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Québec peut bien baisser les impôts avec l'argent d'Ottawa, dit Flaherty

29 mars 2007  Québec
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ne condamne pas la volonté de Jean Charest d’utiliser la marge de manoeuvre que lui a consentie Ottawa pour diminuer les impôts.
Photo : Agence Reuters
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, ne condamne pas la volonté de Jean Charest d’utiliser la marge de manoeuvre que lui a consentie Ottawa pour diminuer les impôts.
Le gouvernement de Jean Charest a le droit de réduire les impôts avec la hausse des transferts fédéraux annoncée dans le budget de la semaine dernière, a estimé hier le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.

«L'utilisation, par le premier ministre Charest, des transferts de péréquation pour réduire les impôts, qui sont élevés au Québec, respecte la Constitution», a déclaré M. Flaherty en conférence de presse à Montréal, après un discours dans lequel il a fait la promotion de son deuxième budget.

Le ministre a rappelé qu'en vertu de la loi fondamentale du pays, le régime de péréquation vise à donner aux gouvernements provinciaux «des revenus suffisants pour les mettre en mesure d'assurer les services publics à un niveau de qualité et de fiscalité sensiblement comparables».

Dans son budget déposé le 19 mars, le gouvernement conservateur a accru de 700 millions ses transferts au Québec pour 2007-08 par rapport à ce qui était prévu. En pleine campagne électorale, Jean Charest a aussitôt annoncé qu'il transformerait cette manne en baisses d'impôt à partir du 1er janvier prochain.

Jim Flaherty a reconnu qu'il y avait eu une «réaction négative» au Canada anglais à la suite de cette promesse électorale.

«C'est peut-être le moment de l'annonce qui a suscité le plus de controverse», a-t-il avancé.

Le ministre a toutefois rappelé que, dans l'ensemble, son budget a été bien accueilli par la population. «Je suis toujours heureux quand les gouvernements réduisent leurs impôts et taxes», s'est-il même permis de lancer.

Quand on lui a demandé comment le gouvernement libéral, maintenant minoritaire, devrait s'y prendre pour assurer le maintien des réductions d'impôt promises, M. Flaherty a simplement répondu que, dans un tel contexte, tous les partis devaient «avoir une discussion».

Par ailleurs, M. Flaherty s'est félicité de faire partie du premier gouvernement minoritaire depuis des décennies à avoir réussi à faire adopter deux budgets consécutifs, grâce à l'appui du Bloc québécois. Le plus récent a été approuvé mardi soir aux Communes.

«Le Bloc s'est levé en Chambre et a dit: "Bravo, on vous soutient"», a lancé avec ironie le sénateur et ministre des Travaux publics, Michael Fortier, qui accompagnait Jim Flaherty.

«Alors nous [...]la prochaine fois qu'on va aller en campagne électorale — je ne sais pas quand —, on va rappeler aux gens [qu'il] vaut mieux avoir des [députés] conservateurs», a ajouté M. Fortier.






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