Quêter pour arrondir ses fins de mois a un coût
Photo : Agence Reuters
L’Aide sociale ne tolère pas qu’un de ses bénéficiaires puisse tirer un revenu en étant squeegee ou simplement en tendant la main.
Les revenus anticipés de quête peuvent être soustraits d'une prestation d'aide sociale. C'est ce qu'a constaté avec étonnement un jeune de 18 ans, déterminé à cesser de mendier et de nettoyer des pare-brise de voitures pour survivre.
Lorsque Sébastien (nom fictif) a fait une première demande d'aide sociale, en août dernier, au moment où il abandonnait la rue pour emménager dans un appartement, l'agente lui a demandé comment il avait subvenu à ses besoins au cours des derniers mois. Sébastien a confié avoir vécu de la quête.
«Elle m'a demandé combien je pouvais amasser d'argent en un mois et combien je pensais faire si je continuais à quêter. Sur le coup, je ne savais pas qu'on allait me couper. J'ai été super honnête, elle me parlait comme une amie. J'ai écrit une affirmation solennelle», a expliqué le jeune homme de 18 ans au Devoir.
Lorsqu'il a reçu son premier chèque d'aide sociale, Sébastien a constaté qu'on avait retranché un revenu virtuel de 70 $ pour une éventuelle quête qu'il pourrait faire au cours du mois. «Lorsque j'ai demandé de l'aide, c'était justement pour arrêter de quêter et passer à des choses un peu plus sérieuses. Ça te bloque un peu», a raconté Sébastien.
Le jeune homme a donc informé la Sécurité du revenu qu'il ne quêtait plus depuis qu'il était à l'aide sociale et ses prestations suivantes ont été rétablies. Aidé par un organisme communautaire, il a ensuite demandé une révision pour qu'on lui rende les 140 $ soustraits de deux chèques d'aide sociale. Les fonctionnaires ont coupé la poire en deux et lui en ont versé la moitié.
L'expérience laisse un goût amer au jeune homme. «C'est très stressant, la logique dans laquelle tu embarques. Tu te sens comme de la merde», a confié Sébastien.
Fait à noter, les assistés sociaux peuvent empocher jusqu'à 200 $ par mois en revenu d'emploi sans que leur prestation soit amputée. Cela ne vaut cependant pas pour d'autres formes de revenu, notamment des dons en argent de la part de parents ou d'amis.
Il semble donc que les revenus de mendicité entrent dans cette même catégorie. Le porte-parole du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale n'a pas rappelé Le Devoir pour clarifier la question.
Un tel scénario ne semble toutefois pas être courant si on se fie à un coup de sonde mené dans des organismes qui viennent en aide aux jeunes de la rue. «Les gars se font couper leurs chèques pour toutes sortes de raisons, mais je n'ai jamais vu ça précisément. C'est pervers. Un jeune amorce le dialogue avec un agent, il s'ouvre, et après on le coupe», déplore Alexandre Dubois, intervenant au logement social du Refuge des jeunes.
Lorsque Sébastien (nom fictif) a fait une première demande d'aide sociale, en août dernier, au moment où il abandonnait la rue pour emménager dans un appartement, l'agente lui a demandé comment il avait subvenu à ses besoins au cours des derniers mois. Sébastien a confié avoir vécu de la quête.
«Elle m'a demandé combien je pouvais amasser d'argent en un mois et combien je pensais faire si je continuais à quêter. Sur le coup, je ne savais pas qu'on allait me couper. J'ai été super honnête, elle me parlait comme une amie. J'ai écrit une affirmation solennelle», a expliqué le jeune homme de 18 ans au Devoir.
Lorsqu'il a reçu son premier chèque d'aide sociale, Sébastien a constaté qu'on avait retranché un revenu virtuel de 70 $ pour une éventuelle quête qu'il pourrait faire au cours du mois. «Lorsque j'ai demandé de l'aide, c'était justement pour arrêter de quêter et passer à des choses un peu plus sérieuses. Ça te bloque un peu», a raconté Sébastien.
Le jeune homme a donc informé la Sécurité du revenu qu'il ne quêtait plus depuis qu'il était à l'aide sociale et ses prestations suivantes ont été rétablies. Aidé par un organisme communautaire, il a ensuite demandé une révision pour qu'on lui rende les 140 $ soustraits de deux chèques d'aide sociale. Les fonctionnaires ont coupé la poire en deux et lui en ont versé la moitié.
L'expérience laisse un goût amer au jeune homme. «C'est très stressant, la logique dans laquelle tu embarques. Tu te sens comme de la merde», a confié Sébastien.
Fait à noter, les assistés sociaux peuvent empocher jusqu'à 200 $ par mois en revenu d'emploi sans que leur prestation soit amputée. Cela ne vaut cependant pas pour d'autres formes de revenu, notamment des dons en argent de la part de parents ou d'amis.
Il semble donc que les revenus de mendicité entrent dans cette même catégorie. Le porte-parole du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale n'a pas rappelé Le Devoir pour clarifier la question.
Un tel scénario ne semble toutefois pas être courant si on se fie à un coup de sonde mené dans des organismes qui viennent en aide aux jeunes de la rue. «Les gars se font couper leurs chèques pour toutes sortes de raisons, mais je n'ai jamais vu ça précisément. C'est pervers. Un jeune amorce le dialogue avec un agent, il s'ouvre, et après on le coupe», déplore Alexandre Dubois, intervenant au logement social du Refuge des jeunes.
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