont elles qui attisent les derniers charbons vraisemblablement éteints qui déclanchent l'incendie!

    Au Feu, P.Q. Est-ce qu'il s'agira d'une perte totale ?!?"

  • Lo Loop
    Inscrite
    dimanche 13 mai 2007 16h26
    "toilette silencieuse"
    Pour les pauvres du QUEBEC, ont pense de Pauline Marois et le COUT de sa "toilette silencieuse" > elle a été installée avec notre argent . Ou est la toilette maintenant? Les QUEBECOIS n'avons pas besoins de ces humiliations.

  • Natacha Bélisle
    Inscrite
    dimanche 13 mai 2007 21h10
    Pas sûre...
    J'ai 19 ans et je m'interesse a la politique depuis mes cours d'histoires. Mon copain est un souverainiste pur et dur depuis sa tendre enfance ainsi que toute sa famille. Moi, je suis encore en questionnement sur ce sujet. Mais n'empêche que je trouve que André Boisclaire n'était pas si mal. Je crois tout simplement que le Québec et les habitants qui y vivent n'ont pas encore atteint le niveau de respect et de tolérance pour avoir un homme homosexuel comme premier ministe. Quoi que l'on puisse en dire. C'est sûre que une personne qui est devant son bultin de vote un 26 mars 2007 peut se dire: Pourquoi je voterais pour un "chef" de partie dont les membres n'ont même pas confiance? Je dois avouer que je les comprends, mais cet homme aurait eu besion d'avoir des gens d'expériance prets à l'aider dans cette grande péripécie qu'est le désir d'un pays qui leur ait cher et tant convoité. Je me rappel que Mme Marois avait dit lors du dévoilement du résultat de la course à la cheferie quelle serait derrière son nouveau chef pour l'aider et l'apuyer dans cette avanture... elle a fait quoi? Elle est partie. Et elle revient pour la troisième fois pour retanter le coup. Si Mme Marois est élue, le Québec et sa politique aura fait un pas en avant pour la démocratie égalitaire.
    Mais pour ce qui est de LA raison du départ de Mr Boisclaire, je me rappelle qu'un politicien avait dit un jour que la politique n'avait rien à voire dans le lit des citoyens, mais les citoyens n'on pas à mettre le nez dans le lit des personnes politique non plus.

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