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« Le courage de changer »

Bernard Descôteaux   28 mars 2007  Québec
Le Parti québécois a été ramené lundi soir au début des années 70. Le choc est brutal pour le parti fondé par René Lévesque, placé aujourd'hui devant une réalité implacable. S'il ne se redéfinit pas, il pourrait se retrouver lors des prochaines élections au rang de tiers parti, marginalisé. Il y a urgence, car le prochain rendez-vous électoral sera l'ultime chance qu'il aura de retrouver sa place.

Le chef péquiste, André Boisclair, indiquait hier sa volonté d'engager son parti dans une telle réflexion et de tout faire pour qu'il ne sombre pas dans le déni. Dire cela, et le dire aussi rapidement, était la chose à faire, ce qui toutefois ne lui assure pas que les militants le suivront sur cette voie. Au lendemain de la défaite de 2003, ils ont résisté à un tel exercice qui, reconnaissons-le, exige une forte dose d'humilité.

La première question qui viendra à l'esprit portera inévitablement sur le leadership d'André Boisclair. Les militants voudront-ils que ce soit lui qui préside à cette réflexion? Les premiers appels à la démission ont surgi dès hier. Le chef péquiste n'a pas l'intention de les entendre, mais il ne pourra éviter de voir son autorité remise en cause. La personne même du chef et sa relation avec les électeurs ont été un facteur déterminant de ce nouvel échec électoral. Ce n'est toutefois pas par là qu'il faut commencer.

Le coeur de la réflexion des militants doit d'abord porter sur l'essence même du Parti québécois. Pour être souhaitable, la souveraineté n'est à l'évidence pas réalisable, soulignait hier M. Boisclair pour lancer la discussion. Cette constatation, qui est indiscutable en raison des positions constitutionnelles de l'ADQ et du PLQ, avait pourtant été faite par certains au lendemain de la défaite de 2003. En vain!

La liste de ceux qui avaient alors lancé un cri d'alarme est longue. Le premier à le faire avait été le politologue Jean-Herman Guay. Devant le Conseil national du PQ, il avait invité les souverainistes à s'ouvrir les yeux sur les causes de la dégringolade de leur parti, qui n'avait rien de conjoncturel ni de subit. Il leur rappelait que ce n'est pas parce qu'un Québécois sur deux se dit souverainiste que cela se traduira par un appui au PQ. Les Québécois se disent catholiques dans une proportion de 83 %, mais les églises sont vides, avait-il rappelé.

Plus tard, les trois jeunes députés péquistes qui avaient entrepris un tour du Québec des jeunes, on les avait appelés «les trois mousquetaires», étaient arrivés à des conclusions similaires. Dans leur rapport, ils se disaient «bousculés, choqués et assommés» de constater que la souveraineté du Québec ne correspondait pas aux aspirations de cette génération. Il y eut par la suite le député François Legault qui présenta un manifeste intitulé Le courage de changer, dans lequel il posait un regard cru sur ce qu'était devenu le mouvement souverainiste.

Tous ces regards ont été ignorés, voire sifflés et conspués, comme ce fut le cas pour Raymond Bachand lorsqu'il décida, après des années de militantisme pour la souveraineté, de se joindre au Parti libéral. Les militants péquistes ont plutôt consacré la période de réflexion amorcée sous le nom de «Saison des idées» à trouver la façon d'accélérer le processus d'accession à l'indépendance. Pas un instant ils ne s'arrêtèrent à réfléchir à la pertinence du projet souverainiste qui a pris corps au cours des années 60. Jean-Herman Guay leur avait pourtant souligné que les Québécois, de peuple de locataires qu'ils étaient alors, formaient aujourd'hui l'une des sociétés les plus progressistes de la planète et que les raisins de la colère n'y étaient plus. L'impopularité persistante du gouvernement Charest les convainquit que le pays était à portée de main et ils décidèrent de tenir un référendum le plus tôt possible dans le prochain mandat. Les électeurs leur ont donné tort lundi.

Les militants péquistes pourront vouloir faire porter la responsabilité de l'échec du 26 mars à André Boisclair. Ils pourront lui reprocher, non sans raison, de ne pas avoir su se démarquer comme leader. En revanche, celui-ci pourrait leur rappeler que c'est leur programme, celui adopté en congrès en juin 2005, qu'il a porté durant cette campagne. Pour incarner le changement, il fut réduit à mettre en valeur sa jeunesse et celle de son équipe et à procéder à quelques retouches cosmétiques de l'image du parti.

Avoir le courage de changer est le défi qui se pose aux militants du PQ. Il leur faut se demander, à la lumière du résultat des deux dernières élections, si la formulation de la souveraineté correspond à la réalité d'aujourd'hui. Également, se demander s'il est possible de redéfinir le projet de pays et de remobiliser les Québécois autour de ce rêve. Ce sont là quelques-unes des questions dont les militants péquistes ne peuvent faire l'économie. Elles vont beaucoup loin que de repenser les stratégies de communication, ce qui a été souvent la réaction adoptée. Ce sont des questions déchirantes et les réponses, une fois trouvées, pourront ne pas être faciles à accepter. Leur choix est de faire un nouveau Parti québécois, redéfini sous tous ses angles, ou de s'accrocher au passé en espérant que survienne improbable alignement des planètes.
 
 
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  • Isabelle Albernhe - Abonnée
    28 mars 2007 01 h 57
    Ouaip, bonne analyse.
    La jeune generation en a marre des chicanes.
    Nicolas
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  • Normand Chaput - Abonné
    28 mars 2007 05 h 50
    un parti politique n a pas a s adapter
    En democratie, aucun parti politique n est eternel. Un parti politique c est un vehicule. C est prendre partie. Quant un parti change son discours pour aller chercher des votes chez les jeunes ou les immigrants, il se prostitue afin de se faire elire, avoir une bonne job et profiter des subventions qui vont avec. C est clair, j ai une idee, je la presente et les gens votent pour moi ou pas. Si je change mon plan en cours de route pour me faire elire, c est du marketing et les gens ne sont pas dupes
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  • Pierre Castonguay - Inscrit
    28 mars 2007 07 h 58
    Lettre à Jean Charest
    Laval, le 27 mars 2007

    M. Jean Charest
    Premier Ministre du Québec

    Monsieur,

    Un politicien très haut placé au sein de votre formation politique est un faux frère. On l'a vu à la parade de la Saint Patrice en présence d'un ministre du cabinet Harper, arpenter les rues de Montréal. Il a même bénéficié de l'intervention personnelle de Harper durant la campagne électorale en dépit du fait que le premier ministre du Canada a déclaré quelque chose qui faisait de l'électorat souverainiste du Québec, des citoyens de seconde zone tant au niveau de la charte des droits de la personne qu'au niveau de la constitution canadienne.

    Durant toute la campagne provinciale et surtout lors du débat des chefs, il s'est montré assez tiède pour ne pas dire peu convaincant. Un lapsus faussement maladroit lui a fait annoncer que les Libéraux seraient minoritaires en toute fin de la campagne électorale. Méfiez-vous. C'est un transfuge du parti conservateur qui était venu au Québec abattre le mouvement souverainiste et paver le chemin pour une formation politique pro conservatrice, avant de quitter le champ provincial pour retourner au fédéral.

    Vous verrez soudainement monter une formation fantôme qui contre toute attente va accaparer plus d'une quarantaine de sièges et ce n'est qu'un début.
    Lors de la prochaine élection provinciale : ils vont déloger presque entièrement le parti Libéral. Les deux formations traditionnelles du Québec vont avoir disparu laissant le champ totalement libre pour le néo-conservatisme de droite.

    Comme il est au centre de la machine Libérale (qui comme vous le savez, utilise la même aile militante pour propulser les candidats provinciaux et fédéraux du parti), il va envoyer le signal à Stephen Harper lorsque le moment sera venu de déclencher des élections.

    Il lui faut avant tout consolider le rôle de Mario Dumont à titre de chef de l'opposition officielle en disant au parti Libéral du Québec qu'il n'a pas d'autre choix que de s'entendre sur plusieurs points importants puisqu'ils sont minoritaires. Il va donc exceller à faire bien paraître Mario Dumont au détriment des Libéraux mais officiellement va s'en défendre de toutes ses forces.

    Si vous ne faites rien pour le débusquer, une bonne partie des députés de l'aile Libérale fédérale va perdre son emploi lors des prochaines élections fédérales. Ce serait dommage de donner le Québec au Conservateurs parce que dès lors : les deux partis traditionnels du Québec (Libéral et PQ) seraient pour ainsi dire balayés de la carte électorale au profit des républicains de nos voisins du sud.

    Agissez rapidement pour trouver cet homme. Dénoncez-le. Si il occupe un poste ministrable au sein de votre cabinet, retournez le au fédéral. De toutes façon les conservateurs vont l'accueillir en roi dans leurs rangs à nouveau.

    Chaque jour compte car il possède toutes les informations du parti Libéral.
    Il a fait beaucoup de dommages sur le plan provincial mais vous n'avez rien vu. Attendez de voir l'équipe Dion se faire bientôt complètement laver.
    Normalement, je ne vous aurait rien dit de tout cela mais comme mon parti s'est fait laver aux élections provinciales et que le premier ministre du Québec me maintiens sans emploi, j'ai tout mon temps pour m'occuper des autres formations politiques en attendant d'avoir un véritable chef.


    Pierre Castonguay
    Laval
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    28 mars 2007 08 h 10
    Le boulet lucide
    Avec le temps, on perd le cap facilement et on se laisse distraire. On réécrit constamment l'histoire.

    Lucien Bouchard, malgré ses allures messianiques avait remporté son élection de 1998 avec peu de légitimité et il personnifiait plutôt la droite en plus.

    Lors de son mandat, il nous plonge dans la tourmente des fusions et se pousse en éclaboussant Yves Michaud. D'une pierre, il fait deux coups. Il laisse son parti dans une chicane insoluble qui nous a hanté encore dans cette élection et il ranime la flamme antisouverainiste en faisant passer les souverainistes pour des racistes. De plus, il tire sur ses amis en se montrant avec les lucides tou en prétendant ne pas jouer à la belle-mère.

    Bernard Landry, Pauline Marois et François Legault se lancent alors dans une opération peu élégante de prise de pouvoir sans course à la direction. La suite est connue.

    Si on prétend que la descente commence après le référendum perdu, il faut faire le bilan à partir de ce moment.

    Les problèmes du PQ ont commencé réellement avec l'élection de Lucien Bouchard en 1998.
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  • jacques noel - Inscrit
    28 mars 2007 08 h 22
    La faute à Boisclair
    Le taux d'insatisfaction du gouvernement Charest était rendu à 68%. C'est d'ailleurs le % d'électeurs qui n'ont pas voté rouge.

    Normalement le PQ serait rentré les 2 doigts dans le nez. Mais voilà les électeurs ont bien vu que Boisclair ne pouvait pas être PM. Alors ils se sont tiré dans les bras de Dumont qui a amorcé son ascension avec les accommodements raisonnables. Un dossier où Boisclair a montré, hors de tout doute, qu'il était déconnecté du Québec réel et de ses 400 ans d'histoire.

    Qu'on nous ramène un vrai leader capable de défendre l'identité québécoise, capable de faire vibrer les Québécois comme Curzi l'a fait le soir qu'on l'a fêté, et le PQ va rebondir à 38-40%, sa zone normale.
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  • Simon Breton - Inscrit
    28 mars 2007 08 h 54
    Non, ce n'est pas la faute à Boisclair
    Jacques Noel, avec cette pensée magique de changer de chef, vous allez foncer dans un troisième mur après 2003 et 2007. Les militants du PQ ont choisi Boisclair parce qu'ils voulaient du changement et un renouvellement. Or, que s'est-il produit? M. Boisclair a laissé entendre qu'il voulait soulager le capital économique du Québec et cesser le copinage avec la gauche syndicaliste. Horreur! La vieille garde du PQ et les zélotes du séparatisme lui ont rentré dedans. Dehors les nouvelles idées "trop à droite" et plein cap sur la souveraineté le plus vite possible.

    Désolé, nous sommes au 21e siècle maintenant. La situation du Québec a bien évolué depuis 1976. L'urgence de devenir un pays pour sauver l'identité québécoise a disparu. Les préoccupations des Québécois sont ailleurs: remboursement de la dette, vieillissement de la population, les finances limitées du gouvernement, les écoles crient famine, les jeunes familles peinent à boucler les fins de mois, l'immigration croissante, les accommodements raisonnables...

    Les chicanes de la génération précédente n'ont plus préséance aujourd'hui, ne le voyez-vous pas? Il y a bien plus urgent à régler que la souveraineté!
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  • Robert Libersan - Abonné
    28 mars 2007 08 h 55
    Faux M.Noël
    Vous faites du déni. En 1995, nous étions près de 50% à vouloir un pays. Nous ne sommes plus que 28%.

    Se donner un pays n'a rien à voir avec le chef.Cessez de vous accrocher au passé de 1976.
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  • André Gagnon - Abonné
    28 mars 2007 09 h 09
    Des convictions plus que des émotions
    Je crois que vous avez raison sur le fond.
    Le problème du PQ, c'est qu'il est devenu une machine électorale beaucoup plus qu'un véritable parti politique. Il s'y est installé la croyance naîve et lâche qu'il suffit d'attendre le mécontentement face au Parti libéral pour revenir au pouvoir et s'engager dans un nouveau processus référendaire.
    Il faut pas mal plus de convictions pour se donner un pays que pour adopter une loi 101 ou un 'bon gouvernement'. Or, le PQ depuis des décennies ne fait plus de travail de terrain, à la base, d'éducation politique et de mobilisation. C'est devenu un parti d'apparatchiks et de carriéristes. J'ai eu ma carte de membre du PQ pendant 10 ans; les seules communications que j'ai reçues en 10 ans, ce sont les demandes de financement et les convocations aux assemblées d'investiture. Même les assemblées annuelles semblent se passer en vase clos, sans prendre la peine de convoquer tous les membres.
    Même si je suis indépendantiste, je me réjouis dans un sens de leur défaite. En espérant que le PQ comprenne qu'il faut revenir à la base, près des gens, à leur écoute, pas pour raser les trottoirs, mais pour y faire le travail que doit faire un parti politique qui propose un changement fondamental. Le commentaire de M. Noêl (avant le mien) reflète bien la mentalité qui s'est installée qu'il suffit d'attendre le mécontentement face au gouvernement. Avec cette vision, le PQ ne va nulle part quant à son option fondamentale. Et ce ne sont certes pas les apparatchiks à sa tête qui vont changer cela. Il est grand temps que le PQ sorte du Salon Bleu pour revenir aux assemblées de cuisine.
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  • Julien Tremblay - Inscrit
    28 mars 2007 09 h 24
    Une soupe de poulet pour un parti grippé
    La défaite du parti québécois était prévisible pour les non-péquistes. Face à la volonté populaire de mettre en veilleuse l'option référendaire, ce parti s'est replié sur lui-même dans un déni qui va persister encore dans les semaines à venir. Pour remettre ce parti sur pied, la course à la souveraineté doit passer de la première à la deuxième position des statuts du parti. Ensuite, 3 partis de droite au Québec, c'est un parti de trop. En tentant le virage à droite du parti, André Boisclair a libéré l'espace de la gauche sociale-démocrate à des nouveaux partis. L'entendre battre le rappel des écologistes et des altermondialistes avant le vote était ridicule. Comment la gauche pouvait-elle se reconnaître dans ce nouveau "blairiste" québécois. Ce ne sont pas les québécois qui doivent s'adapter au PQ mais bien l'inverse. Mario Dumont est en position pour sortir le PQ, tel qu'il est aujourd'hui, du Québec francophone aux prochaines élections.
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  • Ernesto Sanchez - Inscrit
    28 mars 2007 09 h 39
    S'ajuster à la réalité politique
    Le résultat de la dernière élection ramènera le PQ à remettre en question le mélange de genres qui le caractérise. Car il prétend faire dans le genre politique qui, dit-on, est « l'art du compromis », mais on sait que l'essentiel de son propos appartient au genre religieux qui implique l'intangibilité des dogmes. La souveraineté n'est-elle pas un dogme pour le PQ ? Pour « les purs et les durs » n'est-elle pas un absolu ? Comment cet objectif immuable peut-il appartenir au domaine politique puisque le PQ le soustrait jalousement à toute forme de compromis ? Le camouflet politique que le PQ vient de recevoir sanctionne cette prétention de sa part. Le citoyen ordinaire - qui a déserté les églises depuis un bout de temps - n'a été que trop patient avec les « nouveaux clercs » qui le sermonnent depuis plus d'un quart de siècle avec leur catéchisme de la souveraineté hors de laquelle, disent-ils, il n'y a point da salut. Quand la souveraineté péquiste intègrera l'espace politique, le PQ s'ouvrira sur la complexité du réel et la pluralité des allégeances, c'est-à-dire sur le fédéralisme et la modernité. L'investissement personnel dans un projet politique de cet ordre-là peut-être aussi légitime et aussi stimulant que la « souveraineté » qui rétrécit notre solidarité aux limites des frontières québécoises. On suggère que ce serait pour créer un pays inclusif... une sorte de Québec à l'image du Canada... alors que le Canada existe déjà et que nous y sommes. C'est le beau risque que les Pères de la Confédération avaient assumé. Sans ce réalisme politique, le PQ sombrera dans la marginalité de l'intégrisme et la hargne des « purs » et des « durs ».
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  • Jacques Léger - Inscrit
    28 mars 2007 09 h 49
    LA FIN DU PARTI QUÉBÉCOIS?
    Bonne réflexion monsieur Descôteaux. Mais si le Parti Québécois se transforme à ce point, je pense qu'en même temps il serait logique de reconnaître qu'il fut le parti d'une génération magnifique en train de disparaître des écrans radars. À nouveau, j'invite tous vos lecteurs à relire l'essentiel manifeste publié dans la section IDÉES du Devoir du 12 juin 2006 par le collectif Québec-Plus Démocratie et intitulé: QUESTION NATIONALE: IL FAUT JETER LES BASES D'UNE VÉRITABLE DÉMARCHE CITOYENNE.
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  • IFA - Abonné
    28 mars 2007 10 h 02
    Faux et encore faux monsieur Noël
    Je n'ai pas choisi monsieur Boisclair mais plutôt madame Marois et pas à cause de l'orientation sexuelle de celui-là.

    Mais lundi j'ai voté P.Q. avec la même conviction. à bon entendeur SALUT!
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  • Julien Beauregard - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 03
    À quoi sert un chef?
    Je le demande humblement. Personnellement, j'ai rien contre Boisclair quand je l'écoute et je ne suis pas certain de comprendre toutes les critiques à son adresse. Mais le Parti Québécois a le dos large. Toutes les répliques de ses candidats, tous les gestes de son chef sont scrutés à la loupe et critiquée à outrance, d'un bord ou de l'autre. D'un côté on blâme de ci et de ça, pour un mot ou une phrase mais jamais une idée. Tout pour remettre en question la vision et la crédibilité. De l'autre on critique le traitement de l'information, on parle de médias partisants.

    Honnêtement, la politique c'est pas le fait d'une personne. Le PQ de René Lévesque, c'était pas seulement René Lévesque, c'était aussi toute une équipe. Et on en parle encore.

    Les gens ont joué à Star Académie, ils ont élu le chef le plus cool mais pas son équipe. Je persiste à croire que le plan péquiste était le meilleur pour nous et qu'il ne peut que s'améliorer. Peut-être que le porte parole n'était pas idéal, mais c'est idéal est défini par des critères médiatique. Pour autant que Boisclair a mené rondement sa campagne, l'insatisfaction demeure. Il a fait une bonne campagne, oui ou non? Qui conteste vraiment son leadership?

    Yves Michaud?

    Les critiques du PQ, les ogres du parti, ont le défaut (et la qualité dans d'autres cas) d'être des figures publiques. Jean Charest a autant, je le crois, de critique envers son leadership. Mais des PDG d'entreprises qui ont leur carte du parti libéral n'attire pas les caméras et les journalistes. C'est comme ça.
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  • IFA - Abonné
    28 mars 2007 10 h 06
    à bon entendeur SALUT!
    Je n'ai pas choisi monsieur Boisclair mais plutôt madame Marois et pas à cause de l'orientation sexuelle de celui-là.

    Mais lundi j'ai voté P.Q. avec la même conviction.
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  • Gilbert Belzile - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 07
    Les Québécois considèrent de plus en plus que ce serait une erreur de quitter le Canada!
    Le Canada, un grand pays riche et prospère!



    Vous vous rappelez peut-être de Jacques Parizeau, durant la campagne référendaire de 1995, qui ne cessait de répéter que le Canada était un pays au bord de la faillite avec un déficit annuel de 30 milliards de dollars et une dette accumulée de près de 600 milliards $.

    Aujourd'hui les choses sont bien différentes, le pays ne fait plus de déficit depuis 1997 et la dette qui était de près de 600 milliards est aujourd'hui à environ 480 milliards $. Le pays a donc remboursé sa dette de plus de 100 milliards $ depuis.

    Qu'a fait le Québec durant la même période de temps? Le Québec en principe ne fait plus de déficit annuel depuis 1998. Mais avec des jeux comptables, des dépenses considérées comme immobilisation sont empruntées et passées à la dette. Cette dette qui en 1998 était de 98 milliards $ frôle aujourd'hui les 120 milliards $. La province a donc augmenté sa dette de 22 milliards $ depuis. Et c'est sans compter la part du Québec dans la dette canadienne qui est d'environ 110 milliards $.

    Pourquoi le Canada a-t-il si bien performé? Le contexte énergétique y a contribué beaucoup. En 1995 le baril de pétrole valait environ 20 $, aujourd'hui il vaut près de 60 $. Le Canada est actuellement considéré comme le pays qui a la plus grande richesse pétrolière au monde après l'Arabie Saoudite, surtout grâce aux sables bitumineux de l'Alberta. Au rythme où le pétrole canadien est exploité actuellement, la réserve pourrait durer plus de 200 ans.

    Le Canada est dans une position très avantageuse, il est très envié à travers le monde pour ses immenses ressources pétrolières et gazières et les capitaux y affluent. Des investissements des plus importants, de l'ordre d'une dizaine de milliards de dollars par an, sont en cours en Alberta dans les sables bitumineux principalement. Les Albertains d'abord, mais aussi tous les Canadiens du reste du pays commencent à en profiter, et ce n'est qu'un début.

    Le Canada est un pays exportateur net de pétrole et de gaz naturel. La hausse du prix du pétrole et du gaz est en train de propulser le pays à des niveaux de prospérité jamais vus. Plusieurs analystes économiques pensent qu'il est le pays ou il faut investir dès maintenant pour profiter de cette prospérité qui débute, non seulement à cause du pétrole et du gaz naturel de l'Alberta mais aussi grâce à ses nombreuses autres ressources naturelles dont, en Saskatchewan, la potasse (premier producteur mondial) et l'uranium (premier producteur mondial), pour ne nommer que celles-là. Le charbon de la Colombie Britannique et de l'Alberta n'est pas en reste puisque la forte demande de la Chine pour les besoins de son industrie sidérurgique a même fait rouvrir des mines abandonnées.


    Nos partis politiques souverainistes continuent de nous proposer de laisser tomber la citoyenneté canadienne, celle d'un grand pays, riche et prospère pour ne garder que la citoyenneté Québécoise, celle d'une province relativement pauvre (1) et très endettée. Les Québécois sentent d'instinct qu'il ne s'agirait pas là d'un choix de gagnants et qu'ils seraient ceux-là mêmes qui auraient à en supporter les conséquences! Ils ne veulent plus de référendum sur cette option.

    Non, les Québécois ne sont pas aussi peureux que certains souverainistes le prétendent mais ils sont prudents par nature et ils se disent quelque chose comme :
    «Il vaut mieux ne pas quitter le pays où nous sommes, parce que personne n'est capable de nous dire comment serait le pays que les souverainistes nous improviseraient!»


    .
    (1) Le Québec va recevoir en 2007, plus de 7 milliards $ annuellement (135 millions par semaine), du système de péréquation du Canada pour maintenir les services à sa population au niveau canadien. Et il ne s'agit pas du retour de nos impôts mais plutôt de la redistribution de la richesse des provinces riches envers les provinces pauvres.



    Gilbert Belzile.
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  • Fernand Bélair - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 26
    Qui sont les responsables?
    La tentation est vive de chercher des responsables et par ricochet des sauveurs éventuels. C'est facile de blâmer rapidement le chef pour la déroute; c'est alors s'accorder bien peu d'importance et d'autonomie (on n'a qu'à suivre le chef); c'est aussi accepter de se déresponsabiliser très rapidement pour remettre aux autres l'entreprise des mesures correctrices.
    Si le Parti Québécois et ses membres veulent vraiment réagir de manière responsable, ils doivent d'abord faire preuve de courage, d'humilité ... et de lucidité! Les causes de la défaite sont multiples; elles doivent toutes être mises sur la table, analysées en profondeur et soumises à des solutions concrètes multidimensionnelles. Et on a plein de ressources pour ce faire: 28% d'appui, 36 députés, la balance du pouvoir contre deux partis qui s'en donneront à coeur joie à droite, ...
    Le Parti Québécois repose sur l'investissement de baby-boomers qui ne sont plus où ils étaient il y a 30 ans, qui se disent souverainistes lors des sondages mais qui tentent aussi de sauver leurs acquis (combien d'entre eux ont voté ADQ ou sont demeurés chez eux lors du scrutin?). Je pense qu'il faut accepter de les entendre, mais aussi être disposés à entendre les besoins des générations qui suivent et bâtir un projet de société qui établit des ponts intergénérationnels généreux. Les préoccupations sont multiples: il n'y a plus que la santé des plus vieux; il n'y a pas que les dettes des étudiants; il n'y a pas que le niveau d'imposition des jeunes familles, ... Qu'est-ce qui peut au juste nous rassembler en dehors de la seule souveraineté politique, celle-ci étant davantage un outil qu'une finalité en soi?
    Ceci dit, monsieur Boisclair peut certainement diriger courageusement cet exercice de réflexion profonde, en tentant de bâtir sur nos acquis, en perfectionnant humblement son leadership et son mode de communication, et en s'abstenant lui aussi de blâmer les autres. On a une bonne année pour le faire et démontrer à la population à la fois notre vigilance et notre détermination à l'Assemblée nationale, et notre vision dynamique du Québec de demain. Alors, au travail et trêve de chiâlage!
    Fernand Bélair, Québec
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  • Michel MARIN - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 50
    ADQ
    En bref, à chacun son Sarko !...

    Bien à vous.

    Michel Marin
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  • martine sylvain - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 52
    La défaite du PQ. Point. L'idée de la souveraineté est plus forte.
    Attention (...comme dirait l'autre), c'est la défaite du PQ. Point. Ce n'est pas la défaite de l'idée de la souveraineté qui est plus populaire que le PQ, le PLQ ou l'ADQ. C'est la défaite du PQ et la chute de son chef et de ce qu'il représente dans l'imaginaire collectif. Cependant, M. Boisclair n'entraînera pas l'idée de la souveraineté dans sa chute. Il y a quelques jours, en campagne électorale, il hallucinait. «Sentez-vous 1976, le sentez-vous!». Maintenant, il se voit dans un congrès tragique du PQ, imitant les rebuffades des Levesques et Bouchard devant des militants trop haletant. Mais voyez-vous, M. Boisclair n'est pas aimé comme ces hommes. Le chef est fini, mais l'idée de la souveraineté ne l'est pas.
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  • David Lépine - Inscrit
    28 mars 2007 10 h 58
    M. Noël illustre bien le problème
    La souveraineté est la solution aux problèmes des années 70. Le chef,M. Boisclair, est le symptôme du problème et non la cause.
    N'eût été du scandale des commandites, le Bloc aurait déjà vécu ce que le PQ a vécu lundi soir. Ce n'est sûrement pas en changeant de chef que la souveraineté va devenir vitale pour la majorité des Québécois. D'ailleurs ni Parizeau, ni Bouchard, ni Landry ont été capables de nous la vendre. C'est le produit qui ne se vend plus et non le vendeur qui doit être changé.
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  • Robert Libersan - Abonné
    28 mars 2007 11 h 25
    D'Accord avec votre analyse M.Descôteaux
    J'espère que les zélés fanatiques de l'indépendance cesseront de lire avec leurs yeux de vitre et d'entendre avec leurs oreilles de calcaire.

    Les souverainistes qui ont voté ADQ ne sont pas des souverainistes. Les souverainistes qui sont demeurés chez eux ne sont pas des souverainistes. Les souverainistes qui n'aiment pas Boisclair ne sont pas des souverainistes. Les souverainistes qui se disent plus à gauche que le P.Q. sont allés à Québec Solidaire.Tous sont, à mon avis, des girouettes opportunistes, comme VLB, par exemple.

    Il faut avoir le courage d'écouter Facal, les trois mousquetaires et les autres et non plus uniquement ceux que j'ai qualifiés de zélés fanatiques de l'indépendance.
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  • réal rodrigue - Inscrit
    28 mars 2007 11 h 52
    Les questions à se poser
    La tentation sera forte de mettre la faute sur le leadership de M.Boisclair, mais à l'évidence ce n'est pas ce que les membres du PQ doivent en premier lieu considérer. Vous avez raison d'attirer l'attention « sur l'essence même du Parti québécois ». Un réexamen de ce qui est au coeur du projet exige en effet de grandes vertus, entre autres l'humilité de reconnaître le verdict populaire et le courage de changer.
    La situation paraît dramatique, voire tragique. Le peuple dispose de sa souveraineté pour dire au PQ qu'il n'en veut pas. Vous reconnaissez que la souveraineté est souhaitable, et vous enchaînez en soutenant qu'elle n'est pas réalisable.
    En dépit de l'échec de lundi, la conclusion ne s'impose pas. Ce qui s'impose, c'est la remise en question de la manière dont les stratèges ont envisagé de la faire. La grande majorité ne veut pas d'un référendum à ce sujet, c'est parfaitement clair. Cela dispose de la question de savoir « si la formulation de la souveraineté correspond à la réalité d'aujourd'hui ».
    D'autre part, on peut se demander « s'il est possible de redéfinir le projet de pays et de remobiliser les Québécois autour de ce rêve ». Je ne suis pas sûr qu'il appartienne aux stratèges de redéfinir le pays. L'erreur commise me semble tenir à la prétention de définir un pays sans embarquer le vrai monde selon une expression à la mode. La démocratie est difficile j'en conviens, mais c'est le chemin obligé q'une formation politique doit suivre pour s'ancrer dans la réalité. En fondant son parti, René Lévesque s'était montré grand pédagogue, mais par la suite l'électoralisme l'a graduellement coupé de ses bases. Et maintenant le PQ ne dispose plus du crédit dont il bénéficait à ses débuts.
    Il importe de se poser les bonnes questions, celles qui permettent d'évoluer et de permettre un jour aux Québécois de toutes les souches d'exercer pleinement leur responsabilité en ce qui touche « la chose publique ».
    Pour l'heure, c'est le « libéralisme » qui triomphe partout comme l'a dit magnifiquement en vos pages Axel Kahn. Aussi, je continue de croire en la nécessité d'une formation politique qui représente une alternative valable. Où la trouver sinon dans une alliance des forces progressistes, et où se trouvent présentement ces forces sinon dans le PQ et QS ? Je continue donc à rêver d'une société respectueuse de l'environnement comme des individus qui l'habitent, et qui se fait un point d'honneur de mieux partager la richesse produite par le travail vivant, le seul sur lequel repose la prospérité économique.
    Réal Rodrigue
    Mansonville ( Estrie ).
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  • Cécile C DUBUC - Abonnée
    28 mars 2007 12 h 22
    La montée de la nouvelle génération
    La souveraineté - une histoire de génération ?
    Action démocratique du Québec
    L'entrevue -
    La montée de l'ADQ, phénomène générationnel ?
    Les pronostics de Vincent Lemieux, datant de 1986, semblent se confirmer

    Antoine Robitaille

    Le DEVOIR lundi 21 octobre 2002

    En 1986, Vincent Lemieux se penchait savamment, dans un texte sur les «partis générationnels»* qui ont fait basculer l'histoire politique du Québec: les libéraux de Laurier, l'Union nationale de Duplessis, le Parti québécois de Lévesque. À partir de son approche axée sur les générations, il se risquait à quelques pronostics. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à la lumière des changements politiques actuels, la prescience du professeur émérite de l'Université Laval impressionne.
    Il y a 16 ans, Lemieux écrivait : «La prochaine élection de réalignement au Québec ne viendrait pas avant le début du prochain siècle.» Et puis il a cette prédiction. Les bras nous en tombent tant elle semble décrire l'Action démocratique du Québec, qui n'existait pas à cette époque où Robert Bourassa commençait son deuxième règne, où le lac Meech n'était encore qu'un lac, où l'URSS existait encore : «Selon l'approche générationnelle, le parti de la génération future se définirait contre la formule de gouverne de la génération précédente. Il serait donc non nationaliste et non interventionniste. À moins que, comme dans les années 1960, un des deux éléments de la formule soit récupéré, en l'occurrence le nationalisme, et que se forme une espèce de nouvelle Union nationale, combinant la foi nationaliste avec le parti pris pour le secteur privé.»
    Lunettes au bout du nez, bien assis dans son bureau du pavillon De Koninck aux murs couverts de vieilles affiches de colloques, de cartes électorales épinglées les unes par-dessus les autres, Vincent Lemieux esquisse un sourire satisfait, mais empreint de modestie : «Je suis assez fier de cette dernière phrase.»
    Il faut demeurer prudent, insiste-t-il. La prédiction politique est un sport dangereux. Presque une loterie. Dans son fameux texte, il prenait d'ailleurs soin d'écrire : «Ce ne sont là que des spéculations, qui seront probablement contredites par les jeux toujours imprévisibles de la politique.»
    Si les prédictions s'avèrent parfois, on les regrette la plupart du temps. Vincent Lemieux fait remarquer par exemple qu'il y a tout juste un an, le collègue Michel David a pu écrire dans nos pages -- et il n'était certainement pas le seul à le penser-- que l'ADQ n'avait «pas une chance sur un milliard de former le prochain gouvernement» (Le Devoir, 23 octobre 2001). Commentaire de Lemieux : «Il faut toujours faire attention à nos mots. "Pas une chance sur un milliard", Michel y était allé un peu fort !»
    Réalignement
    Le risque est toutefois à peu près nul d'annoncer dès maintenant que la prochaine élection au Québec sera très importante. Et Lemieux n'hésite pas. Le qualificatif qui lui vient spontanément ? Celui de «réalignement». C'est-à-dire ces élections rares et particulières où un parti, mobilisateur d'une nouvelle génération, parvient à remplacer celui qui était porté par une génération précédente.
    Le phénomène ne se serait produit qu'à trois reprises dans l'histoire politique du Québec. D'abord en 1896, lorsque Laurier vint à bout des conservateurs. L'action se passe sur la scène fédérale mais à l'époque, explique Lemieux, la politique provinciale et fédérale est extrêmement enchevêtrée. Bref, on peut y voir un phénomène québécois. Deuxième réalignement : celui qui finira par installer au pouvoir l'Union nationale de Duplessis. Enfin, dernier réalignement en date : la graduelle ascension du Parti québécois au pouvoir, de 1970 à 1976, et la disparition de l'Union nationale.
    En 1986, Vincent Lemieux observe que «les conditions semblent remplies pour l'apparition d'une nouvelle génération». Passant de l'analyse au souhait, il insistait même «sur la nécessité de l'existence d'un parti mobilisateur pour qu'une nouvelle génération prenne forme».
    Il fallait sortir de la stagnation politique, disait-il. Mais comment ? D'une part, la «vivacité» de la génération péquiste semblait «s'être tarie», phénomène du reste fatal et que toute génération ne peut éviter. D'autre part, « ni le Parti libéral, ni les petits partis existants n'apparaissent capables de devenir le véhicule d'une génération politique nouvelle ».
    Élection ou période
    2003 pourrait donc être cette élection de réalignement entrevue par Lemieux dès le milieu des années 80. Il précise toutefois une chose : «Il serait peut-être plus juste de parler de période de "réalignement", qui peut s'étendre sur plusieurs années. Rappelons-nous que l'Union nationale, en 1935, vient tout près d'avoir la majorité des sièges. Ils l'ont en 1936, mais avec la guerre, en 1939, les libéraux reviennent en force. L'UN se trouve alors dans l'opposition et c'est finalement en 1944 que le réalignement se conclut.» Quant au PQ, il naît en 1968, fait élire quelques députés en 1970 et en 1973. Le réalignement n'aboutit qu'en 1976.
    Du printemps 2002 jusqu'à la semaine dernière, tout annonçait un quatrième réalignement brutal, opéré en une seule élection. Mais depuis le sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail du 17 octobre, qui indiquait un recul de l'ADQ, s'ouvre la possibilité d'un réalignement plus progressif. «Il est possible que le vote de l'ADQ se tasse encore, dit Vincent Lemieux. Mais, personnellement, je serais étonné qu'aux prochaines élections il ne soit pas le parti qui obtienne le plus de votes. Je ne veux toutefois pas en dire plus.»
    L'ADQ est-elle le «parti générationnel» qu'il appelait de ses voeux en 1986 ? (Lemieux ne semble pas tellement priser le néolibéralisme du programme du parti présidé par son collègue Guy Laforest.) Reste que l'ADQ semble pour le moment recueillir l'appui qu'il faut pour se classer comme tel. De plus, il a un trait marquant en commun avec deux des derniers «partis générationnels» : comme l'Action libérale nationale et le Parti québécois, il naquit en quelque sorte de la cuisse du Parti libéral, grâce à des transfuges qui en émanaient. (Comme Lévesque, Dumont a quitté le Parti libéral.)
    Circonspect, le professeur évoque la possibilité que le prochain réalignement se fasse donc graduellement. Après les élections de 2003, les partis vont redéfinir leurs plateformes; des chefs risquent bien de partir. «Il n'est pas impossible que certains éléments du PQ passent à l'ADQ, même si ça apparaît assez improbable aujourd'hui. Pourquoi Joseph Facal, par exemple, ne se retrouverait-il pas un jour à l'ADQ ?»
    Au reste, l'ADQ pourrait-elle disparaître ? Rappelons-nous que le dernier parti dont le nom commençait par Action, l'Action libérale nationale de Paul Gouin, a largement contribué au deuxième réalignement de l'histoire politique du Québec, dans les années 30, mais qu'il s'y est en quelque sorte perdu. «En 2007, en 2010, l'ADQ sera-t-elle encore là ou y sera-t-elle avec autre chose ?» note Lemieux.
    Évoquer la disparition de l'ADQ peut surprendre. Mais celle du Parti québécois ? C'est sans contredit, dans le grand chambardement qui s'annonce, la formation qui est le plus menacée, aux yeux de Lemieux. «La formule du Parti québécois, faite de souverainisme et d'étatisme, ne semble plus mobiliser les électeurs.» Si «l'amour dure trois ans», comme le prétend le romancier Frédéric Beigbeder, la formule des générations politiques, elle, semble tenir «plus ou moins 35 ans», note Lemieux, chiffres en main, comparant la durée de l'Union nationale et du Parti québécois. Quant au Parti libéral, malgré le fait qu'il sera profondément bouleversé par une défaite électorale, il bénéficie encore de sièges presque garantis dans l'ouest de Montréal.
    Par ailleurs, l'ADQ est l'un des premiers dans l'histoire des réalignements à mettre «le nationalisme en veilleuse», note Lemieux. Mais, selon lui, «s'il forme le gouvernement, je prédis qu'il va devenir nationaliste. Surtout lorsqu'il commencera à avoir affaire au fédéral». Quelle formule de nationalisme ? «Ça reste à voir.»
    Mode de scrutin
    Un élément qui pourrait tout chambarder, bien entendu, c'est un éventuel changement du mode de scrutin. Les analyses de Lemieux se fondent sur un contexte de «bipartisme», c'est-à-dire où les forces politiques tendent constamment à assurer l'existence de deux grands partis politiques et à éliminer les tiers.
    L'adoption d'un scrutin de type proportionnel mixte favoriserait la survie ou la naissance de tiers partis, qui pourraient alors modifier les prédictions du professeur. Lemieux, qui participe au Mouvement pour une démocratie nouvelle, lequel s'est donné pour mission de militer en faveur d'un tel changement, garde espoir, mais demeure réservé.
    Au début des années 80, il avait oeuvré à l'élaboration d'un modèle québécois d'un mode de scrutin en partie proportionnel. D'atermoiements en reports, le gouvernement du Parti québécois avait finalement abandonné ce projet. Même si l'ADQ promet, une fois au pouvoir, de passer à l'action, Lemieux insiste pour dire que rien n'est gagné d'avance en cette matière. «Pour un député, il n'y a pas de meilleur mode de scrutin que celui qui l'a fait élire.»
    Évidemment, tout cela n'est que spéculations ! Loterie ? Un peu, mais comme le dit son ancien directeur de recherche, l'académicien René Rémond, si la politique est imprévisible, elle demeure intelligible et on peut en dire autant du politologue que de l'historien qui est en mesure, «en chaque circonstance, d'opérer le partage entre ce qui est héritage et vient du plus lointain et ce qui est irruption de la nouveauté, irréductible aux antécédents et peut-être annonciateur de changement».
    arobitaille@sympatico.ca
    * « L'État et les jeunes », sous la direction de Fernand Dumont, dans Une société des jeunes ?, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1986, pp. 325 à 335.

    Collé copié par CCDubuc Québec
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  • Jean Desjardins - Abonné
    28 mars 2007 12 h 22
    Le PQ, la go-gauche et les purs ...
    Ce n'est certainement pas avec des Marc Laviolette et des supporteurs du type 'Jacques Noël' que le Parti Québécois saura se renouveler et se replacer sur l'échiquier politique québécois. Quelle bêtise ! Quelle capacité de déni ! Quelle désolation !

    Le vrai problème du PQ, c'est une petite clique de go-gauche et/ou de purs et durs qui n'en finissent plus d'empêcher les idées de progresser, au sein du Parti Québécois, en fonction de la transformation de l'environnement socio-politique et économique du Québec. De grâce, bien-pensants si purs et les autres, dotés providentiellement du monopole de la Grande Vérité go-gauchiste! Quittez ce parti bâti au prix de si grands efforts et rejoignez les rangs de Québec Solidaire où vous pourrez joyeusement donner libre court à votre 'lutte des classes' et à vos palabres narcissiques sur la manière de conduire (Vite ! Demain matin ...) ces incultes Québécois à un pays dessiné à l'image de votre évanescente pensée nombriliste !!! Ayez donc ce courage ! Cessez de casser les oreilles d'une majorité de militants du PQ qui ne demandent qu'à s'ouvrir à un programme pragmatique qui se donne comme cible la vraie Souveraineté du Québec, bien sûr, mais en gardant ouvertes toute les avenues pratiques pour s'y rendre ou, tout au moins, s'en approcher. Partez, merde ! Fichez-leur la paix.

    Pour ma part, je prédis que le Parti Québécois éclatera s'il ne parvient pas neutraliser cette petite bande de têtes brûlées, à courte échéance. Un recentrage du Parti Québécois vers la droite (au centre de l'échiquier, quoi !) s'impose de manière se reconnecter à la réalité québécoise. C'est uniquement dans ces conditions que le projet de Pays du Québec aura quelque chance de réussir, un jour. Le Parti Québécois saura-t-il franchir ce passage obligé ? Faudra-t-il regrouper les forces souverainistes, progressistes, centristes et pragmatiques dans une nouvelle formation ? On verra ...

    On se croise les doigts !


    Jean Desjardins

    Laval.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    28 mars 2007 12 h 25
    L'enfer, c'est les autres ..., dixit Marc Laviolette !
    Je ne suis pas un fan de monsieur Boisclair. Je crois cependant que ce dernier ne constitue qu'un élément très marginal dans le recul du PQ au terme de cette élection. Il faut du culot à Marc Laviollette pour oser demander sa tête alors que c'est lui-même et sa petite gang de zoufs qui ont bêtement creusé la tombe du PQ à l'occasion de cette élection. Pas surprenant. Chez les êtres immatures, la responsabilité est toujours ailleurs. L'enfer, c'est les autres ...

    Et, au suivant ! On a compris, monsieur Laviolette ...


    Jean Desjardins

    Laval
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  • emeri - Abonné
    28 mars 2007 12 h 48
    Boisclair, byeeeeeeeeeeeeeeee!!!
    Ma bonne vieille grand-mère disait: y ben beau être gentil,
    beau de sa personne, propre de son corps mais moi je ne suis
    pas capable de le blairer.
    Bien sûr elle est décédé mais voilà ce qu'elle dirait tout
    haut de Monsieur Boisclair.
    Que ce ne soit pas lui qui porte l'entière responsabilité
    du gâchis de la dernière élection, on en conviendra tous.
    Mais il commencer par le début de l'analyse et dire bye
    à André Boisclair dont la majorité des députés (es) péquistes
    et des membres du parti ne voudrons travailler avec lui.
    Et du travail de reconstruction il y en a à faire et vite.
    Combien ont voté, à leur corps défendant, pour le la démagogie primaire du grand Mario, pour ne voir leur parti
    dirigé, à nouveau, pour Boisclair, son homosexualité et sa pédanterie, loin du peuple.
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  • Claude Rochon - Abonné
    28 mars 2007 13 h 04
    Rectificatif demandé
    Monsieur Descôteaux,

    Vous avez déformé l'importante déclaration faite hier par M. André Boisclair. Comme nous l'avons tous entendu en direct sur les ondes de RDI et comme en fait foi le texte intégral publié dans le site du Parti québécois (voir lien ci-joint), M. Boisclair a déclaré : « La souveraineté est toujours souhaitable mais à l'évidence elle n'est pas À COURT TERME réalisable ». Vous avez tronqué la citation en supprimant les mots « à court terme » et vous avez osé ajouter : « soulignait hier M. Boisclair pour lancer la discussion ». Du coup, vous donnez à son affirmation un sens absolu et définitif qu'elle n'a pas. Vous nous aviez habitué à plus de rigueur, M. Descôteaux.

    Si, pour suivre la mode du jour, Le Devoir devient bêtement autonomiste, sachez que je me désabonnerai, mais avec beaucoup de tristesse, d'un journal que je lis et que j'aime depuis la fin des années 50. Et je ne serai pas le seul.

    Claude Rochon
    rochon.weitz@sympatico.ca
    Gatineau (Québec)
    http://campagne.pq.org/?menu=5&q=node/1234
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  • BERTRAND LEGER - Inscrit
    28 mars 2007 15 h 16
    Attention!
    Attention monsieur Belzille! vous dites que le Canada est un pays très prospère et vous ne citez que des sources d'énergie super-polluantes et de courte vie. Dans 25 ans, peut-être même avant, tout ce que vous énoncez sera perçu comme autant de boulets sans valeur.. Pensez-y bien!
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  • Alexandre Machuret - Inscrit
    28 mars 2007 19 h 46
    Réponse à Gilbert Belzile
    Je doute que mon commentaire ait une pertinence aux vues de l'article, mais le commentaire de Gilbert Belzile me happe trop pour le laisser sans réponse et sans clarification.

    Que les Canadiens, ici les Québécois, désirent demeurer au Canada pour des raisons financières et désirer une certaine stabilité économique sont vraies. Pourtant, attribuer des projections économiques à l'activité minière de l'Ouest est farfelue.
    Le Canada vit une conjecture très favorable à son économie: un besoin croissant de combustiles fossiles de l'Occident, l'émergeance des pays pauvres et leurs demandes en charbon, pétrole et gaz naturel. Pourtant, au-delà d'une décennie, cet avenir optimiste et brillant ne saurait durer.
    Les prairies produisent de l'uranium, nécessaire à la fission nucléaire. Pourtant, cette source d'énergie est coûteuse et très polluante(les déchets radioactifs qui en découlent). C'est ainsi que les pays les plus riches optent pour la fusion nucléaire, alternative de l'énergie atomique plus économique, propre et dont les productions d'énergie sont immenses. Une centrale expérimentale a été bâtie ou le sera d'ici un an en France, partenariat entre l'UE et le Japon. Cette centrale pourrait développer des moyens économiques d'exploiter la fusion. La fusion ne demande pas d'atomes lourds et radioactifs, des particules accessibles et abondantes sont nécessaires(comme l'eau). En proposant la fusion, plus profitable, le monde entier pourra se passer de la polluante fission et de l'uranium, entre autre, nécessaire.
    Les sables bitumineux de l'Ouest sont très polluants à exploiter. Il se pourrait qu'un jour les dégâts sur l'environnement, si ce n'est déjà le cas, soit plus chers que les productions de pétrole. Le gouvernement Harper semble méditer un virage vert qui n'épargnera pas cette province riche. De plus, et je tiens ma source d'un article du Times, la production de pétrole atteindra son pic dans 25 ans, alors que les besoins énergétiques en découlant continueront d'augmenter. Des alternatives seront vite trouvées: automobiles électriques, pile à hygrogène, hydroélectricité, énergie éolienne. Dès lors, le cher baril de pétrole sera bien cher pour ces alternatives écologiques et peu coûteuse.
    L'avenir énergétique du Canada sera profitable pour dix ans, mais ensuite il se retrouvera dépassé par la technologie toujours plus performante.
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  • Hubert Grégoire - Abonné
    28 mars 2007 20 h 55
    ...et le Bloc?
    Beaucoup veulent la tête de Boisclair suite à l'élection, le jugeant seul responsable du recul du PQ... et si la piètre performance du PQ devrait être attribuée à tous les souverainistes? Ceux qui ont voté pour Boisclair lors de la course au leadership (pour mieux déserter ensuite), ceux qui ont voté QS ou ADQ parce qu'ils placent l'image du chef bien au-dessus du programme incohérent qu'ils ont eux-même forgé et, surtout, ceux qui à Ottawa depuis plus de 10 ans nous donnent l'illusion que le fédéralisme Canadien fonctionne?
    Le Bloc fait un excellent travail à Ottawa, mais leur présence même dans ce parlement laisse croire à tout le monde que les différences, parfois subtiles mais toujours profondes, entre les deux nations sont, après tout, réconciliables. Ce parti qui devait être éphémère avait deux buts principaux : démontrer l'ingérance systématique du fédéral dans les champs de compétence des provinces (en particulier les magouilles du référendum) et adoucir dans le ROC l'image et les idées souverainistes, qui trop souvent riment avec extrémiste. Les représentant souverainistes ont atteint en bonne partie leurs objectifs mais ne s'en sont pas rendu compte; le signal du retrait aurait dû être entendu lorsque des citoyens de la C-B et de l'Est ontarien ont - sérieusement - proposé au Bloc de présenter des candidats dans leur coin de pays.
    Les chefs souverainistes ont beau répéter à qui ne veut plus l'entendre que la politique du pire est la pire des politiques, il reste qu'un jour les Québécois choisiront malgré tout la souveraineté un peu en réaction contre Ottawa. C'est ce que nous avons fait en 76 en élisant le PQ en réaction au fédéralisme arrogant et paternaliste, c'est que nous faisons depuis 10 ans en envoyant massivement des Bloquistes à Ottawa se battre pour le Québec (contre Ottawa) et ce que nous ferons dans les prochaines année en choisissant l'ADQ en réaction à ce que les vieux partis proposent.
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  • Marc Beauregard - Inscrit
    28 mars 2007 22 h 03
    Une autre réponse... @ M. Belzile
    En lisant M. Belzile, on croirait entendre Jean Chrétien et son plusse meilleur pays du monde... Il est toujours triste pour les courageux Québécois (de moins en moins nombreux) de lire de telles statistiques incomplètes faisant éloge à la lâcheté. Pour tous ces beaux chiffres qui ont été en partie démentis par certains intervenants, permettez-moi de détruire ceux de la péréquation.

    Bernard Landry a appointé sans partisanerie Yves Séguin à sa commission sur la péréquation qui a révélé une situation pire que l'on croyait. Même en 2003 lorsque M. Séguin était ministre des finances sous Charest, il chiffrait le vol de Paul Martin (pre et post-Chrétien) à $52 millions par semaine. En tenant compte de la durée totale de cet acte scandaleux de notre beau gouernement fédéral (we love you Qwebek) et en tenant compte de l'intervention crasse de partisanerie de Steven Harper dans notre campagne électorale avec son gros $3.1 milliards, nous sommes toujours dans le trou de près de $10 milliards. Vous pigez?!? Le simple fait de gérer nos impôts éliminerait notre dépendance à ce programme "constitutionnel" (sic).

    Allez-y tous avec vos commentaires ineptes sur ce qu'est la souveraineté! Pourtant je viens d'en expliquer l'essentiel dans sa modernité: le désir et le besoin de ne plus dépendre ou de devoir quémander aux descendants de nos tortionnaires et envahisseurs pour récupérer notre argent!

    Entre-temps, l'escroquerie du fédéral se poursuivra sans relâche grâce à vous tous, les lâches et les naïfs du moribond peuple Québécois, qui ont cru les sornettes de Dumont et qui sont encore victime de l'amnésie collective envers les escrocs Libéraux.
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  • Michel Simard - Abonné
    28 mars 2007 22 h 38
    @ Belzile
    Si je comprends bien, vous prônez le fédéralisme rentable. Je pensais que c'était fini ce discours à la Bourassa. Personnellement, je refuse de jouer à ces jeux de putes. Pourquoi pas devenir Américains, on serait bien plus riches et gras !
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  • Gilbert Belzile - Inscrit
    28 mars 2007 22 h 51
    Réponse à Alexandre Machuret
    Je suis bien d'accord avec vous que nos arguments techniques ne sont plus tellement pertinents avec l'article de M. Descôteaux mais c'est tout de même intéressant.
    L'énergie est le sang de l'économie, sans elle, adieu notre monde moderne.
    En simplifiant, le pétrole et le gaz naturel sont une réserve accumulée d'énergie solaire que l'on peut transporter et entreposer. Quel beau cadeau de la nature! Mais ce que la nature a mis des centaines de millions d'années à produire, la civilisation d'aujourd'hui est en train de le dépenser en quelques centaines d'années.
    Désormais programmé, l'épuisement des réserves pétrolières fait peser une vraie menace pour l'avenir de notre monde moderne. À cause de la crise énergétique mondiale qui se dessine, l'Ouest Canadien est en train de devenir le moteur économique du Canada.
    Le scénario du pire est à prévoir. Les pays producteurs hors de l'OPEP épuiseront rapidement leurs réserves, soit dans une quinzaine d'années, à moins que de nouvelles découvertes importantes ne soient faites. Les pays de l'OPEP dont les réserves sont en grande majorité situées au Moyen-Orient (sauf celles du Venezuela) se retrouveront en position de monopole. Ils ne pourront physiquement répondre à toute la demande mondiale de pétrole mais ils pourront faire chanter à leur guise les pays importateurs d'or noir. Un ministre de l'Arabie Saoudite a déjà mentionné que son pays ferait en sorte qu'il sera celui qui vendra la dernière goutte de pétrole!
    Comme le pétrole des sables bitumineux ne peut être exploité à un rythme accéléré, actuellement établi à environ 1 million de baril par jour et une prévision de production à environ 3 millions de barils par jour à partir de 2015, la ressource pourrait durer plus de 200 ans. Gageons que le Canada aura encore du pétrole alors que l'Arabie Saoudite aura vendu sa dernière goutte!
    Quel sommet les prix du pétrole atteindront-ils? Tout un chacun peut y aller de sa prévision mais ça risque d'être à des niveaux sans précédant lorsque la production ne suffira plus à la demande. Au nom de la souveraineté énergétique, les pays non producteurs se verront forcés de débourser des sommes considérables pour se procurer l'or noir, mais cela ne pourra pas en empêcher le rationnement. Ce sera une crise énergétique mondiale.
    L'hydrogène ne fait pas le poids
    Certains croient que l'avenir énergétique du monde, repose sur l'hydrogène. Mais sur la Terre, l'hydrogène gazeux est très peu répandu. Il existe en abondance dans la nature mais combiné à l'oxygène pour donner l'eau et combiné au carbone pour donner le gaz naturel et le pétrole. L'hydrogène n'est pas une source d'énergie primaire comme le pétrole. C'est plutôt un vecteur d'énergie c'est-à-dire qu'il faut de l'énergie pour le produire et il la rend lors de son utilisation.
    Si on exclus l'hydrogène produit à partir du gaz naturel, lui aussi en voie d'épuisement, c'est par l'électrolyse de l'eau avec de l'électricité qu'on produira l'hydrogène dans le futur. Mais le rendement énergétique est désastreux. Si cinq kWh d'électricité sont nécessaires pour produire un mètre cube d'hydrogène, on n'en récupère que 1,8 kWh d'électricité dans une pile à combustibles. Voilà pourquoi, aussi longtemps que le pétrole et le gaz naturel pointeront le bout de leur nez, même à des prix très élevés, l'hydrogène n'y résistera pas.
    Quant à l'énergie nucléaire comme vous le dites,elle est actuellement produite à partir de l'uranium par le procédé de la fission nucléaire et ici encore le combustible va s'épuiser un jour. Selon Hubert Reeves, des efforts considérables pour obtenir la fusion nucléaire controlée font l'objet de travaux considérables à travers le monde mais on serait très loin du but.
    N'ayez crainte, l'avenir énergétique du Canada ce n'est pas une affaire de dix ans comme vous le dites mais plutôt de 200 ans.
    Gilbert Belzile, ingénieur.
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