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Politique québécoise - Le développement durable est-il un ennemi de l'environnement ?

Louis-Gilles Francoeur   21 avril 2007  Québec
Dans les milieux scientifiques et dans ceux de l'écologie militante, plusieurs se demandent de plus en plus ouvertement si le concept sacralisé du «développement durable» et la protection de l'environnement ne sont pas antinomiques.

Des auteurs comme Hervé Kempf, l'auteur de Comment les riches détruisent la planète, se posent la question carrément puisque l'épuisement des ressources naturelles et le déclin des grands écosystèmes sont le résultat d'une consommation effrénée et insoutenable à long terme.

Par contre, pour beaucoup de gouvernements et d'entreprises, c'est ce développement économique débridé qui doit durer et non les écosystèmes à la base de la survie des humains. C'est en ce sens que le développement qui dure et perdure peut devenir insoutenable pour la planète. En anglais d'ailleurs, l'ambiguïté est plus facilement évitée car on parle de développement «soutenable» (sustainable), ce qui évoque d'abord l'idée de ses limites.

Au Québec

Mais qu'en est-il de ce concept chez nous, maintenant qu'il a été inscrit dans une loi et balisé par une série de principes en plus de figurer dans le nom du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP)? D'ailleurs, dans ce nom, on a symboliquement placé le concept de «développement durable» devant celui de l'environnement...

Se pourrait-il que la nouvelle Loi sur le développement durable (LDD) atténue jusqu'à un certain point la portée historique de la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE)?

Cette dernière avait valeur de charte de l'environnement avec son article 19 qui stipule que «toute personne a droit à la qualité de l'environnement, à sa protection et à la sauvegarde des espèces vivantes qui y habitent, dans la mesure prévue par la présente loi, les règlements, les ordonnances les approbations et les autorisations délivrées en vertu de l'un ou l'autre des articles de la présente loi».

Cette véritable charte a été atténuée au début des années 2000 par l'exemption accordée aux «odeurs inhérentes aux activités agricoles» et par certains pouvoirs conférés aux municipalités.

De plus, l'article 20 de la LQE ajoute que «nul ne doit émettre, déposer, dégager ou rejeter ni permettre l'émission, le dépôt, le dégagement ou le rejet dans l'environnement d'un contaminant au-delà de la quantité ou de la concentration prévue par règlement du gouvernement». La même prohibition s'applique aussi depuis 1972 à tout contaminant «susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité, au bien-être ou au confort de l'être humain, de causer du dommage ou de porter autrement préjudice à la qualité du sol, à la végétation, à la faune ou aux biens».

Un amendement dévastateur

On comprend que, s'il n'y a pas de norme réglementaire, les interdictions de la LQE sont totales, ce que les tribunaux ont confirmé. Mais l'amendement apporté à la Charte québécoise des droits et libertés par la Loi sur le développement durable en 2006 stipule que le droit à l'environnement existe désormais dans la mesure où le législateur l'a défini et encadré, ce qui apparaît moins large que la prohibition générale de l'article 20.

D'autre part, la nouvelle LDD oblige le gouvernement à se doter d'une politique globale de développement durable qui soit compatible avec les 16 principes définis par la loi, à faire en sorte que les politiques des ministères s'inscrivent à l'intérieur de cette politique générale et qu'un commissaire à l'environnement vérifie la conformité des programmes et des décisions aux politiques et critères encadrés par la loi.

Or, cette loi et ses principes n'ont pas encore passé le test des tribunaux. Mais les gestionnaires du MDDEP se sentent déjà obligés de s'en inspirer puisque leur ministère est aussi visé par son application. Dès lors, ils peuvent s'inspirer des 16 principes qui placent — voilà le hic! — sur un pied d'égalité la «protection de l'environnement», la préservation de la biodiversité et la capacité de résistance des écosystèmes — les objectifs premiers de la LQE — et l'«efficacité économique» qui doit permettre au Québec et à ses régions d'être «performants», innovateurs et prospères.

Les objectifs de la LQE vont-ils avec le temps se retrouver dilués par les pratiques du MDDEP qui doit, en vertu de la nouvelle LDD, départager désormais son ancienne priorité de protection et celle du développement économique? En tout cas, le rapport Brundtland définit de façon très différente le développement durable puisqu'il limite ce développement en fonction de deux critères.

Confort et « besoins »

Le premier, c'est la satisfaction des «besoins». Le reste est superflu et menaçant pour la planète, explique son long réquisitoire. Comment alors prétendre au Québec, par exemple, que la construction de marinas et de condos de luxe dans des milieux humides, et celle d'autoroutes et de ponts comme la 25 qui vont stimuler l'étalement urbain et la facture d'énergie à l'heure de Kyoto, correspondent à des «besoins» plutôt qu'aux exigences du confort, de la facilité et du luxe?

On peut donc se demander si le ministère responsable de l'environnement au Québec assume son rôle en matière de vrai développement durable, car il autorise bien des choses qui vont au-delà de la satisfaction des «besoins» et qui concourent beaucoup plus à la boulimie de la consommation nord-américaine, y compris en énergie. Le cas de la Rupert est éloquent.

Le deuxième critère de la commission Brundtland est clair: en règle générale, les besoins d'autoreproduction des écosystèmes et des espèces doivent être les limites d'un développement bien compris. Or, notre nouvelle LDD trace une frontière floue, mobile et fort commode entre développement économique et protection de l'environnement. Elle ne contient aucune hiérarchisation entre ses 16 critères alors qu'il aurait fallu, dans l'esprit de Brundtland, placer la protection de l'environnement au-dessus de l'efficacité et de la performance économique.

En clair, notre nouvelle loi ouvre possiblement la porte, au lieu de la fermer à double tour, à de nouveaux reculs en matière de protection de l'environnement, en plaçant le développement sur le même pied que la conservation et en laissant la responsabilité d'arbitrages qui ne devraient pas avoir lieu aux fonctionnaires et ministres, beaucoup trop souvent asservis par les grands acteurs économiques, comme l'a révélé le dossier d'Orford à la stupéfaction du Québec tout entier.

Voilà un débat qui aurait sans doute eu intérêt à sortir de l'Assemblée nationale et à être éclairé en profondeur par les écologistes et les juristes.






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  • Suzann Méthot
    Abonnée
    vendredi 20 avril 2007 23h05
    LA CROISSANCE, remise en question
    « La ¨croissance¨n'est jamais remise en question... ni par les individus, ni par les entreprises et encore moins par les ministères et gouvernements, au contraire! Par contre «Est-ce que le développement durable est contradictoire au bénéfice économique, et vice et versa?» Il faudrait plutôt poser la question suivante aux actionnaires d'entreprises et aux citoyens: Au péril de vos profits, acceptez-vous un revenu moindre au profit d'un environnement sain?... Et au point où nous en sommes, la vraie question?: pour la pérennité de la planète et des générations actuelles et futures, calculez ce que vous gagnerez plutôt ce que vous perderez en agissant consciencieusement pour le bien de l'environnement qui nous supporte tous. »

  • Jacques Legros
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 12h29
    La notion d'un réel développement durable inclut obligatoirement la protection de l'environnement
    « Il est triste de constater que la notion de développement durable soit récupérée par les défenseurs de la thèse que le développement économique doit primer et peut même être incompatible avec les mesures visant la protection de l'environnement naturel.

    Il est pourtant évident qu'il est illogique de parler de développement durable sans prendre en considération la protection de l'environnement naturel. Comment voulez-vous qu'un projet de développment économique respecte les notions de développement durable si ce même projet met en danger l'environnement à court ou long terme ?

    Il est clair que notre société doit désormais se préoccuper des impacts éconmiques ainsi qu'environnementaux à longs termes reliés à la réalisation de tout projet de développement. Nous devons cesser de léguer à nos jeunes et aux générations futures les coûts réels des projets qui servent nos intérêts économiques à court terme.

    Les effets de l'utilisation des gaz à effets de serre et leurs impacts sur le réchauffement de la planète est un des exemples probants à cet égard.

    Cessons de laisser l'expression "développement durable" être galvaudée et récupérée et clarifions de façon évidente la définition réelle du développement durable. Le développement durable doit inclure prioritairement la notion de protection de l'environnement naturel.


    Jacques Legros,
    agriculteur et
    candidat de Québec solidaire,
    comté de Montmorency »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 13h14
    L'obsession écolo à toutes les sauces ?
    « L'obsession écolo tend à changer radicalement notre mode de vie à l'ère post-industrielle. Les écolos veulent tout contrôler et leur ambition n'a pas de limite, réchauffement médiatique aidant.

    Entre la simplicité volontaire et la simplicité forcée y a une marge que leur discours franchi allègrement. On veut forcer une population à adopter leur mode de vie et leur conception en l'inondant de faits troublants annoncant la fin du monde. Or le consensus scientifique est un mythe qu'ils entretiennet religieusement. Mais regardons les agir et posons nous la question s'ils n'agissent pas à l'encontre de leurs pricipes environnementaux. Voici un exemple parmi tant d'autres.

    À Québec, le Conseil de Ville est régenté par un parti majoritaire dont la chef est une militante écolo de renom ayant été PDG de Vivre en Ville et administrateur d'Équiterre. Or, leur projet majeur en environnement est un tramway d'un milliard de dollars, rien de moins. Il y a eu une étude de faisabilité en 2003 qui a coûté 3 millions et qui dort sur la tablette depuis lors. Le RTC a décidé de multiplier les autobus à parcours rapide en passant les parcours actuels de 2 à 4. Bravo... Où ca se gâte, c'est que le RTC a acheté des autobus articulés pour desservir ces nouveaux parcours mais sur certains il faudra de travaux de 5 millions pour permettre la venue de ce service souhaité par les écolos pour diminuer le flot de véhicules dans le traffic de pointe. Ces mêmes écolos on différé les travaux et préféré privilégier une nouvelle étude de faisabilité évaluée à 8 millions. Voilà comment les écolos à force de vouloir tout contrôler dilapident les fonds publics et éloignent volontairement la venue de solutions bénéfiques à l'environnement. Ces décissions montrent leur incapacité à avoir une vue cohérente, rationnelle et économique pour régler les problèmes d'environnement à la source. Je pourrais vous parler aussi de Rabaska où les écolos s'opposent pour s'opposer car le gaz naturel est une énergie propre...

    Alors comment pouvons-nous leur faire confiance quand ils crient à satiété au respect du protocole de Kyoto. On sait que les libéraux, leurs alliés de circonstance, qui ont signé l'accord savaient très bien que c'était irréaliste et que les échéances étaient trop courtes. Naturellement Dion s'est trainé les pieds et maintenant accuse l'autre. Courrir après ces objectifs nécessite de la part des gouvernements qu'ils consacrent 20% de leur budget à Kyoto pendant 5 ans. Le Ministre Baird s'est fait un devoir de leur rappeller cette semaine, un retour à la réalité qui les choque. L'appétit des écolos est gargantuesque et leur simplicité volontaire devient compliquée tout d'un coup.

    Et si ces alarmistes se trompent de cible et que le CO2 n'est la cause mais la résultante! Si l'homme n'était pas responsable du réchauffement cyclique de la terre! Et si l'homme ne travaillait qu'à nettoyer son perron pour réparer ses dégats! Et si l'homme devait simplement se conscientiser à respecter la nature !

    Ca fait beaucoup de «si» tout d'un coup. Alors comment ne pas être sceptique...

    Pendant ce temps le gouvernement Harper dépollue le site de Sydney Steel (projet de 400 millions) car c'est une des pires catastrophes écologique sur la cote Atlantique qui existe depuis des lustres et que les amis écolos ont ausculté pendant 30 ans allant d'études environnementales à l'autre. Dion, champion kyotiste et Guilbault de Greenpeace ne se sont jamais scandalisé d'avoir laisser trainer ce dossier pendant si longtemps, de quoi se graisser la patte tout simplement... »

  • Maurice Monette
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 15h51
    C'est comme la question de l'OEUF et de la POULE...
    « TOUS ces gens peu ÉVOLUÉS(ES) du milieu des AFFAIRES ne sont même pas capables de réaliser le GOUFFRE vers LEQUEL ils/elles dirigent la PLANÈTE. Donc, est-ce leurs ACTIVITÉS DÉVASTATRICES pour engranger de l'argent/o$eille qui a permis à la TERRE de se développer pour qu'ELLE devienne à risque de S'AUTO-DÉTRUIRE...? Ou, n'est-ce pas plutôt cette PLANÈTE BLEUE qui a laissés(es) ces gen$, qui ne croient qu'aux pouvoirs de l'argent/o$eille, la DÉVASTER jusqu'à son EXTINCTION relativement plus près que loin...?

    Les gens d'AFFAIRES sont une e$pèce à CONTRÔLER car, ce sont les ENNEMIS(ES) de leurs PROPRE MILIEU de VIE, qui bizarrement se trouve à être NOTRE MILIEU VIE à TOUTES & TOUS donc, la LOI du NOMBRE devrait être appliquée et ainsi, mettre ces AFFAIRI$TE$ sous SURVEILLANCE et même, puisqu'ils/elles n'ont AUCUNE MATURITÉ pour équilibrer leur$ ÉLUCUBRATION$ avec NOTRE BIOSPHÈRE, LEUR$ IMPO$ER de$ LIMITE$ comme avant JUIN 1989.

    Je n'aurais pas voulu les citer comme les PIRES ENNEMIS(ES) de l'ÉVOLUTION mais, avec leur$ LUBIE$ DÉVA$TATRICE$ de NOTRE MILIEU de VIE, NOUS courons à l'APOCALYPSE FINALE qui, sans ces gens d'AFFAIRES, ne se serait JAMAIS RÉALISER. »

  • bernard pelladeau
    Inscrit
    samedi 21 avril 2007 18h13
    Environnementalisme et écologie politique à la française...
    « Nos différents écologistes se déchirent, chacun se croyant investi d'une religion révélée. La tendance naturelle est, en
    France, de mener à l'émiettement plutôt qu'à des actions de gouvernement; et à des rivalités personnelles menant à la démolition systématique de ce qui mène au succès chez nos voisins, par exemple allemands. Mais aucun Vert ou autre
    "écolo" n'est capable de se rallier au concept d'un grand parti "Vert" ou assimilé, hors influence de l'extrême-gauche
    crypto ou affichée ! Le mot d'ordre demeurant l'" écologie politique " bien que reconnaissant les trois pilliers du développement durable (au lieu, comme Madame Bruntland, de dire soutenable), à savoir le social, l'économique et l'environnemental....d'où l'actuelle catastrophe électorale!

    bernard pelladeau Paris France bernardpelladeau@wanadoo.fr »

  • Gilles Baillargeon
    Inscrit
    dimanche 22 avril 2007 07h45
    Obtu...
    « J'ai toujours pensé que l'être humain est principalement un être égoïste et dominateur. Il en veut toujours plus et au bord du précipice, n'hésite pas une seconde et fait un autre pas en avant. N'est-ce pas M. Trudel. »

  • Normand Desjardins
    Abonné
    mardi 24 avril 2007 12h39
    @Fernand Trudel - réponse sur l'obsession écolo.
    « Euh... ah et pis laissez faire. Ça ne vaut pas la peine. J'ai l'avenir de ma petite famille et de leur planète à m'occuper.

    On passe à un autre appel. »

  • Éric Léger
    Inscrit
    vendredi 11 mai 2007 09h35
    Toujours une question de jeux de mots...Les mots ont tant d'importance !
    « La vie en société est à la base même de cet énoncé de développement durable. Cette société humaine qui doit s'entendre sur les priorités de son développement. C'est cette société même qui nécessite tant de discours, d'échanges et de mots. Ces mots qui permettent la compréhension de l'autre. Ces mots qui s'accrochent à des définitions mais qui, en même tant, créent tant de limitations incontournables à nos dialogues. Notre langage est si limité...Et nous aimons tant jouer avec ces limites, non ?

    Malheureusement, nous avons écarté de notre société ceux qui ne parlent pas et CELLE qui ne parle pas. La Terre et le milieu naturel (excluant l'Homme) n'utilisent pas de mots. Voilà le réel problème: NOUS ne sommes habitués qu'aux mots.

    Merci aux scientifiques qui écoutent ces "Sans mot". Ces êtres et ces unités systémiques qui nous parlent sans mot.

    Tiens, parlant de mots, pourquoi ne pas revoir cette définition de développement durable. Pourquoi ne pas continuer de jouer avec les mots, tel que Bruntland l'a fait voilà quelques années, afin redéfinir ce concept ?

    Allez, je m'essaye ! Alors, le développement durable est:

    "L'assurance de l'épanouissement de notre société humaine tout en évitant de dégrader, aujourd'hui ou demain, l'eau, l'air, la terre et le vivant de NOTRE planète, NOTRE milieu de vie."

    Bon, maintenant, parlons du concept d'épanouissement...

    leger_ericatyahoo.com »

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