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L'impie

Michel David   29 mars 2007  Québec
André Boisclair a tout juste osé un léger maquillage qui n'a abusé personne en début de campagne. Ce ne serait pas un référendum mais une «consultation populaire».
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  • Michel Vallée - Inscrit
    29 mars 2007 00 h 29
    Que d'énormités dans un seul texte
    A part vous, M. David, tout le monde a tout de suite compris qu'un référendum et une consultation populaire c'est du pareil au même.

    Comment réconcilier le fait que 45 à 50% des Québécois sont en faveur de la souveraineté du Québec et qu'ils seraient en même temps contre le seul mécanisme qui pourrait nous y conduire démocratiquement, un référendum. La seule explication, c'est qu'il y a encore une certaine crainte de l'inconnu. Pourtant, ils n'ont pas craint de se lancer dans une aventure encore plus hasardeuse avec l'ADQ parce qu'ils savaient bien que ce parti ne pouvait prendre le pouvoir et qu'il ne le pourra pas tant et aussi longtemps qu'il ne se sera pas donné un vrai programme politique plutôt qu'une collection de clips. C'est de la pensée magique de croire que le reste du Canada acceptera le moindre changement à la constitution canadienne pour permettre au Québec d'atteindre son autonomie.

    Oui, M. Boisclair n'avait pas les coudées franches puisque lorsqu'il est devenu chef, le PQ venait tout juste d'adopter son programme. S'il avait eu plus de temps, peut-être aurait-il pu imposer sa marque sur ce programme. C'est ce qu'il se propose de faire maintenant. Les purs et durs devront bien se rendre à l'évidence que le peuple québécois n'était pas prêt à revivre un autre référendum.

    Bien sûr, il ne s'agit pas de rayer l'article Un du programme du PQ. Il faut tout simplement l'assouplir et laisser au chef et à sa députation le choix du moment propice.

    Mais ce n'est pas suffisant pour regagner l'intérêt de tous les souverainistes. Il faut aussi rajeunir le programme du parti et le rendre plus attrayant pour les verts, les lucides et les solidaires.

    Je ne vois vraiment pas qui pourrait accomplir cette tâche, si ce n'est M. Boisclair.


    Michel Vallée, Montréal
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  • Michelle Bergeron - Abonné
    29 mars 2007 01 h 18
    Respirez par le nez M. David
    Une base solide au PQ, Des jeunes qui doivent prendre leur place quitte à tasser certains et revenir vers la population.
    Pour le reste tenez votre chapeau, parce que les autres provinces commencent à crier fort, l'ADQ en aura plein les bras avec la maternel, les libéraux se feront brasser par l'opposition. Le vent change de bord rapidement des fois. Plusieurs organisations comptaient sur l'habitude et la fidélité des péquistes sans trop mettre d'effort pour convaincre les gens ils viennent de rencontrer un mur mérité pour certains. C'est pourquoi je dis respirons par le nez tout peu arrivé.
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  • Georges Paquet - Abonné
    29 mars 2007 07 h 03
    Les bienfaits de la clarté
    M. David,
    Bravo et merci pour vos analyses qui, comme celle d'aujourd'hui, font toujours preuve de rigueur et de courage. Je crois, comme vous, que pour éviter le "suicide collectif" (dont certains se réjouiraient) le PQ devrait revoir la stratégie du "référendum coûte que coûte", mais il devrait aussi faire un sérieux travail de clarté et d'information, en menant d'abord l'exercice auprès de ses propres militants.

    Au cours de cette dernière campagne électorale, mes observations, bien que fort limitées, je l'admets, m'ont convaincu qu'un très grand nombre de militants péquistes, qui se donnaient la peine d'intervenir dans les colonnes et dans les blogues des quotidiens, notamment dans Le Devoir, donc pas des illettrés, avec qui j'ai quelques fois dialogué, soit ne connaissaient pas bien le programme de leur parti, soit ne partageaient pas certaines de ses orientations fondamentales, et qui toujours ne savaient pas du tout ce que pouvaient bien comporter les "cinq années de turbulences" évoquées par Mme Marois.

    Je ne veux pas donner de noms ici, mais si quelqu'un avait le temps et l'énergie pour dépouiller les interventions dont je parle, uniquement sur le site du Devoir, on y trouverait des militants fervents et déterminés qui ne savaient pas, ou qui ne voulaient pas savoir, que le PQ proposait que le Québec, s'il devenait un jour souverain, conserve la monnaie canadienne, la citoyenneté canadienne, et bien sûr le passeport canadien, et qu'il doive demander l'appui du Canada pour se faire reconnaître éventuellement à l'ONU.

    Bien sûr, ces mêmes personnes ne savaient pas du tout ce que le partage de la même monnaie impliquerait comme contraintes aux chapitres de la coordination des politiques économiques et budgétaires avec le Canada; ne se préoccupaient pas des effets directs et indirects sur les finances du Québec de la politique monétaire de la Banque du Canada, sans que le Québec éventuellement souverain, ne puisse intervenir dans ces décisions; ignoraient la nécessité de fournir à la Banque du Canada toute une série de prévisions et d'analyses sur l'État des finances publiques et de participer à de nombreux comités de coordination.
    Au sujet de la citoyenneté et des passeports, on trouvait le même manque d'information quant aux frais, toujours croissants, et aux formalités, toujours à sens unique, exigés par le Canada. Pour ne rien dire de la nécessité de voyages à Ottawa pour ceux qui auraient besoin d'urgence de ce passeport, et d'un doute certain sur les formalités d'attribution de la nationalité aux nouveaux nés.

    Je pourrais multiplier les exemples, mais l'essentiel demeure que les militants et les citoyens ont le droit et le devoir de connaître certains détails, aussi importants, que comporte le programme d'un Parti, ou que, comme on entend trop souvent, tout le monde devrait savoir ou que seuls des naïfs ou des inconscients ne se doutaient pas.

    La clarté n'est pas seulement un souhait, c'est également un devoir.


    Georges Paquet
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  • Claude Bariteau - Abonné
    29 mars 2007 07 h 06
    L'impie
    Pour Boisclair, appuyer Dumont conduit à renverser Charest qui n'ira jamais dans la direction autonomiste. Du coup, son appui pavera la voie à une élection et c'est Boisclair qui en paiera le prix. Surtout, le PQ.

    Ne pas l'appuyer, c'est forcer le mariage entre les divorcés (ADQ et PLQ). Ça, ça risque d'être difficile, mais a l'avantage de mettre à nu l'impasse dans laquelle s'est placé Dumont en voulant jouer à l'intérieur de la patinoire canadienne.

    Avec ce refus, Boisclair se doit de faire la promotion de l'indépendance. Or, le hic, c'est qu'il n'y croit pas et n'est pas perçu comme un porteur de pays.

    Selon moi, dans une joute à trois clubs sur la même patinoire, la stratégie du baiser de la mort de Lévesque et de Parizeau ne marche pas.

    Le PQ n'a aucun intérêt à appuyer une équipe, car il se sort lui-même de la partie. Il doit plutôt faire valoir qu'il a des ressources cachées et celles-ci ne pourront s'exprimer que dans un abandon des thèses de 1974, ce qui implique le départ de Boisclair.

    Si c'est ce qui se passe à court terme, les divorcés vont d'avantage se rapprocher, mais tout le monde saura que ça ne donnera pas des enfants forts.

    Dumont devra alors ouvrir son jeu. Je pense qu'il patinera avant de le faire.

    Si le PQ change de chef et met de côté l'idée d'un référendum et si ce chef inspire Dumont, ce que ne saurait les Landry de ce monde, il y a des chances qu'il ne veuille plus se remarier avec le PLQ et qu'il choisisse le concubinage avec le PQ, même le QS.

    N'oubliez pas une chose, Dumont est un bon père de famille. Il cherche seulement un père-pays pour lui démontrer sa loyauté. Si ce père n'est pas du Québec, il le voudra distant. S'il l'est, il sera honoré de travailler main dans la main avec lui.

    Avec un président péquiste, il pourrait être un premier ministre de qualité.

    Claude.Bariteau@ant.ulaval.ca
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  • Roland Berger - Abonné
    29 mars 2007 09 h 15
    L'après-référendum
    Michel David écrit que « Si la majorité des Québécois ne veulent pas de référendum, c'est qu'ils ne voient pas en quoi la souveraineté est indispensable, ni même avantageuse.» Je crois plutôt que bon nombre de Québécois demeurent souverainistes mais qu'ils ne s'entendent pas sur l'après-référendum, certains désirant l'État souverain défini par Québec solidaire, d'autres l'État souverain défini par les désormais célèbres lucides. Aller de l'avant sans aucune garantie fait peur. Beaucoup préfèrent demeurer dans une confédération dont les faiblesses offrent quelques avantages que de se retrouver dans un Québec indépendant dominé par le pouvoir de l'argent.
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Nicole Ouellette - Abonnée
    30 mars 2007 14 h 22
    Vive le tchèque...dit la mémé philosophe
    Mon père disait, au tournant des années 70, à nous les jeunes. « Votre idée (de souveraineté)ça va être bon dans 25 ans. » Mon père avait voté pour Duplessis l'autonomiste et il trouvait que c'était pas mal bien déjà. Il avait fait quelque chose de concret comme d'électrifier les campagnes, et il balançait le budget. Il n'aimait pas voir son temps révolu. Il ne s'est jamais réconcilié même avec Jean Lesage. Maintenant c'est moi qui voit passer mon temps. 95 est venu et mon idée n'a (finalement?) pas passé. 10 ans plus tard, un «jeune» prétend que la position de Duplessis c'est l'avenir. D'ailleurs, ce jeune, est aussi conservateur que Duplessis mais très moderne, il peut choisir dans les mesures sociales les plus payantes. Il ne se souvient de rien, pas même...à qui il doit cette latitude. C'est maintenant l'avenir ça, un Québec autonome, dans le plus beau, meilleur pays du monde pour qui le Québec n'est jamais que la mouche du coche. Le Québec n'est pas mûr... le sera-t-il jamais pour la souveraineté? Pas avec l'argent comme seule vision j'en suis persuadée. Nous devons être, le seul peuple au monde qui, avec le choix, se demande si ça vaut le coup d'exister si ce n'est pas payant. Que ne suis-je en république tchèque, ils savent faire des révolutions de velours sans s'endormir au volant. Une dernière pensée frivole : si la revanche des berceaux de Mario ne marche pas, il reste toujours la Louisiane, c'est très autonome la Louisiane et les cajuns aussi et ils sont heureux, heureux, heureux, certains d'entre eux, j'en suis sûre, dans le plus riche et le plus fort pays du monde.
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