Essuyer une défaite et voir La Vie en rose
Françoise David est allée au cinéma pour se changer les idées après sa cabale des dernières semaines
Fini les agendas chargés pour Françoise David, les visites aux quatre coins du Québec entre une séance de porte à porte dans son comté de Gouin et une tournée des plateaux de télévision, du moins pour un temps. La chef de Québec solidaire avait rendez-vous au cinéma hier, pour voir La Vie en rose.
Fourbue mais sereine, Françoise David n'avait pas la tête hier à analyser les résultats électoraux, tandis que les chefs des trois grands partis se positionnaient sur l'échiquier pour la suite des choses. «Cela va me sortir un peu de la politique», explique la nostalgique d'Édith Piaf, qui conserve encore plusieurs de ses disques en vinyle.
Bien qu'exténuée, Françoise David semblait avoir apprécié sa première expérience politique. Elle qui a commencé sa carrière comme organisatrice communautaire avant de se consacrer à des dossiers nationaux à titre de présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle a retrouvé pendant les 33 derniers jours le goût de rencontrer les gens. «J'ai juste envie de recommencer. À gauche, avoir ce plaisir d'aller vers les gens en général, pas juste de convaincre des convaincus, c'est formidable», conclut la nouvelle politicienne lorsqu'on lui demande quelles leçons elle a tiré de la campagne.
Si la porte-parole avait envie d'un peu de repos hier, la nouvelle conjoncture politique la rattrapait inévitablement. Les observateurs ont vite fait hier de souligner que l'addition des votes de QS et des verts aurait permis à Amir Khadir de battre le Parti québécois dans Gouin. Lorsqu'on lui soumet la question, Mme David retombe rapidement dans les ornières de la campagne: «On va continuer de pratiquer la politique de la main tendue», répète-t-elle.
Elle note que cette question devra être débattue au prochain comité de coordination de la formation de gauche. «Est-ce que la démarche viendra de nous? On doit en discuter à la mi-avril», observe-t-elle avant d'ajouter qu'une telle discussion ne devrait pas être subordonnée à quelque condition que ce soit de la part des verts.
Au-delà de l'analyse fine des résultats des tiers partis, la grande tendance pointe vers un effritement de la ferveur envers l'option souverainiste, que QS partage avec le Parti québécois. Y voit-elle une hypothèque de moins pour Québec solidaire, constamment menacé pendant la dernière campagne de nuire à l'option souverainiste incarnée par le PQ? «Effectivement, j'ai entendu maintes fois des électeurs de Gouin me dire: "On vous aime, mais on a peur de faire passer le Parti libéral." Mon adversaire a joué là-dessus jusqu'à son dernier souffle.»
Cela dit, la porte-parole de QS ne sonne pas pour autant le glas de l'idée de souveraineté. «Je ne suis pas certaine que les gens qui souscrivent à l'idée d'autonomie dans un Canada uni sont nécessairement des antisouverainistes [...] Le test de la réalité va faire qu'un certain nombre d'entre eux vont voir que l'autonomie marche seulement si le reste du Canada le veut. On va tôt ou tard revenir à un débat de fond sur la question nationale», croit Mme David.
Elle se promet bien alors de présenter de nouveau la démarche de QS sur l'accession à la souveraineté, qui préconise la formation d'une assemblée constituante, susceptible selon elle de convaincre des nationalistes hésitants. «Nous, on ne dit pas: "Vous nous élisez, on va faire un référendum le plus vite possible dans le mandat et on va vous vendre ça, la souveraineté, que vous en ayez envie ou non"», lance avec ironie Mme David.
Québec solidaire a récolté lundi 3,7 % des suffrages, comparativement à 1 % pour son ancêtre politique, l'Union des forces progressistes, en 2003. Cela lui permettra donc de tripler son financement annuel fourni par le Directeur général des élections.
La formation a réussi à se hisser au deuxième rang derrière le Parti québécois dans les comtés de Gouin et Mercier, où se présentaient respectivement Mme David et Amir Khadir. La première a récolté 26 % des suffrages et le second, près de 30 %.
Fourbue mais sereine, Françoise David n'avait pas la tête hier à analyser les résultats électoraux, tandis que les chefs des trois grands partis se positionnaient sur l'échiquier pour la suite des choses. «Cela va me sortir un peu de la politique», explique la nostalgique d'Édith Piaf, qui conserve encore plusieurs de ses disques en vinyle.
Bien qu'exténuée, Françoise David semblait avoir apprécié sa première expérience politique. Elle qui a commencé sa carrière comme organisatrice communautaire avant de se consacrer à des dossiers nationaux à titre de présidente de la Fédération des femmes du Québec, elle a retrouvé pendant les 33 derniers jours le goût de rencontrer les gens. «J'ai juste envie de recommencer. À gauche, avoir ce plaisir d'aller vers les gens en général, pas juste de convaincre des convaincus, c'est formidable», conclut la nouvelle politicienne lorsqu'on lui demande quelles leçons elle a tiré de la campagne.
Si la porte-parole avait envie d'un peu de repos hier, la nouvelle conjoncture politique la rattrapait inévitablement. Les observateurs ont vite fait hier de souligner que l'addition des votes de QS et des verts aurait permis à Amir Khadir de battre le Parti québécois dans Gouin. Lorsqu'on lui soumet la question, Mme David retombe rapidement dans les ornières de la campagne: «On va continuer de pratiquer la politique de la main tendue», répète-t-elle.
Elle note que cette question devra être débattue au prochain comité de coordination de la formation de gauche. «Est-ce que la démarche viendra de nous? On doit en discuter à la mi-avril», observe-t-elle avant d'ajouter qu'une telle discussion ne devrait pas être subordonnée à quelque condition que ce soit de la part des verts.
Au-delà de l'analyse fine des résultats des tiers partis, la grande tendance pointe vers un effritement de la ferveur envers l'option souverainiste, que QS partage avec le Parti québécois. Y voit-elle une hypothèque de moins pour Québec solidaire, constamment menacé pendant la dernière campagne de nuire à l'option souverainiste incarnée par le PQ? «Effectivement, j'ai entendu maintes fois des électeurs de Gouin me dire: "On vous aime, mais on a peur de faire passer le Parti libéral." Mon adversaire a joué là-dessus jusqu'à son dernier souffle.»
Cela dit, la porte-parole de QS ne sonne pas pour autant le glas de l'idée de souveraineté. «Je ne suis pas certaine que les gens qui souscrivent à l'idée d'autonomie dans un Canada uni sont nécessairement des antisouverainistes [...] Le test de la réalité va faire qu'un certain nombre d'entre eux vont voir que l'autonomie marche seulement si le reste du Canada le veut. On va tôt ou tard revenir à un débat de fond sur la question nationale», croit Mme David.
Elle se promet bien alors de présenter de nouveau la démarche de QS sur l'accession à la souveraineté, qui préconise la formation d'une assemblée constituante, susceptible selon elle de convaincre des nationalistes hésitants. «Nous, on ne dit pas: "Vous nous élisez, on va faire un référendum le plus vite possible dans le mandat et on va vous vendre ça, la souveraineté, que vous en ayez envie ou non"», lance avec ironie Mme David.
Québec solidaire a récolté lundi 3,7 % des suffrages, comparativement à 1 % pour son ancêtre politique, l'Union des forces progressistes, en 2003. Cela lui permettra donc de tripler son financement annuel fourni par le Directeur général des élections.
La formation a réussi à se hisser au deuxième rang derrière le Parti québécois dans les comtés de Gouin et Mercier, où se présentaient respectivement Mme David et Amir Khadir. La première a récolté 26 % des suffrages et le second, près de 30 %.
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