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Boisclair rend les armes

Antoine Robitaille   9 mai 2007  Québec
Sous le coup de l’émotion, André Boisclair s’est interrompu durant plusieurs secondes au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier, à Québec, pour annoncer qu’il abandonnait la direction du Parti québécois. Photo: Médiamatin Qu
Sous le coup de l’émotion, André Boisclair s’est interrompu durant plusieurs secondes au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier, à Québec, pour annoncer qu’il abandonnait la direction du Parti québécois. Photo: Médiamatin Qu
Québec — Coup de théâtre hier matin à Québec: plongé dans une situation impossible dans son parti depuis ses salves de vendredi dernier à l'endroit du chef bloquiste Gilles Duceppe, André Boisclair a choisi de quitter la direction du Parti québécois.

Dans son discours de démission, prononcé vers 11h30, M. Boisclair a expliqué qu'il aurait souhaité présider à des changements importants au Parti québécois mais que «l'intensité de la remise en question du leadership» ne lui permettait pas de le faire. «J'aurais bien aimé contribuer à cette réflexion comme chef du parti, ce n'est désormais plus possible, quelqu'un d'autre devra y présider», a-t-il déclaré.

La gorge nouée, forcé par l'émotion à marquer une pause — durant laquelle il a été applaudi —, il a conclu sur une «note d'espoir» souverainiste, se disant «profondément convaincu que ce peuple francophone en Amérique reprendra un jour ses droits et qu'entre la résignation tranquille et sa liberté, cette brave nation choisira la liberté». Ayant 41 ans depuis le 14 avril, bref, «encore jeune», M. Boisclair a déclaré qu'il avait «encore beaucoup de choses à accomplir dans [sa] vie».

Réfléchie ou soudaine?

Devant des députés, dont Daniel Doyer (Matapédia), qui essuyaient des larmes, M. Boisclair a qualifié sa décision de «mûrement réfléchie». Mais la semaine dernière, son entourage et lui croyaient qu'il pouvait rester en poste encore quelques mois grâce à l'appui de quelques présidents régionaux du parti et d'une poignée de députés, dont Lisette Lapointe (Crémazie) et Diane Lemieux.

De l'avis de certains élus, comme la présidente du caucus Agnès Maltais, l'entretien que M. Boisclair a accordé aux Coulisses du pouvoir vendredi dernier, dans lequel il déclarait la guerre à Gilles Duceppe, a «précipité les choses». C'est «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase», a déclaré Sylvain Simard (Richelieu), selon qui le chef était déjà affaibli par les mauvais résultats électoraux du 26 mars (28 % du vote et 36 élus). En fin de semaine, les derniers appuis à M. Boisclair se sont évaporés. C'est d'ailleurs ceux-ci que M. Boisclair, accompagné de sa garde rapprochée, a passé la journée de lundi à soupeser. Exercice qui a conduit à la conclusion que l'on sait. La chef de cabinet de M. Boisclair, Line-Sylvie Perron, paraissait abasourdie hier après-midi: «J'ai quitté la politique en même temps que mon chef. Je suis sortie du parlement et je suis retournée à la vie civile. Je ne réponds plus à des questions.»

Au sein du caucus, ses défenseurs n'étaient guère nombreux. Le 25 avril, M. Boisclair avait eu beau qualifier de «science-fiction» les informations d'un journal selon lesquelles seulement quatre de ses 36 députés le soutenaient de façon inconditionnelle, il reste que des élus importants, tel François Legault, tentaient de hâter un vote de confiance. Mais ce dernier a catégoriquement rejeté hier les hypothèses selon lesquelles il avait travaillé en sous-main pour attirer le chef bloquiste à Québec.

Dans les rangs péquistes, avant l'annonce de la démission de M. Boisclair, la grogne avait atteint un sommet inégalé. Hier matin, plusieurs représentants d'associations de comté, de même que des militants, avaient envoyé des courriels au Devoir pour signifier leur volonté de voir le chef péquiste partir. Même dans des circonscriptions comme Taschereau, à Québec, qui avait apporté un soutien constant à M. Boisclair, des militants admettaient que M. Boisclair devait démissionner.

Agnès Maltais déplorait hier que le parti travaille très durement contre ses chefs «sur la place publique» et qu'il «considère les médias comme étant quasi sur la place publique». Elle semble reconnaître toutefois que même M. Boisclair, qui avait pourtant enjoint à ses troupes de rompre avec «cette tradition», avait renoué avec elle vendredi en s'attaquant à M. Duceppe à RDI.

La présidente du PQ, Monique Richard, rejetait hier l'expression «le PQ dévore ses chefs». Selon elle, «c'est un parti qui travaille à visière levée, c'est un parti où les militants et les militantes se font entendre. Ils ont posé un certain jugement. Ils ont fait connaître un certain point de vue. M. Boisclair a eu à évaluer ce qu'il recevait comme message». M. Boisclair a «reçu ce message, c'est tout». Le nouveau député de Roberval, Denis Trottier, croit pour sa part que les «old timers» du parti, les «Denis Lazure, Yves Michaud», qui ne sont pas «montés depuis très longtemps dans un poteau pour poser une pancarte», ont pris trop de place dans le débat sur la chefferie.

Bien que tristes, des élus péquistes admettaient néanmoins que le départ du chef aurait au moins un avantage: leur permettre de travailler dans une certaine «sérénité», comme l'a dit Agnès Maltais, par exemple. La démission de M. Boisclair «met fin à un malaise», a déclaré Daniel Turp, qui saluait cette décision «courageuse» de M. Boisclair. M. Turp avait menacé de démissionner à la fin de la semaine dernière après avoir été rabroué par son chef. Tenant de la présentation d'un «projet de pays», le député de Mercier avait présenté à la presse, sans l'autorisation de M. Boisclair, son projet de constitution.

Au moins un député, Denis Trottier (Roberval), a clairement déploré la démission de M. Boisclair. Selon lui, «il y a des gens qui vont regretter son départ, parce que c'est un chef qui avait beaucoup de capacités. Puis je ne pense pas qu'il méritait ça». M. Trottier croit que plusieurs personnes ont contribué à précipiter la chute de M. Boisclair. Aussi a-t-il dit: «Quand on regarde dans l'histoire de l'humanité, [on constate que] quand les peuples ou les rois commettaient des actes ignobles, on sacrifiait des vierges. Je ne vous dis pas que M. Boisclair est une vierge, mais je vous dis qu'il y a beaucoup de gens qui doivent se poser des questions ce matin.»

Le prédécesseur de M. Boisclair, l'ex-premier ministre Bernard Landry, a souligné pour sa part le fait que la plupart des députés péquistes n'avaient pas appuyé M. Boisclair lors de la course à la direction et que «des accidents de son passé, alors qu'il était ministre, ont marqué bien des esprits». Il a aussi jugé néfaste l'idée de M. Boisclair de retirer le crucifix à l'Assemblée nationale. De son côté, Gérald Larose, président du Conseil de la souveraineté, estime que le retrait de M. Boisclair «ouvre un espace pour enclencher une réflexion et rompre avec l'habitude du Parti québécois de faire reposer sur les épaules d'un seul homme ou femme l'ensemble du projet».

Rentrée perturbée

Le départ de M. Boisclair a évidemment perturbé la rentrée parlementaire. Dès 9h45, la rumeur de son départ avait commencé à circuler dans les couloirs de l'Assemblée nationale, où les élus du Parti québécois s'apprêtaient à entamer un caucus qui s'annonçait houleux. Peu avant 11h, il semblait clair que les événements se télescoperaient puisque des employés de l'Assemblée nationale installèrent d'urgence l'équipement audio permettant de tenir une conférence dans le grand hall du parlement, lieu des annonces solennelles.

Même s'il demeure député de Pointe-aux-Trembles, M. Boisclair n'était pas au Salon bleu en après-midi pour l'élection du président et des vice-présidents de l'Assemblée nationale. «Je ne m'étais pas préparé aujourd'hui pour saluer le départ d'un collègue, mais la politique est faite ainsi», a déclaré le premier ministre Jean Charest en après-midi. Rendant un hommage senti au chef péquiste sortant, il a fait remarquer «qu'être chef du Parti québécois n'est pas une tâche facile». Il a aussi vanté les qualités de parlementaire de M. Boisclair, son courage, sa capacité d'abnégation. Il a souligné que la vie publique avait quelque chose «d'injuste»: «Il a fait une excellente campagne électorale. On peut le dire, le débat est fini: moi, je pense qu'il a fait un bon débat des chefs. Malheureusement, pour moi», a lancé à la blague M. Charest.

Le chef de l'opposition, Mario Dumont, a aussi vanté la campagne électorale de M. Boisclair, la qualifiant de «sans faute». Il a soutenu que son discours de départ était un modèle de «noblesse et de dignité». Enfin, il a tenu à faire écho au voeu de M. Boisclair que l'éducation devienne une priorité pour les autres politiciens. André Boisclair «a certainement bien vu et bien identifié cette priorité de société qui est fondamentale pour l'avenir de nos enfants», a déclaré M. Dumont.

M. Boisclair avait accédé à la tête du PQ le 15 novembre 2005 au premier tour de scrutin, où il avait recueilli 54 % des voix. L'intense course à la direction de six mois avait entre autres été marquée par les révélations sur son passé de fêtard consommateur de cocaïne. Hier, il a remercié ses lieutenants les plus fidèles: Diane Lemieux, Stéphane Bédard, Agnès Maltais et Nicolas Girard. Il a aussi eu de bons mots pour l'ancien chef péquiste Jacques Parizeau, qui lui a toujours manifesté, a-t-il noté, un «appui indéfectible». Il n'a cependant pas soufflé mot de son prédécesseur, ni de Louise Harel, l'une des députées identifiées au camp pro-Duceppe. Malgré cette «issue» qu'il n'avait «pas souhaitée», l'ex-chef a dit être fier «d'un certain nombre» de ses réalisations, notamment d'avoir amené au PQ «des dizaines de milliers de nouveaux membres» depuis deux ans.

Fondé le 11 octobre 1968, le Parti québécois est à la recherche de son septième chef.

***

Avec la collaboration de Robert Dutrisac

Avec la Presse canadienne
Sous le coup de l’émotion, André Boisclair s’est interrompu durant plusieurs secondes au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier, à Québec, pour annoncer qu’il abandonnait la direction du Parti québécois. Photo: Médiamatin Qu La leader parlementaire du Parti québécois, Diane Lemieux, essuie ses larmes sous les applaudissements de ses collègues, après s’être exprimée à l’Assemblée nationale au sujet de la démission d’André Boisclair.
 






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Vos réactions

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  • Alain Carré
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 00h02
    Un examen de conscience pour nous tous
    « Est-ce que vous savez la hargne des Fédéralistes à notre égard, ils rêvent juste à la disparition du PQ car ils sont au courant qu'un nouveau parti prend du temps et des années à se bâtir.

    Il faut arrêter de rêver en couleur, un parti ne peut être parfait et répondre à toutes nos volontés. C'est la même chose pour le chef du PQ, il devra avoir notre appui inconditionnel. Il faut arrêter de se cracher dessus et rentrer dans les rangs.

    Quand le PQ perd des plumes, c'est la cause souverainiste qui en prend pour son rhume car la population associe le PQ à la souveraineté. Donc, les souverainistes ne se tiennent pas et c'est désolant. Il faudra bien le faire un jour comme les Fédéralistes le font, les haïrs et se tenir entre nous...

    La souveraineté a encore 45% d'appui mais il faudra commencer à réfléchir, on se dit souverainiste et on vote sans réfléchir à l'ADQ et autres partis(sans penser aux conséquences de notre geste envers la cause no 1). Il faudra arrêter de penser en égoïste(comme on le reproche si souvent à nos politiciens) et trouver toutes sortes de raisons(fusions, chef pas à notre goût, etc)pour ne pas appuyer ce parti. Ça ne veut pas dire d'être d'accord à 100% mais il y a des gens qui CRITIQUENT, CRiTIQUENT sans arrêt.

    Il n'y a pas juste le PQ qui doit se regarder dans le miroir mais bien nous tous les souverainistes, on se doit de faire un examen de conscience, d'arrêter de se regarder le nombril. Il faut arrêter de chialer et passer aux actes, c'est ce que j'ai fait. Je viens d'entrer membre du PQ et j'ai convaincu 3 amis pour l'instant à se joindre au parti.

    N'oublier pas, quand on crée un climat favorable, on attire de meilleur candidat, on attire les gens à adhérer à notre parti et à nos idées. Avec le positif, on réussi à attirer quelques personnes mais quand on critique notre parti, notre cause, cela fait fuir 2 à 3 fois plus de personnes(je me souviens plus exactement des chiffres mais c'était quelques choses de semblable).

    P.S. J'ai créer un mouvement pour discuter, échanger sur l'avenir du PQ et trouver des solutions. Le site va être disponible prochainement, je sais que ceux qui m'ont contacter(35-40 personnes), c'est long mais la personne qui y travaille effectue un travail colossal pour le rendre disponible le plus rapidement possible.

    Vous pouvez me contacter à cette adresse: saintefoy34@hotmail.com »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 06h51
    Il faut revoir le mode de scrutin du PQ
    « Pendant toute la campagne électorale on a cherché les 40,000 nouveaux péquistes amenés au parti par Boisclair. On les cherche encore. On a envoyé une police montée faire la tournée des bars gays....

    Pour empêcher une seconde fraude, il faut revoir le mode de scrutin, en surpondérant le poids des anciens membres.

    Ainsi, les membres du parti depuis 5 ans auraient 2 voix, ceux depuis 10 ans 3 voix et ceux depuis 20 ans et plus 5 voix.
    Les attachés politiques auraient 10 voix
    Les anciens députés 25 voix
    Les anciens ministres 50 voix
    Les députés actuels 100 voix
    Les anciens chefs 200.

    Il faudrait aussi garder une bonne distance entre le jour du vote et la limite de vente de cartes. »

  • Jennifer Hazel
    Abonnée
    mercredi 9 mai 2007 08h19
    Le meilleur geste de sa carrière
    « Boisclair a fait le bon choix de remettre sa démission hier matin. Au lieu d'étirer la sauce et de laisser sa situation se détériorer encore plus au cours des prochains mois jusqu'à ce que ça éclate, il a préféré tirer la plogue comme on dit. Ça fait bien mon bonheur.

    Cependant, j'espère que les militants auront la décence de ne pas le remplacer par quelqu'un du même moule... Comme Gilles Duceppe par exemple. J'espère sincèrement que Duceppe va rester à Ottawa. D'ailleurs, il ne ferait certainement pas le poids à Québec. Entre crier à l'injustice sans arrêt et avoir une chance de faire la révolution, il y a un pas qu'il ne devrait pas franchir. Et en termes pratiques, il gagne plus cher à Ottawa. :oP

    Je suivrai la suite des choses avec intérêt... »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 9 mai 2007 09h05
    Un politicien qui garde toute mon admiration
    « Bien sûr que M. Boisclair a fait des erreurs (pensons à certaines de ses déclarations), qu'il n'avait pas un grand charime auprès des gens, qu'il lui manquait ce talent de rassembleur capable de reconcilier les différentes factions du Parti québécois. Cependant, il avait de bonnes idées et rêvait de redonner à son parti un nouveau souffle. De plus, il avait de grandes qualités. Ainsi, lors de la récente campagne électorale, il a fait preuve de ténacité et notamment d'un grand courage quand certains ont tenu contre lui des propos haineux (d'ailleurs, j'aurais bien aimé voir comment Charest et Dumont auraient réagi s'ils avaient à sa place). Cependant, suite aux résultats décevants du 26 mars, il était un homme ébranlé. Et dans un parti, où les militants ne se gênent pas pour dénoncer publiquement leur chef et réclamer son départ dès qu'ils sont insatisfaits de lui, sa situation était devenue invivable et il n'avait pas d'autre choix que de démissionner. Même si sa décision m'attriste beaucoup, je suis content pour lui car il doit se sentir maintenant soulagé. De plus je garde pour lui une profonde admiration. C'est André Boisclair qui m'a incité à devenir membre du Parti québécois. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 09h28
    Et rebelotte
    « Une fois de plus, les vieux membres influents et croulants du PQ ont montré ce dont ils sont capables. La vieille garde n'a jamais digéré l'arrivée de Boisclair. Celui-ci étant menotté, il n'a pu faire la campagne qu'il voulait avec les résultats que l'on sait.
    Dans pas longtemps, les masques vont tomber, les vieux de la vieille rigides vont revenir en force et repartir de plus belle avec leur éternelle litanie de séparation, d'indépendance, de poudre-aux-yeux et que sais-je encore, car ils ne comprendront jamais que cela ne pogne plus au Québec. Entre-temps, la belle province poursuivra sa descente aux enfers, les problèmes s'accumuleront et les Québécois chialeront de plus belle.
    Et tout ça pour un parti dont l'avenir n'est pas du tout assuré et une cause... est-ce encore une cause? Il y aura peut-être éclatement ou disparition pure et simple. Ce qui ne serait pas une mauvaise chose. Peut-être alors, certains Québécois cesseront de rêver à des rêves impossibles et commenceront à s'intéresser aux vrais enjeux du jour.
    Dans les mois à venir, nous traverserons une période intéressante et j'espère que l'intelligence et le bon sens pévaudront, car il y a va de l'avenir des enfants de la province dont je serai résident officiellement à la fin de juin »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 10h24
    PQ : tu quoque mi fili
    « Le Dieu Mitra et le rite Taurobole.

    Le secret du mystère sacré au sein du camp souverainiste réside dans le fait qu'au temple de la lutte pour l'indépendance l'icône de René Lévesque suinte encore le sang et le parfum. Lévesque à son décès, est passé du statut de fondateur et de chef de parti à celui de Sol Invictus (Soleil invaincu). Nous en sommes à rechercher le prochain fils de Dieu. Le parti québécois est une communauté religieuse chartraine possédant ses rituels, son sacramentaire, ses saintes huiles, ses dogmes, sa théologie, ses exégètes et son grand séminaire. Tout cela constitue un Temple hermétique dans lequel n'entre pas qui veut. Le film : le grand silence décrit en détail la démarche de la spiritualité politique de mon parti sans toutefois décrire la pointe de jansénisme constitutif qui l'auréole d'un nimbe phosphorescent mais stérile.

    On devient chef au PQ comme on devient boeuf d'élevage. On est désigné par le très haut pour traîner la chasse reliquaire du fondateur. On s'attelle donc à tirer la châsse des saintes reliques montée sur un char munie de roues de bois et on gravit le mont Royal tout en faisant croire au peuple que c'est l'ascension de la colline parlementaire qui nous fait suer. Au terme du périple, le rite n'est accompli que si l'on tue le boeuf. C'est un rite taurobole. C'est pour cela que se trouve une grande croix au sommet du Mont Royal. C'est la croix planté par Chomeday de Maisonneuve qui s'illumine le soir en signe de respect pour les chefs péquistes qui ont donné leurs vies pour la cause.

    A chaque discours inaugural, on peut mettre invariablement dans la bouche des chefs élus, les paroles d'Henri Emmanuelli : '' La täche est lourde, mais je l'aborde avec enthousiasme et conviction, avec le souci d'être garant de l'indépendance de notre Assemblée et du respect de la pluralité des opinions qui s'y expriment et qui sont la marque distinctive de la démocratie.''

    Or, comme le rappelle Ralph Waldo Emerson : ''tout gouvernement est une théocratie impure''. Or le péquiste a horreur de l'impureté. C'est au nom de l'impureté que sont tombés Pierre Marc Johnson et André Boisclair. Jacques Parizeau, Bernard Landry et Lucien Bouchard ont abandonnés juste avant l'accomplissement du rite taurobole.

    Bien qu'il soit le plus populaire, Gilles Duceppe passe pour le Brutus qui a assassiné le jeune César qui du haut des médias s'est écrié «Kaï sù, téknon » toi aussi mon fils. Mais le peuple se grattant la tête se disait, ce n'est pas son fils, c'est son beau frère.

    Plusieurs attendent Gilles Duceppe avec intérêt, ils affilent leurs lames, préparent leurs liens pour s'en saisir et l'offrir en sacrifice dès qu'il se pointera pendant que brûle encore devant lui, le bûcher cinéraire de César dont peu se risquent à faire l'éloge funéraire. Quant à Pauline Marois, nous la voyons mal enlever ses talons hauts pour déprendre le char embourbé et beaucoup moins luxueux que celui qu'elle avait aperçue dans l'ancienne parade. Tous s'entendent pour dire que ce n'est pas un boeuf bien que de mauvaises langues prétendent encore que c'est une vache...sacrée.

    Pourquoi les chefs péquistes sont-ils traités comme des bovidés? Pourquoi font-ils si aisément l'objet d'une boucherie?

    Parce que le peuple est maintenu hors du temple. Il n'est pas entendu des hautes instances du parti. Il est utilisé à chaque élection comme crieurs de rues, distributeurs de journaux et de tracts.

    Le peuple coupé du cénacle péquiste se dit comme Euripide : ''Rien pour l'État n'est plus dangereux q'un tyran''.
    Ils se dit aussi comme Gaston Eykens : ''En politique comme en amour, pas de jamais ni de toujours.''
    Et dans sa sagesse, le peuple conclut : ''La démocratie, c'est quand des gens dont la mauvaise humeur est tempérée par la bonne volonté, en élisent d'autres dont la mauvaise foi est aggravée par la bonne conscience!''(Jacques Faisant).

    Que voulez-vous, le peuple s'exprime comme Antonine Maillet et se dit : ''Une conscience élastique? Est-ce indispensable en politique? Pour quelques hommes (...) je réponds oui, car cela leur permet de ne pas tenir leur promesse, de s'enrichir plus vite, et d'acquérir de l'expérience.''

    Tant que le PQ sera coupé de sa base, il demeurera captif de ses rites tauroboles pour assouvir la vindicte populaire. Ils demeurera sourd aux attentes réelles de la population du Québec. Enfermé dans sa bulle, il verra diminuer sa députation jusqu'à l'extinction. Il continuera à concevoir les portes paroles, les tribuns populaires comme moi et tant d'autres, comme des mutins dangereux à maintenir dans l'exclusion : des faux frères qui minent leur crédibilité.

    Dans la liste imposée par le monde des affaires par le truchement des sondages, c'est Pierre Curzi, le candidat le plus près du peuple. Lui seul, si les grands prêtres du temple décident de le soutenir sans le poignarder dans le dos, peut tirer son épingle du jeu dans le contexte actuel parce que Landry, la dernière Icône vivante du parti, refuse de reprendre un parti à rebâtir. Mais si André Suarès a raison, Curzi n'est pas au bout de ses désillusions car : ''En politique, la sagesse est de ne point répondre aux questions. L'art, de ne pas se les laisser poser. La plupart des politiques ne vit que de mensonges ; ceux qu'on leur fait et ceux qu'ils font.''

    Voilà pourquoi Sarkozy demandait à Bush de l'aider à diminuer le réchauffement de la planète. Voilà pourquoi nous sommes devenus l'homme à abattre puisque le peuple est plus bouillant que jamais face à ses politiciens. Le peuple est désillusionné et se refuge dans un scepticisme pacifique mais cynique à défaut d'être entendu par ses élus.

    Pierre Castonguay »

  • Jean-Marc Pineau
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 10h42
    Humain, trop humain...
    « Ce mardi 8 mai 2007 est l'un des jours les plus tristes que j'aie connus depuis longtemps. Bien sûr, il y a eu les résultats des élections du 26 mars dernier mais, dans ce cas, ce sont les électeurs québécois qui s'étaient prononcés et, selon les règles du jeu, ils avaient choisi les adversaires au lieu d'élire l'équipe du Parti Québécois. Alors que la démission du chef du Parti Québécois est la conséquence du grenouillage indécent et des jeux de coulisses des belles-mères du Parti qui ne ratent jamais une occasion de semer la zizanie. Malgré le peu de sympathie que j'ai pour la porte-parole du Parti Conservateur, députée de la région de Québec, je ne peux m'empêcher de lui donner raison quand elle disait hier, répétant la citation connue, en réaction à l'annonce du départ d'André Boisclair : « Préservez-moi de mes amis ; mes ennemis, je m'en charge ! »
    Comme beaucoup qui avaient pris leurs distances de l'action politique et du Parti Québécois en particulier, je suis revenu au Parti Québécois en 2005 pour appuyer la candidature d'André Boisclair, persuadé que M. Boisclair parviendrait à intéresser à la politique une partie de la population qui ne s'y intéressait plus, les jeunes, entre autres. Je crois que sur ce point, il a livré la marchandise.
    Il n'a pas mené le Parti Québécois à la victoire le 26 mars dernier, mais je me demande qui l'aurait fait dans ce contexte. Je crois que les électeurs ont été pris dans un mouvement de ras-le-bol qui les as conduits à voter pour ceux qui prétendaient s'intéresser « aux vraies affaires » et le résultat aurait été le même, peu importe qui aurait dirigé la campagne du PQ. Ni Pauline Marois, ni Bernard Landry n'aurait pu faire mieux. Les électeurs n'ont pas rejeté André Boisclair ; ils ont rejeté le Parti Québécois, comme ils ont rejeté le Parti Libéral, en somme (moins de 25 % des francophones ont appuyé le PLQ et Jean Charest lui-même a bien failli être battu dans sa circonscription).
    André Boisclair voulait réformer le Parti Québécois (et je crois que depuis son élection au premier tour par la majorité des membres en novembre 2005, il avait réussi à attirer au parti de nombreux jeunes qui ont cru possible de reconstruire un parti, mais surtout de construire un pays) ; hélas, il semble que ce parti rassemble, outre les éléments positifs, constructeurs, un trop grand nombre d'empêcheurs de tourner en rond, ceux qui croient avoir toujours raison et que tous les autres sont des imbéciles qui ne comprennent rien. Je pense aux grandes gueules qui brassent beaucoup d'air mais dont la plus grand force inculquée par eux au parti est la force d'inertie. Ces grandes gueules qui s'en prennent à la personnalité, au charisme et au pouvoir de séduction du chef mais qui eux-mêmes n'ont souvent qu'un pouvoir de répulsion.
    L'ensemble des journalistes et commentateurs politiques ont reconnu qu'André Boisclair avait mené une très bonne campagne. Il ne faut donc pas lui attribuer toute la responsabilité de la défaite. Je crois au contraire qu'il a permis de sauver le parti qui était en chute libre depuis 2003, au moins. Je pense qu'il aurait été légitime de permettre à André Boisclair de faire l'analyse de la situation et d'entreprendre les réformes nécessaires à l'intérieur du Parti, quitte à ce que les membres se prononcent dans quelques mois sur le travail accompli et sur la confiance à renouveler...
    En forçant André Boisclair à démissionner, les belles-mères et les autres grenouilleurs doivent se rendre compte que ce sont des dizaines de milliers de membres et de sympathisants qu'on vient de mettre à la porte. Le messie qui viendra sauver le PQ devra gagner la confiance de dizaines de milliers de nouveaux sympathisants. Je veux croire ce défi possible...
    Finalement, je crois que monsieur Boisclair a pris la bonne décision, annoncée hier matin. Dans ce contexte, il a pris la décision qu'il fallait prendre. Je suis très triste de le voir partir car son départ est non seulement un cuisant échec personnel qu'on lui inflige, mais il est aussi, pour des dizaines de milliers de membres et de sympathisants, le constat d'échec du projet de revalorisation de la vie politique. M. Boisclair incarnait avec brio et disctinction une façon de faire de la politique sans démagogie, en s'adressant à l'intelligence des électeurs plutôt qu'à leurs bas instincts. Les Québécois n'étaient sans doute pas prêts, cette fois-ci, à s'associer à de si nobles sentiments. J'ose espérer que l'on puisse encore dire avec conviction : « À la prochaine fois ! »
    En attendant cette prochaine fois, je voudrais remercier André Boisclair pour l'espoir, la confiance et l'enthousiasme qu'il m'aura permis de vivre, comme à centaines de miliers d'autres Québécois, au cours des 18 derniers mois. Je voudrais le féliciter pour la noblesse de son message de démission, hier matin, tout à fait à l'image de ce qu'il est. Je sens bien aussi l'immense blessure qui est la sienne, les sentiments mitigés qui doivent l'habiter (celui qui meurt poignardé ne souffre plus ; celui qui, poignardé, doit vivre avec le questionnement et la nécessité du pardon à ses agresseurs, souffre doublement et la souffrance morale n'est pas la moindre). Je saisis bien aussi ce que doit être aujourd'hui sa solitude. Je lui dis tout mon respect et ma sympathie et, avec de bonnes vacances méritées, je l'invite à lire ou à relire Sénèque. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 10h55
    Boisclair aurait dû l'écouter.
    « Philippe Navarro qui a été attaché politique au PQ et qui a travaillé avec André Boisclair écrit un lettre pleine de bon sens dans Le Devoir d'aujourd'hui:
    Post Mortem
    http://www.ledevoir.com/2007/05/09/142696.html

    Particulièrement ce passage:

    "Il prendra ancrage sur ce que le Québec, fédéré ou indépendant, est réellement, et ce, depuis sa fondation même: un patchwork multinational, ne fut-ce que par sa composante autochtone. Comme tous les États du Nouveau Monde. Il mettra au rancart la frilosité identitaire, les obsessions linguistiques et l'imagerie royaliste, qui, quarante ans durant, ont faire fuir bien plus d'électeurs qu'elles en ont séduit." (Philippe Navarro)

    Tant que le PQ s'obstinera à promouvoir un pays abstrait et imaginaire issu de leurs fantasmes nationalistes, plutôt que l'indépendance du pays bien réel tel qu'il est depuis sa fondation, jamais ceux qui l'habite et le connaissent ne le suiveront dans cette voie.

    Le Québec n'est pas une petite France. Son peuple n'est pas un groupe de "francophones d'Amérique". Il n'y a pas qu'une seule nation au Québec. Qu'un seul peuple.
    Il y a le peuple majoritaire Québécois (dit Canadien français), les peuples amérindiens qui devront s'unir en une fédération, le peuple Métis, et le peuple Inuit (qui a déjà son territoire, le Nunavik).

    C'est la réalité. C'est le Québec.

    Que le PQ abandonne ses fantasmes à la vinaigrette française et travaille à l'indépendance du véritable Québec et des peuples qui l'habitent et l'ont fondé.
    Le Québec est un endroit unique au monde. C'est une honte de vouloir en faire autre chose que ce qu'il est.

    Que le PQ sorte de son rêve qui est devenu un cauchemar pour tous. »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mercredi 9 mai 2007 13h52
    Acharnement médiatique et la démocratie
    « Un grand homme n'en déplaise aux médias qui sont à mon avis entrave à notre démocratie. M. Boisclair avait toute les qualités pour mener à bien le PQ qui depuis 1995 est en chute libre. Son seul défaut est celui d'être distant et froid mais à sa place j'aurais fait de même peut-être quand on regarde à quoi serve les médias complètement égarés dans le monde des vedettes. Merci M. Boisclair vous demeurez un grand homme. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 16h17
    Trop Humain suite
    « Monsieur Pineau

    Voici quelques citations du grand Sénèque :

    « Le premier culte à leur rendre, c'est de croire à leur existence, puis de reconnaître leur majesté, leur bonté, sans laquelle il n'y a pas de majesté, de savoir que ce sont eux qui président au monde, qui gouvernent l'univers par leur puissance, qui sont les protecteurs du genre humain. » Sénèque

    « Ah ! que ne peuvent-ils consulter les riches, ceux qui désirent la richesse ? » Sénèque

    « Méditer la mort, c'est méditer la liberté ; celui qui sait mourir, ne sait plus être esclave. »... « le sage vit autant qu'il le doit, non autant qu'il le peut. » (Sapiens vivit quantum debet, non quantum potest.) « Ce que la vie a de meilleur, c'est qu'elle ne force personne à la subir. » Sénèque

    «Ce qu'on appelle mourir, cet instant où l'âme se sépare du corps passe trop vite pour être saisi dans sa rapidité. Que les étreintes d'un lacet vous suffoquent, que l'eau vous intercepte la respiration ; que la dureté du sol où se fait votre chute vous fracasse la tête ; que des charbons ardents avalés ferment passage à l'air que vos poumons exhalent, quel que soit le moyen, l'effet est prompt. Ne rougissez-vous pas de craindre si longtemps ce qui dure si peu ? »

    Voilà pourquoi je ne site pas Sénèque.
    Voilà pourquoi je ne m'inspire pas de Sénéque et que je frotte les oreilles des politiciens qui eux (et cela est vrai) se pensent plus intelligents que le peuple et ne le consulte pas : le menant docilement à la mort.

    Je ne suis pas triste pour Boisclair car nous ne lui avons pas enlevé son poste de député de Pointe-Aux-trembles, nous lui avons retiré un jouet : le parti Québécois. L'enfant a pleuré, Céline Dion a chanté ce n'était qu'un rêve et le projet de souveraineté a été sauvé du naufrage à l'arrachée. Cela vous déplaït de nous entendre critiquer nos politiciens ?

    Demandez à Sénèque de leur expliquer les principes suivants :

    - Cesse de voler l'argent du peuple
    - Cesse de mentir
    - Cesse de diriger ton parti les oreilles bouchées
    - Cesse de dormir debout pendant que la cote du PQ est en chute libre
    - Sert toi de ton jugement avant de faire une blague homosexuelle d'orgie de tes opposants politiques dans une tente (ce n'est pas gentil et cela fait pleurer le petit Jésus)
    - Ne prend pas de cocaïne en devoir
    - N'annonce pas que tu es en guerre avec les syndicats

    Consulte Jean Marc Pineau qui veux ton bien de Même que les autres gens de la base avant de créer un concept décollé du réel. Tu vas diminuer le nombre de belles mères autour de toi, de critiques et de militants irrités qui savent que tu n'est qu'un homme possédant le même type de cerveau que celui que nous possédons lorsque nous remisons nos chaussettes avant d'aller au lit.

    Pierre Castonguay »

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    mercredi 9 mai 2007 17h27
    Une victoire pour le 4e pouvoir
    « Eh oui, quand j'écoute les lignes ouvertes (particulièrement l'émission de Maisonneuve à la radio, le midi), y en a toujours une poignée qui chialent sur l'influence des médias sur le monde. Mais ces chialeux se font toujours rabrouer vite fait, bien fait par les animateurs.

    Allons... nous avons parti-pris? Noooon monsieur ! Nous sommes des instances neutres!

    Ben oui, moi quand je vois Jean Lapierre commenter l'actualité, j'y crois pu ben ben. Tout le monde s'en foutait comme l'an mille de la cocaïne ou de Brokeback Mountain. Sauf qu'il fallait en parler et en parler et en parler. Que voulez-vous...

    On aurait pu mettre une poubelle et la peindre en bleu qu'on aurait pioché dedans parce que c'est une poubelle. Le 4e pouvoir, les médias, ne commente pas la nouvelle. Nous devons nous le dire : elle l'invente en la manifestant, en la mettant en valeur. Son emphase dramatise la réalité et nous distancie du bon sens objectif. »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    mercredi 9 mai 2007 18h29
    Résignation et liberté
    « Je suis insulté par la phrase qui termine le discours de démission d'André Boisclair hier: "Je suis profondément convaincu que ce peuple francophone en Amérique reprendra un jour ses droits; qu'entre la résignation tranquille et sa liberté, cette brave nation choisira la liberté." Comme si tous les canadiens-français et tous les québécois qui se sont battus et se battent encore pour le Québec dans le Canada étaient des résignés. Selon moi, M. Boisclair manque encore de jugement. »

  • Isabelle Gélinas
    Abonné
    mercredi 9 mai 2007 19h42
    Moi, je ne m'en foutais pas, M. Beauregard
    « Juste une remarque à propos de la consommation de cocaïne de M. Boisclair.

    Moi, Monsieur Beauregard, je ne m'en foutais pas. Je trouvais qu'André Boisclair jouait les vierges offensées devant les journalistes sur cette question, et je me désolais qu'il la réduise à une simple erreur de jeunesse... lui qui n'avait même pas encore 40 ans!

    Je suis peut-être névrosée, paranoïde ou franchement rétrograde, mais en ce qui me concerne consommer de la cocaïne est un comportement dangereux, surtout lorsque l'on sait la dépendance que cette substance peut entraîner. »

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