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La souveraineté peut-elle survivre?

«L'option risque d'être orpheline de son parti»

Clairandrée Cauchy   31 mars 2007  Québec
L'option souverainiste peut-elle survivre à la débâcle électorale du parti politique qui la porte depuis près de 40 ans? Voilà la question que se posent aujourd'hui de nombreux indépendantistes lorsqu'ils ne sont pas occupés à chercher qui, du chef ou du programme, il faut blâmer pour la déconfiture du Parti québécois.

Avec 28 % des suffrages, le PQ est passé lundi sous le seuil des «purs et durs», évalué à 34 %, soit le noyau qui voterait pour la «séparation» sans offre de partenariat avec le Canada. Pourtant, il y a moins de deux ans, l'option caracolait à 54 % dans les sondages, gonflée par le scandale des commandites. On rappelait aussi que les aînés attachés à l'identité canadienne-française étaient progressivement remplacés par les baby-boomers, que les jeunes étaient plus souverainistes et que les néo-Québécois devenaient moins réfractaires à cette idée.

Le fruit espéré n'a pas pu être cueilli et le PQ est maintenant relégué au troisième rang à l'Assemblée nationale. À l'horizon, une crise interne menace au sein du Parti québécois. «L'option souverainiste risque d'être orpheline de son parti», fait observer le sociologue Simon Langlois, de l'Université Laval. Il croit néanmoins que le noyau dur pourrait raviver les braises souverainistes, d'autant plus que l'appui à la souveraineté oscillait toujours autour de 44 % pendant la campagne électorale (avec une question référendaire qui n'impliquerait pas de partenariat avec le Canada).

«Depuis le début des années 2000, il y a un divorce entre le niveau d'appui à la souveraineté et celui des intentions de vote en faveur du Parti québécois. On veut la souveraineté, mais on pense que les conditions ne sont pas réunies, que les astres ne sont pas alignés pour s'engager dans un référendum», fait observer le sociologue, précisant qu'auparavant, le PQ était généralement plus populaire que son option.

Résultat des courses: bon nombre de ces électeurs qui se déclarent souverainistes ont accordé leur vote à l'ADQ lundi, sans compter ceux qui ont opté pour les verts, pour Québec solidaire, ou qui sont carrément restés chez eux.

Discours identitaire

Comment une telle faction de souverainistes a-t-elle pu faire le saut à l'ADQ? La question est complexe et il faudra certainement plusieurs mois avant d'y voir clair. Cependant, plusieurs observateurs pointent déjà en direction du sentiment identitaire, que l'ADQ aurait mieux su incarner à l'extérieur de Montréal.

«Nos nationalistes ont eu le sentiment que le vrai défenseur de l'identité québécoise, c'était Mario Dumont. Ça fait mal», avance l'historien Éric Bédard, qui présidait le comité des jeunes du PQ au moment du référendum de 1995. Selon lui, c'est le discours du chef adéquiste sur les accommodements raisonnables qui a été le point tournant. «En disant que ce n'est qu'une question de droits et de libertés, André Boisclair a laissé le cheval de l'identité québécoise, dont Mario Dumont s'est emparé. Cela a été le laissez-passer pour aller vers l'ADQ», poursuit M. Bédard, qui trace un parallèle avec la position du premier ministre unioniste Jean-Jacques Bertrand en faveur du libre choix en matière de langue d'enseignement en 1969 (bill 63), ce qui lui avait coûté la victoire par la suite.

Pour M. Bédard, le Parti québécois a mis en sourdine le discours identitaire dans son argumentaire depuis le traumatisme causé par la déclaration de Jacques Parizeau sur le vote ethnique le soir du référendum de 1995. «On a tellement voulu montrer patte blanche qu'on a tourné le dos au pathos identitaire. Ça ne sentait pas bon, ça sentait l'ethnicisme», fait valoir M. Bédard, qui estime que le PQ a fait la promotion d'un «souverainisme dénationalisé». «On veut faire la souveraineté au nom de la vertu supérieure du peuple québécois, plus écologiste, social-démocrate, ouvert sur le monde, plutôt que parce que nous sommes un peuple inscrit dans l'histoire, qui veut s'inscrire aussi dans la durée», analyse l'historien.

Tout en jugeant adéquate la réponse du chef péquiste aux accommodements raisonnables, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Jean Dorion, est lui aussi d'avis que la question identitaire est négligée dans le discours péquiste depuis plusieurs années. Il cite en preuve le peu de cas fait de la langue française dans le programme péquiste. «C'est même le parti qui en a le moins parlé», déplore M. Dorion, rappelant que le PQ n'a pas fait entrer en vigueur la loi adoptée en 2003 qui faisait du français la langue des communications de l'État. «M. Dumont a fait vibrer la corde identitaire d'une façon pas très saine. Cela a contribué à le faire monter et à distraire les gens de questions tellement plus importantes, comme le bilinguisme de la société et l'hégémonie de l'anglais», croit M. Dorion, qui dénonce le fait que la moitié des nouvelles infrastructures hospitalières de la métropole sera gérée en anglais.

Au discours identitaire, pierre d'assise du Parti québécois dès sa fondation, a succédé un autre discours, plus pragmatique, qui s'est appuyé entre autres sur le déséquilibre fiscal au cours des dernières années. Cette réorientation a mené à une argumentation un peu trop «comptable» au goût du président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose. «Ma préoccupation, c'est que la souveraineté redevienne une question identitaire et moins une question comptable, de bouts de ski, moins une question de stratégie où on travaille sur les modalités et le calendrier», plaide l'ancien syndicaliste, convaincu qu'il faut maintenant recréer une nouvelle coalition souverainiste puisque le PQ n'en est plus une en soi.

«Ça reste à inventer. J'ai récemment rencontré des artistes qui étaient eux aussi surpris des résultats électoraux. Ils pensent qu'il faut qu'on reparle du pays, mais pas comme des comptables», explique M. Larose.

L'autonomie

Une autre explication de la désertion de plusieurs souverainistes vers l'ADQ pourrait se trouver du côté de la position autonomiste de ce parti. La célèbre boutade d'Yvon Deschamps («Un Québec fort dans un Canada uni») représente peut-être encore l'idéal de plusieurs Québécois.

Mario Dumont peut-il aller au bout de sa logique et exiger de nouveaux pouvoirs à Ottawa, à la faveur d'un gouvernement conservateur? Le champ de la politique-fiction est ouvert. S'il se hissait au pouvoir, s'il osait mener cette bataille et se faisait dire non, qu'adviendrait-il? Et si on lui disait oui?

«Comme c'est un film qu'on a déjà vu, il se jouerait vite. Je ne crois pas qu'on va veiller tard sur la question de l'autonomie. Je ne sais même pas si Mario Dumont va avoir la force d'aller au bout du processus», affirme Gérald Larose. Celui-ci est convaincu qu'un hypothétique pèlerinage de Mario Dumont à Ottawa se terminerait dans le même «cul-de-sac» que celui où avait abouti Robert Bourassa. «[Les adéquistes] vont finir par se démarquer: les uns seront canadiens, les autres québécois.»

Jean Dorion juge lui aussi la position autonomiste de l'ADQ complètement «irréaliste». «Si Mario Dumont va à Ottawa et se fait dire non, peut-être que cela pourrait aider un parti indépendantiste ou l'idée d'indépendance», avance-t-il prudemment avant de préciser que le PQ ne doit surtout pas laisser de terrain à l'ADQ. Une chose est certaine, tant pour M. Dorion que pour plusieurs autres indépendantistes: le PQ ne doit pas renoncer à son option et devenir une deuxième ADQ. «Ce serait la mort du PQ. On ne peut pas battre un tel parti populiste sur son propre terrain», lance-t-il.

Moins tranché, le philosophe Michel Seymour, ex-président des Intellectuels pour la souveraineté, est prêt à appuyer Mario Dumont s'il se lance dans une quête constitutionnelle. «Si on transformait radicalement l'État fédéral en un État multinational, je deviendrais moi-même un fédéraliste. Mais je suis souverainiste parce que je crois que c'est devenu impossible», fait-il valoir, conscient que les péquistes sont plutôt réfractaires à une telle ouverture. «On refait le script de Meech, mais cette fois-ci, peut-être qu'on aurait autre chose qu'un premier ministre qui, en fait, ne voudrait jamais de la souveraineté comme Bourassa», suggère M. Seymour.

Pour l'heure, de telles questions ne se posent pas: Mario Dumont n'est pas premier ministre et ne peut donc pas formuler de demandes à Ottawa. Les souverainistes en sont plutôt à se demander comment traverser le désert.

Pour les militants de la première heure, quelques leçons doivent d'abord être tirées de la campagne électorale. D'abord, un chef en campagne ne doit plus être encarcané dans un échéancier référendaire trop strict, qui le mène à promettre un référendum le plus tôt possible au cours d'un premier mandat et à pousser l'audace jusqu'à vouloir le tenir en situation de gouvernement minoritaire.

C'est notamment l'avis de l'ancien ministre péquiste Marc-André Bédard. «Les Québécois n'acceptent pas que le premier ministre de tous les Québécois soit enchaîné sur la stratégie et sur le moment de la réaliser par un parti», fait valoir M. Bédard, dont le fils, Stéphane, est aujourd'hui député de Chicoutimi.

Selon M. Bédard, les souverainistes doivent cesser de chercher «des raccourcis» pouvant mener à la souveraineté. «Faire la souveraineté, c'est convaincre, animer un milieu et sa population, s'inscrire dans tous les secteurs d'activité», plaide-t-il.

Le conseil du sage péquiste qui fut aux côtés de René Lévesque dès la fondation du Parti québécois reçoit écho dans les propos de Gérald Larose et de Jean Dorion. «Il faut reprendre la pédagogie de la souveraineté. Il n'y a eu aucune démarche dynamique sur l'indépendance depuis des années, et pas juste sous Boisclair: ça remonte au départ de Jacques Parizeau. On dirait qu'on attend que l'idée se diffuse d'elle-même dans la population», déclare Jean Dorion.

Celui qui a la tâche titanesque de faire la promotion de la souveraineté à l'extérieur du cadre péquiste, Gérald Larose, pense lui aussi que tous les enjeux doivent être «traités systématiquement à l'aulne du projet à construire». «Le développement local, les accommodements raisonnables, le développement durable, etc., il faut systématiquement imposer notre point de vue indépendantiste», plaide-t-il. À l'instar de Marc-André Bédard, il conclut que les Québécois en ont assez de «la fixation sur la modalité référendaire et sur son calendrier». «Pour moi, c'est secondaire. On n'est plus prêts à parler de la question de la souveraineté sur la question de la modalité. Sur celle d'un projet de société à construire, oui!»

Le lendemain de veille est difficile pour les souverainistes, qui doivent encore comprendre ce qui s'est produit lundi, panser leurs plaies, reprendre leur souffle. Mais la plupart des souverainistes interrogés ne sont pas prêts à renoncer au pays. L'idée saura-t-elle traverser la tempête? Seul l'avenir le dira. Ceux qui s'ennuient déjà des débats référendaires peuvent toujours se sustenter partiellement en suivant les élections écossaises du 1er mai prochain, alors que le Parti national écossais (SNP), qui domine dans les sondages, promet un référendum sur l'indépendance.
 
 
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  • Robert DesLauriers
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 23h21
    L'avenir de la souveraineté
    Je suis entierement d'accord avec les propos énoncés dans le reportage de Mme. Cauchy.L'idée de la souveraineté aura fort à faire avec la frilosoté des Québecois qui veulent le beurre et l'argent du beurre et sans turbulences bien sur! Il faut créer les conditions gagnantes par un effort pédagogique axé sur notre désir de survivre comme peuple et non sur des comparaisons comptables. RD

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    vendredi 30 mars 2007 23h23
    L'autonomisme
    Quelqu'un écrivait dans une tribune quelconque que l'autonomisme, c'est un ado qui sacre son camp dans le sous-sol de ses parents et qui avisent ses parents de mettre son manger sur le bord de la porte et de ne pas oublier ses allocations.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 30 mars 2007 23h45
    Toute les options extrémistes sont a mettre en sourdine
    Les québécois sont fondamentalement des gens du milieu et en plus ça fait 40 ans qu'on se dispute et les québécois sont surtout pas des gens qui aiment la controverse, quitte a se faire manger un peu de laine sur le dos.
    On demande de plus en plus a un gouvernement de pas en promettre trop et de tenir ses engagements.
    Charest malheureusement à l'encontre de Boisclair est considéré comme le plus menteur de tous et trainera cette réputation tant qu'il sera au pouvoir, au provincial comme au fédéral.
    C'est la même chose pour le coverup du PLQ pour les perte d'emplois de Gildan et de Kruger, ils ont promis mont et merveille si ceux ci attendaient la fin des élections pour annoncer la bonne nouvelle... Mais ils auront bien difficile a tenir leurs promesses. C'est vraiment arrangé par le gars des vues que ces annonces 1 et 2 jours après les élections...

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 00h00
    Oui la souveraineté peut surrvivre à condition que les partis ne la tue pas de leurs propres mains
    Oui Madame Cauchy, certainement que la souveraineté peut survivre, à mais à conditions toute fois,que les candidats et les partis ne la tue pas de leurs propres mains.

    Car "tous" sont coupables sur ce sujet et je vous réserve personellement certainnes surprises pour les prochaines élections; qui ne sont d'ailleurs pas pour dans très long...

    Croyez-moi, je suis assez gonflé et les réponses mérprisantes de ces Tartuffes de la cause nationale achève son temps.

    Je n'ai pas pris beaucoup d'engagements personnels sur ce site, mais j'ai publié suffisament d'éléments pour être crédibles à mon sens.

    Pour l'instant, je vous relaisse une fois de plus cette réflexion ci dessous, mais des solutions pour sortir decette impasse, il y en a, et pas seulement une seule, mais nous devons remettre la question entre les mains du peuple, car c'est lui qui doit être maître de son destin et les partis trop corrompus, intéressé et de mauvaise foi.

    Je vous demande donc très respectueusement de bien vouloir accepter en guise de réponse le présent commentaire qui me tiens vraiement à coeur et qui mérite `mon sens d'être entendu. Mais je ne m'attend plus à grand chose de membres de l'establishment souverainsites comme Gérald Larose.

    Solidairement et très sincèrement,


    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire


    -------------------------------------------------------------

    Ces tartuffe qui brouillent les cartes


    Ce n'est pas l'idée de la souveraineté qui est ringarde, mais la manière de procéder et qui plus est, avec ce saisissant dispersement des forces souverainistes vers d'autres partis politiques auquel nous venons d'assister. Des souverainistes sincères qui n'en peuvent plus d'être pris au piège depuis 30 ans par le PQ et d'avoir tenté par tous les moyens et une infinie patience de lui être loyal pour soutenir cette si importante et noble cause qu'est la souveraineté du Québec. La Question nationale ayant été littéralement « kidnappée » par le PQ et utilisée depuis des lustres à des fins électoralistes et remplacée par la soif du pouvoir.

    Dans Mercier, un des piliers de l'organisation du PQ, devenu au bout de 30 ans de déceptions successives un allié de l'UFP et Québec solidaire et principal organisateur de Paul Cliche en 2001, appelait ça « Le pouvoir pour le pouvoir... » et il avait bien raison... De son côté Paul Cliche ancien redacteur au Devoir et candidat de la gauche en 2001, clamait haut et fort et sur toutes les tribunes : «Le PQ n'est pas le propriétaire de la Question nationale!» s'insurgeait-il !

    Les Verts : Bien loin d'être souverainistes !

    Il est évident que le potentiel de souverainistes est bien faible au Parti vert si ce n'est pour ainsi dire, totalement absent : Aucun écrits pour défendre la cause ou ne serait-ce que de faire les liens entre souveraineté et protection de l'environnement ; et encore bien moins une quelconque requête de procéder à la nationalisation de nos ressources naturelles!

    De ma propre expérience et de ma connaissance sur le terrain, au risque de contredire Monsieur Landry, je crois que dans les circonstances, il ne faudrait pas trop compter sur le vote de l'électorat du Parti vert pour appuyer la souveraineté, puisque la Question nationale est précisément un des principaux clivages qui existent entre Québec solidaire et le Parti vert du Québec ; et qui plus est, que le Parti vert est un parti de la nouvelle droite canadienne fédéraliste néo-conservatrice. Il suffit pour cela de constater le total appui du parti vert du Canada et de savoir simplement interpréter combien les principaux gains du Parti vert ont été réalisés dans les secteurs anglophones.

    Ce PQ, qui se retrouve donc aujourd'hui le bec à l'eau et au troisième rang à l'Assemblée nationale, avec pour triste bilan de n'avoir pas su faire progresser l'idée d'un iota depuis le référendum de 1995, et être devenu l'artisan de son propre malheur. Le PQ par son dure virage à droite, et de multiples comportements anti-progressistes, ayant provoqué lui-même la nécessité de naissance d'un parti comme celui de Québec solidaire.

    D'autre part, jamais le PQ n'aurait dû accepter la prise du pouvoir sans respecter le plus fondamental de ses engagements et l'Article 1 de son propre programme qui était au coeur même de ce qui avait donné naissance au Parti québécois. Car il n'est eu nul besoin d'un référendum pour emprisonner le Québec dans la constitution canadienne, alors pourquoi en faudrait-il un pour en sortir ? L'Assemblée nationale étant souveraine, la seule élection d'une majorité de députés souverainistes étant largement suffisante pour procéder à l'accession au destin historique d'une nation et à la réalisation de l'indépendance du Québec.

    Quant au SPQ-Libre, il faut être bien naïfs pour espérer tirer vers la gauche un tel bateau de droite péquiste, avec une chaloupe et deux branches pour ramer. Car désormais, et beaucoup sont d'accord, comme le soulignait très récemment sur les ondes du 98,5 FM l'animateur bien connu Daniel Pinard: « ...Mis à part la souveraineté... il n'y a plus de différence entre le Parti libéral et le PQ » affirmait-il fort justement...

    Les dernières élections annonçant la fin, à tout le moins momentanément, du bipartisme, outre la comptabilisation proportionnelle des votes en faveur de tous les candidats dits souverainistes, pour sortir de cette impasse et trancher définitivement ce noeud gordien il faudra que tous les partis et tous ces candidats d'allégeance souverainistes déclarent en période électorale que : « Un vote en faveur d'un parti ou un candidat dit souverainiste », doit nécessairement équivaloir à «Un vote pour la souveraineté du Québec».

    Comme autre solution, il y aurait bien sûr eu celle de l'inscription de l'option de la souveraineté directement sur le bulletin de vote. Mais, sans parti souverainiste au pouvoir, il me semble y avoir bien loin de la coupe aux lèvres pour faire passer une telle proposition. Et là, encore un fois, le PQ n'aura qu'en s'en prendre à lui-même et à s'en mordre les doigts.

    Il est donc clair qu'avec seulement 28% d'appuis au PQ contre 45% d'appuis à la cause nationale, ce n'est pas de l'indépendance dont le Québec ne veut plus, mais bien du Parti Québécois dans lequel les gens ne se reconnaissent plus et qui s'est toujours servi de cause de l'indépendance pour cumuler des votes dans une intéressée recherche du pouvoir, plutôt que de mettre l'idéal du pays et notre rêve collectif historique au dessus des intérêts personnels et de la basse « Partis-Âneries ».

    Qui ne fait pas l'indépendance la combat - Gaston Miron

    À cause des sévères virages à droite du PQ tels : laisser les plus faibles dans la misère et l'indigence avec l'aide sociale désindexée à 500$ par mois durant 30 ans, atteindre son déficit zéro sur le dos des plus pauvres en coupant d'un même souffle plus de 4.5 milliards d'impôts aux classes les plus favorisées, couper les médicaments au plus démunis, laisser en place les boubous macoutes du Parti libéral afin de réduire l'aide sociale à des mères monoparentales, pénaliser de le chèque de BS de 50$ pour partage de logement ou entraide mutuelle, ne même pas légiférer pour un « Barème plancher », donner 10 cennes de l'heure d'augmentation au salaire minimum, foutre 15,000 infirmières à la porte et désorganiser les CLSC et le système de santé : Voilà le bilan de droite du PQ.

    Ayant honteusement rompu le lien de confiance avec son aile gauche et avec les gens ordinaires et conséquemment, la réconciliation étant désormais devenue impossible entre le PQ et Québec solidaire, il faudra à partir de maintenant, que l'unité des souverainistes se fassent sur le terrain électoral, où chacune des formations et/ou des candidats et candidates dits souverainistes assument pleinement leur position constitutionnelle et portent sans équivoque la Question nationale en période électorale.

    Pour faire le plein de son vote souverainiste, en finir définitivement avec le «vote stratégique»,
    faire de la politique autrement, remettre la souveraineté entre les mains des premiers concernés, c'est-à-dire, entre les mains du peuple, Québec solidaire doit en reprendre le leadership et demander clairement aux électeurs le mandat de faire la souveraineté et affirmer sans équivoque dans une déclaration publique que : «Un vote pour Québec solidaire = Un vote pour la souveraineté du Québec» et mettre pleinement en application le principe de la souveraineté populaire dont la gauche se réclame depuis toujours.
    Dans ces circonstances, nul ne pourra plus accuser Québec solidaire de diviser le vote souverainiste, et c'est le Parti québécois lui-même qui devra porter l'odieux de refuser à notre peuple le droit de se prononcer sur le destin la nation et l'avenir de son propre pays.

    Ainsi seront démasqués les Tartuffes prétendument souverainistes qui utilisent en opportunistes de la Question nationale à des fins électoralistes, mais qui n'osent même pas en porter le mandat en période électorale.

    Car dans l'état actuel des choses, c'est-à-dire, le processus référendaire, un projet alambiqué par la taupe de la GRC Claude Morin, toute progression substantielle de Québec solidaire se traduira inexorablement par une perpétuelle division du vote souverainiste et une éternelle mise en échec du projet d'indépendance du Québec par les souverainistes eux-mêmes.


    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire et de l'Union de forces progressistes
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec
    Candidat de l'Union des forces progressiste / Laporte 2003

    N.B. Autorisation de reproduction et de diffusion :

    Toute reproduction et/ou diffusion, et ce, par quelque moyens que ce soit du présent texte, en tout ou en partie, est autorisée et même encouragée sans redevance avec une simple mention de l'auteur à la seule condition de ne pas travestir ou déformer la pensé de l'auteur. L'auteur conserve toute fois son plein droit de rediffusion et/ou de reproduction dudit article ainsi que sa propriété intellectuelle et il en va de même pour tous les textes qui sont dans les liens ci-dessous et qui sont de mon propre cru. Merci de reproduire diffuser et largement.

    Références et liens pertinents :

    Mes récentes publications sur la Question nationale :

    Référendum : Strike 3 : ou réfléchir à la Question nationale
    http://www.cmaq.net/fr/node/26577

    Référendum : Strike 3 / deuxième manche !
    http://pressegauche.org/spip.php?article459

    Mon débat sur la Question nationale au site électoral d'Amir Khadir Mercier
    http://antigone.koumbit.org/qsmercier/articles.php

    Débat « Lorsque la recherche de raccourci mène à l'impasse ! » - Bernard Rioux
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article441


    À mon site personnel aussi voir : « Sortir du cul-de-sac politique »
    http://christianmontmarquette.spaces.live.com

    Autre article d'intérêts :

    Les Tanguy de « La famille Plouffe » Version (2)
    www.ledevoir.com/2007/03/22/commentaires/070322121

    Le Parti vert du Québec : Le « Ponce Pilate » de la politique
    http://pressegauche.org/spip.php?article550


    Mon « regretté » site électoral...
    http://www.geocities.com/chmontmarquette/ufplogo

  • Alain Carré
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 00h27
    C'est pour cela qu'il faut se tenir debout et ensemble...
    J'ai formé un mouvement, c'est petit mais on est 30 participants. On veut échanges des idées, s'impliquer et faire sortir ce foutu vote...

    Peu importe le comté que vous êtes, j'ai besoin de votre aide...

    Écrivez moi, il faut s'impliquer, se relever et sauver la parti de René Lévesque

    saintefoy34@hotmail.com

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 00h35
    Aucun doute que la souveraineté survivra.
    Nous l'avons dans les veines et nos enfants aussi. La génération X de Dumont sont les enfants des personnes plus agées qui ont dit non en majorité en 95. Les Y et ceux qui suivent sont souverainistes. Elle survivra, avec le PQ ou un référendum?

  • Hubert Larocque
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 01h41
    Indépendance et Parti québécois
    Le vocabulaire en dit beaucoup. Le terme "option" est une création fédéraliste insinuant que l'indépendance du Québec est un choix personnel et non une aspiration liée par un déterminisme vital à notre identité de peuple. L'usage de ce terme falsifie également l'histoire en présentant le fédéralisme canadien comme un choix, alors que la confédération canadienne pour le Québec n'est qu'une transformation politique de la Conquête de 1760. C'est la conséquence d'une violence imposée par l'histoire et non d'un choix auquel notre peuple aurait été partie prenante. Aussi vivons-nous dans un régime colonial normalisé, c'est-à-dire que les Québécois, en général, ont perdu la faculté de s'en apercevoir et y participe aveuglément par le truchement des élections. Notre démocratie, en l'occurrence, n'est qu'un mode de désignation du personnel administratif de la fédération, mode purement interne du fonctionnement du régime défini ci-dessus, et tout à fait impuissant à le modifier en quoi que ce soit de fondamental. Les élections, cet opium du peuple! Il est aisé de mesurer la faiblesse de la fonction intellectuelle au Québec par ce simple fait qu'aucun intellectuel universitaire ou autre, qu'aucun politicien en exercice n'ancre sa réflexion et son agir dans une vision historique vivante et complète. Nous disions autrefois, en parlant des Prix du Gouverneur général du Canada, que le génie, pour un écrivain québécois, consistait à saisir dans une liaison foudroyante l'identité de la Conquête de 1760 et du régime fédéral canadien. Ne pas saisir le sens et l'actualité de cette affirmation, s'y opposer, est déjà le signe d'une profonde aliénation qui se traduit par une coupure dans la perception de notre histoire. Notre histoire commencerait en 1760, ou encore plus récemment en 1867, voire en 1982. Les analyses des commentateurs politiques, des experts de la science politique, accusent presque tous, les autres en partie, cette mutilation de la conscience et de la pensée qui est la marque de notre condition de vaincu intériorisée et substituée à notre destin originel et authentique.
    Le Parti québécois témoigne à sa façon de notre malaise historique. D'abord il a commencé à ne pas croire lui-même à sa cause en remplaçant le terme d'indépendance par celui de souveraineté. Le terme d'indépendance est lié à notre identité et à sa réalisation dans l'histoire. Celui de souveraineté est accessoire et secondaire en ce sens qu'il est extérieur à nous-mêmes et ne concerne que les aspects juridiques de la question. Son adoption et son usage obsessionnel par le Parti montre une distance entre ce que nous prétendons vouloir et ce que nous revendiquons en réalité. L'indépendance ne changerait rien de fondamental à notre statut provincial, tout juste une question de pouvoirs et d'impôts rapatriés. L'indépendance nous ferait retrouver le fil perdu de notre histoire et de notre destin et y ploierait par une rectification créatrice tout ce qui a pu advenir, tout ce qui s'est construit pour nous, mais sans nous, et donc contre nous, depuis 1760.
    Le Parti québécois a oublié en cours de route pour qui, et pourquoi, il fallait faire l'indépendance. Il fallait la faire pour les Québécois historiques et ceux qui acceptent de se joindre à nous, il fallait la faire pour retrouver l'indépendance que nous avons perdue en 1760 et que nous possédions dans l'utérus de la France fondatrice. La Conquête de 1760 et notre abandon par quelques gouvernements de la France a précipité simplement ce fait fondamental: nous étions nous-mêmes la France d'Amérique qui devait seule assumer son destin. C'est le principe spirituel qui constitue l'assise de notre identité et le secret de notre étonnante résilience à toutes les aliénations, qu'elles soient anglaises ou multiculturelles.
    L'indépendance donc est d'un autre ordre que les questions de gestion et de projets de société. C'est une aspiration et une inspiration qui surplombent et englobent en les dépassant la totalité des aspects de la vie d'une nation. L'indépendance, c'est notre essence de peuple elle-même dans son dynamisme et sa réalisation historiques.
    L'indépendance ne peut mourir qu'avec le Québec lui-même. Les querelles au sein du Parti québécois sont le reflet d'un flou identitaire, d'une incapacité à saisir l'importance et l'extrême difficulté de la réalisation de l'indépendance. Au lieu de concentrer ses forces sur notre ennemi réel, le Parti s'entre-dévore sur la place publique, à la grande satisfaction d'un ennemi qui n'a plus à nous combattre.
    Aussi le Parti québécois doit-il retrouver sa motivation identitaire et historique dont dépendent sa cohérence, sa force persuasive et son efficacité politique, et avoir le courage de mettre entre parenthèses toutes les autres questions qui affaiblissent ou voilent le donné fondamental. Il doit cesser de donner au public le désolant spectacle de la cour du roi Pétaud et ne pas craindre une épuration qui le débarrasse de ceux qui sont venus au Parti sans croire vraiment au Québec, qui le desservent par des préoccupations secondaires, ou qui le déshonorent par des rivalités vaniteuses et bassement opportunistes.

  • Guy Lafond
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 06h29
    Tabler sur une constitution québécoise
    En effet, De l'avis de plusieurs et selon ce que cet article soulève,pourquoi ne pas redonner au discours identitaire la place qu'il a perdu.

    Comme l'ont suggéré Daniel Turp et Mario Dumont, ôsons même aller plus loin. Suivons l'exemple d'autres États en adoptant une constitution québécoise:

    "..Jean-Charles Taché, l'un des inspirateurs au Québec de l'union fédérale de 1867, proposa en 1858, dans un ouvrage substantiel, que chaque État de l'union canadienne traduise sa liberté publique par une constitution écrite sanctionnée par un tribunal spécialisé. Une des exigences du fédéralisme, rappelle le penseur suisse Guy Héraud, est l'auto-organisation des collectivités fédérées. Principe bien compris des Suisses, à telle enseigne que leur nouvelle constitution fédérale de 1999 fait obligation aux cantons d'adopter une constitution écrite approuvée par le peuple. Principe aussi vivant chez les Américains, dont les États ont tous leur constitution, parfois très ancienne, qui symbolise le droit du peuple de se gouverner et de définir par lui-même le cadre d'exercice de sa liberté. Il n'y a que le Canada où les États fédérés ont moins le culte de leur liberté, encore vue comme une faveur impériale...
    ..Plusieurs souverainistes, tels que Daniel Turp, sont persuadés qu'une constitution interne préparerait d'autant mieux le peuple québécois à l'indépendance politique qu'il ferait l'expérience concrète de sa liberté fondatrice."

    Ce sont des extraits d'un article récent de Marc Chevrier, "Une constition écrite pour le Québec"
    http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Constitut

    Il s'agit d'un outil primordial pour protéger notre identité nationale et nos acquis âprement disputés.

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 07h29
    Faisons oeuvre pédagogique. par Benoît Gagnon
    Il y a une différence entre le mot et la chose.Le mot; l`indépendance, la liberté, la justice sociale, la solidarité,la fierté, l`obligation de transmettre le meilleur de nous- mêmes. La chose;nos impôts,le pouvoir, les coopératives, notre culture, notre patrimoine, notre "parlure".Toute la mécanique qui entoure notre choix est une question technique et nous avons les compétences pour le faire. Le moteur de notre indépendance est notre désir de bien vivre ensemble notre identité québécoise. Artistes, artisans, travailleurs, intellectuels, mère de famille, père de famille, chômeurs, assistés sociaux,les êtres isolés(jeunes et vieux), soyons nous-mêmes, soyons QUÉBECOIS.

  • Gérard Lépine
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 08h03
    désertion
    Cf aussi le texte de la folle, Denise B., ce jour.
    Y a-t-il encore des québécois qui ont une épine dorsale?

  • David Lépine
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 08h04
    La souveraineté est la solution aux problèemes des années 70
    Que de stratégies pour promouvoir une idée dépassée par les évènements. La raison d'être du projet de René Lévesque fut celle de l'émancipation économique et culturelle des Canadiens français. À l'époque, seul la poursuite de la souveraineté semblait le bon chemin à suivre et effectivement cela nous a bien servi.

    Aujourd'hui, quel homme de bonne foi pourrait nier que c'est mission accomplie. Tout ce qui reste est l'idée d'avoir un drapeau, une armée, prélever toutes les taxes etc., ça n'a plus la même vibration de changement de société parce que justement la société a changé.

    L'industrie de la souveraineté, dont MM Larose et Dorion sont des porte-parole un peu fanés, n'acceptera pas de disparaître d'elle même, mais son déclin était prévisible et demeure inéluctable.

  • Gérard Lépine
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 08h09
    désertion bis
    Ni le chef (actuel) ni le programme. Que la pusillanimité de ceux qui auraient pu (jadis?) y faire quelque chose.

  • Jean-Guy Beaulieu
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 08h11
    Un pan de la question très oublié
    Bonjour,

    Un des torts du débat souverainiste, à mon avis, c'est de l'avoir polarisé entre fédéralistes et souverainistes. Si on n'est pas l'un on est l'autre. C'est plutôt simpliste comme analyse politique. Voilà, pour une bonne part, pourquoi plusieurs se cherchent entre les deux pôles.
    Une des questions fondamentales à travailler, c'est l'option fédéraliste. Il y a lieu de revoir les débats qui ont précédé la formation de l'AANB en 1867 pour s'en convaincre.
    Comment peut-on se dire fédéraliste et se fusionner dans un parti national à Ottawa, tel que les partis Libéral, Conservateur ou NPD, quand ces partis sont tous orientés vers l'idéal d'un Canada unitaire ?
    Comment peut-on parler d'État fédéral quand sa capitale est une capitale nationale ?
    Comment parler d'un État fédéral quand tous ses États membres n'ont qu'une seule et même souveraineté, symbolisée par la reine du Canada résidente à l'étranger ?
    Dans un pays de type fédéral, si on préfère se faire élire à Ottawa en provenance du Québec, ce sont les objectifs du Québec qu'il faut aller défendre et non les objectifs d'un parti national, ad mare usque ad mare, en lutte avec les objectifs de son État d'origine.
    Comment se dire fédéraliste et du même souffle annoncer qu'on ne croit plus à la souveraineté de son État, membre de cet État fédéral, alors que la souveraineté de l'État membre devrait être le préalable à une option fédéraliste ?
    Certains politiciens, certains membres du PQ ou du BQ, certains analystes de la chose politique et certains commentateurs dans nos médias devraient ajuster leurs lorgnettes.

    Bonne réflexion !
    Jean-Guy Beaulieu
    Drummondville

  • Michaël Lessard (micles.biz)
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 08h21
    Les double-messages: ce n'est pas une élection référendaire, sauf que...
    De prime abord, les médias de masse déclarent que les gens du Québec ont voté contre un référendum; ce qui fait bien plaisir à des fédéralistes n'habitant pas le Québec. Le manque d'esprit d'analyse, et surtout de recherche de vérité, de «nos» médias commencent à être franchement pathétique. Merci à Mme Cauchy (auteure de cet article) qui apporte un peu de lumière sur la question. En effet, il y a bon nombre de gens qui préfèrent la souveraineté (env. 50% des gens) qui ont voté pour un des cinq principaux partis.

    Je ne suis pas très souverainiste, comme certain-es qui blâment le gouvernement fédéral pour tous nos maux, mais plutôt souverainiste au sens démocratique altermondialiste.

    Peu importe, car je suis surtout partisan de la vérité. Par conséquent, j'en ai assez que le PQ et le Bloc déclarent toujours un double-message lors d'élections: « ce n'est pas une élection référendaire, sauf que les souverainistes doivent voter pour nous sinon ce ne sont pas des vrais ». Ou encore « ce n'est pas une élection référendaire, mais nous allons tenir un référendum si nous sommes élus ». C'est de la manipulation qui a fini par ne plus avoir l'effet voulu cette fois. L'idée absurde que les « vrai-es Québécois-es » doivent voter PQ ou Bloc est terminée (on peut en dénoncer plusieurs idées absurdes chez les militant-es des divers partis).

    M'enfin, il est vrai que le vote pour l'ADQ fait mal à celles et ceux qui souhaitent que le Québec soit responsable vis-à-vis de l'écologie et du respect réel des droits humains (lire: ne pas laisser certain-es de nos frères et soeurs passer à travers le filet social ou tomber totalement au bas de l'échelle sociale). J'aimerais savoir, pour « rire », combien des prestataires de l'aide sociale (jugés aptes au travail) ont voté pour le parti qui va les abandonner?

    Est-ce que les gens qui ont voté pour Mario Dumont partagent un sentiment d'URGENCE environnementale? Entre croire la communauté scientique, qui a mondialement lancé un message très clair et urgent récemment, ou les politicien-nes, de 30 à 40% des gens ont décidé de croire Mario. En fait, il me semble que la plupart des gens n'ont pas vraiment voté pour la plateforme de Mario: c'est un simple fait considérant que, j'ai beau être très scolarisé, il a fallu que je lise attentivement *entre les lignes* pour saisir la vérité dans la plateforme adéquiste.

    Pourquoi ça fait mal ? Avec un gouvernement de droite (Libéraux) et une opposition qui se présente comme étant encore plus de droite (Adéquistes), il y a peu d'espoir pour celles et ceux qui estiment que l'Humanité avance rapidement vers une crise écologique et économique et donc vers de nouveaux conflits violents.

    Je suis un démocrate dans l'âme, mais ma foi vascille quand j'ai l'impression qu'environ 30% des gens votent avec leurs pieds (juste pour changer le gouvernement sans trop regarder les conséquences).

    - Michaël Lessard
    membre de QS et du NPD à Québec

  • Daniel Hemond
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 09h02
    La maison souverainiste
    Ce nest pas le parti québécois qui a subi une débacle, c'est la maison nationaliste qui faute de consensus sur l'avenir de notre social démocratie à quitté le bateau amiral pour former une armada. C'est très bien ainsi. Les leaders du Parti Québécois ne détiennent pas la vérité et ne peuvent plus prétendre représenter toutes les tendances et opinions politiques au Québec... L'idée de nationalisme, d'indépendantisme et de souveraineté ne doit plus servir de baillon... au service d'un seul parti et de quelques politiciens ambitieux... Désormais il faudra faire avec des opinions divergentes sur l'avenir de notre société. Il faut donc établr dès maintenant un mode de scrutin proportionel... car chaque citoyen doit avoir le droit d'être représenté au parlement. C'est ça la démocratie.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 09h15
    Pu cabable des Francophones
    Les Écossais sont écossais. A Glasgow, il ne viendait l'idée à personne d'appeler Écossais, les Anglais, Jamaicains, Pakistanais et Indiens qui y habitent et de s'appeler, eux, Écossais de la 52e génération, écossaisnophones ou gaélinophones!!!

    Les Catalans sont catalans. A Barcelone, il ne viendrait l'idée à personne d'appeler Catalans, les Espagnols, Marocains, Algériens, Sénégalais qui y habitent et de s'appeler eux, Catalans de la 52e génération, catalanophones!

    C'est pourtant ce que le PQ et le Bloc ont fait au Québec. Par peur de se faire traiter de racistes, de faire dans le nationalisme ethnique, on s'est mis à appeler Québécois tous ceux qui habitent le territoire, comme si notre identité se limitait à un code... postal, ce qui a fait qu'on s'est retrouvé sans nom, poignés avec une horreur comme "Francophones" qu'on nous sert à tous les jours, à toutes les sauces pour identifier un peuple qui existe bel et bien mais qui n'a pu de nom. Depuis quelque temps, on le remplace "pure-laines", un mot qui charrie un certain mépris pour nos ancêtres, notre culture, notre héritage.

    En 2007, un Québécois c'est quelqu'un qui parle français avec un accent québécois, peu importe son origine ethnique, peu importe où il habite. Céline vit à Vegas et Luc en Suisse. Ce n'est pas le lieu de résidence qui crée l'identité, c'est le lieu où on a grandi.

    Josée Di Stasio est québécoise; Soeur Angèle est italienne (Venise)
    Liza Frulla est québécoise; Alfonso Gagliano est italien (Sicile)
    Gregory Charles est québécois; Dany Laferrière est haitien (Gonaive)
    Eva Aviles est québécoise;Osvaldo Nunez est chilien (Santiago)
    Nathalie Petrowski est québécoise; Minou Petrowski est française (Paris)

    Nier cette réalité, c'est parler la langue de bois, la langue des péquistes...

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 10h32
    Oyé! Oyé! Nous sommes maintenant des Francophones de Descendancesquois!
    Tout d'abord, un franc bravo au commentaire de M. Hubert Larocque qui est un excellent exemple de ce que peut être l'éducation à l'indépendance.

    L'historien Éric Bédard décrit très bien la fuite du PQ, face à l'identitaire, suite à son traumatisme de 1995. Il n'est pas le seul historien québécois à le voir clairement et c'est pourquoi on préfère remplacer les postes au département d'histoire de nos universitées par des sociologues du même accabit que Gerard Bouchard plutôt que par des historiens.

    Pas facile pour les Dorion et Larose de se défaire de l'idéologie du "souverainisme dénationalisé" de Bouchard. Dorion, pourtant à la tête de la Société Saint-Jean Baptiste (patron des Canadiens Français), n'y voit plus qu'une nation linguistique et on a vu le genre d'éducation à la souveraineté que Gérald Larose nous a servi en faisant du Conseil de la Souveraineté son mégaphone personnel et ses manuels aux écoles dignes des petits livres rouges de Mao.

    Vous avez entendu la dernière de Gérard Bouchard? Selon le Grand Clerc de la philosophie identitaire du PQ, nous serions maintenant le peuple "Franco-descendesquois" ou queck-chose du genre. C'est la nouvelle mouture identitaire que devra adopter le PQ et son mandarin Louis Bernard. Suite à cette déconfiture du PQ, notre anthropologue officiel national s'est rendu compte que le peuple n'avallait pas du tout l'idée que sa fondation ne remmonte qu'à la Révolution Tranquille. Donc, Bouchard nous propose maintenant de remmettre notre mythe fondateur de la nation québécoise dans le futur! C'est à dire au jour de notre accession à l'indépendance. Si Boisclair reste en place, il devra maintenant dire que nous n'existons pas encore. Qu'il n'y a jamais eu de peuple québécois, mais qu'il y en aura un après un référendum gagnant!
    En attendant, pour nous identifier, Bouchard propose que; de Français, nous sommes devenus Canadiens, puis Canadiens français, puis Québécois, puis Franco-québécois, et que logiquement nous devrions être maintenant des "Francophones de Descendance" en attente d'être vraiement quelque-chose advenant notre naissance par l'indépendance.

    Le conseil de l'ancien ministre péquiste, Marc-André Bédard, est en effet très sage: «Faire la souveraineté, c'est convaincre, animer un milieu et sa population, s'inscrire dans tous les secteurs d'activité»

    Celà fait plus de 10 ans que la base du mouvement le plaide en vain.

    Pour qu'il soit entendu au PQ, il faudrait y changer les oreilles sourdes. Un bon nettoyage s'impose au PQ. Mais j'ai bien peur qu'il n'y reste plus personne cappable de le faire. C'est une élite tressée serrée et ils dépendent (carrières) tous de l'un et de l'autre.

    Il est plus probable qu'ils coulent tous en un seul bloc.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 10h37
    Vers une véritable Confédération ?
    «Si on transformait radicalement l'État fédéral en un État multinational, je deviendrais moi-même un fédéraliste. Mais je suis souverainiste parce que je crois que c'est devenu impossible».

    Voilà qui résume tout à fait pour les années à venir le sentiment général très majoritaire au sein de la population québécoise, beaucoup plus sage et pragmatique qu'il n'y paraît. C'est tout ce qui explique la montée de l'ADQ. Les Québécois sont en train de forcer le positionnement de l'autonomisme en offrant cette alternative au Canada anglais face à l'indépendance intégrale, avec ou sans partenariat. Les Québécois pensent que tout n'a pas été tenté pour reconstruire le Canada sur des bases identitaires saines, libérées du contentieux de la Conquête britannique.

    Oui, il doit y avoir un troisième référendum et il sera le tout dernier. Il va devoir porter sur la véritable Confédération, au sens premier du terme, et telle que le Canada de 1867 aurait dû voir le jour : c'est-à-dire en tant que l'union démocratique des deux peuples fondateurs du Canada, également souverains mais librement associés. Dans ces conditions gagnantes d'avance, nous serions à même de rassembler un Oui unanime à plus de 80 %.

    J'espère que le PQ aura le génie de se positionner contre le PLQ vis-à-vis de cette seule option viable aux yeux de la vaste majorité, car c'est de cette seule façon qu'il peut l'enfoncer et le repousser comme tiers-parti appelé à disparaître à sa place, car la base francophone du PLQ, s'il elle se reconstitue, le PQ va connaître le mauvais sort de l'Union nationale.

    Quant à l'ADQ, s'il fallait que son autonomisme ne soit qu'une coquille vide, il ne faudrait pas donner très cher de sa peau... car la question constitutionnelle, quoi qu'en pense Dumont, n'a jamais été évacuée de la problématique politique au Québec.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 10h43
    L`indépendance se fait avec des gestes concrets en cours de route
    Le Québec doit s`affirmer en réalisant des projets économiques qui portent vers sa souveraineté. New York est plus près de nous que Toronto. Le projet du maire Drapeau d`un TGV Montréal-New York assurerait un lien avec la métropole financière mondiale. Avec le contrôle de 18% de l`économie mondiale, New York est un agent de changement adulte qui se compare avantageusement à Toronto encore adolescent. Les fédéralistes ont investi $5 milliards dans un hub aérien à Pearson. Montréal en est un pauvre tributaire. Il faut détourner cette tactique à notre avantage et faire de Montréal une plaque tournante du tourisme nord américain. De plus, les Nations-Unies auraient avantage à déveloper ses cadres stratégiques New York-Québec sur la scène mondiale. Québec zone franche de droits dans ses ports et aéroports, l`acheminement des achats de voitures avec moteurs diésel et hybride exlusivement sont d`autres options évidentes pour rediriger l`économie du Québec. Adopter une loi sur la distribution de l`eau potable sur l`example du réseau d`Hydro-Québec en énergie et ses exportations. Toutes ces activités peuvent être enclanchées sans le bon vouloir d`Ottawa, meilleur ami et protecteur de l`économie ontarienne. La souveraineté économique mène à un pouvoir politique qui bâti la confiance des citoyens en leurs moyens. Entre-temps nous avons besoin de politiciens visionnaires pour accomplir cette tâche. Où sont-ils?

  • Carl Rodrigue
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 13h06
    Erratum : Ce que Yvon Deschamps a dit...
    La boutade d'Yvon Deschamps est "Un Québec indépendant dans un Canada uni".

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 13h23
    monsieur noel
    Je ne sais pas qui vous êtes mais je vous aime en ciboire

  • Brigitte tremblay
    Inscrite
    samedi 31 mars 2007 13h45
    Referendum ou souveraineté
    Le message de la souveraineté ... quel message ?
    Il serait surement plus avantageux pour le PQ et le BQ de
    parler des avantages de la souveraineté pour tout les Quebecois . Ils ne sont pas capable de mettre des mots et des
    chiffres de facon a nous faire voir THE PICTURE .Je connais
    des anglais souverainistes : Leornard Cohen pour en nommer qu'un seul . Il me semble que si tout ce beau monde essayait vraiment de rallier les gens du Quebec autant les francais que les anglais pour parler de la SOUVERAINETÉ et non pas juste d'un referendum ... je n'aime pas me faire prendre pour acquise .Pourquoi se contenter du 50 + 1 ? Pourquoi toujours vouloir entrer par la porte arriere ? je viens de l'ouest de l'ile. Par chez nous meme les boites aux lettres
    peuvent voter ROUGE ROUGE ROUGE . Mais savez vous quoi ? Il y a meme des anglos qui ont votés PQ ADQ tout sauf liberal !
    Le soir des elections André Boisclair a parlé en francais.
    Jean Charest en francais et quelques mots en anglais .
    A la tele anglaise .. sur le panel une des journalistes a dit apres le discours de boisclair : c'est dommage il a juste parlé francais , he blew it again . Je pense que si
    le PQ et le BQ voulaient vraiment convaincre tout les quebecois avec la souveraineté et non pas seulement le mot
    referendum ils le pourraient .

  • Christian Tallon
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 14h08
    Le statu-quo est la meilleure solution
    Les interventions sont vraiment très intéressantes et c'est pourquoi je ne résiste pas à l'envie d'y apporter ma contribution.

    Les italiens se sont battus avec leur sang pour être indépendants, les allemands, les vietnamiens, les indiens, les algériens, les Irlandais, les peuples d'Amérique Latine. Pour beaucoup cela voulait dire du jour au lendemain l'arrêt des subsides de la puissance coloniale, l'enfermement, la répression mais aussi des mythes fondateurs, des héros, des statues etc ... En d'autre termes, il y a des pays où ça a fait très très mal. Mais jamais un pays devenu indépendant à ce que je sache n'a regrêté son choix.

    Dans le cas du Canada, c'est un peu différent car la couronne britannique a été à la fois puissance coloniale et puissance protectrice de la spécificité québécoise.

    Je pense que le Canada, au lieu d'être une entreprise de chemin de fer qui a réussi pourraît être une confédération étroite entre les 3 peuples fondateurs : les amérindiens, les descendants des français les descendants des anglo-américains.

    Le plus urgent est à de mon point de vue de réaffirmer avec force et de toutes les façons le caractère intangiblement francophone du Québec. Le reste suivra. La langue est la clef de tout.

    Si la langue et avec elle, les racines, l'histoire, les traditions lachent, le Québec sera dans deux générations une aire de récréation pour new-yorkais en WE et la querelle avec Ottawa plus spécialement d'actualité.

    Une grande partie des français, exaspérés par l'invasion arabo-africaine en France ne voulant pas entendre parler de Francophonie, c'est à mon avis au Québec de prendre le relais de la France partout où il le peut (afrique, caraibes par exemple).

    Ca peut faire partie des attributs nouveau du Québec. Etre le centre de la Francophonie Mondiale, de l'Organisation de la Francophonie et pourquoi pas un jour dans quelques générations de l'Académie Française !

  • Monique Désy Proulx
    Abonnée
    samedi 31 mars 2007 17h45
    Bravo à jacques noël
    Enfin ! Quelqu'un qui ose dire cette vérité toute simple, que la nation, c'est pas un code postal ! C'est plutôt comme la famille, les gens avec qui on a grandi.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 20h25
    "Québécois francophones de vieille souche"
    "QUEBECOIS FRANCOPHONES DE VIEILLE SOUCHE": C'EST PLUS UN NOM, C'EST DU ELVIS GRATTON

    Hier encore, un Québécois c'était nous autres. Les Tremblay du Saguenay et les Lavoie de Ste-Foy, les Dumont de Rosemont et les Landry de Gaspésie. C'était le "viens icite chose" sous la Tour Effel et le "ayoye tab..." sur un tesson de bouteille à Acapulco.

    C'était nous avec nos grandeurs et nos misères, notre naturel désarmant et notre naïveté exceptionnelle, notre génie propre et notre quétainisme légendaire. "Cette pente au coeur qui ne trahit pas" disait Fernand Dumont.

    Les choses ont commencé à se gâter après le Non de 80 lorsque les grands libérateurs de peuple sont passés du nationalisme linguistique au nationalisme civique.

    Le projet initial, qui visait enfin à donner un Homeland aux Tremblay d'Amérique, après deux siècles de survivance et un éparpillement aux quatre coins du continent, s'est subrepticement transformé en nationalisme territorial. Comme si soudain les Sikhs de DDO, les Antillais de Côte-des-Neiges, les Italiens de St-Léonard, les Loyalistes de l'Estrie, les Jersiais de la Baie des Chaleurs et les Cris de la Baie James s'étaient mis à crier à la "nécessaire indépendance".

    Et surtout comme si l'Etat-nation, qu'on réclamait en compromis à l'"ennemi héréditaire", au prix de l'abandon d'un pays grand comme un continent, et du largage de nos frères de la diaspora de Malliardville à Chéticamp aux mains des Red Necks francophobes, était devenu tout à coup une tare honteuse, trop réac dans les beaux salons, anachronique dans les grands colloques.

    Une tare qu'il fallait maquiller dans un "Etat multiculturel francophone et moderne" (sic), un mini-Canada avec une fleur de lys à la place et le français en haut de l'affiche. Une tare qu'on ne pouvait même plus montrer à Puerto Rico, en Catalogne, en Corse, en Ecosse, en Slovaquie, en Slovénie, en Arménie, en Kabylie, en Palestine, dans les Pays Baltes, au Pays Basque, au Tibet, au Timor, chez les Kurdes et chez tous les p'tits peuples qui se cherchent désespérément une structure politique pour asseoir leur avenir (dire que depuis la moitié de ces peuples se sont libérés alors que nous, partis avec tous dans les sixties, et sans armée rouge sur le dos, sommes toujours poignés dans le Gros Caca...)

    Ca continué à déraper au milieu des années 80 quand, dans un effort d'ouverture totale, on a établi une première mondiale en fêtant les autres la journée de la Fête nationale! Les rouleaux impériaux, les tacos et le couscous en plein 24 juin! Vas-y à fond mon Jean Dorion. Au fond, dans le coin, à l'extrême-droite, sur une nappe à carreaux, de la poutine et quelques pâtés à viande. S'il vous reste un petit creux... Pas dérangeants les Tremblay.

    On a atteint le summum du ridicule à la fin des années 80 lorsque, suite à une enquête poussée de la Mère de la nation nous annonçant la disparition prochaine, on s'est mis à appeler "Québécois" le dernier-Tamoul-débarqué-sans-papiers-à-Mirabel. Sous pré-texte qu'il habitait maintenant le territoire, qu'il allait bientôt fréquenter le COFI, travailler pour un maudit boss anglais, avant de fonder deux PME de cinquante-deux employés et engendrer une belle famille de treize enfants vivants, tous premiers de classes à l'école française! Sahid au pays des merveilles? Non, Jean-Claude Leclerc et Gérald Leblanc trois fois par semaine.

    Enfin, on a atteint le fond du baril, la veille du référendum de Charlottetown, quand Bernard Landry et autres-grands-libérateurs-de-peuple sont allés danser la salsa et le meringue pour des peanuts. Pour un mirobolant 5% de compassion souverainiste! Moins que les sondages du National Enquire sur le fantôme de Memphis.

    Il a fallu attendre les croisements de tableaux de l'ordinateur personnel de Monsieur pour qu'on sonne la fin de la récré. La fin d'une décennie où, à force de se peinturer dans le coin, de s'excuser devant la visite, de s'elvisgrattoniser, on est tombé à "Québécois francophones de vieille souche"!!!

    C'est immanquable, à chaque fois que quelqu'un rentre dans la maison, au lieu de faire visiter, d'expliquer l'architecture et les fondations, pour finalement intégrer et assimiler la descendance comme chez tout peuple normalement constitué, on se cache sous la table pour réapparaître dans une pièce plus petite, sous un autre vocable. Comme si on était rien. Des deux de piques. Une tribu de croque-morts, de la neige jusqu'aux oreilles. Mortelle randonnée chez les Tremblay d'Amérique.

    C'est ainsi qu'on est passé de la Nouvelle-France (le plus grand pays du monde au 18e siècle) au Canada, au Canada français, au Québec, au Québec francophone; de Français à Canadiens, à Canadiens français, à Québécois, à Québécois francophones pour aboutir dans le hangar à l'iconoclaste "Québécois francophones de vieille souche". A cinq mots, ce n'est plus une identité, c'est du Elvis Gratton. Un acte de contrition. Une peau de chagrin. Un refus d'être.

    Après avoir endormi l'élite à gogo avec "la nouvelle réalité montréalaise et l'ouverture sur le monde" voilà que les bonzes de l'intercul et du multicul nous imposent ce ridicule "Québécois francophones de vieille souche" pendant que notre label "Québécois" se retrouve distillé parmi tous ceux qui habitent le territoire. Comme si c'était raciste d'avoir un nom! Comme si les Sikhs de Glasgow et les Jamaïcains d'Édimbourg étaient Ecossais. Et les Ecossais, réfugiés sous la table du pub, le kilt sous le bras: "Ecossais gaéliques de vieille souche"!

    Je suis désolé pour les beaux esprits de l'UQAM, mais dans ma rue en banlieue de Québec, il n'y a pas un seul nordicomane qui pensait que le Suédois Mats Sundin et le Russe Valery Kamensky étaient devenus Québécois parce qu'ils bossaient pour une sweatshop de Limoilou.

    Tout près à Portneuf, il n'y a pas un seul chrétien qui pense que Luc Plamondon de St-Raymond et Anne Hébert de Ste-Catherine sont devenus Français parce qu'ils ont habité Paname pendant des décennies. Et je doute qu'à Prague, on croit que Kundera soit un écrivain français et Forman un cinéaste américain.

    Ce qui revient à la question de fond: qui est Québécois? Quelqu'un de souche française? Evidemment, mais pas nécessairement. Winston McQuade, Claude Ryan, Daniel Johnson et Laurence Hannigan, avec de la souche albionne plein les jarrets, sont Québécois; Jerry Peltier, Ovide Mercredi, Veronica Louise Ciccone alias Madonna (papa italien maman Fortin) et Jack Kerouac, en dépit leur souche pure laine, ne le sont pas.

    Lisa Frulla et Pierre Curzi sont Québécois; le prof Marco Micone et Alfonso Gagliano, avec la même souche, sont Italiens.

    Qui est Blanc? Evidemment, mais pas nécessairement. Normand Brathwaite, Luck Mervill et Gregory Charles, qui ont de la souche visible jusqu'à Tombouctou, sont Québécois; Dan Philip (St-Lucie) et Dany Laferrière (Haïtien), avec la même souche, ne le sont pas.

    Max Gros-Louis et Claude McKenzie, s'ils cessaient de jouer aux Indiens (et si Ottawa cessait de les encourager!), seraient québécois les yeux fermés, alors que Billy Two Rivers ou Ellen Gabriel ne pourront jamais l'être.

    Qui est catholique? Oooooh. Les églises sont vides depuis 30 ans!

    Qui est né au Québec? Evidemment, mais pas nécessairement. Jeanne Sauvé (Saskatchewan), Nathalie Choquette (Japon) et Nathalie Petrowski (Paris), toutes nées loin du St-Laurent, sont Québécoises. Joe Norton (Caughnawaga), Glen Ford (Portneuf) et Saul Bellow (Lachine), nés tout près du Majestueux, ne le sont pas.

    Un souverainiste? Allons donc! Est Français qui est gaulliste? André Ouellet et Jean Chrétien, en exil pendant 25 ans à Ottawa, encore plus rouges que le flag sur le hood, sont Québécois; alors que David Payne (Anglais) et Nadia Assimopoulos (Grecque), convertis miraculés à la cause nationale, ne le sont pas.

    EST Québécois comme est Français, Chinois, Chilien, chimiste, chirurgien ou tiens Tabernaco, 1) qui se DIT Québécois 2) mais surtout qui est RECONNU par le gros bons sens (un trésor national qui ne se perd pas!) comme membre de la famille. Par delà l'épaisseur de la souche. En gros est Québécois qui parle québécois avec un accent québécois, qu'il soit rrrrrrroulé comme les Montréalais ou aspiré comme les Bleuets.

  • Johan Gass
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 21h02
    Oui Mr Noël mais...
    Qui est Québécois ?

    C'est une excellente question.
    Je suis d'accord avec votre intervention et cependant, je me pose une question. Selon vous et d'autres, être québécois, c'est quelqu'un qui parle le français d'ici avec son intonation et ses expressions typiques. Les autres ne sont pas québécois ou québécoises.

    Pourtant, certains et certaines « pures-laines » qui parlent de cette façon sont fédéralistes et rouges jusqu'à l'os : ils ne se sentent pas québécois mais canadiens, et vont défiler au Beaver-Club... Et puis il y a ces autres personnes, qui parlent le français différemment mais qui se sentent québécois, et plus précisément, néo-québécois. Je suis de ce genre Mr Noël. Je voulais donc apporter cette nuance.

    Je suis tombé amoureux du Québec, j'y vis depuis près de 5 ans, je ne connais pas le Canada, l'anglais ne m'effraie pas mais reste pour moi une langue seconde et étrangère. Je me suis installé et réfugié ici dans un pays qui m'a accueilli, que j'ai parcouru du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest, que je veux protéger par ma profession, environnementaliste. Le Québec c'est un pays, mon pays, mes amis, ils sont d'ici, ils sont Québécois. Et enfin, je désespère de devoir prêter serment sur la tête d'une reine étrangère pour obtenir ma citoyenneté...canadienne !!!

    J'ai vu des films tel que 15 février 1839, de Pierre Falardeau, qui m'ont émus, j'ai lu l'histoire de ce peuple, de cette nation, cette histoire et cette culture qui me passionne. Si un réferundum se posais demain, je voterai pour l'indépendance de ce pays, pour reconnaître sa réalité historique, rétablir une justice sociale et culturelle, car le Québec c'est mon pays d'accueil, car je l'aime, et que je me sens faire parti de ce peuple, même si pour les autres je serai toujours un étranger, ce que j'accepte. Je suis étranger oui, mais néo-québécois, et pour le Québec libre, et je serai prêt pour cela à renoncer à ma nationalité maternelle...

    Il ne faut pas oublier cette minorité ! Ne nous oublier pas !

    Falardeau l'avait remarquer dans son film 15 février 1839, lorsque l'un de ces personnage s'adressait au seul français, emprisonné lui aussi, avec le groupe de Patriote, en lui disant cette phrase: « Si t'es pas d'ici, soit t'es avec nous-autre, soit t'es un hostile de chien sale ! »

  • Gilbert Belzile
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 21h41
    Les fidèles ont quitté leur église!
    Franchement, on se croirait dans un concile de théologien qui discutent du sexe des anges alors qu'ils ne se rendent même pas compte que les fidèle ont quitté leur église!
    Les Québécois, ça semble évident, ne veulent plus de référendum,pourquoi vouloir leur enfoncer la souveraineté dans la gorge de force?
    Dans le passé,les Québécois lorsqu'ils élisaient le parti libéral, ils devaient voter pour le parti Québécois lorsqu'ils voulaient changer de dirigeants, ce qui était interprété comme un appui à la souveraineté.
    Cette fois-ci, le troisième choix offert par Mario Dumont était plus crédible et répondait à leur besoin de changement sans basculer dans un autre référendum dont ils ne veulent pas.

  • Alain Carré
    Inscrit
    samedi 31 mars 2007 22h24
    Soyons fier d'être Québécois pour une fois...
    Devenez tous membre du PQ pour changer le parti....Imaginez ceci si 50 000 nouveaux membres s'inscrivent du jour au lendemain pour sauver le parti de René Lévesque, pour brasser la cage à ce parti et apporter du renouveau, du sang neuf. Imaginez la vague que cela par la suite, ça ferait parler tous le monde au Québec.

    Avec un mouvement que je veux créer, j'aimerais que tous les Souverainistes me contactent et imaginez la gueule des médias s'ils apprenaient que 50 000 nouveaux membres se sont joint au PQ. Ouffffff, les journalistes seraient bouche bée mais pour créer quelques choses de spécial, il faut se regrouper et le faire en même temps pour faire un coup d'éclats. Dites à vos amis et envoyez ce message à tous vos contacts, il faut que le Québec se sorte de sa torpeur...

    Je vois invite à vous joindre à moi en me mentionnant si vous êtes membre du PQ, dnas quel comté et si vous avez voté...et on va prendre des actions ensemble pour faire bouger les choses. Présentement, on est 30 personnes mais si chaque personne fait un bout de chemin, on va être 40, 50 personnes, 100 personnes et ça devenir exponentielle...

    Alors, bougeons un peu et sortons l'égoïsme en nous...

    Saintefoy34@hotmail.com

  • Laurent Dancygier
    Abonné
    samedi 31 mars 2007 22h26
    La question est mal posée
    Une défaite électorale n'a jamais tué une idée. Il suffit de penser aux référendums sur la souveraineté. Dans le système anglosaxon, gagner une élection ne requière que 35 à 40% des voix. L'indépendance requière 50% des voix + 1 (et encore faut-il que la participation soit extrêmement forte pour légitimer le résultat).Il faut donc augmenter l'électorat d'un quart à un tiers.
    Le problème est que l'indépendance est une idée portée essentiellement par les québécois dit de souche. Or la démographie est telle que cette communauté représente une portion toujours plus faible de l'électorat. De plus, les québécois étant des anglo-saxon dans leur façon d'être, la communauté est quelque peu nombriliste et peu ouverte aux émigrants, et elle est perçue par ceux-ci comme encore plus fermée qu'ele ne l'est vraiment.

    La seule solution va se trouver sur le terrain des valeurs. Si les indépendantistes se fédèrent autour de valeurs auquelles d'autres peuvent adhérer et si, une fois au pouvoir, ils démontrent la réalité de leur adhéesion à ses valeurs, alors ils pourront fédérer suffisemment de votes.

  • Robert Libersan
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 10h54
    Bonne question Mme Cauchy
    Mais avant toute discussion à ce sujet parmi les membres du P.Q., il convient de connaître la composition des parties prenantes à la discussion :

    l'aile syndicale : elle est radicale, militante et sans compromis. Aucune discussion n'est possible;

    les zélés fanatiques de l'Indépendance ou les Purs et Durs: hors d'Indépendance, point de salut. Ils alimentent à mon avis le mouvement BBB (Bye Bye BOisclair pour déviance).Aucun compromis n'est possible;

    les «belles-mères» : ah on les aime bien nos belles-mères. Par politesse, on les écoute...d'une oreille;

    l'aile dite des «mous» ou les souverainistes accomodants dont je suis depuis presque 40 ans. Cette aile accepterait demain matin par exemple le Rapport Allaire et le rapatriement de 22 pouvoirs.Les gens de cette aile sont, je crois, tout autant sociaux-démocrates que souverainistes.

    C'est avec cette aile que la réflexion quant à l'option souverainiste doit se faire puisqu'elle représente, à mon avis, la très très grande majorité des membres du P.Q. Elle n'a qu'un défaut cependant; elle n'est pas suffisamment militante.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 11h25
    @ M. Jacques Noël --- Et Foglia, et Judi, et Amir , eux ???
    Monsieur Noël.

    Primo, on s'entend sur une chose. Il est impératif d'affirmer davantage l'identité québécoise. Ce que le PQ a malencontreusement négligé au cours des dernières années. Pourquoi ? Peut-être parce que certains leaders étaient prioritairement préoccupés par leur carrière. Peut-être parce que l'attention du PQ était détournée vers le règlement de ses interminables guerres intestines. On ne saura probablement jamais...

    Secundo. On s'entend pour dire que Pierre Elliott-Trudeau nous a passé tout un 'cadeau de grec' quand il a transformé le plussssss meilleur pays du monde si cher à Jean Chrétien en mosaïque multiculturelle genre 'pizza all-dressed'. C'était la stratégie Durham, phase #2, destinée au peuple québécois. Et ça semble marcher pas mal plus fort que prévu, d'autant plus que même les Canadiens anglais de Toronto semblent s'accommoder de perdre leur identité 'Canadian' au profit de la Société Pizza de Trudeau. Cynique et pas bête, quand même, notre super-citoyen du monde !!! Que Lucifer aie son âme ... (Maintenant que l'enfer existe pour de vrai, dixit, l'infaillible Benoît XVI)

    Par ailleurs, votre texte est très accrocheur dans la mesure où il fait appel aux sentiments profonds des personnes qui ont à coeur la préservation et la promotion de l'identité québécoise. Au niveau du principe que vous mettez de l'avant, le consensus est facile à aller chercher.
    Bravo ! C'est dans son application que ça se complique...

    Par exemple, votre critère de sélection (à savoir qui fait partie de la nation québécoise ou non) basé sur l'accent québécois me laisse songeur quant à l'exclusion de citoyens exceptionnels qui n'ont pas l'accent québécois, comme vous dites, mais qui sont parfaitement intégrés et qui connaissent mieux les subtilités Québec-Canada que la plupart des 'pure-laines'. À cet égard, où situez-vous Pierre Foglia ?

    Autre exemple. Les Anglos qui ont grandi au Québec, qui maîtrisent le français (avec un accent plus ou moins prononcé), qui aiment vivre et travailler au Québec, font-ils partie de l'identité québécoise ? Où situez-vous Judi Richards ? Dernier exemple. Où situez-vous Amir Khadir, qui a un accent 'non québécois', à ce que je sache ?

    Tout ça pour dire que même si le principe est attrayant, on touche ici à une question complexe qu'il faut aborder avec affirmation, détermination et courage, certes, mais également avec délicatesse, ouverture d'esprit et un soucis constant de rigueur et de nuance. Une suggestion. Pourquoi ne pas demander à vos copains de Québec Solidaire de se pencher sur la question et d'en arriver à des propositions bien étayées sur le sujet ? Ce serait constructif et ça nous changerait des débats stériles sur la 'référendite aiguë' de la faune des 5 % de purs et durs. Ça nous reposerait enfin de la guerre des tuques entre Québec solidaire, le SPQ libre et le Parti Québécois.

    Merci de votre apport pertinent mais cependant incomplet à ce débat.

    Jean Desjardins

    Laval

  • Zach Gebello
    Inscrit
    dimanche 1 avril 2007 11h28
    Bravo! M. Noel.
    Votre texte mériterait une publication dans la section "Perspectives"!

    Le concept de nation "civique" n'était pas faux en soi au départ, car il y a bien une identité civique pour tous territoires. On est Québécois dans le sens civique que parce qu'on y réside et qu'on y est donc assujetti aux lois de l'État. En ce sens, oui, est Québécois tous ceux qui résident au Québec. Mais dans le sens civique seulement.

    La faute du PQ et de ses intellos antropo-sciologues, c'est d'avoir voulu réduire toutes les identités ethniques du Québec à cette simple définition civique afin de créer une impression d'unité qui, dans leur rêve fou, ferait mousser une nouvelle identité nationale originale.

    Biensûr, les communautés ethniques, les Amérindiens, les Métis, n'ont pas embarqués dans cette chimère infecte.

    C'est alors que le PQ s'est mit dans la tête de prendre le peuple ethnique québécois majoritaire comme cobaye pour faire exemple de cette nouvelle conception. Son ethnicité fut alors répudiée systématiquement, et fut le seul à l'être. On invitait alors les autres ethnies à abandonner les leurs pour joindre une majorité purement civique.

    Biensûr, les communautés n'en voulurent pas, trop attachées à leurs racines.

    Vous avez bien raison, M. Noel, de villipender ces déterminants (de souche, francophones, etc...) grotesques qu'on voudrait maintenant nous affubler, nous, Québécois.
    Car nous n'en avons pas besoin.
    Nous sommes Québécois. Point.
    Québécois dans le sens ethnique et civique.

    M. Gass, par exemple, qui se dit arrivé il y a 5 ans et toujours attaché à ces racines, est celui qui doit porter un déterminant, pareille aux autres membres de communautés ethniques culturelles non-québécoises.

    Par exemple: "Italo-Québécois".

    L'ethnie suivie du civique.

    Ou bien le civique suivi de l'ethnique: "Québécois d'origine italienne".

    Mais le membre du peuple ethnique québécois n'a pas besoin d'un déterminant.

    Il est Québécois. Dans tous les sens.

  • Steve Fortin
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 13h10
    à M. Lépine et tous ceux qui doutent de la nécessité de promouvoir la souveraineté...
    À tous ceux qui doutent de la pertinence de la souveraineté et de la nécessité de poursuivre l'éducation des avantages de cette option; j'aimerais les inviter à venir constater de visu l'état de la langue française, tant au niveau de la syntaxe que de la grammaire ou de la stylistique au sein de la future génération d'enseignants. On ne parle pas même de toute cette génération fraîchement sortie des institutions secondaires et collégiales qui en grande majorité sont ignares de leurs référents historico-culturels ou qui ne savent élaborer sur tout ce qui concerne la gauche ou la droite; combien m'ont avoué depuis une semaine avoir voté pour l'ADQ sans savoir que ce parti proposait l'abolition des commissions scolaires. On parle ici d'étudiants au département de l'éducation, d'étudiants universitaires représentatifs d'une génération sacrifiée à l'hôtel du cynisme pour qui le droit de vote revêt plus de sens quand il s'accompagne d'une élimination entre Mikaël ou Kéven lors d'une téléréalité quelconque.
    Veut-on créer de simples exécutants techniques avides de consumérisme médiocre ou des citoyens réfléchis, cohérents qui ont un sens critique et un sens de la citoyenneté. Voilà le dilemme auquel nous conduit le statut quo M. Lépine. Il est grand temps que nous recommencions l'éducation de nos repères historico-culturels comme toute nation qui se respecte; il est grand temps que nous redonnions à la langue française toute l'importance qu'elle mérite, au prix s'il le faut, d'un resserrement des critères qui font en sorte qu'un diplômé ait le droit de pratiquer la profession. Car dans l'ensemble canadien actuel, ces considérations seront toujours occultées au profit d'un multiculturalisme qui cache la dilution de la nation québécoise.

  • Laverio Nozza
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 14h02
    Quelques suggestions péquistes
    Je partage l'avis de tous les péquistes de l'article, «Parti québécois : le mélange des idées», et aussi l'opinion de Denis Faucher, «Les purs et durs du Parti québécois - Quand cesseront-ils?» Le PQ doit changer pour ramener des souverainistes et pour emporter la prochaine élection.

    Permettez-moi d'ajouter deux suggestions.

    Premièrement, le PQ doit obliger l'ADQ à dire aux Québécois et Québécoises pourquoi l'autonomie est la meilleure option pour le Québec que la souveraineté. Particulièrement, l'ADQ doit demander du Canada anglais l'implémentation du célèbre rapport Allaire de 1991 que Mario Dumont a soutenu à l'époque. Cela serait un échec et montrait que la meilleure façon pour le Québec de protéger et d'augmenter l'identité et la culture est la souveraineté.

    Deuxièmement, André Boisclair doit partir. Il est trop cosmopolite pour défendre l'identité, la culture et l'histoire francophone du Québec. Je ne pense pas que M. Boisclair a même mené une bonne campagne. Il a un bon débat mais cela n'est pas toute la campagne. Après le débat, M. Boisclair a détruit des appuis que le PQ a accueilli avec le propos : le gouvernement minoritaire peut avoir un référendum? M. Dumont est fédéraliste ou souverainiste? Cela prouve que M. Boisclair n'a aucun sens politique. La seule grâce de M. Boisclair est qu'il parle le meilleur français que j'ai le plaisir d'entendre. Il me force de parler et écrire mieux le français. Mais ce n'est pas assez.


    Qui serait un bon chef? - Louis Bernard. Il a l'expérience politique. Il est pragmatique. Il est un homme de passion qui peut enlever le Québec. Si le PQ a besoin d'un chef plus jeune, peut-être Jonathan Valois serait un autre bon choix.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 14h09
    Nous sommes tous Québécois
    Il faudrait cesser d'utiliser l'expression «communautés culturelles» pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe, des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans) ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des communautés culturelles. Quel non-sens! Alors, parlons donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de répréhensible dans le terme «néo-Québécois», au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois à l'égard des nouveaux arrivants.

    L'expression «communautés culturelles» va dans le sens de la ghettoïsation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être désignés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? L'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne, qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que conçues dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidants du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s'y installer, sont des Québécois.

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 15h28
    @ MM. Noël et Gebello ...
    Aïe, aïe, aïe ...

    Ça prend combien de générations à une famille d'immigrés bien intégrée pour être considérée comme Québécoise pure, Québécoise-Québécoise ou encore, Québécoise au carré ?

    De plus, mon arrière-grand-mère était Italienne et mon arrière-grand-père était un 'pure-laine'. Est-ce dire que je suis un Italo-Québécois, ...même avec un nom comme le mien, un nom aussi 'pur' que celui de la famille Tremblay ? Et ce, même si je ne parle pas un mot d'Italien ! Eh ben, j'savais pas ! Faudra que j'avertisse ma progéniture ...

    Enfin, ma fille fréquente un Suisso-Québécois né au Québec. Est-ce dire que leurs enfants devront porter un déterminant, à l'instar du statut que vous proposez à monsieur Gass ? Est-ce dire que leurs enfants seraient Italo-Suisso-Québécois? Pour pousser un peu plus loin, j'espère qu'aucun de leurs enfants n'aura la méchante idée de se choisir un conjoint d'origine japonaise, tibétaine, etc. Ça ressemblerait à un 'back-fire ethnique', dans ce cas. Non ?

    De grâce, éclairez-moi. Ça devient mêlant tout ça ...

    Merci d'avance pour vos éclatantes lumières tamisées en noir pur ou en blanc pur, 'sans-compromis-aucun', bien sûr !


    Jean Desjardins

    P.S. J'espère que la réponse n'est pas que ...l'ethnie d'origine de la gent féminine ne compte pas pour définir la race pure. Françoise ne sera vraiment pas contente ...

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 15h51
    La précision d'un chirurgien ...
    Monsieur Libersan vient de décrire avec la précision d'un chirurgien la composition du membership du Parti Québécois et de la majorité des souverainistes déserteurs ou non.

    Malheureusement, c'est presque sans issue car, essayez de faire taire les grandes gueules des factions militantes du 'sans-compromis-aucun'. Même René Lévesque, avec son charisme et son leadership légendaires n'a pas réussi à s'en débarrasser.

    Au PQ, ce n'est pas la démocratie qui prime, c'est la capacité de monopoliser le micro et de garder la gueule ouverte plus longtemps que les autres. Faites confiance aux factions précitées pour ça ! De vrais mégères. Des bibittes pas tuables comme dans le film Alien ...

    Démobilisant tout ça !


    Jean Desjardins

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 1 avril 2007 15h53
    @Jean Desjardins, au sujet de Foglia
    Écoutez c'est pas moi qui donne les diplomes de québéquitude! C'est le gros bon sens des Québécois qui se reconnaissent entre eux ou pas!

    Dans le cas de Foglia il a souvent dit qu'il se fait dire tous les jours qu'il est Français même s'il vit ici depuis 40 ans. Donc les Québécois voient en lui un Français.

    Ses parents étaient italiens. Ils se le faisaient dire tous les jours en France. Ses enfants sont québécois. Je doute beaucoup qu'on les prenne pour des Français!!!

    Sur Khadir, ben c'est un peu comme Facal. Il est arrivé ici à 9-10 ans et a choisi de s'assimiler. J'imagine que beaucoup de Québécois voient en eux des Québécois. C'est mon cas. Il ne me viendrait jamais à l'idée de considérer Facal comme un étranger. Par contre j'ai beaucoup de misère avec Michaelle Jean. Je ne sens pas la p'tite fille de 10 ans de Thetford Mines lorsqu'elle parle. Je sens chez elle un refus d'être québécoise. Ce qui est insultant!

    Si je vous dis:
    Mylène Farmer (née au Québec)? Française
    Serge Postigo (né en France)? Québécois
    Isabelle Maréchal (née en France)? Québécoise
    Nanette Workman? Américaine
    Alice Parizeau? Polonaise
    Patrick Masbourian? Québécois
    André Arthur (il est aussi d'origines arménienne)? Québécois
    François Rebello (son père vient de l'Inde)? Québécois
    James Hydman (né à Bonn)? Québécois
    François Bouillon (né à NY d'origine haitienne)? Québécois
    Alexandra Diaz? Québécoise
    René Angelil (fils d'immigrants syriens)? Québécois
    Sam Hamad? Syrien
    Jean-Marie de Konick (père belge,mère américaine)? Québécois
    Lara Fabian? Belge
    Normand Lester (père juif hongrois)? Québécois
    Sonia Benezra (née à Montréal)? Canadian

    Comment on reconnait un Québécois? On l'écoute parler!!! Impossible de se tromper puisque personne ne peut copier notre accent. Parlez-en aux "humoristes" français...

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 16h10
    Une purge requise
    Il faut purger non pas le PQ mais le Québec francophone de sa culture catholique, qui lui fait systématiquement opter pour un juste milieu suicidaire, un peu souverainiste mais aussi un peu fédéraliste. Des générations ont été conditionnées à penser que l'essentiel, c'est le ciel, que la misère purifie le coeur, que aimer son petit pain est la voie du salut éternel. Et l'on s'étonne que tanat de Québécois des régions aient opté pour la nouvelle Union nationale qu'est l'ADQ.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 16h12
    Rêver autrement
    Ils ont pris nos rêves et ils en ont fait des chaînes" écrivait je crois le poête Paul Chemberland.
    Pour ne pas avoir posé clairement la question essentielle dès le début par crainte de ne pas obtenir une majorité de oui, de peur de ne pas arriver à prendre le pouvoir un jour; pour avoir concocté des programmes successifs dans le but premier de prendre le pouvoir, pour avoir refusé ou retardé les échéances référendaires, pour avoir attendus les conditions gagnantes, pour ne pas avoir fournis toutes les explications nécessaires sur les conséquences réelles des choix qui étaient proposés, les leaders politiques ont laissé s'installer "une fatigue diffuse et chronique". Ils ont ainsi rendu plus difficile l'examen d'autres options réalistes et réalisables. Et malheureusement, fatigue et résignation, ne contribuent pas beaucoup à la détermination et à l'énergie dont une nation a besoin.
    Georges Paquet

  • Jack Napier
    Inscrit
    dimanche 1 avril 2007 17h27
    Depuis quand ?
    Petite question, depuis quand l'idée et le principe de souveraineté est-elle la propriété exclusive
    du Parti Québécois ?

    Il serait intéressant que le monde comprenne qui l'idée d'une souveraineté peut exister hors du Parti Québécois ! Exemple Québec solidaire est aussi
    un « Parti souverainiste » et qui sait il y a peut-être d'autres tiers partis qui le sont et qui me viennent pas à l'esprit.

    L'idée de souveraineté éxistait bien avant la création du
    Parti Québécois, éxiste pendant l'existance du Parti Québécois et si le Parti Québécois viendrait à disparaître,
    avant la réalisation de la souveraineté, alors l'idée de souveraineté continuera d'éxister et il y aura toujours un parti pour la défendre.

    Petite question en terminant :

    Faire la souveraineté pour qui ? Pour le peuple ou pour une petite click de bussnismans ?
    Pour Qui ? ? ?

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    dimanche 1 avril 2007 22h28
    Depuis toujours
    Le parti québécois est le seul parti pouvant nous mener à la souveraineté. QS connaissant les règles au Québec n'a que diviser le vote. Je doute que ce soit une réaction à la déconfiture de Pauline Marois. Si la chef du PQ avait été Marois pensez-vous sérieusement que QS aurait divisé le vote?
    Je ne pardonnerai jamais à ce parti son manque d'unité pour la souveraineté. Le PQ a une aile de gauche mais les compromis pas pour eux. Le PQ doit être au centre gauche et droite selon le cas. Pour ce qu'être québécois ma version est: Celui ou celle qui veut faire du Québec un pays et qui respecte notre langue et notre culture.

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    lundi 2 avril 2007 11h47
    La définition nationnale hors de l'ethnicité
    La chose est complexe et on fait vieux jeu à parler de sang et de théorie sur l'ethnicité du peuple. La chose paraît peu concrète, c'est qu'il n'y a pas de races à distinguer. Nous sommes tous de la même souche, qu'on le veuille ou non. Tous de la même origine et issu de la même évolutions. Il n'y a donc pas de races, il n'y a que la race humaine. hey oui.

    Donc, la nation se définit sur une base plus abstraite. On parle du territoire et la chose est inévitable. La geopolitique a saisi et fait la mosaïque du monde. Il n'y a pas moyen d'y échapper. Le monde est constitué de territoire, et divers partis se partagent la possession du territoire. Mais qui possède le territoire? Ce sont des groupes sociaux qui se reconnaissent nécessairement par un élément rassembleur.

    On se distingue par discrimination en nous disant "nous ne sommes pas comme eux"

    La chose est fallacieuse et mène souvent à prôner le libéralisme économique, la débandade capitaliste. "Je ne suis pas comme eux, je suis meilleur qu'eux." C'est un point de non retour.

    Il faut de l'audace pour qu'une société se définisse par induction et en arriver au consensus du phénomène rassembleur. Le rêve social est d'arriver à ce que l'état social puisse déclarer sans ambages "Je suis".

  • David Lépine
    Inscrit
    lundi 2 avril 2007 11h57
    Jacques Noël, futur ministre de la nationalité
    René Lévesque a dit , celui qui paie des impôts au Québec est Québécois. Jacques Noël se veut le décideur, j'aimerais bien voir sa liste de ctitères quand il qualifie un tel oui et un autre non parce qu'il le sent dans ses tripes. Aurons-nous droit aux lois sur la pureté ethnique ?

  • Bernard Renaud
    Inscrit
    mardi 29 mai 2007 21h55
    Nous en avons assez (moi) du brassage de crânes sur la souvereineté.
    J'en ai plein mon cerveau (casque, car mon cerveau en a assez) de vos répétitions verbales sur la nationalité et souveraineté du québec.
    Gérald Larose, en particulier, depuis longtemps me fait dégueuler.
    Que le Québec cesse de se regarder le nombril. Nous sommes à peine 22% de la population canadienne. Pour qui vous prenez-vous les séparatistes? Des malades sentimentaux?
    Ne pas oublier que l'environnemet, en Amérique, n'est pas propice à l'indépendance du "Québec" Nous désirons la prospérité et la possibilité, à nos petits enfants, de vivre dans une société démocratique ( la meilleure société parmi les pires) en liberté, unité et sécurité.
    Nous en avons "soupé" des pertes de temps sur des principes qui ne tiennent pas la route. Une "Suisse" en Amérique, il est trop tard. Les États-Unis (US) et Toronto nous ont déjà subtilisé ces "métropoles"
    Que cela cesse, cette propagande haineuse sur la Canada qui a contribué à la liberté de nos sociétés actuelles.

    Vive le Canada, même avec ses imperfections et tiraillades. Passons aux vrais affaires. Notre bien-être. Pour toutes et tous les citoyens et citoyennes du CANADA.

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