jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h43


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

UQAM: Courchesne intervient

Kathleen Lévesque   1 mai 2007  Québec
Les 600 places de stationnement de l'îlot Voyageur ont coûté près du double du prix prévu à l'origine, contribuant ainsi au dérapage financier de ce projet immobilier mené par l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en partenariat avec la firme privée Busac. Selon les informations recueillies par Le Devoir, chaque espace aurait coûté plus de 60 000 $ plutôt que les 30 000 à 35 000 $ habituellement nécessaires pour ce genre de construction souterraine. Cela s'ajoute au problème de rentabilité du stationnement qui découle de la réduction du nombre de places. L'UQAM a choisi de ne construire que 600 des 800 places prévues pour des considérations écologiques.

La construction étant terminée, le stationnement doit être mis en fonctionnement le premier juin. C'est la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ) qui a obtenu, il y a deux semaines, le contrat de gestion pour une période de cinq ans. La vice-rectrice aux affaires administratives et financières de l'UQAM, Monique Goyette, compte parmi les administrateurs de la SPAQ.

L'explosion des coûts de stationnement contribue au marasme financier de l'îlot Voyageur qui devait s'autofinancer. Comme le révélait hier Le Devoir, ce projet qui doit comporter outre les stationnements, le terminus d'autocars, une faculté, des résidences étudiantes et une tour de bureaux, provoque une impasse pouvant atteindre 200 millions. Et ce problème s'additionne à celui de 100 millions lié à la construction du Complexe des sciences.

Et comme si cela ne suffisait pas, les ambitions immobilières de l'UQAM sont devenues un fardeau qui pèse lourd sur le budget de fonctionnement de l'institution. Depuis trois ans, l'UQAM accumule les déficits budgétaires.

Alertée, la nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a décidé hier d'intervenir dans le dossier. «C'est une situation que je prends extrêmement au sérieux. Nous avons l'intention d'aller au fond des choses», a affirmé Mme Courchesne en marge du caucus libéral qui se déroulait à Montmagny.

La ministre n'a pas voulu commenter les aspects litigieux du dossier, soulignant qu'elle est en train «de colliger toutes les informations». Dès aujourd'hui, elle rencontrera la rectrice par intérim, Danielle Laberge, ainsi que le président du conseil d'administration, Alain Lallier.

Cette décision est venue bousculer l'UQAM. D'un commun accord avec le cabinet de Mme Courchesne, il a été convenu de reporter la séance spéciale du conseil d'administration qui était prévue hier soir. Cette réunion devait justement permettre à la direction de l'université de faire la lumière sur sa situation financière pour le moins chaotique. Les administrateurs ont été reconvoqués pour jeudi.

Quelques-uns d'entre eux n'ont pas caché hier leur inquiétude d'autant que les informations sont données au compte-gouttes, a-t-on souligné au Devoir. En vue de la prochaine rencontre, aucune documentation leur permettant de se préparer à débattre ne leur a été fournie; les informations seront disponibles sur place.

Aussi, la ministre Courchesne a souligné que le président du réseau de l'Université du Québec (UQ), Pierre Moreau, et deux membres de son conseil (instance appelée Assemblée des gouverneurs) rencontreraient le conseil d'administration de l'UQAM au cours des prochains jours.

De plus, Michelle Courchesne a annoncé d'ores et déjà qu'elle tiendrait jeudi ou vendredi «un point de presse pour exposer l'état de la situation et le point de vue du gouvernement dans ce dossier-là». Pour l'occasion, elle sera accompagnée de Pierre Moreau. Est-ce à dire qu'elle réserve déjà un rôle à l'avant-scène pour l'UQ? Il a été impossible de le savoir.

Il est toutefois à noter que certains pans des solutions envisagées par l'UQAM pour se renflouer, comme par exemple la vente de cinq des six immeubles achetés depuis cinq ans, doivent être soumis pour autorisation à l'Assemblée des gouverneurs de l'UQ. La vente de certains des immeubles qui ont une valeur patrimoniale importante (la bibliothèque nationale Saint-Sulpice, le Manoir de Mascouche et l'édifice du défunt quotidien La Patrie) soulève par ailleurs certaines craintes, notamment de la part d'Héritage Montréal.

Devant un portrait partiel aussi sombre, certains administrateurs de l'UQAM se réjouissaient d'une possible intervention gouvernementale dans le dossier. De même, le député péquiste Nicolas Girard, critique en matière d'éducation post-secondaire, a fait valoir que le gouvernement, à titre de principal bâilleur de fonds de l'UQAM devait suivre de près les projets immobiliers de celle-ci. «Qu'un projet d'une telle envergure comme l'îlot Voyageur n'ait pas bénéficié d'un suivi serré ni à l'interne ni par le ministère de l'Éducation, c'est très inquiétant. Surtout qu'il s'agit de fonds publics», a commenté M. Girard qui croit que les ratés de l'îlot Voyageur peuvent avoir «un impact négatif sur les opérations courantes de l'UQAM, soit l'enseignement et la recherche».

La gérance du projet de l'îlot Voyageur est sous la responsabilité de la firme Busac qui est liée par contrat à l'UQAM. Le financement du projet est assuré par un emprunt contracté par Busac, mais garanti par l'UQAM. Ce partenariat fait en sorte que l'UQAM paie à Busac une rente emphytéotique pendant 30 ans de 17,2 millions par année. Au terme de la période de 30 ans, l'UQAM deviendra propriétaire de l'ensemble immobilier.

Il semble que ce contrat soit devenu un carcan pour l'UQAM. Des négociations ont été entamées. Malgré les nombreux appels du Devoir, Busac s'est tenue coite. Sur son site Internet, on apprend que Busac se définit elle-même comme «une entreprise créative et intrépide».

***

En collaboration avec Robert Dutrisac






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 1 mai 2007 03h42
    BAISSES D'IMPÔT DANS LE TROU DE NOUVEAU
    « Notre gouvernemnt provinvial va être pris avec cette impasse Universitaire pouvant atteindre 200 millions en plus du 100 millions lié à la construction du Complexe des sciences et des déficits budgétaires accumulés deopuis 3 ans sous ce même gouvernement.

    Fait que...les baisses d'impôt promis dans le nouveau budget vont devoir encore être retardées pour payer ce qui précède et quelques autres surprises à moins, comme d'habitude, d'augmenter les tarifs de ls SAAQ ou autres affaires controlées par notre bon gouvernement qui tente de nous faire croire qu'il va baisser les impôts quand il est déjà dans le trou incluant ceux de poules en particulier et de l'état des routes en général.

    Pour ne pas augmenter notre dette gouvernemental, faudrait attendre davoir des surplus avant de baisser les impôts selon Lapalisse. »

  • Hugues Lamarche
    Inscrit
    mardi 1 mai 2007 06h23
    Ça doit cesser!
    « Voilà un autre beau gâchis dans le monde du public et du parapublic. Les exemples se multiplient depuis plusieurs années, et pour cause. Le népotisme et l'absence totale d'imputabilité rend les responsables, nos mandarins, totalement gaga. The sky is the limit... Mais quels illuminés ont laissé l'UQAM s'embarquer dans un tel projet et s'embourber par la suite? Ne devrait-on pas frapper chaque responsable d'une interdiction de charge publique pendant un minimum de 5 années après une telle catastrophe?

    Le projet, parmis tant d'autres, démontrent de plus en plus le népotisme et l'amateurisme qui règnent dans une partie de notre fonction publique et nos gouvernements. Encouragés par l'absence d'imputabilité et par une source de fond inépuisable, les mandarins ont le beau jeu. Après tout, ce n'est pas leur argent... comment se montrer responsable dans ce cas?

    C'est malheureux, mais il faudra se rendre à l'évidence en tant que société que nos services publics et parapublics sont trop gourmands. Devenus obèses, ils cherchent à conserver le même tour de taille en gobant encore plus et le font tout azimuth, avec le coût que cela implique. Cette machine doit être dégraissée, pour le bien de tous... »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 1 mai 2007 08h30
    L'imputabilité et les PPP
    « des gestionnaires a tout les niveaux du gouvernement et de ses paroisses devraient être impliquée au plus tôt. Pourquoi gérer serré quand on vous donne la chance de faire un petit ou un grand stade olympique ou système de transport en commun de Laval? Comment cela se fait qu'un centre d'achat privé est fait avec un budget à la cent, mais que dés qu'on parle du gouvernement y a un gouffre commanditaire qui se creuse ?
    Et voila un excellent exemple de PPP de Charest, le privé s'en frotte les mains,fait un bénéfice automatique, c'est l'imputable ( c.à d. NOUS ) qui est le responsable des dettes....
    En fait ce sont des "Projets Pleins de Profit" pour le privé.... »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 1 mai 2007 09h19
    monsieur Noel pourriez vous m aider?
    « C que je comprend pas c est qu on nous parle d une demographie en declin et que les universites doivent se competitionner entre elles pour aller chercher des etudiants a l etranger puis ceux ci veulent pas payer trop cher alors ils viennent au Quebec parce que c est moins cher et alors on doit construire de nouveaux locaux pour les accueillir puis, paf, en passant, on est dans le trou. Y a t-il autant de choses a apprendre pour que cela prenne des millions pour l universite de montreal et des millions pour l uq et des millions pour l universite de sherbrooke a longueuil? Ca ne me derange pas vraiment qu on depasse les couts mais je me pose la question sur la pertinence de cette explosion universitaire »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 1 mai 2007 11h46
    @Chaput
    « 97,498 naissances au Québec en 1980
    72,010 en 2000

    Cette baisse spectaculaire de 26% des naissances aurait dû entrainer une baisse comparable du budget de l'Éducation.
    Eh ben non!
    Car c'est mal connaitre la redoutable puissance du système de se protéger.
    D'abord, ils ont réduit les classes. Plus que des petites classes de 20 élèves et moins de la maternelle à la 4e année (mais le discours est contraire; le syndicat nous parle de classes de 30, 35 élèves). On a sauvé les jobs de 2000 profs (cout pour les contribuables: 100 millions par année)
    Puis l'immigration à pleine porte. On a doublé depuis 10 ans.
    Enfin, comme ce n'est pas assez on va recruter à l'étranger. Au Cegep de Matane y vont recruter -tenez-vous bien- à Madagascar!!!
    Tout ça est payé par les cochons de contribuables mais personne n'en parle.
    On nous parle des parking du l'UQAM...


    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/naisn_deces/naissance/401.htm »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 1 mai 2007 13h27
    une raison de plus pour privatiser
    « Voici un parfait exemple du pourquoi le réseau de l'université du Québec est un trou sans fond. C'est la seule université qui ne charge aucun supplément au étudiant, photocopie gratuit équipement de labo gratuit et tout le reste. Toutes les autres université on des frais supplémentaire à cause du manque de financement et des frais trop bas. Et pourtant sans autre source de revenue que nos taxes, ce réseau prend de l'expansion et a des bâtiment parmi les plus neuf et coûteux de tous nos université.

    M Charest qu'attendez vous pour privatiser le réseau des université du Québec et à quand le libre marché pour les frais de scolarité »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 1 mai 2007 14h14
    donnent-ils des cours de gestion a l uquam?
    « Il faudrait en parler au recteur il pourrait des cours du soir. Evidemment il n aura pas droit aux prets et bourses mais bon. »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mercredi 2 mai 2007 18h49
    En réponse à Claude Archambault
    « Une fois de plus, des néo-libéralistes à outrance, se mettant la tête dans le sable, à l'Archambault, favorisent la privatisation au nom d'une gestion étatique apparemment chancelante.

    On nous montre bien ce qu'on veut nous montrer chez les néo-conservateurs.

    À chaque fois que le privé est agencé au public, c'est ce qui se passe.

    Cessez de nous prendre pour des valises, les lucides.

    Il n'y a pas plus cruche qu'un lucide.

    Tant qu'on n'atteindra pas le fond du baril avec le privé, il y aura toujours les faux-prophètes allés à l'école de Milton Friedman pour nous écoeurer avec leurs déviations vers le privé.

    Elle est belle la ré-ingénierie de Charest!

    Ce ne sont pas pourtant les indicateurs qui ont manqué. Qu'on se rappelle seulement le partenariat public-privé de l'Église Saint-James dont le Devoir nous parlait le 25 janvier dernier.

    Un autre exemple de PPP: Télébec se retrouve propriétaire d'un réseau de 24 M $ après y avoir investi à peine 5,2 M $. On comprend que les petits amis du régime sont attentionnés à retourner l'ascenseur au parti qui prône ça.

    Le gouvernement désavoue des politiques locales, se pliant ainsi aux volontés de groupes d'industriels pour lesquels la santé et le devenir des communautés locales n'ont pour toute importance que le profit qu'ils peuvent en tirer.

    Tout cela en réduisant les impôts d'1 milliard par année! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
8 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Idées
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009