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Les attaques d'André Boisclair - Duceppe lance un appel à l'unité et au calme

Alexandre Shields   7 mai 2007  Québec
Gilles Duceppe
Gilles Duceppe
Conscient que les attaques d'André Boisclair à son endroit ne peuvent que nuire à la cohésion du camp souverainiste, le chef bloquiste Gilles Duceppe a lancé hier un appel à l'«unité» et au «calme», lors d'une assemblée d'investiture qui se tenait dans la circonscription d'Argenteuil-Papineau-Mirabel. Au cours d'une entrevue télévisée, il a néanmoins rappelé avoir été «estomaqué» par les propos du chef péquiste, qui a prétendu que M. Duceppe tentait de le déloger de son siège.

a prend l’unité, l’unité dans le Bloc québécois et l’unité dans le mouvement souverainiste, a lancé M. Duceppe, de passage à Plaisance. Ça prend la plus grande unité, même si nous vivons des situations tendues. Il faut rester calmes, rester solidaires, rester rigoureux, être clairs en tout temps, faire face à nos responsabilités.» «Pour nous, au Bloc, faire à face à nos responsabilités, ça veut dire faire progresser la souveraineté», a-t-il ajouté.
Au cours d’une entrevue sur les ondes de RDI, le chef bloquiste a aussi lancé un appel au calme au chef du Parti québécois (PQ), André Boisclair. «Il est clair qu’on vit tous une immense pression actuellement, suite aux résultats de l’élection, et je comprends que M. Boisclair la vit comme moi je la vis. Cela étant dit, il n’y a aucun fondement à une telle déclaration», a-t-il souligné.

Gilles Duceppe a insisté pour dire que ni lui, ni la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel, ni aucun membre de sa formation ne préparaient sa candidature à la direction du Parti québécois en ce moment. «Louise [Harel] est une amie de longue date [...].

On n’est pas pour cesser de se parler parce que ça déplairait à quelques-uns», a-t-il laissé tomber, ajoutant que «ce serait malsain de faire des jeux de coulisses. Ce ne serait pas notre genre, ni à elle ni à moi». «J’ai du travail important à faire à Ottawa actuellement, c’est ce qui m’accapare», a aussi indiqué le chef du Bloc québécois (BQ), jugeant que «le front à Ottawa est drôlement important».
«Je ne veux pas faire une montagne de tout ça. Il y a des choses plus importantes à faire», a-t-il poursuivi. M. Duceppe a d’ailleurs invité les troupes souverainistes à se concentrer sur la bataille politique qui se joue avec les autres formations politiques. «On ne doit pas se battre entre nous dans le mouvement souverainiste, mais bien plutôt rebâtir cette nécessaire confiance, rétablir tous ces ponts avec les Québécois, à travers toutes les régions, bien analyser la situation», a-t-il expliqué.

Officiellement, il se garde bien de vouloir jouer dans les plates-bandes du chef péquiste. «M. Boisclair a déclaré que ce serait aux membres du Parti québécois de déterminer l’orientation de ce parti, sa stratégie, sa direction, et ils débattent du moment pour le faire. Ce sont à eux de décider quand ils auront ce débat. Il faut le faire de façon respectueuse les uns les autres.» Gilles Duceppe envoie du même coup cet avertissement: «J’ai passé à travers des situations difficiles au Bloc dans le passé. Il faut assumer toutes ses responsabilités correctement à ce moment-là, regarder la situation de façon réaliste, objective, maintenir la détermination. Ce n’est pas à d’autres de la régler pour nous».
Il n’offre toutefois pas un «non» catégorique lorsqu’il est questionné sur un possible saut en politique provinciale, à la tête du PQ. «Il y a un chef au Parti québécois. La question ne se pose pas, a d’abord souligné M. Duceppe. [...] M. Boisclair est là. Il a un mandat légitime.» «J’ai toujours dit que je n’avais pas de plan de carrière, et je n’en ai pas, je trouve ça malsain. Or, je réponds aux questions quand elles se posent», a-t-il expliqué par la suite.

L’entrevue intégrale de M. Boisclair
Quelques minutes avant l’intervention télévisée du chef bloquiste, on a eu droit à la version intégrale de l’entrevue controversée accordée par André Boisclair à l’émission Les Coulisses du pouvoir. Le chef péquiste y a adressé un avertissement à Gilles Duceppe. «Si M. Duceppe est prêt à porter l’habit — on me dit qu’il se couche le soir avec l’habit du chef du Parti québécois — quelles sont les conséquences pour le mouvement souverainiste? Ça veut dire que le Bloc québécois va se retrouver dans une situation excessivement difficile. Et c’est donc lui, un seul homme, qui portera la responsabilité de l’avenir du mouvement souverainiste, et de son affirmation, tant à l’Assemblée nationale qu’à la Chambre des communes. Je pense que cette décision ne peut pas appartenir à un seul homme», a-t-il jugé.

«Si M. Duceppe fait le choix de dire “le Bloc c’est fini, il faut tous qu’on rentre à Québec”, cette décision-là, elle ne peut pas reposer sur un seul homme, de la même façon que mon avenir au Parti québécois ne repose pas sur mes seules épaules», a répété André Boisclair. Il se permet même de faire la leçon à son «frère d’armes». «Je placerai toujours les intérêts du mouvement souverainiste avant les miens, a-t-il ajouté. Je pense que M. Duceppe doit aussi faire ce même genre d’analyse.» «Je fais mon travail, qui est celui de chef du Parti québécois, en ce moment. Je pense que M. Duceppe doit faire la même chose», a-t-il lancé.
Le chef péquiste ne semble pas croire que la contestation de son leadership soit représentative de l’ensemble du camp péquiste. «Il y a une minorité qui se fait entendre en ce moment, à la radio, dans les journaux», a évalué André Boisclair. Il croit tout de même que certains veulent sa tête, pour la remplacer par celle de Gilles Duceppe. «Il y a des gens qui, au Parti québécois, ont des doubles agendas, malgré les déclarations publiques qu’ils font.»

Le leader souverainiste se dit néanmoins «très confortable», assurant que la situation actuelle est «normale» après une élection, alors que le parti traverse «une période de turbulences». «Je lance cet appel au calme: attention aux décisions précipitées», a aussi prévenu M. Boisclair, soulignant au passage que «les libéraux ne lavent pas leur linge sale en public. Il y a peut-être quelques leçons à prendre là». Il croit plutôt que la priorité, actuellement, est de «sauvegarder les forces du mouvement souverainiste». Il n’a pas été possible de parler à André Boisclair hier.

Grogne au PQ
Chose certaine, les propos du chef péquiste ont fait sursauter les militants souverainistes. Certains ne cachent d’ailleurs plus leur mécontentement. Ainsi, le président de l’exécutif du PQ dans Jean-Lesage, Jean-François Jacob, a déclaré à Radio-Canada que M. Boisclair avait perdu toute crédibilité et qu’il appuierait M. Duceppe. Quelques députés péquistes considéreraient quant à eux que leur chef est allé trop loin, selon les quelques informations qui filtraient hier des officines du Parti.
Le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose, juge que les attaques de M. Boisclair sont plutôt déplacées, surtout dans les circonstances actuelles. «La méthode est bizarre», a-t-il dit, ajoutant que, pour les souverainistes, «la dernière chose à faire, c’est de tirer sur ses alliés», surtout à la suite de la mauvaise performance du 26 mars.
Le militant souverainiste Yves Michaud a pour sa part accusé le chef péquiste d’avoir fait preuve d’un manque de jugement flagrant en s’attaquant à son «frère d’armes», Gilles Duceppe. M. Michaud estime qu’André Boisclair est désespéré, étant déboussolé par la récente déconfiture électorale. Il a souligné que ce nouvel épisode s’ajoutait au passif d’un chef de parti qui devrait, selon lui, se questionner sur le fait qu’il n’est pas à «la bonne place». Il lui demande donc de se soumettre sans tarder, avant la fin de l’année, au vote de confiance des militants.

Ce vote pourrait survenir plus tôt que ne le souhaite l’exécutif du Parti québécois, qui a proposé de tenir un congrès à l’automne 2008, plutôt qu’au printemps 2009. Or les membres de l’exécutif des 11 circonscriptions de la région de la Capitale-Nationale se sont prononcés samedi pour la tenue d’un congrès et d’un vote de confiance au printemps 2008. Ils ont donc emboîté le pas à leurs homologues de quatre circonscriptions de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, qui s’opposent à l’échéancier fixé par l’exécutif national du parti. Dans la région de l’Outaouais, favorable à M. Boisclair, le vent serait aussi en train de tourner. Les 125 présidents de circonscriptions doivent se réunir le 26 mai pour décider de la date du congrès national, donc du vote de confiance.

Par ailleurs, une autre tuile pourrait tomber sur la tête des péquistes. Le député de Mercier, Daniel Turp, songerait à quitter la vie politique, ou encore à siéger comme indépendant, furieux du rejet de son projet de Constitution du Québec par le chef péquiste. On devrait en apprendre davantage cette semaine, puisque M. Turp reviendra d’un voyage en Europe.

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  • Normand Chaput
    Abonné
    dimanche 6 mai 2007 23h20
    ou sont les 40000 entousiastes
    « ils etaient supposes amener un vent de fraicheur et, etant jeunes, il me semble que c est eux qui devraient prendre sa part sur toute les tribunes internet....s ils existent evidemment »

  • Michel Vallée
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 07h57
    De mal en pis
    « On entend souvent dire, à tort, que M. Boisclair n'a pas de charisme. Il est vrai qu'il a parfois un langage un peu ésotérique pour la majorité québécoise. Mais qu'en est-il des chefs précédents et de ceux qui prétendent prendre la relève? Landry perdait souvent le contrôle de son discours et recourait au latin pour s'en sortir. Bouchard avait bien un certain charisme, enfin tout autant que nos curés du début du siècle. Un charisme suranné du XIXe s. Quant au discours, je mets sur le même pied Pierre-Marc Johnson et Boisclair. Le seul finalement à qui on pouvrait reconnaître un charisme certain, un don pour se faire comprendre de tous, c'était, bien sûr René Lévesque.

    Ce qui nous manque le plus au Québec, ce qui est vraiment important, c'est le courage de s'assumer tous et chacun. Le courage d'aller au bout de son destin. Cessons de rechercher le messie qui va nous conduire à victoire par la seule force de sa parole et assumons nos responsabilités de peuple en devenir.

    Ah oui! J'allais oublier ceux qui prétendent prendre la relève. A vrai dire, M. Duceppe a autant de charisme qu'une punaise.


    Michel Vallée. Montréal »

  • Gaston Hénault
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 09h08
    Poule pas de TÊTE
    « Je suis un vieux militant de base depuis 1968.
    M.Boisclair vous agisez comme une poule pas de tête??
    S V P démissionner pour le bien de la souveraineté. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 09h09
    Des leçons des libéraux
    « Boisclair qui demande aux militants d'aller prendre des leçons chez les libéraux!

    Ça me rappelle mon étonnement lorsqu'il a dit à l'émission Les Coulisses du Pouvoir que ses informations sur Duceppe il les trouvait dans les journeaux, comme tout le monde. Qu'il n'avait aucun nom, aucune preuve.

    Quand on sait que le Québec est monopolisé par des médias fédéralistes, un militant indépendantiste ne peut être qu'horrifié d'apprendre de la bouche du chef du PQ que celui-ci conçoie sa stratégie à partir des informations que lui procurrent les journeaux fédéralistes.

    Boisclair détermine sa stratégie en lisant La Presse!

    Les journalistes de La Presse s'en donnent à coeur joie!
    Desmarais doit se bidonner! »

  • Jean-Michel Beaudoin
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 09h55
    "Jusqu'à quand enfin Catilina (Boisclair) abuseras tu de notre patiente"
    « Voilà ce que Cicéron pourrait écrire aujourd'hui, mais heureusement pour le chef péquiste, il s'est fait porter pâle.

    Décidément, les péquistes à défaut de présenter de façons cohérentes les vertus de l'indépendance, préfèrent s'entre-déchirer sur la place publique. Il faut dire qu'ils sont passés maîtres dans cet exercice. Boisclair est manifestement tout sauf un rassembleur et à nouveau, son manque de jugement est soulevé par Yves Michaud.

    Imaginons un court instant, le scénario d'un Québec souverain avec ce partie et ces mêmes individus en pleine crise interne.

    Et ils voulaient faire un pays.......

    Heureusement, le Rubicon n'a pas été franchi

    Jean-Michel Beaudoin
    Saint-Hilaire »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 10h25
    Un autre messie ?
    « La réaction d'André Boisclair à une éventuelle candidature de Gilles Duceppe à la direction du Parti québécois montre qu'il s'est lui-même pris pour un messie. Mais quand donc les Québécois péquistes, libéraux et adéquistes cesseront-ils de chercher des chefs qui les dispenseront de penser?
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Michèle Bourgon
    Inscrite
    lundi 7 mai 2007 10h52
    Les carottes sont surcuites, en purée et décomposées
    « Ça commence à bien faire, ne trouvez-vous pas ? Gaffe après gaffe après gaffe, Boisclair se maintient à la tête d'une formation politique qui portait les rêves du Québec. Son arrivée même à la tête de ce parti a remisé cet espoir au rancard pour plusieurs d'entre nous, les membres. Déjà, lors de cette élection, nous avons été plusieurs à voter ailleurs à voter blanc ou à ne pas voter du tout. Facile à expliquer: on ne veut pas de monsieur Boisclair comme chef de parti. On ne veut pas réaliser un pays avec lui. De là à dire que le PQ va mourir...Oui, le PQ va mourir si on s'obstine à maintenir monsieur Boisclair en poste pendant encore longtemps. Accepter de perdre des appuis de membres qui supportent l'idéologie souverainiste depuis qu'elle existe, c'est suicider le PQ. Et c'est ce qu'on a décidé de faire en pensant que de toute façon, d'autres allaient les remplacer. Va-t-on continuer ? N'a-t-on pas compris ?
    André Boisclair a de l'élégance. Il doit comprendre que pour le bien du PQ, il doit avoir l'élégance de quitter de lui-même. Pas en 2009, pas en 2008. Tout de suite. Le Parti doit se relever de cette raclée avant les prochaines élections qui ne tarderont pas. Et pour se relever, on a besoin d'un chef crédible, d'un chef en qui on va tous se reconnaître, d'un chef qui ne glissera pas sur une peau de banane ou une peau de vache à chaque pas. D'un chef dont le jugement soit sûr à n'importe quelle occasion. Ben oui, on demande la perfection...en autant que faire se peut. »

  • Michel HAins
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 12h23
    Encore hors contrôle
    « Définitivemnent Boisclair n'est pas l'homme de la situation, il est clair qu'il ne supporte pas la pression. Jamais je voudrais le voir en poste de premier ministre, et pas plus Duceppe qui n'est qu'un opportuniste qui ne ne pas avoir de plan de carrière mais un plan B dans sa poche.
    En conclusion je ne regrette pas mon changement de vote pour l'ADQ
    Dans le gouvernement précédent les libéraux étaient des arrogants face à la population et de même le PQ face à l'ADQ.Quand on crache dans les airs il faut s'attendrer que ça nous retombe dessus.Je donne tout mon support à l'ADQ pour remettre à leur place ces ARROGANTS qui jousent les vierges offensées.Notre classe politique est vraiment minable »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 12h25
    Les jeunes de Boisclair
    « Moi je m'en souviens très bien des jeunes à Boisclair. Ceux qu'il avait mobilisé avec son image. Certainement pas 40,000 mais un bon nombre. Peut-être 5 ou 6 miles. Une bonne force de militants en pleine force de l'âge, au courrant, créatifs, prêts à mobiliser les autres.

    C'est sur le blogue-forum de Boisclair qu'on pouvait les écouter et apprendre à les connaître. Leur créativité, leurs propositions d'innitiatives étaient revivifiantes. On y sentait une volonté désespérée de participer, d'être des agents actifs, d'appartenir à l'effort.
    Il y avait même un groupe qui se proposait de reconstruire totalement le site vieillot du PQ. Gratuitement. Vidéos, animations, informations, histoire du Québec, etc...

    Je n'aimait pas Boisclair et doutait déjà de lui à ce moment, mais devant toute cette énergie je me suis dit qu'avec une telle mobilisation créatrice par les jeunes, un effet d'entraînement était innévitable. J'ai contacter ces jeunes et leur ai proposé mes services aussi.

    Quelques jours plus-tard, une fois la course à la chefferie terminée et la visctoire de Boisclair, tout a été fermé.

    Plus rien. Plus de communication.

    Comme si quelqu'un avait simplement abaissé la manette du courrant.

    OFF. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 13h09
    tres mauvaise nouvelle pour les indépendantiste
    « Oui très mauvaise nouvelle que celle de l'élection en France d'un président de droite. Après Harper, la vague ADQuiste maintenant que la très gauche France a un président de droite. Le PQ en troisième position et une querelle intestine d'une virulence qu'on n'a jamais connu avant. OUI mes amis je vous le dit c'est la fin du PQ c'est la fin des souverainistes (si la droite joue bien son jeux, ce qui malheureusement n'est pas garantie) Maintenant le Québec peu se rebâtir et repartir sur un bon pied. C'est dommage que le parti libéral a plus peur de l'ADQ que du PQ. Le PQ est troisième alors qu'il assume plus de gros budget plus de chauffeur et une dernière place sur les comité et la période de question tel est la volonté du peuple et celle des règlement de la chambre. M Charest mettez vos culotte et le PQ è sa place il est troisième ce qui leur confère très peu ou pas de place. Si ils remonte alors laissons les changer le règlement si ils le veulent encore.

    M. Boisclair vous etes très sympatique je vous souhaite une très bonne chance vous en aurrai besoi dans ce parti mange chef qui attent le messi. »

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