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Orford, la suite...

Québec accepte enfin de revenir sur sa décision de vendre une partie du mont Orford à des intérêts privés. Le premier ministre Charest évite ainsi l'affrontement avec l'opposition, dont l'ADQ qui promettait le dépôt d'une motion invitant le gouvernement à suspendre le processus d'appel d'offres en cours.

Au fil des mois, M. Charest était devenu de plus en plus isolé, et cela risquait même de tourner à l'absurde puisque aucun promoteur, pas même l'actuel exploitant de la montagne, ne semblait désireux de présenter une offre d'achat avant l'échéance du 15 mai.

Profitant de la nomination récente de Line Beauchamp à la tête du ministère de l'Environnement, le premier ministre a donc annulé le processus, annulé aussi le bail liant l'exploitant au gouvernement et a confié la gestion courante des équipements à la SEPAQ pour une période de deux ans. Entre-temps, c'est à la MRC Memphrémagog qu'il reviendra d'élaborer un projet viable qui respecte le caractère public des terres. Ce qui ne sera pas aussi facile que certains le croient.

Les membres de SOS Parc Orford n'ont pas manqué d'exprimer des réserves en apprenant la nouvelle. Eux qui s'opposent depuis le début à la privatisation regrettent que Québec n'ait pas purement et simplement retiré la loi qui soustrait une partie de la montagne au domaine national. Ce qu'ils craignent, avec raison, c'est la régionalisation d'un bien qui appartient à tous les Québécois. Que se passera-t-il si les élus régionaux en viennent à la conclusion que la survie du ski dépend de la construction de condos, de boutiques ou d'amphithéâtres? Les maires de la MRC et leur préfet, Roger Nicolet, n'avaient-ils pas eux-mêmes proposé la construction de centaines d'unités d'habitation privées au bas de la montagne? Ailleurs au Québec, c'est la perspective de juteux profits dans le secteur immobilier qui est à l'origine des investissements dans les équipements sportifs, et non l'inverse.

Bien sûr, les élus régionaux étudieront d'autres hypothèses, dont celle d'une coopérative qui exploiterait une auberge au pied de la montagne. Tant mieux si un tel projet communautaire peut voir le jour. Mais une coopérative ne peut fonctionner que si elle compte sur un nombre suffisant de membres prêts à y investir beaucoup d'argent chacun. Une auberge ne peut pas suffire à dégager les liquidités suffisantes pour faire vivre un domaine de ski.

Les pressions seront donc très fortes pour que Québec finance le projet, non seulement pendant la phase du redémarrage — dont le rachat du bail qui pourrait coûter une petite fortune... —, mais chaque année par la suite. Financer un parc national, cela va de soi, personne ne remet cela en question, mais un golf et un territoire skiable? Imaginez le nombre de demandes d'aide qui s'ensuivraient dans toutes les régions si Québec reprenait du service dans le financement direct d'activités de divertissement!

En négociant un virage à 180 °, le premier ministre Charest sauve la face. Mais qui dit qu'il ne vient pas ironiquement de renvoyer la patate chaude à ceux-là mêmes qui ont contribué à ses difficultés électorales du mois dernier?

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • Olivier Nguyen - Inscrit
    8 mai 2007 21 h 05
    Offrons-le aux récollets
    On sait que même sans abbaye, ils ont pu "apprivoiser" le Sault-aux-Récollets (sur la Rivière des Prairies) avec les succès de villégiature que l'on sait; une brève promenade sur la rive que longe la piste cyclable ne nous convainc-t-elle pas d'emblée par le nombre de constructions uniques, disséminées dsur Gouin comme autant de jalons datant d'aussi loin que le XVIIe siècle? Un nouveau domaine qui verrait à cultiver les espèces endémiques de la région s'inscrirait sans doute mieux dans l'implantation à long terme, au Mont Orford, qu'un projet purement résidentiel.
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