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Proportionnelle: les «conditions gagnantes» seraient-elles réunies ?

Fabien Deglise   3 avril 2007  Québec
Discours inaugural de Jean Charest en mars 2006. Son gouvernement est celui qui est allé le plus loin vers une réforme du mode de scrutin, rappelle André Larocque, ancien sous-ministre de la réforme électorale et parlementaire sous René Lévesque.
Photo : Agence Reuters
Discours inaugural de Jean Charest en mars 2006. Son gouvernement est celui qui est allé le plus loin vers une réforme du mode de scrutin, rappelle André Larocque, ancien sous-ministre de la réforme électorale et parlementaire sous René Lévesque.
Les chiffres sont sans équivoque. Le 26 mars dernier, jour d'élection au Québec, 30 députés à peine sur 125 ont été élus par la majorité des électeurs de leur circonscription, soit 24 %. À l'inverse, les trois quarts des candidats ont obtenu leur ticket d'entrée à l'Assemblée nationale contre la volonté unanime des habitants de leur comté qui, dans une proportion de 50 % et plus, si l'on additionne le résultat des votes, auraient aimer envoyer à Québec un autre parti et un autre visage.

Le mode de scrutin uninominal à un tour, en vigueur au Canada et au Québec depuis longtemps, ne semble visiblement pas au point pour transmettre correctement la parole des électeurs aux élus. Mais l'idée d'une réforme, dans l'air du temps depuis plus de 20 ans, pourrait bien compter désormais sur des «conditions gagnantes» pour voir le jour... même si le cadre de la réforme et sa mise en application ne font pas encore consensus.

«Cette révision en profondeur est inévitable», a déclaré hier lors d'un entretien au Devoir André Larocque, vice-président du Parti vert du Québec (PVQ), mais aussi ancien sous-ministre, dans le temps, responsable de la «Réforme électorale et parlementaire» sous René Lévesque. «Et nous en sommes peut-être aujourd'hui plus proches que nous le pensons.»

L'homme est optimiste. Le gouvernement actuel, formé par le Parti libéral du Québec (PLQ), est en effet «celui qui est allé le plus loin dans sa volonté de revoir le mode de scrutin», dit-il. Lors de son dernier mandat, en effet, l'équipe de Jean Charest a déposé un avant-projet de loi pour remplacer l'actuelle Loi électorale, mais aussi pour faire souffler un vent de proportionnelle sur les urnes lors d'un prochain scrutin, en s'inspirant de l'Écosse où 60 % des députés sont choisis par un mode uninominal et 40 % par mode proportionnel.

Ce système électoral permettrait alors une représentation des députés à l'Assemblée guidée par les voix obtenues par leur parti, plutôt que par le nombre de circonscriptions décrochées. Après des discussions parfois tendues dans les couloirs du Parlement entre 2004 et décembre dernier, le projet de réforme, piloté par Benoît Pelletier, a été mis entre les mains du directeur général des élections qui devrait déposer un rapport sur la réforme en juin prochain.

«Est-ce qu'on va arrêter ça là? Je ne pense pas», dit M. Larocque. «Le PLQ est allé trop loin pour revenir en arrière.» Et sa situation minoritaire pourrait même l'aider, paradoxalement, à poursuivre sa route.

Jean-Pierre Charbonneau, ancien ministre de la Réforme des institutions démocratiques en 2002-2003 et membre d'une coalition qui en début de semaine a appuyé l'adoption d'un nouveau mode de scrutin, le pense en tout cas. «Il y a des conditions gagnantes, dit-il. Dans l'opposition, l'Action démocratique du Québec [ADQ] a fait d'un nouveau mode de scrutin son cheval de bataille lors de la dernière campagne. La proportionnelle est d'ailleurs dans leur programme.»

L'ex-député fait au passage remarquer que, dimanche dernier, Jean Allaire, fondateur de l'ADQ, et Marie Grégoire, ex-député adéquiste, étaient du nombre des personnalités en faveur d'une réforme.

Certes, le Parti québécois s'est, dans les dernières années, opposé à la réouverture de la Loi électorale, souligne-t-il, prétextant un besoin d'indépendance avant une réforme. «Pour contrôler l'agenda référendaire, il faut prendre le pouvoir avec la majorité des voix, résume Charbonneau. Ce que le système actuel leur permettait de faire.»

Ça, c'était avant le 26 mars, les 28 % et les 36 sièges qui placent désormais la formation souverainiste au troisième rang des forces politiques en présence au Québec. «Si la progression de l'ADQ devait s'accentuer et si les électeurs voulaient essayer Mario Dumont comme premier ministre, cela pourrait menacer l'existence du PQ, poursuit M. Charbonneau. Dans un système uninominal à un tour, on pourrait bien avoir deux ou zéro députés avec moins de 20 % des voix. Est-ce que ça serait sain pour le mouvement souverainiste de se retrouver avec une représentation minimaliste à l'Assemblée nationale?»

Un jeu dangereux

«Police d'assurance pour le PQ afin de garder sa place» dans un salon bleu, dit l'ancien ministre, la proportionnelle pourrait toutefois devenir un véritable calvaire pour l'ADQ, estime pour sa part le politicologue de l'ENAP Christian Dufour qui doute du bien-fondé d'une réforme et de ses chances de voir le jour. «Mario Dumont est actuellement dans l'antichambre du pouvoir, dit-il. Ce serait maso pour lui de faire une priorité d'un projet qui va diminuer ses chances de devenir premier ministre.» Un tel mode de scrutin engendre en effet le pluripartisme et, de facto, la constitution de gouvernements dits de coalition.

L'effet pervers n'est bien sûr pas négligeable. Mais il peut facilement être atténué par le choix d'une formule de proportionnelle à l'avantage de tous, croit Jean-Pierre Charbonneau. Choix que la constellation politique à Québec en ce moment pourrait d'ailleurs guider puisque aucun des «trois partis ne domine à l'Assemblée», dit-il. «Dans ce contexte, si l'on ramène un projet de loi, cela ne va pas être facile d'imposer un mode de scrutin qui favorise une formation politique plutôt qu'une autre.»

Reste toutefois une inconnue: les députés eux-mêmes qui pourraient bien être les principaux obstacles à cette réforme. À commencer par les 95 élus sans majorité et qui, en remettant en question le mode de scrutin actuel, remettent également en question leur siège à Québec. «C'est un frein important depuis des années, résume André Larocque, mais il va falloir en venir à bout si l'on veut régler le problème du cynisme des électeurs» et du désabusement général de la population envers des politiciens par lesquels plusieurs ne se sentent plus vraiment représentés.

«Le mode de scrutin, ce n'est pas un ensemble de jeux stratégiques pour favoriser les partis politiques, y compris les tiers partis d'ailleurs, poursuit-il. Un mode de scrutin, c'est fait pour enregistrer la volonté populaire et lui permettre de s'exprimer correctement.»

La voix du peuple

Cette population devrait d'ailleurs prendre la parole sur une éventuelle réforme, mais aussi l'encadrer, croit pour sa part David Litvak qui pilote actuellement une campagne pour une assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin au Québec. Et ce, «afin de sortir la question de la réforme de l'Assemblée», dit-il au téléphone. Le Devoir l'a joint hier au Nicaragua où il effectue «un voyage d'étude personnel» sur le thème de la démocratie.

Copiée en Colombie-Britannique où une refonte du système électoral est également en cours, l'idée consiste à mettre en place une structure supraparlementaire et indépendante pour disséquer et orchestrer une réforme dans laquelle les députés sont finalement juge et partie. «L'assemblée pourrait être composée d'électeurs pris au hasard dans les listes électorales, poursuit le responsable de cette campagne. À terme, le fruit de leurs travaux serait alors soumis à la population par voie de référendum.»

Ancien péquiste et lévèquiste aujourd'hui vert, André Larocque, écoute la proposition. Mais il la rejette sur-le-champ. «On ne va pas recommencer à zéro, dit-il. Ça, c'est de la masturbation intellectuelle. On a déjà un projet de loi. Il faut partir de là et poursuivre.»






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  • Bernard Gilbert
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 05h00
    Intégrer les nations autochtones au processus
    « La réforme électorale donnerait une occasion inespérée d'inviter les Premières nations à contribuer à la vie parlementaire. Nous pourrions réserver un bloc de sièges (5 ? 10 ?) pour des représentants des nations autochtones, qui éliraient leurs propres députés à l'Assemblée nationale. Grande inconnue de cette proposition : l'intérêt des principaux intéressés... »

  • Mathieu Morin
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 05h42
    Mauvaise foi
    « Les medias semblent maintenant d'accord pour les proportionnelles. C'est vrai que tous les partis de gauche semblent avoir perdu du terrain.

    Il faudrait m'expliquer pourquoi quand l'ADQ n'avait obtenu qu'un maigre 18% aux dernières élections, le PQ n'avait pas eu le culot de le reconnaître comme parti à l'assemblée nationale. Il n'avait alors obtenu que 5 sièges avec 18%!!!

    Je suis bien évidemment parfaitement d'accord avec les proportionnelles. Mais ça me fait pitié de voir que cela semble surtout être amené pour aider la gauche. »

  • Sylvain Rondeau
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 06h46
    Vivement la proportionelle, mais la division de l'éxécutif et du législatif aussi!
    « L'un des grands problèmes que l'on a selon moi est le manque de versatilité dans l'expression de notre devoir démocratique. Lors des travaux des états généraux sur l'avenir des institutions démocratiques, plusieurs discussions que j'ai entretenu avec des gens de tout acabit allaient dans le même sens. C'est à dire que plusieurs, moi compris, voudraient avoir le choix d'élire leur premier ministre et leur député séparément.

    Pourquoi donc ne pas élire une partie de nos députés (75) par circonscription, une partie à la proportionelle (50) et élire dans un mode à deux tours comme cela se fait en France notre premier ministre. Le québécois moyen n'étant pas plus con que son cousin gaulois, une fois la réforme faite, réussirait à s'y retrouver j'en suis certain.

    Quant à l'élection des députés de circonscription, gardons le mode actuel ou bien fonctionnons avec un système à deux tours également. Comme les gens se rendront sans doute à toutes les élections à un deuxième tour pour choisir leur chef d'état, ils pourraient tout aussi bien se déplacer pour donner une meilleure légitimité démocratique à leur député de circonscription en l'assurant d'une majorité absolue de voix. Qu'en pensez-vous? »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 07h26
    Remettre le projet de loi au peuple
    « Pourquoi ne pas créer une espace/temps(ex. le mois de mai) sur la démocratie et soumettre le texte du projet de loi dans les journaux et sur internel. Permettre au citoyen d'exprimer sa vision. Au préalable, je publierais de façon de claire la problèmatique, les enjeux et les objectifs ainsi le citoyen pourrait devenir partie prenante du résultat. Je soumettrais le tout à une commission indépendante pour remettre le résultat à l'assemblée nationale. C'est une idée de citoyen.... »

  • Daniel Fortin
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 07h27
    La proposition de David Litvak : l'Assemblée Citoyenne. BRAVO!
    « C'est la seule façon de s'assurer d'abord de voir aboutir la réforme, et que celle-ci ne soit pas polluée par les intérêts partisans des élus. C'était déjà le cas de la réforme Pelletier, et l'article ci-haut montre bien que les élus eux-même sont un frein à une réelle réforme telle qu'elle devrait se faire.

    Au dernier jour de la campagne, je croise le candidat péquiste de ma circonscription, Stéphane Bédard, et je lui dis : j'espère que c'est la dernière élection sous ce mode de scrutin. - Je ne crois pas, me répond-t-il.

    Stéphane Bédard est aujourd'hui élu. Dois-je vraiment compter sur mon député pour réformer le mode de scrutin ? J'en doute...

    Exigeons donc la mise sur pied de l'Assemblée Citoyenne. C'est un exercice de démocratie participative. De toute évidence, les gens veulent s'impliquer, ont des idées et des suggestions. Est-ce qu'on va encore laisser cela dans les mains des élus, qui sont à la fois juges et partis pour la réforme ?

    A-t-on déjà vu une entreprise demander aux employés de définir les conditions d'embauche?

    Est-ce qu'on va tomber dans les méandres du corporatisme, du "ils s'en occupent" ?

    La question est trop importante pour ça. Les élus sont à notre service, et s'il faut repenser la façon de les choisir, c'est à l'ensemble de la population de le faire, et non à eux-même.


    Allez signer la pétition de M. Litvak pour une ASSEMBLÉE CITOYENNE : http://www.assemblee-citoyenne.qc.ca/petition.asp

    Daniel Fortin
    Chicoutimi

    daniel_fortin123@sympatico.ca »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 08h07
    La nuisance de QS
    « QS a eu 145,051 votes, 3,65% du vote (et non 4% comme dit Marquette)

    Même en ajoutant les dinos ML (2,095), on arrive à moins de votes que le Parti Vert (154,362), qui n'a pas eu un dixième de la couverture médiatique de QS et de ses deux chouchoux bourgeois (le premier est doc, la seconde, fille de doc)
    Mais en ajoutant le vote QS au PQ, le PQ serait toujours l'Opposition officielle du Québec avec 6 comtés de plus. L'art de se tirer dans le pied! »

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 09h07
    Québec solidaire reçoit son 4%
    « Québec solidaire reçoit son 4%

    Le système électoral actuel prouve jusqu'à quel point tous les partis politiques sont biaisés sinon corrompus par le pouvoir. Un pouvoir mis au dessus même de la justice et du principe même du fonctionnement la démocratie. En conséquence je suis plus que d'accord pour dire qu'en ce domaine les élus sont « juges et partis » et qu'en ce sens, la démocratie dite « représentative a atteint ses limites.

    Nous sommes sensés vivre dans une société dite «évoluée» au Québec et sommes pourtant toujours soumis à ce système complètement désuet, rétrograde et antidémocratique. Parmi ces aberrations, il y a aussi la carte électorale qui est extrêmement faussée et concède une surreprésentation des régions dans ces circonscriptions où le vote régional pèse deux à trois fois plus qu'un vote dans les grandes agglomérations comme à Montréal. Ce qui nous donne cette fausse impression que l'ADQ est si forte actuellement.

    Récolter plus de 150,000 voix et près de 4% du suffrage comme Québec solidaire vient de le faire et n'avoir «aucune représentation » à l'Assemblée nationale équivaut pratiquement à frauder l'électorat du Québec.

    Je ne sais pas comment, nous, le peuple, parviendrons un jour à nous sortir de cette fumisterie politique, mais j'espère très sincèrement, qu'en regard de l'indolence de ceux et celles qui sont sensés nous représenter que le Directeur général des élections assumera pleinement sa tâche et revendiquera pour nous et avec nous, ce fondamental droit des électeurs et des électrices qu'est celui d'être représenté justement à une des instances les plus élevées de notre société.


    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Porte-parole homme Québec solidaire Saint-Henri-Sainte-Anne
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec
    Candidat de l'Union des forces progressistes / Laporte 2003


    Avec la venu de plusieurs partis politiques sur la scène politique, le fonctionnement de la démocratie est devenu complètement désuet par à rapport à la nouvelle réalité vécue au Québec.

    Signons la pétition pour un nouveau mode de scrutin !


    Lien vers le site pour une réforme du mode de scrutin :

    http://cybersolidaires.org/nouveaumodedescrutin/contribuer.html

    Merci de faire circuler largement dans vos réseaux.

    N.B. Toute reproduction et/ou diffusion par quelque moyens que ce soit du présent texte, en tout ou en partie, est autorisée et même encouragée sans redevance avec une simple mention de l'auteur, à la seule condition de ne pas travestir ou déformer la pensé de l'auteur. L'auteur conserve toute fois son plein droit de rediffusion et/ou de reproduction dudit article ainsi que la propriété intellectuelle. Merci de diffuser largement. »

  • Kevin Hébert
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 09h20
    Cynisme
    « Je suis personnellement pessimiste quant à la réelle volonté de nos politiciens libéraux, péquistes et adéquistes de mettre en application le système proportionnel. Ça fait 30 ans qu'on en parle et jamais un gouvernement n'a osé aller jusqu'à proposer un vote sur la réforme électorale à l'Assemblée. Donc, pour mettre un terme au cynisme des électeurs, il faudrait d'abord mettre un terme au cynisme des politiciens. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 10h37
    Ça y est, tout à coup, c'est pas juste!
    « Pourquoi les gauchistes sont ils toujours des râleurs et des frustrés?
    Pourquoi vous discréditer en vous faisant voir «pires» que ce que vous êtes?
    Mario? Il l'a mangé son pain noir et sa représentation en voix était bien supérieure à celles de QS et du PVQ. Vous vous rappelez plus? Pourtant la devise du Québec, c'est «je me souviens». C'est le PQ qui a refusé à l'ADQ le droit de question parce qu'il n'avait pas de députés malgré un impressionnant + de 15% de voix ou un truc du genre la dernière fois.
    Un électeur adéquiste n'est pas un être humain et vaut moins cher qu'un péquiste ou un gauchiste? À vous entendre hurler, on le dirait.
    Quand le système vous avantage, il est bon, quand ce même système vous nuit, il est pas bon. Maintenant qu'on est plus aux commandes, on trouve le système injuste!
    En plus, si ma mémoire est bonne (et elle l'est) avant une élection, le PQ a redessiné le découpage de la carte électorale, comme ça il était plus sûr de passer. Bien sûr ce n'est pas la raison qui fut invoquée. On est des andouilles. Avec un système crétin (et anglais) on bouge un coin de rue qu'on change de district parce que ça vote pas du bon bord et hop! On augmente les chances d'être élu. Maintenant tout à coup, c'est pas juste!
    C'est ce manque d'ouverture, de courage et cette hypocrisie qui fait que je ne m'identifierai jamais à un parti qui prend ses électeurs pour des arriérés mentaux.
    Effectivement les «prolos» vivent dans le luxe mais veulent la voix du bon peuple sous la bannière solidarité. Ça aussi j'ai un peu de misère avec.
    La droite n'est peut-être pas mieux mais elle a le mérite de ne pas se ridiculiser en public au niveau des convictions. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 10h56
    Un peu de profondeur dans la réflexion
    « Tout le monde semble chanter à l'unisson et se comporter comme les moutons de Panurge.
    Y a-t-il quelqu'un qui parle de démocratie ? Pas encore, semble-t-il !

    Est-ce que l'on souhaite vraiment que les partis politiques se spécialisent ? Chacun apportant sa spécialité, on se regroupe pour exercer le pouvoir, qui lui se pratique vers le centre.
    Comme pour la télévision, on n'aurait plus de généralistes. Le gouvernement a une composition éphémère, le temps de passer certains objectifs. On recommence avec une nouvelle géométrie pour d'autres objectifs. Que fait-on de la vision et du reproche sans cesse renouvelé aux partis de leur gestion à la petite semaine ?

    Mais où sont donc les forums où la démocratie est en marche ?
    Ils existent et ce sont les partis qui sont déjà des coalitions. Des partis à l'intérieur desquels les tendances et mouvements sont débattus.

    Mais elle est difficile et exigeante cette démocratie. Elle oblige la confrontation avec des milliers de personnes qui ne partagent pas votre point de vue. Vous devez vous battre et arriver à des compromis. Vous vous rendez compte alors que vous n'êtes pas seuls.

    Que nous apporteraient ces myriades de chandelles multicolores qui peupleraient nos chambres d'élus ?

    Est-ce que l'on souhaite faire avancer des idées ou aller planter des pions à l'Assemblée Nationale ?

    Ne serait-il pas tout aussi valable de débattre de la stabilité de nos acquis ? Pourquoi les américains ont-ils des mécanismes qui empêchent les élus de tout chambarder à chaque élection ?

    Il y a beaucoup de questions sans réponse. »

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 11h23
    Cynisme II
    « Il a bon dos le cynisme de la population. Voilà maintenant qu'il serait le fruit pourri de notre mode de scrutin désuet ! Or, même en tenant compte des tiers partis que sont QS et le Parti vert, 92 % de la population est adéquatement représenté au parlemenet au terme des dernières élections, chaque parti disposant d'une députation correspondant d'assez près à la faveur que lui a manifesté l'électorat. N'oublions pas qu'il est toujours risqué de jouer à l'apprenti sorcier ; et que si la proportionnelle fait l'affaire de plusieurs gouvernements étrangers pour ses vertus évidentes, elle pourrait chez nous engendrer le multipartisme et l'instabilité.
    Il semble que nous aimions bien élire un gouvernement minoritaire à l'occasion - en tout cas personne ne semble trop s'en plaindre et plusieurs s'en félicitent -, mais aimerait-on être gouverné, disons deux fois sur trois, dans ces conditions ? D'autre part, serait-il à notre goût de voir représentées au parlement 5, 6, 7 ou même 8 formations politiques différentes qui pourraient voir le jour à la faveur d'une réforme de la loi électorale qui irait en ce sens ?
    La tentation est de ne voir que les avantages d'un changement - et c'est plus facile. La sagesse consisterait cependant à considérer les inconvénients avec au moins autant d'attention. voire un peu plus !

    Jean TURGEON »

  • Éric Ouellet
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 11h25
    Pour mettre fin à l'impasse?
    « La proportionnelle semble être une bonne idée par écrit mais difficile d'application.
    Une question soulevée, notamment, est celle-ci: quelle serait la légitimité d'éventuels députés "élus" grâce à la proportionnelle versus les députés élus de manière traditionnelle (dans l'hypothèse d'un système mixte entre l'actuel et la proportionnelle)?

    Aussi, comment se ferait la répartition des responsabilités entre 2 députés provenant d'une même région ou pire, d'un même comté?

    Alors ma proposition: et si on ajoutait simplement un 2ième tour pour les candidats n'obtenant pas une majorité absolue au premier tour? On pourrait retenir les 2 premiers ou encore, fixer un % minimal pour se qualifier au 2e tour, quitte à en tenir un 3e pour qu'un candidat obtienne finalement le fameux 50% + 1.

    Est-ce trop simpliste comme suggestion? Répondez-moi! »

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 3 avril 2007 12h02
    L'ADQ avait 18% des voix la dernière fois et...Merci à M. Morin
    « Merci à Mathieu Morin pour les chiffres.
    Voilà les chiffres: 18% des voix pour l'ADQ avec 5 sièges et le PQ s'est objecté. Il a bloqué la légitimité existentielle de l'ADQ en muselant ses représentants à la chambre des communes. C'est peut être là qu'il a perdu ses élections de la semaine dernière le PQ, il a préparé sa défaite en ch... sur le tête de 18% de l'électorat.
    Comme le dit la devise:«je me souviens» Ils s'en sont souvenu dans la région de Québec...et ailleurs, «you bet»! »

  • David Litvak
    Inscrit
    mardi 3 avril 2007 13h20
    La masturbation intellectuelle
    « Rappelons, tout en invitant André Larocque à aller se masturber intellectuellement lui-même, que le soi-disant projet de loi qui est sur la table empêcherait les formations politiques qui ont moins de 10-13 % d'émerger à la hauteur de leur poids politique (grâce à des circonscriptions régionales sans compensation nationale, un vote unique pour un candidat directement reporté sur son parti et une méthode de répartition des restes évinçant les petites formations politiques). Il y a donc lieu de croire qu'un homme intelligent, s'il en est, qui se présente sous la bannière du PVQ, devrait comprendre qu'un tel mode de scrutin empêcherait son parti d'être adéquatement représenté à l'Assemblée nationale. C'est parce que des incompétents comme lui ont été derrière cette réforme depuis le début, il fait partie avec Claude Béland, Henry Milner et Vincent Lemieux ainsi que Louis Massicotte, du camp des conservateurs de la réforme (les trois derniers sont compétents, mais conservateurs - Henry un peu moins), que l'on en est arrivé à ce point où il faut faire comme en Colombie-Britannique et en Ontario et reconnaître que les partis politiques, PLQ en tête, et même certains des acteurs du mouvement de réforme, dont le MDCQ, sont en conflit d'intérêt. Ceux-ci, en effet, accepteraient n'importe quoi, tout en sachant qu'un scrutin, ça dure généralement 50 ans, ou plus. (Les Français, qui ont changé le leur en 1958, en tout cas, s'apprêtent à le repenser en mode proportionnel.)De toute évidence, personne n'est adéquatement informé des enjeux de la réforme.

    Si les citoyens appuient la proposition d'Assemblée citoyenne sur le modèle de Colombie-Britannique et d'Ontario, voici le site web pour signer la pétition : www assemblee-citoyenne.qc.ca Oui, à la proportionnelle, mais pas n'importe comment et pas n'importe quoi!

    --------

    Permettons-nous de corriger un peu M. Deglise:

    Copiée en Colombie-Britannique où une refonte du système électoral est également en cours [le système est en cours en Ontario, et achevé en Colombie-Britannique], l'idée consiste à mettre en place une structure supraparlementaire et indépendante pour disséquer et orchestrer une réforme [pour éviter une réforme comme au Québec] dans laquelle les députés sont finalement juge et partie. «L'assemblée pourrait être composée d'électeurs pris au hasard dans les listes électorales, poursuit le responsable de cette campagne. À terme, le fruit de leurs travaux serait alors soumis à la population par voie de référendum.» [Le site de l'Assemblée citoyenne de l'Ontario en cours: http://www.citizensassembly.gov.on.ca/en-CA/home%20page.aspx]

    -----------

    Je me permets de répondre à l'intervention suivante (de M. Éric Ouellet):

    La proportionnelle semble être une bonne idée par écrit mais difficile d'application.
    Une question soulevée, notamment, est celle-ci: quelle serait la légitimité d'éventuels députés "élus" grâce à la proportionnelle versus les députés élus de manière traditionnelle (dans l'hypothèse d'un système mixte entre l'actuel et la proportionnelle)?

    - Les députés élus dans un scrutin mixte ont généralement une légitimité différente, mais comparable. Après tout, même s'ils n'ont pas de comté d'attache, vous et moi pouvons aller les voir et porter nos doléances. Il y a aussi des scrutins mixtes où les députés ont une attache régionale.

    Aussi, comment se ferait la répartition des responsabilités entre 2 députés provenant d'une même région ou pire, d'un même comté?

    - C'est en fait un avantage d'avoir plusieurs députés dans une même région, car, pusiqu'ils seront souvent de partis différents, plus de votants ont quelqu'un de confiance à qui s'adresser. Il n'y a pas de partage de responsabilité, cependant, les deux sont députés de la région. Cela peut avoir l'avantage de tisser régionalement des liens multipartisans qui peuvent mener à un consensus au niveau des plus hautes autorités de partis.

    Alors ma proposition: et si on ajoutait simplement un 2ième tour pour les candidats n'obtenant pas une majorité absolue au premier tour? On pourrait retenir les 2 premiers ou encore, fixer un % minimal pour se qualifier au 2e tour, quitte à en tenir un 3e pour qu'un candidat obtienne finalement le fameux 50% + 1.

    Est-ce trop simpliste comme suggestion? Répondez-moi!

    - Cette suggestion, inspiré du modèle français que Bayrou et Royal, tous deux présentement candidats à la présidentielle se proposent de changer pour une proportionnelle, a des désavatages aussi. Le problème, c'est que si un parti a 10 % des sièges partout, il ne perce jamais au second tour, et sa représentation est alors loin d'être proportionnelle. Ce système crée donc des distorsions, lui aussi.

    Enfin, si on veut atteindre ce résultat dans des circonscriptions uninominales, à un député, et ce, en un seul tour, le système australien de scrutin préférentiel, permet de le faire simplement en permettant aux votants d'exprimer leur ordre de préférence pour tous les candidats. Ce scrutin, c'est comme tenir X tours, autant que nécessaire, jusqu'à temps qu'une majorité soit atteinte, tout en invitant les citoyens à ne se déplacer qu'une seule fois. »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mercredi 4 avril 2007 00h38
    Miracle de la proportionnelle
    « J'ai entendu un auditeur à radio Canada de transversalle. Avec ce mode l'électeur est grandement avantagé.
    Il semble tout d'un coup que ça presse. N'oublions pas que plusieurs ont votés autrement sans raison autre que l'écoeurement de deux grands partis.
    Les deux ont des avantages et inconvénients ce n'est pas un miracle la proportionnelle surtout de devoir voter deux fois. La transversalle évitait de perdre de bon candidat. »

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