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Sécurité du travail: la CSN réclame plus d'inspecteurs

Le syndicat réclame à la CSST 200 employés supplémentaires

Louise-Maude Rioux Soucy   26 avril 2007  Québec
En dépit des campagnes-chocs mises en avant ces dernières années au Québec, on meurt encore trop souvent au boulot. L'an dernier, 206 personnes sont mortes dans l'anonymat le plus complet à la suite d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle, selon la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). Pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), il est clair que l'action doit prendre le pas sur la prévention et qu'il faut impérativement accroître le nombre d'inspecteurs.
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  • Robert Plante
    Abonné
    jeudi 26 avril 2007 14h57
    C'est plus grave qu'il n'y paraît!
    Les accidents mortels ou non ne sont que la pointe de l'iceberg! Les maladies reliées au travail et qui minent «silencieusement» la qualité de vie d'un grand nombre de citoyens sans que la CSST soit mise à contribution sont beaucoup plus nombreuses encore et aucun effort réel n'est déployé dans la très grande majorité des milieux de travail pour les prévenir. D'ailleurs, pour les prévenir, il faudrait d'abord admettre leur existence et les rechercher. (Florian Ouellet a écrit un livre intéressant sur le sujet : La SST, un système détourné de sa mission.)

    La Loi québécoise sur la santé et la sécurité au travail a confié le volet santé au travail à l'organisation de santé publique déjà développé au sein du réseau public de santé (Les directions de santé publique et les CLSC) dont je fais partie. Comme «médecin responsable», j'ai la responsabilité, avec les professionnels qui oeuvrent avec moi, d'identifier les risques pour la santé présents dans les milieux de travail, de signaler aux employeurs et aux travailleurs autant qu'à la CSST et d'inciter-assister les milieux de travail en vue de l'élimination des dangers et la protection de la santé des travailleurs.

    Cependant, maître d'oeuvre de l'application de la Loi et «gérante du portefeuille» c'est la CSST qui détermine dans quelles entreprises les services de santé au travail seront disponibles et après 27 ans, elle n'a pas encore trouver le temps de garantir les services minimaux à plus de 20 à 25% des travailleurs et travailleuses du Québec.

    Aujourd'hui, les problèmes de santé mentale reliés à l'organisation du travail sont devenus «la plaie» dans de nombreux milieux de travail qui devraient pouvoir compter sur l'expertise du réseau de santé publique mais les services ne sont toujours pas disponibles. Certaines entreprises utilisent des produits dangereux, voire même cancérogènes sans le savoir, sans que les travailleurs en soient informés et surtout sans que ces dernier soient protégés adéquatement.

    Non seulement est-il tristement vrai que la CSST ne dispose pas d'assez d'inspecteurs et que les amendes prévues pour les infractions sont dérisoires mais pire encore, la CSST prive plus de 75% des travailleurs (qui sont surtout des travailleuses)des droits qu'elle avait la responsabilité de leur octroyer progressivement, groupe par groupe d'entreprises entre 1980 et 1990.

    Robert Plante
    médecin-conseil en santé au travail et médecin responsable en entreprises
    Direction de santé publique de l'Outaouais
    Gatineau
    robert.plante@ssss.gouv.qc.ca

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