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Vivement la discipline de Duceppe au PQ

10 mai 2007  Québec
«La discipline, ça ne vient pas à coups de pied quelque part. Ça vient par des débats, le choc des idées, puis la solidarité une fois qu’on s’est décidé», dit Gilles Duceppe.
Photo : Jacques Nadeau
«La discipline, ça ne vient pas à coups de pied quelque part. Ça vient par des débats, le choc des idées, puis la solidarité une fois qu’on s’est décidé», dit Gilles Duceppe.
Ottawa — Alors que Gilles Duceppe se donne encore quelques jours pour décider s'il briguera ou non la succession d'André Boisclair, plusieurs bloquistes espèrent qu'il fera le saut pour exporter son sens de la discipline à un Parti québécois qui en a cruellement besoin. Cette déclaration est sortie de la bouche de Louis Plamondon, un membre fondateur du Bloc québécois. «Ce qui manque le plus au PQ, c'est un chef qui imposerait une discipline, qui botterait le derrière à certains, qui ferait en sorte que le parti pourrait aller de l'avant sans s'entredéchirer.»

Pour M. Plamondon, le problème vient de ces «125 présidents [de circonscription] qui croient diriger le parti et des présidents régionaux qui pensent être les conseillers du chef». Il faut, selon lui, «mettre de l'ordre dans ce parti».

Cet avis est partagé par un autre pilier du parti, Michel Gauthier, qui quittera la vie politique cet été pour prendre le micro. Lorsqu'on lui a demandé si les péquistes seraient prêts à accepter la poigne de M. Duceppe, il a répondu: «Il va falloir qu'il soit prêt, le PQ, parce qu'à mon avis, la marge de manoeuvre est épuisée. Ils ne l'ont plus. À un moment donné, il va falloir que ça marche. Gilles Duceppe a la qualité pour que ça fonctionne.»

Au moins un autre bloquiste qui a aussi connu le Parti québécois pour en avoir porté les couleurs lors d'un scrutin déplore la pagaille caractéristique de la famille provinciale et souhaite aussi voir M. Duceppe y faire le ménage.

«J'ai vécu les deux et je n'en suis pas revenu! Pendant la campagne, j'étais étonné de voir comment il y avait absence de discipline», a dit cette personne sous le couvert de l'anonymat. «Dans les comtés, on n'avait pas de directives claires, sauf ce qu'il y a dans la plateforme. J'étais étonné de voir ça.»

Selon cette personne, la survie du PQ dépend de cette rigueur et de cette discipline qu'il se devra se donner. «Je ne me sens pas péquiste quand j'entends Yves Michaud sortir et faire le pitre comme il l'a fait depuis plusieurs années. Je ne me sens pas péquiste non plus quand Marc Laviolette sort et prend position prétendument pour l'aile dure du PQ. On devrait prendre exemple sur d'autres partis politiques, les libéraux y compris. Ils ne lavent à peu près jamais leur linge sale en public. S'il y en a un qui devrait susciter les réactions de ses troupes, c'est bien Jean Charest, et pourtant, on n'entend pas ce genre de déchirements en public. Ça ne veut pas dire que ça ne se fait pas.»

La sortie de Louis Plamondon, tôt dans la journée d'hier, n'a pas tellement plu à l'entourage de M. Duceppe, à commencer par le chef lui-même. «Je pense que Louis est très coloré, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais non, la discipline, ça ne vient pas à coups de pied quelque part. Ça vient par des débats, le choc des idées, puis la solidarité une fois qu'on s'est décidé.»

«L'exigence, la rigueur, ça ne nuit jamais», a quand même lancé le chef bloquiste, qui reconnaît aussi être «exigeant». Toutefois, a-t-il ajouté, «les députés qui ont été membres d'autres caucus m'ont tous dit que là où ils avaient le plus de liberté, de démocratie, de capacité de s'exprimer, c'est au sein du caucus du Bloc».

En fin de journée hier, l'entourage du chef n'aimait tellement pas l'orientation que prenaient les reportages qu'il a dépêché deux députés pour parler aux journalistes alors que le matin même, à la sortie du caucus hebdomadaire, ceux-ci avaient été invités à ne pas piper mot.

Succession de Gilles Duceppe

Selon Louis Plamondon, M. Duceppe prendra sa décision d'ici quelques jours. «M. Duceppe s'est engagé à faire une réflexion très intense dans les jours qui viennent», a-t-il dit. Au cours du caucus, le chef avait invité chacun de ses députés à révéler le fond de sa pensée sur l'opportunité pour lui de faire le saut à Québec.

Peu de choses ont transpiré de cette rencontre, à part le fait que les députés étaient «sereins», de l'avis de plusieurs. Contrairement à 2005, quand le poste de chef péquiste s'était libéré une première fois, les députés bloquistes ne craignent plus de voir partir leur chef. Claude Bachand est du groupe. «En 2005, je lui avais recommandé de ne pas partir, alors que là, je lui dis d'y aller», a-t-il expliqué au Devoir.

Un autre ex-bloquiste qui souhaite taire son identité a noté que contrairement à 2005, la survie du Bloc québécois est en jeu elle aussi, d'où son voeu de voir M. Duceppe tenter sa chance. «Il y a urgence. Le PQ tire le Bloc vers le bas», analyse-t-il à la lumière des résultats de sondages. Les députés bloquistes se rendraient donc compte qu'ils ne se protégeraient pas nécessairement en conservant leur chef.

La question de la succession de M. Duceppe se pose aussi avec acuité. Le nom de Pierre Paquette revient le plus souvent. Certains croient que son impressionnant réseau de contacts, qui lui a permis de bien arrimer le programme du Bloc avec les préoccupations des gens, est un atout. D'autres estiment qu'il n'a pas «l'adrénaline» nécessaire pour le poste de chef.

Les ex-députés Richard Marceau et Yvan Loubier ne sont pas intéressés. Le nom de Réal Ménard (Hochelaga-Maisonneuve) revient beaucoup. Il serait tenté par l'expérience pour pousser ses idées jusqu'au bout. Ce député, discret mais toujours parfaitement au fait de ses dossiers et redoutable critique législatif, ne ferait toutefois pas l'unanimité à cause de ses idées tranchées. En outre, son état d'homme homosexuel montréalais pourrait peut-être lui nuire compte tenu du contexte actuel.

Poigne de fer

La discipline avec laquelle Gilles Duceppe a réussi à diriger ses troupes n'a pas toujours fait des heureux à Ottawa. Il y a quatre ans, le député Bernard Bigras avait déposé une résolution en plein congrès de son parti pour réclamer l'assouplissement de la ligne de parti.

«Les députés doivent pouvoir s'exprimer librement et publiquement sur toute situation politique qui ne fait pas déjà l'objet d'une position adoptée par le congrès, par le conseil général ou par le caucus», disait cette résolution, approuvée contre la volonté du chef et de son entourage.

Cette résolution en apparence banale avait à ce point irrité l'équipe du chef que celle-ci avait arpenté les corridors du congrès pour enregistrer systématiquement les propos des députés chaque fois que ceux-ci s'adressaient à un journaliste, ne serait-ce qu'une conversation privée autour d'un café.

Récemment, la députée Louise Thibault a claqué la porte du Bloc québécois en déplorant l'incapacité de prendre la parole et le risque constant d'être puni advenant le moindre écart idéologique.

Le PQ réagit

Tout juste élu chef de l'aile parlementaire du PQ par ses pairs, le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, a indiqué que le caucus péquiste n'acceptait pas les propos de M. Plamondon, qu'il juge inappropriés. «Je connais M. Plamondon depuis des années. On dirait qu'il fait parfois de l'humour comme son frère [le parolier Luc Plamondon]», a dit M. Gendron.

Avec la collaboration de Robert Dutrisac






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  • François Caron
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 00h10
    Première impression...
    « Gilles Duceppe a le charisme d'une porte de frigidaire...

    Bien que sa rigueur proverbiale sera la bienvenue, pour ce qui est de la fougue et de la passion, alors là faudra voir si ce bouillant club restreint de cravates et de toges qu'est devenu le PQ saura s'accommoder d'un leader aux tendances soporifiques devant cette belle gang de chicaniers bavards et désordonnés rêveurs...

    Il ne pourra pas faire pire que le (pas si) regretté Claude Ryan, cependant... »

  • Robert Henri
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 06h17
    Mal de Bloc
    « Il est curieux que ce soient les bloquistes qui veulent que leur chef devienne chef du PQ et pas les Péquistes. Le PQ comme le Bloc sont des partis finis. (Ne pas confondre avec la souverainisme dont le PQ n'a pas l'exclusivité). Duceppe, reste chez toi au Bloc. Boisclair, débarasse, même comme simple membre. Votre discipline qui empêche les députés de parler comme leur comité de circonscription leur dit de le faire, vous savez quoi en faire... »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 06h33
    Non à Gilles Duceppe
    « En réponse à M. Boisclair lors de l'entrevue qui a suivi celle du chef démissionnaire, Gilles Duceppe n'a pas dit la vérité. Il savait bien que des démarches avaient été faites pour succéder à André Boisclair. Il n'a pas dit la vérité et on le sentait bien. Toute la vérité n'est pas bonne à dire mais parfois, il faut la dire comme dans son cas.

    Au fait, où est Louise Harel?

    M. Duceppe doit rester à Ottawa et travailler en harmonie avec le PQ pour que le Québec-nation devienne un vrai pays.
    Il faut écouter aussi les propos de Louis Bernard. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 10 mai 2007 07h37
    SE TIRER DANS LES 2 PIEDS
    « Lors de la course à la chefferie du PQ de 2005 plusieurs députés du PQ avaient demandé poliment à M. Duceppe de rester à Ottawa où il faisait un si bon travail pour le Québec. Il y est resté même s'il dépassait de très loin dans les sondages de popularité, tous les autres candidats.

    Maintenant, 2 ans plus tard, les députés du PQ ont commencé à donner le même conseil à M. Duceppe.

    On peut penser que ces députés se sont tiré dans un pied en 2005, désirent maintenant se tirer dans l'autre et risquer la souveraineté que de se faire "bosser" par M. Duceppe qui a la réputation d'avoir la poigne dure. Ayoye !

    Au PQ, les députés doivent penser : La souveraineté si nécessaire mais pas nécessairement la souveraineté si ça dérange notre tranquilité. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 09h07
    pourquoi il faudrait que ca marche?
    « Je trouve ca plutot sympathique le bordel du pq depuis ses origines. Il me semble que c est ca la democratie. Il ne me viendrait jamais a l idee de voter pour l armee a cause de la Cause »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 09h40
    La démocratie d'un parti, une nuisance
    « Le PQ lave son linge sale en public. Horreur, crient les commentateurs et chroniqueurs. Quand donc les péquistes finiront-ils de «s'entrechicaner», comme disait hier le député bloquiste Plamondon. Le problème, c'est que les temps ont changé, que le Québec est à son tour victime consentente d'un vent de néolibéralisme planétaire, et que les débats publics à l'intérieur d'un parti politique sont maintenant considérés comme une véritable nuisance. La démocratie recule, y compris dans les partis politiques. À bien y penser, il serait sans doute salutaire que l'ADQ se retrouve à la tête du gouvernance du Québec. La nouvelle génération pourrait sans doute ce que l'expression «grande noirceur» appliquée à l'époque de l'Union nationale veut vraiment dire. À son tour, elle vivrait dans ses tripes ce malaise diffus qui rappelle qu'il est inutile voire dangereux de penser et de parler.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 09h53
    Les disciples de la discipline de Duceppe
    « Voilà, le Bloc a enfin compris qu'il fallait retourner "aux sources" même si pour ce faire il fallait à mains nues retirer nos "souches" brûlantes jettées, sous les ordres du Cardinal Bouchard, dans les feux de la St-Jean!

    Revenons à nos moutons! Se dit alors le Duce! L'ADQ de Mario, le crucifix, le rejet de la nation civique, la haine de l'homosexuel, la droite, la peur des immigrants, les valeurs traditionnelles. Tout est là, se dit le Duce. Ce sont nos conseillers de la machine fédéraliste qui nous le confirment (ah! si on était comme eux!). Le bon peuple est nostalgique du régime duplessiste! Nous serons donc la discipline et le nouveau clergé de nos moutons. C'est que ça adonne bien car nous avons cultivé une expérience en ce domaine, justement.

    Fini le dépaysement. Du duplessisme au ducepplisme on a même pas l'impression de sortir de la maison!

    On va te me le mater ce peuple là! Bougez pas les Libéraux, on s'en occupe! On prend la relève! »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 10h52
    Tel Zorino, il se pause des questions...
    « Après la lecture attentive de vos commentaires, je constate que M. Duceppe est invité à réfléchir. Comme nous donnons dans la bande dessinée, je lui dédie la chanson de Zorino dans Tintin et le Temple du Soleil (Eh oui, je suis toujours dans Brel):

    Pourquoi faut-il qu'un Zorino s'en aille
    Pourquoi faut-il mourir après la nuit
    Pourquoi faut-il qu'un Zorino s'en aille
    Qu'un Zorino quitte déjà la vie

    Je n'étais rien encore
    Et je ne serai plus rien
    J'aimerais être fort
    Pour entrer dans le noir
    On a eu beau me dire
    Que l'on vit pour la mort
    J'aimerais tant vieillir
    Plus longtemps que ce soir

    Pourquoi faut-il qu'un Zorino s'en aille
    Pourquoi faut-il qu'il meure après la nuit
    Pourquoi faut-il qu'un Zorino s'en aille
    Qu'un Zorino quitte déjà la vie.

    Pierre Castonguay »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 10h55
    Le PQ doit remettre en question le un membre, un vote
    « Boisclair a pris le controle du parti en vendant mystérieusement 40,000 cartes à Dieu sait qui. Pour éviter qu'un autre finfinaud répète l'exploit, le PQ doit remettre en question le "un membre, un vote".

    Ainsi, un membre depuis 5 ans au parti, devrait avoir 2 votes. Un membre depuis 10 ans, 3 votes et depuis 20 ans et plus, 5 votes

    Un attaché politique et un président de comté devrait avoir 10 votes
    Un ancien député 25
    Un ancien ministre 50
    Un député actuel 100 votes.

    Ainsi, les vrais péquistes pourraient contrer un peu les opportunistes avec des diplomes bidons et un passé douteux. »

  • Claude Poulin
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 11h09
    Question de gouvernail
    « Ce qui se passe au PQ monte bien que la manière choisie par les souverainistes pour tenir leur gouvernail alors qu'ils voguent sur des eaux calmes, est loin de nous rassurer sur leurs capacités à conduire leur navire dans la turbulence que produirait le vent du large. Claude Poulin »

  • Richard Weilbrenner
    Abonné
    jeudi 10 mai 2007 11h23
    Un signe de santé démocratique
    « Qu'on nous fiche la paix avec la discipline à la Duceppe. Ce n'est pas de discipline, que le Parti Québécois avait besoin, mais d'un chef. Après la démission incongrue de Bernard Landry, il fallait lui trouver un successeur. La majorité des membres ont vu en André Boisclair un candidat susceptible de reprendre le flambeau. Ils se sont trompés. Que certains aient eu le courage de réclamer sa démission est un signe de santé démocratique. L'échec électoral du 26 mars n'est peut-être pas entièrement la faute d'André Boisclair, mais il en porte certainement une bonne part de responsabilité. C'est lui-même qui a rompu le lien de confiance qui doit exister entre le chef et les militants, et il a commis suffisamment d'impairs pour semer le doute quant à sa capacité de diriger le pays qu'il reste encore à créer et à bâtir. Quant à Duceppe, je ne crois pas qu'il soit sage de l'appeler à la barre. Je ne crois pas qu'il ait la stature ni l'envergure d'un chef d'État. Qu'il reste à Ottawa, s'il croit encore sa présence et la présence du Bloc à la Chambre des Communes utiles à la cause souverainiste, ou alors qu'il suive l'exemple de Pierre Bourgault et qu'il saborde le Bloc pour rentrer au Québec avec toutes ses troupes et qu'il joigne les rangs du Parti Québécois, en qualité de militant du Parti Québécois. Pour conclure, je dirai simplement ceci : les blessures qu'a subies le Parti Québécois sont graves et nombreuses. Il doit entrer en convalescence, refaire ses forces, et ne pas précipiter l'élection d'un nouveau chef. Le temps fera en sorte que des candidats que nul ne connaît peut-être encore sauront démontrer qu'ils sont en mesure de rallumer la flamme. Une période intérimaire s'impose. L'heure est à la réflexion, pas au couronnement. N'avons-nous donc rien appris de l'histoire ? »

  • Choiseul Henriquez
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 19h21
    Un signe de santé démocratique
    « Je suis en désaccord avec l'auteur qui a omis de définir ce qu'est pour lui un chef. Et puis, c'est quoi cette affaire de stature ? George W Bush, a-t-il, selon lui, la stature de chef d'état ?

    Un lecteur »

  • Francois Perron
    Inscrit
    jeudi 10 mai 2007 20h33
    Après le plateau...allez-y pour un ex marxiste-leniniste
    « Peut-être si le PQ allait cherchez Mme. Marois, peut-être
    je penserais à voter pour le PQ. Mais si vous n'avez pas
    appris avec Boisclair et les valeurs du plateau, qui ont si
    bien passées en région, je n'ai pas de doute qu'un ancien
    marxiste-léniniste, ultra-syndicaliste et je crois comprendre qu'il a un coté dictateur, va très bien passer en région et dans la classe moyenne.
    Le BQ n'est qu'un parti qui n'auras jamais le pouvoir et qui ne pourras jamais aspirer à être au pouvoir, alors quel sorte
    de chef pensez-vous que cela à créer? Un perpétuel loser.
    Alors Péquistes, respirez un peu, si vous voulez une chance,
    cherchez au Québec, pas à Ottawa »

  • richard fournier
    Abonné
    samedi 12 mai 2007 13h37
    Mme Marois, avez-vous les "couilles" de M. Duceppe?
    « En vérité, la réponse est non, d'un point de vue physiologique ! Toutefois, ma question demeure, saurez-vous faire cesser les querelles intestines au P.Q.? Sincèrement, j'en doute. Pourquoi ? Tout d'abord, et vous le savez mieux que moi; le PQ est un parti difficile à diriger et qui dévore ses chefs.
    Deuxio; saurez-vous détecter les "taupes" qui provoquent ces divisions ? Il faudrait être bien naïf pour croire qu'il n'y en a pas !
    Comprenez-moi bien Mme Marois, lors de la dernière course à la chefferie, j'ai voté pour vous parce que j'étais persuadé que M. André Boisclair nuirait à notre cause. Suis-je anti-homosexuel pour cela ? La réponse est non. Mais je savais et j'en suis davantage persuadé aujourd'hui qu'il ne pourrait pas faire avancer le projet souverainiste. Les Québécois en région sont beaucoup plus anti-gay qu'à Montréal. Je répète, je ne suis pas anti-gay. Mais force est de constater que le peuple n'a pas suivi. Imaginez si Réal Ménard s'embarquait dans la course au leadership du Bloc!!! Suicide nationnal, en perspective !!!!!!
    Pour la même raison, je pense que le peuple québécois ne vous suivra pas plus qu'il n'a pas suivi André Boisclair. Parce que vous êtes une femme. Comprenez-moi bien Mme Marois, je ne suis pas anti-féministe, bien au contraire, mais notre nation québécoise n'a pas cette confiance nécessaire pour suivre une femme, qu'elle qu'elle soit. Croyez bien que je regrette ce fait. Puis-je vous rappeller que même Ségolène Royal en France n'a pas été élue pour la présidence ? Pourtant, vous savez bien que la France est beaucoup plus progressiste que le Québec, et encore davantage que le Canada.
    Que votre ambition et votre désir légitime de faire avancer la cause des femmes et des québécois en général ne soit pas une occasion de faire régresser la cause souverainiste.
    Les québécois ne sont pas prêt à suivre une femme, ni un homosexuel, qu'elle que soit leurs compétences. Et c'est vraiment regrettable.
    Toutefois, je vous voirais bien à la tête du Bloc. Pourquoi? Pour la même raison précédente, et de plus vous avez une excellente expérience parlementaire. Il me semble que M. Duceppe a la poigne nécessaire pour faire avancer la cause et mettre au pas les querelleurs au PQ.
    Ce que je propose ressemble à une valse à deux temps, j'en conviens, mais il me semble que vous seriez plus efficace à Ottawa et M. Duceppe à Québec. Deux couronnements, et pas de couteuse course à la chefferie. C'est un " pensez-y bien ". »

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