samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Charest picore dans le buffet adéquiste

Antoine Robitaille   10 mai 2007  Québec
Québec — Jean Charest a prononcé hier à l'Assemblée nationale le discours inaugural du premier gouvernement minoritaire québécois depuis 1878, un statut qui l'a contraint à faire plusieurs concessions à l'Action démocratique, à user du mot «autonomie» et à adopter le ton de la proximité avec les électeurs.

Mario Dumont en a conclu que M. Charest avait «pigé des ingrédients dans le buffet adéquiste». Ainsi, dès la prochaine rentrée scolaire, les bulletins des écoliers seront «chiffrés», comme l'ADQ le réclamait lors de la dernière campagne électorale. À cette annonce, les 41 députés adéquistes ont applaudi à tout rompre, ce qui a inspiré ce commentaire à M. Charest: «Ils ont failli se lever, là, retenez-les!»

Le gouvernement entend réaliser au moins un autre engagement de l'ADQ: la mise sur pied d'une «consultation publique sur les conditions de vie des aînés». En fait, le parti de Mario Dumont avait souhaité une «enquête publique» sur le sujet, mais hier, le chef adéquiste s'est réjoui puisque Jean Charest avait rejeté tout idée du genre.

Afin de bien montrer qu'il a compris le message lancé par la population le 26 mars et qu'il «sera à l'écoute des Québécois», le premier ministre a adopté le ton de la proximité dans ce discours traditionnellement solennel en s'adressant directement aux Québécois. Après tout, a-t-il argué, «nous sommes ici chez eux, dans leur maison». Pour ce faire, il a multiplié — comme le prescrit une tendance du marketing contemporain — les adjectifs possessifs. «Votre choix du 26 mars»... «Je veux d'abord protéger votre niveau de vie. Nous voulons le faire en réduisant vos impôts»... «améliorer votre qualité de vie»... «Ce n'est pas au gouvernement fédéral de dire au gouvernement du Québec où et comment investir votre argent»... Aux Québécois, le premier ministre a même lancé: «Le 26 mars dernier, vous avez réaffirmé votre autorité sur cette assemblée.» (Toutefois, en réalité, dans un régime britannique, c'est le Parlement qui est souverain et non le peuple.)

Huit gestes clés d'ici décembre

Afin de traduire une volonté d'efficacité, M. Charest a aussi adopté une stratégie «à la Harper» (comme on l'a noté dans son entourage), promettant de faire «huit gestes principaux» d'ici décembre prochain, dont le bulletin chiffré et la commission sur les aînés. Le premier de ces «gestes» constitue un défi à l'opposition, c'est-à-dire baisser les impôts grâce aux sommes qui seront versées au Québec par le fédéral en vertu du dernier budget. Le gouvernement promet aussi d'ouvrir les premières cliniques privées affiliées au réseau public, de procéder au dégel des droits de scolarité, d'éliminer la malbouffe dans les écoles, de mettre en place la redevance sur les hydrocarbures, de résoudre le problème des conseils d'agglomération et de présenter une loi sur les armes à feu semi-automatiques et à circulation restreinte.

Cette loi — la seule prévue pour la session, centrée sur l'adoption d'un budget — s'intitulera la «loi Anastasia», en souvenir de l'étudiante de 19 ans tombée sous les balles du tireur fou du collège Dawson le 13 septembre 2006. Les parents et la soeur de la jeune fille étaient d'ailleurs présents à l'Assemblée nationale hier. En point de presse, Mario Dumont a confié que l'initiative du gouvernement de baptiser ainsi un projet de loi a suscité un «malaise» chez lui. «Franchement, là, j'ai été surpris. [...] J'ai trouvé que c'était un drôle d'angle pour amorcer [...] l'étude d'un projet de loi.»

Menton et tolérance

Le premier ministre a consacré un long passage de son texte aux questions de l'identité et des accommodements raisonnables, sur lesquelles le gouvernement prépare une campagne de publicité axée sur le «rapprochement». Il a affirmé que la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables «nous aidera à tracer [une] ligne» afin d'éviter la tyrannie des minorités.

En allusion à une déclaration passée de Mario Dumont selon laquelle «les Québécois ont le goût que leurs leaders relèvent le menton pour affirmer» les principes fondamentaux des chartes, M. Charest a lancé: «Certains croient qu'on grandit lorsqu'on lève le menton. Mais en agissant ainsi, on ne fait que s'empêcher de regarder l'autre. Moi, je pense qu'on grandit lorsqu'on tend la main. Ma position, c'est celle des rapprochements.» Pour Jean Charest, «sur le plan des valeurs, les partis politiques dans cette assemblée ne sont pas interchangeables».

Critiquant encore l'ADQ, M. Charest a déclaré que le Québec n'a les moyens d'aucune «fracture», ni ethnique ni religieuse: «Le Québec, ce n'est pas une métropole contre une capitale nationale ou des régions contre les villes. Il n'y a qu'un seul Québec, une seule nation», a-t-il lancé sur un ton rappelant vaguement celui du nouveau président de la France, Nicolas Sarkozy.

Dans le domaine de la santé, le premier ministre a promis d'«ouvrir plus grand la porte à une participation du privé dans notre système public» mais a tout de suite avertit qu'il «n'y aura pas de marchandisation des soins, pas de commerce de la souffrance au Québec».

M. Charest a proposé aux partis de l'opposition de faire de l'économie «une cause commune». Il a promis de relever la productivité québécoise, de «diversifier les sources de revenus» de la métropole, de stimuler l'investissement et de conclure des accords de libre-échange avec l'Ontario et l'Union européenne. En saluant dans les tribunes l'auteur Luc Dionne (qui a signé en 2002 Bunker, le cirque, une série télévisée cynique sur le monde politique), le premier ministre a dit souhaiter que «l'esprit conquérant, celui de notre cirque, de notre cinéma, de notre chanson, se transpose dans toutes nos entreprises».

Critiques

Réagissant tout de suite après l'allocution de M. Charest, Mario Dumont a qualifié le discours de «mince», de tissu de «lieux communs». Il s'est réjoui que le gouvernement ait repris quelques-unes des idées de l'ADQ mais a dit qu'il n'avait pas confiance en Jean Charest pour passer des intentions aux réalisations. Quant aux baisses d'impôt, engagement qu'il a durement critiqué pendant la campagne électorale, M. Dumont s'est montré vague: «Il faudra voir, il faudra voir de quelle façon ça va être fait, il faudra voir le budget dans son ensemble.» M. Dumont répondra au discours en Chambre ce matin.

Le Parti québécois n'ayant plus de chef, c'est le chef fraîchement élu de l'«aile parlementaire», François Gendron, qui a réagi brièvement hier. Selon lui, le gouvernement s'est inspiré de sa formation en faisant de l'éducation une priorité. Au reste, la leader du PQ, Diane Lemieux, a souligné une erreur du chef adéquiste: «Mario Dumont est dans le champ quand il dit hésiter à voter pour ou contre: on ne vote pas sur un discours inaugural!»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 07h48
    Les choses vont bon train
    « Laval le 10 mai 2007


    Objet : Tout va pour le mieux


    Jean Charest :

    Dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, les Libéraux démontrent une plus grande ouverture aux besoins de la famille et des citoyens. C'est la prérogative du chef du gouvernement de piger dans les idées de l'opposition si ces dernières vont dans le sens de l'intérêt publique. Ma foi, il reste encore quelques bonnes idées promulguées par l'ADQ à mettre en oeuvre. Je l'invite à piger encore, fouiller, voler piller puisque c'est le citoyen qui s'en porte mieux.

    Le week-end dernier j'ai rencontré Alain Paquet, député de Laval-des-Rapides. Nous avons convenus que je lui fasse parvenir mes 20 recommandations concernant la lutte aux infections dans les hôpitaux.
    Il s'engage personnellement à en discuter avec Philippe Couillard. Tant mieux les affaires vont bon train et nous avons bypassé Mario Dumont qui n'a pas donné suite à ma main tendue de jouer son rôle positif dans ce dossier. Nous allons donc nous passer de l'opposition officielle et travailler dans l'intérêt de tous les québécois en matière de prophylaxie des infections nosocomiales.

    Du côté de mon parti, le Parti Québécois, l'exérèse d'André Boisclair s'est effectuée sans dégâts, André est allé dans le sens de l'intérêt des québécois. Il conserve son siège et tel que promis avant les élections, sera ministrable dans un gouvernement du PQ. Les idéaux d'André ne sont pas morts, le prochain chef du PQ va se rapprocher de ce dernier afin de mettre en oeuvre plusieurs des recommandations de ce chef de transition.

    Jean Duceppe réfléchis à nouveau et comprend combien il est important de continuer une lutte efficace sur le flanc fédéral en ne laissant pas sa formation s'effondrer en pleine période de transition.
    Je le salue et l'accompagne dans sa réflexion.

    Le PQ, je vous le promet, va revenir au pouvoir. L'intérêt du public sera sauvegardé.

    Le printemps s'annonce meilleur que prévu. Le soleil est au rendrez-vous.

    Tant que les Libéraux vont continuer à travailler honnêtement pour le bien public, nous allons les soutenir et les protéger contre l'opportunisme adéquiste qui n'est qu'une extension idéologique du tandem Bush-Harper.

    À TPN, (température, pression normale) la situation est sous-contrôle et le Québec ne se retrouve absolument pas à la dérive.

    Tous les gardiens, toutes les vigies sont en poste et continuent dans l'ombre leur faction habituelle.

    Oui mais vous travaillez pour des pinottes M. Castonguay. Je ne travaille pas pour des pinottes, je travaille pour l'avenir de mes enfants. Certains politiciens travaillent pour leurs partis. Les hommes d'État et les Gardiens d'où qu'ils soient postés, travaillent pour la prochaine génération.

    Vous avez toute mon affection, ma tendresse et ma solidarité dans le maintien du bien public. Bonne journée à tous.

    Pierre Castonguay »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 10 mai 2007 07h48
    LE FÉDÉRALISME DE L'AUTONOMIE ASSYMÉTRIQUE SOUVERAINE
    « Pour se gagner des votes à une prochaine élection, les Libéraux viennent de piger principalement dans le programme de l'ADQ et un peu dans celui du PQ pour gouverner le Québec.

    Il ne lui rest plus qu'à piger dans les 2 autres options constitutionnelles des partis d'opposition pour arriver à une position QUI SERAIT : LE FÉDÉRALISME DE L'AUTONOMIE ASSYMÉTRIQUE SOUVERAINE à faire adopter dès que possible par référendum. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 08h03
    Voici la preuve qu'ils n'ont rien fait qui vaille avant
    « Pas possible! Tout ce qui ne tenait pas debout «avant» (d'être minoritaire) tout à coup c'est devenu parole d'évangile! Comme si c'était eux qui y avaient pensé.
    Merci à l'ADQ de ce coup de pied au derrière libéral!
    On va pouvoir manger du bacon dans les cabanes à sucre sans se sentir coupable d'insulter certaines religions. On va peut être pouvoir écouter notre musique folklorique sans qu'elle risque d'être interrompue par une prière venue d'ailleurs avec laquelle on n'a rien à voir. Elle peut certes exister cette prière, mais, pas m'empêcher de vivre à ma manière.
    Des bulletins notés!
    Tiens on veut éduquer et savoir ce qu'il se passe dans le gouffre de l'éducation?
    La loi Anastasia? Embarrassant ce nom, il me semble.
    La preuve qu'ils sont déconnectés des gens.
    Bon, en tout cas, ils n'ont pas peur de faire la girouette, comme quoi , être minoritaire, ça ouvre les yeux et le cerveau et ça rend souple.
    Et comme l'a dit (un des) Ford : «l'esprit c'est comme un parachute, il fonctionne quand il est ouvert». espérons qu'ils ne le fermeront pas.
    De toute façon, il y a semble-t-il maintenant un «ouvreur d'esprit» à l'assemblée nationale en la «personne» de l'ADQ!
    Ouf! Finies les «autocraties». »

  • Marc-Gilles Bouchard
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 09h39
    Minoritaire ou irresponsable ?
    « · Baisser les impôts ( et augmenter les tarifs partout ailleurs : essence, garderie, écoles, permis, etc. )

    · Ouvrir les premières cliniques privées affiliées au réseau public ( et creuser encore plus les inégalités en matière de santé - 2 vitesses )

    · Dégeler les droits de scolarité et bonifier le régime de prêts et bourses ( endetter davantage les plus pauvres de la société )

    · Éliminer la malbouffe dans les écoles ( c'était déjà en train de s'accomplir )

    · Revenir au bulletin chiffré dès septembre ( revenons en arrière et ajoutons davantage de pression sur les plus défavorisés )

    · Créer une redevance sur les hydrocarbures ( bonjour la classe moyenne, redonnez vos petites baisses d'impôts! )

    · Régler le dossier des conseils d'agglomération ( quand va-t-on régler le dossier de la Montréal qui subit la pression des agglomérations urbaines et du Québec tout entier ? )

    · Faire adopter une loi sur les armes à feu semi-automatiques ( vaudrait mieux s'occuper de la violence omniprésente dans le quotidien des enfants et des jeunes mais il faut dire que l'industrie du multimédia rapporte de gros sous à l'État )

    HUIT GRANDES PRÉOCCUPATIONS NATIONALES LAISSÉES SANS RÉPONSE

    · LA LUTTE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET LES MESURES QUI S'IMPOSENT
    · DES SOLUTIONS AUX PROBLÉMATIQUES DU SYSTÈME DE SANTÉ
    · LA PROBLÉMATIQUE DE SOUS-DÉVELOPPEMENT DES RÉGIONS et DES DEUX GRANDS CENTRES, MONTRÉAL ET QUÉBEC
    · LE SOUS-FINANCEMENT DU SYSTÈME D'ÉDUCATION - UNIVERSITÉS PLUS PARTICULIÈREMENT
    · LE SOUS-FINANCEMENT DANS LE SECTEUR CULTUREL
    · LE GRAVE PROBLÈME DE LA NON-IDENTIFICATION DES PRODUITS OGM QUI TUERA PEUT-ÊTRE BIEN DAVANTAGE QUE LES ARMES
    · LA LUTTE AU CANCER ET AU SIDA
    · LA RÉFORME DU SYSTÈME ÉLECTORAL QUÉBÉCOIS ( PROPORTIONNEL ) ET LE DOSSIER CONSTITUTIONNEL

    ET QUE DIRE DE...
    · L'APPAUVRISSEMENT GÉNÉRALISÉ ( surendettement - surmenage - dégradation de la qualité de vie )
    · DU VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION
    · DES IMPACTS PROGRESSIFS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET DES COÛTS DE CES CHANGEMENTS
    · DES IMPACTS DES POLITIQUES FÉDÉRALES COMME CELLES SUR KYOTO
    · DE LA QUESTION NATIONALE QUI NE CESSE DE TUER NOTRE DYNAMISME ET D'ALLOURDIR CONSTAMMENT NOTRE VIE
    · DU DÉLUGE QUOTIDIEN DE SACS DE PLASTIQUE QUI DÉTÉRIORERA MAGISTRALEMENT L'ENVIRONNEMENT
    · DE L'AVENIR DES JEUNES

    Alors, même pour un petit gouvernement provincial de colonisés, c'est très mince, mince comme les priorités de l'ADQ et du Parti Libéral

    Ces préoccupations nationales, d'ailleurs, ressemblent étrangement aux programmes des partis qui ont été rayés de la carte par la CLASSE MOYENNE QUI VIT AU-DESSUS DE SES MOYENS dont le Parti Québécois et André Boisclair.

    Et nos grands analystes politiques n'ont guère relever le fait que nous passions d'une manière impressionnante complètement à côté de tous ces enjeux de première importance! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 12h15
    Un peuple démuni résultat d'un gouvernement providence à bout de souffle
    « Ce peuple que l'on a avili en l'empêchant de travailler et en bonifiant les mesures sociales est devenu démuni n'attendant que des mesures étatiques pour se sauver du désastre. Mais l'état en a t'il l force et les moyens ?

    L'État providence tire ses premiers dividendes, un peuple démuni et un gouvernement dépassé par l'ampleur des besoins. Nous avons créé un monstre étatique. Cet hydre bureaucratique est en train de nous bouffer...

    Ni l'indépendance, ni les recettes miracles dumontistes n'y feront si le peuple ne se relève pas lui-même. Kennedy, ce président bien-aimé, disait à son peuple : « Ne demandez pas ce que l'État peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour l'État ». Le 26 mars dernier, le peuple a parlé, le coeur n'est plus à la fête mais à la reddition de compte. Le menu se doit d'être régime minceur, Lembonpoint étatique est à son comble et les payeurs de taxe exaspéré. Charest l'a compris mais le comment y arriver se mesurera à la longue...

    Le peuple ne doit pas attendre tout de l'État et doit accepter d'assumer ses responsabilités citoyennes. J'ai aimé le commentaire de Monsieur Castonguay, un péquiste qui a décidé avec un député adéquiste de bypasser le système dans l'intérêt communautaire.

    Quant à sa vision de l'avenir du PQ, je me permet de diverger totalement de son propos prédisant la mort de ce parti moribond car comme l'Union Nationale, il est issu d'une idée autonomiste de son fondateur décédé. L'union Nationale n'a pas survécu, le PQ est sur le respirateur artificiel. Quand le débranchera t'on ?

    Ce pays que certains souhaitaient n'a plus les forces vives nécessaires pour prendre totalement en mains l'économie du Québec et la faire prospérer. Au contraire, la dépendance aux américains est devenue criante. La mondialisation est devenu avec le temps, un nouvel obstacle et la main d'oeuvre québécoise des baby-boomers a vieilli sans avoir suffisament de relève pour reprendre le flambeau. La déconfiture de Boisclair en est le signe évident, lui le gars qui devait rajeunir le PQ.

    On appelle à l'aide les anciens bonzes du parti, franchement ce parti ne se renouvèle plus, il est à bout de souffle. Débranchons le respirateur artificiel, il est temps... »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 13h55
    Retournement de situation et démagogie
    « Il y'a seulement un an, le rédacteur en chef de La Presse suggérait au chef de l'ADQ de fondre son parti dans le PLQ. On pourrait aujourd'hui renverser la proposition.

    Et en passant, pour les gens comme Mr. Bouchard qui parlent bien fort sans comprendre grand chose aux enjeux économiques, aligner sur le reste du pays l'imposition des revenus de travail est indispensable pour assurer la compétitivité de l'économie québécoise; toutefois il ne saurait être question de déséquilibrer l'assiette fiscale: il est donc inévitable que ces baisses soient en partie compensées par des hausses de tarifs, seule option dans l'environnement nord-américain pour taxer davantage la consommation car la marge de manoeuvre côté TVQ est très limitée (sous peine de voir les consommateurs québécois se tourner vers l'Ontario ou le NB pour leurs achats).

    Transférer une partie du fardeau fiscal du travail vers la consommation étant incontournable, les mesures annoncées par Jean Charest sont pour une fois parfaitement cohérentes, même s'il les emprunte à l'ADQ (qui de son côté n'avouera jamais qu'une baisse des impôts doit impérativement être accompagnée d'une hausse des tarifs). Avantage subsidiaire: réduction de la demande de services, donc maîtrise du budget.

    L'autre élément d'équilibre provient de l'élargissement de l'assiette fiscale due à l'accélération de la croissance économique stimulée par les baisses d'impôts. La taxation des revenus est en effet, grosso-modo, deux fois plus nocive que celle de la consommation du point de vue de l'impact négatif sur la croissance économique.

    Terminons en mentionnant que toutes, je dis bien toutes les économies concurrentielles qui entretiennent un filet social digne de ce nom (ce qui implique une redistribution fiscale importante) taxent la consommation à un niveau bien supérieur à celui du Québec. On ne peut pas avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, alors inutile de faire de la démagogie avec ça. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009