jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h43


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Non au budget Charest

Antoine Robitaille   13 avril 2007  Québec
Le chef de l’opposition officielle, Mario Dumont, s’est entretenu hier avec le jeune Michel Croteau, fils de la députée adéquiste Sylvie Roy.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef de l’opposition officielle, Mario Dumont, s’est entretenu hier avec le jeune Michel Croteau, fils de la députée adéquiste Sylvie Roy.
Québec — Il serait surprenant que l'Action démocratique du Québec vote en faveur du nouveau budget qui sera présenté par le gouvernement minoritaire de Jean Charest au cours des six prochaines semaines. C'est ce que le chef de l'opposition Mario Dumont a soutenu hier, campant du coup le Parti québécois dans le rôle de sauveteur du gouvernement. «Généralement, l'opposition officielle, à moins de cas exceptionnel, vote contre le budget. On est l'opposition loyale de sa majesté, et c'est notre première responsabilité de talonner le gouvernement dans tout son travail», a lancé M. Dumont lors d'un point de presse. Bien sûr, le chef adéquiste a insisté pour dire que sa formation politique «prendra une décision en caucus en temps et lieu» lorsque le budget sera déposé.

En après-midi, en marge de l'assermentation des 41 élus adéquistes, l'entourage de M. Dumont a mis en relief le fait qu'au fédéral, les derniers gouvernements minoritaires, ceux de Paul Martin et de Stephen Harper, n'ont jamais été maintenus en vie par le groupe d'opposition officielle mais bien par des tiers partis: le NPD et le Bloc.

«C'est probablement la situation qui va se reproduire ici», a confié hier Gilles Taillon, député de Chauveau et numéro deux adéquiste. «On verra. Tout à coup, M. Charest nous donne tout ce qu'on souhaite dans les discussions budgétaires? S'il procède avec une grande collaboration dans son approche de préparation du budget, on verra... [...] On lui passe un message: on est prêts à collaborer en autant que lui fasse les premiers pas», a ajouté M. Taillon.

Au cabinet du premier ministre, on s'est montré surpris des déclarations adéquistes. «C'est un peu particulier de dire qu'on va voter contre un budget alors qu'on ne sait même pas ce qu'il y a dedans», a déclaré Hugo D'Amours, l'attaché de presse de Jean Charest. M. D'Amours a toutefois tenu à souligner qu'il existe des «lignes de communication» avec l'ADQ, une chose nécessaire «en contexte de gouvernement minoritaire». MM. Dumont et Charest se sont déjà rencontrés la semaine dernière et, de plus, des communications se font «au niveau des leaders, au niveau des chefs de cabinet».

Au Parti québécois, on s'est dit surpris de la déclaration de Mario Dumont compte tenu du fait que les deux partis, le PLQ et l'ADQ, «s'entendent sur plusieurs choses», notamment «la hausse des tarifs de garde et la hausse des frais de scolarité», a déclaré l'attaché de presse de l'aile parlementaire, Éric Gamache. «En disant non aujourd'hui au budget, est-ce que cela signifie que Mario Dumont renonce déjà à la possibilité et à sa responsabilité, dans un gouvernement minoritaire, de proposer des modifications au budget?», a ajouté M. Gamache en l'absence du chef péquiste André Boisclair, actuellement en vacances (à l'instar de l'ancien critique de l'opposition en matière de finances, François Legault). M. Boisclair reprendra le travail — dans l'ancien bureau du député libéral Éric R. Mercier au troisième étage de l'hôtel du Parlement — quelques jours avant l'assermentation des députés du PQ, le 25 avril. M. Dumont emménagera au début de la semaine prochaine dans l'ancien bureau de M. Boisclair, au deuxième étage.

Dans son point de presse du lendemain des élections, le chef péquiste avait réclamé que le nouveau budget du gouvernement minoritaire fasse «écho à la fois à la nouvelle situation financière» du Québec, compte tenu des transferts annoncés par le gouvernement fédéral, et à «la nouvelle situation politique». Il avait réclamé que le gouvernement adopte les «PCGR», les «principes comptables généralement reconnus», qui le forceraient à inclure les résultats des établissements de santé et de services sociaux dans ses périmètres comptables, ce qui conduirait le gouvernement à présenter un déficit.

Dette ou baisse d'impôt?

Adopter les PCGR a aussi été une demande de plusieurs des 41 députés adéquistes à leur entrée au caucus, hier matin, dont Éric Caire, de La Peltrie: «On va s'assurer qu'on a vraiment un budget en équilibre parce qu'on sait que les méthodes comptables ont été assez durement critiquées par le vérificateur général.» Les députés ont aussi paru divisés et tiraillés devant cette question: «Faut-il baisser les impôts ou réduire la dette?» Le leader adéquiste Sébastien Proulx a déclaré ceci: «C'est sûr que les gens veulent plus d'argent dans leurs poches, mais ils ne veulent pas se faire conter de menteries» à propos de l'état de la dette. André Riedl, élu dans Iberville, s'est dit personnellement «en faveur de la réduction de la dette». Le chef Mario Dumont a pour sa part rappelé que depuis sa fondation, l'ADQ s'est surtout inquiétée de la taille de la dette. Le caucus adéquiste devra donc statuer sur ces questions lors du débat sur le budget.

Au reste, le caucus de l'ADQ a décidé hier d'interdire aux élus d'embaucher des membres de leur famille à des postes politiques. Cela pourrait contraindre le député Sylvain Légaré, de Vanier, à congédier sa mère, Gisèle Gagné, qu'il employait depuis un an. Mais pour passer aux actes, M. Légaré a exigé hier après-midi que le parti ou l'Assemblée nationale statue par écrit sur cette question. «Je ne suis pas encore congédiée», a noté Mme Gagné hier après l'assermentation.

Duplessis en exemple

Les adéquistes ont été assermentés hier après-midi dans une atmosphère de fête au Salon rouge, où le drapeau canadien brillait par son absence. Dans son discours, M. Dumont a promis une «opposition ferme et résolue» qui travaillera pour la classe moyenne. À ses dires, depuis le 26 mars, «le pouvoir politique ne peut plus se comporter en souverain aveugle et prendre des décisions contraires à l'intérêt public». Il a dit que le «Québec politique est entré dans le XXIe siècle» tout en se référant de manière «surprenante» — aux yeux de l'ancien président de l'ADQ, le politologue Guy Laforest, présent hier — à Maurice Duplessis ainsi qu'à l'ancien premier ministre conservateur John Diefenbaker. Il s'est dit inspiré par le fait qu'en 1936, le chef de l'Union nationale avait mis au jour le gaspillage de fonds publics du gouvernement Taschereau au Comité des comptes publics. M. Dumont a aussi cité un long passage de John Diefenbaker où ce dernier vantait le travail de l'opposition quand celle-ci combat «l'empiétement injuste, par le cabinet, sur les droits du peuple» et dénonce les «extravagances» du gouvernement.
Le chef de l’opposition officielle, Mario Dumont, s’est entretenu hier avec le jeune Michel Croteau, fils de la députée adéquiste Sylvie Roy. Duplessis et Diefenbaker ont inspiré Mario Dumont.
 






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jacques Gagnon
    Abonné
    vendredi 13 avril 2007 01h11
    Petit homme
    « Ce soir, j'ai entendu avec stupeur Mario Le Noblet-Dumont, lire un discours au moment de son assermentation. Attendez de voir le contenu de cette ode au nouvel ordre javellisant de la doctrine dumontiste.

    Vous savez le petit Mario, il a bien droit à sa chance, comme on entend très souvent chez ceux qui ont opté pour lui. Ne trouvez-vous pas que c'est une raison complètement absurde et dangereuse de choisir quelqu'un pour gouverner un état ?

    Avons-nous besoin de rappeler, comme nous le soulignait si pertinemment Le Devoir hier, combien grand est l'attachement à la famille, au pays des Dumont ? Malheureusement, les autres partis préfèrent les vieux seuls, les célibataires, les gais, les curés pendant qu'on y est, enfin tout ce qui n'est pas une famille. Ils ne savent pas choisir les bonnes priorités.

    Mais surtout, la classe moyenne obtient toutes les faveurs du cheuf Mario. Par l'opération du syllogisme, on déduira que Mario favorise la famille de classe moyenne.

    "Un million deux cent mille membres de cette catégorie ont voté pour moi", s'exclama-t-il.

    Il enchaîna en ralliant les preux adékystes à débusquer et pourfendre les gaspilleurs de fonds publics et à représenter sa classe chérie avec l'ardeur d'un jeune meute.

    Mais justement, notre Mario a commis ici une faute d'une gravité alarmante, et a fait à nouveau la preuve qu'il est incapable de gouverner un état de façon responsable et équitable pour le peuple.

    Il a clairement déclaré qu'il défendrait et représenterait les intérêts de ce million et quelque personnes qui ont voté pour lui.

    Un prétendant à la couronne comme lui mérite le désaveu total. C'est le traitement qui revient à quelqu'un qui ne peut distinguer la partisanerie des responsabilités auxquelles la fonction l'oblige envers toute la population, et non pas seulement à se voteurs présumés.

    De répliquer que l'on voulait dire tout le monde n'est pas une bonne réponse. Quand on lit un texte.. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 13 avril 2007 10h16
    Il faut laisser au temps le temps de prendre son temps...
    « On verra bien à l'heure des choix la position exacte de l'ADQ, il y a loin de la coupe aux lèvres... »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 13 avril 2007 10h21
    Quel raisonnement (?)
    « M. Dumont dit que son parti l'ADQ va probablement voter contre le budget PLQ de M. Charest parce que c'est la tradition de l'Opposition de voter contre. Quel raisonnement (?) obtus et simpliste!

    Lui qui dit vouloir faire les choses autrement, il pourrait commencer par prendre connaissance du budget avant de se prononcer. Autrement, il alimente le cynisme de la population envers la politique. »

  • Denis Biron
    Inscrit
    vendredi 13 avril 2007 11h31
    Dumont, un "provincial" ...
    « Mario Dumont s'exprime comme un "provincial" avec ce que le Gouvernement canadian veut bien lui offrir des milliards de surplus fédéraux à l"exemple" de Jean Charest lorsqu'il était Premier inistre de la "province" du Québec.

    Nous serons des "provinciax et minoritaires" aussi longtemps que nous ne déciderons pas de se doter d'un État indépendant avec tous les pouvoirs d'un pays souverain. »

  • Sébastien Bouchard
    Abonné
    vendredi 13 avril 2007 13h15
    C'est l'opposition
    « Si l'ADQ ne s'oppose pas au budget, qui représentera les opposants aux politiques des Libéraux? Au risque de faire la leçon, notre système exige une opposition à un gouvernement et c'est le travail de...l'opposition officielle. L'unanimité n'existe pas en démocratie, la preuve, seuls des pays comme la Syrie, la Chine et la Jordanie peuvent se venter d'avoir l'unanimité. Monsieur Dumont fait son travail et surtout il envoi un message clair aux Péquistes qui devront coucher avec les Libéraux pour éviter des élections. Il est évident que les Péquistes en seront choqués et reprocheront à l'ADQ de les forcer à assumer leur position. »

  • Simon Breton
    Inscrit
    vendredi 13 avril 2007 15h21
    À M.Gagnon
    « Vous écrivez ceci: "Vous savez le petit Mario, il a bien droit à sa chance, comme on entend très souvent chez ceux qui ont opté pour lui. Ne trouvez-vous pas que c'est une raison complètement absurde et dangereuse de choisir quelqu'un pour gouverner un état ?"

    Vous avez raison. Élire le PQ en 1976 a été une grossière erreur de jugement. Confier le gouvernement à des jeunes politiciens inexpérimentés nous a tous plongés dans le chaos. Et en plus, ils voulaient nous séparer du Canada!

    Fin de l'ironie. L'ADQ se dit de centre-droit et l'arrivée d'une droite modérée à l'Assemblée nationale fera le plus grand bien. Dehors le débat fédéraliste-souverainiste qui nous obsède depuis beaucoup trop longtemps. Place à de nouveaux débats à propos des enjeux d'AUJOURD'HUI. Une démocratie saine est une démocratie qui foissonne de débats. Si les Québécois ne veulent plus rien savoir de M.Dumont, croyez-moi, ils ne voteront pas pour l'ADQ à la prochaine élection. »

  • Pierre Gingras
    Inscrit
    vendredi 13 avril 2007 21h32
    Opportuniste, ce Dumont!
    « Comment faire confiance à un homme qui n'est pas capable de prendre ses responsabilités? Comment oser dire non à un budget qui représente sa vision de la société pour obliger un autre parti à prendre l'odieux d'accepter ou de refuser ce budget qui n'a pas encore été présenté?
    Quelle marque de faiblesse! Quelle lâcheté!
    Ce sont des menaces indignes d'un parti à l'opposition surtout quand celui-ci est plus à droite que le parti au pouvoir. Comment peut-on obliger un parti centre-gauche à appuyer un parti centre-droite pour prouver à la population que le PQ est un parti qui pense comme le PLQ?
    Je n'ai qu'un souhait, que le PQ dise non au budget pour qu'il y ait de nouvelles élections et que l'ADQ soit élue pour enfin nous prouver son incompétence dans la gestion de l'État. J'aimerais bien les voir au pouvoir ces députés, après qu'ils aient eu la peur de leur vie de se faire élire en trop grand nombre pour se faire ridiculiser.
    La démocratie québécoise à ses limites, à quand la réforme de notre institution démocratique, on l'a fait en éducation, il est vraiment temps qu'on la fasse en politique.

    Pierre Gingras, Longueuil »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
7 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009