Le vote vert
Photo : Jacques Grenier
Scott Mackay
«Ce n’est qu’un début.» Hier soir, le chef du Parti vert du Québec, Scott McKay, a accueilli avec satisfaction les résultats du scrutin. Pour la première fois dans l’histoire de cette formation politique, les urnes accordaient en milieu de soirée environ 4 % des votes aux verts, en avance sur Québec solidaire (QS), soit 10 fois plus qu’en 2003. «C’est un signe qui marque une nouvelle étape» pour le PVQ, a-t-il résumé. Aucun de ces candidats n’a toutefois été élu.
«Nous avons atteint nos objectifs, a poursuivi M. McKay. Cette soirée confirme ce que je crois depuis le début de cette campagne: le vote vert au Québec progresse de manière significative et nous allons utiliser les moyens [financiers] à notre disposition [à la suite de ce scrutin] afin de construire un parti encore plus fort.» Fébrile et serein, l’homme s’est présenté devant ses troupes dans un pub de Montréal avec le «sentiment du travail accompli», a-t-il dit. «Depuis 33 jours, notre équipe a réussi à démontrer que nous n’étions pas un parti à enjeu unique. Les électeurs l’ont compris. Le message voulant qu’un vote vert n’est pas un vote perdu mais bien un message clair envoyé au prochain gouvernement est aussi visiblement passé.»
La performance revêt effectivement un caractère historique pour le parti écologiste, qui n’a jamais à ce jour réussi à être représenté par plus de 46 candidats lors d’élections provinciales. C’était en 1989, sous la gouverne de Jean Ouimet. À cette époque, le PVQ avait alors récolté 1,89 % des suffrages. À titre indicatif, lors du dernier scrutin, en 2003, les 37 candidats verts engagés dans la course électorale avaient mis la main sur... 0,47 % des bulletins de vote. Hier soir, avec les trois quarts des boîtes de scrutin dépouillées, les 108 candidats verts engagés dans la course électorale — un record historique pour ce parti — enregistraient l’appui de 142 000 électeurs à travers la province, contre 17 000 il y a quatre ans.
«C’est très encourageant et c’est remarquable, a commenté Jean-Christophe Mortreux, candidat vert dans la circonscription de Lafontaine, à Montréal. Avec le peu de moyens dont nous disposions, nous avons réussi un exploit. Sur l’île de Montréal, le vote vert a considérablement augmenté [il était en milieu de soirée à environ 7 %]. Le Parti vert du Québec a réussi lors de cette campagne à affirmer sa crédibilité et nous attendons désormais avec impatience les prochaines élections.»
Sans surprise, le PVQ n’a toutefois pas réussi hier soir à obtenir des tickets d’entrée pour l’Assemblée nationale. Dans la circonscription de Bourget, le chef, Scott McKay, le candidat vert le plus visible de cette campagne, a été défait. Il a récolté 8 % des votes. Dans ce coin de l’est de Montréal, la péquiste Diane Lemieux y a été réélue avec 41 % des suffrages exprimés. Dans Mercier, où Daniel Turp (PQ) et Amir Khadir (QS) se faisaient la lutte, le candidat vert, Sylvain Valiquette, est arrivé en cinquième place, alors que dans Louis-Hébert, à Québec, André Larocque, vice-président du PVQ, est arrivé en quatrième place avec 4,8 % des suffrages.
Malgré tout, M. McKay, chauffé à bloc par le bruit des urnes et l’enthousiasme de ses sympathisants, s’est dit hier heureux de «récolter enfin ce qu’il a semé dans les dernières semaines. Les verts ont mené la campagne la plus importante dans l’histoire du Québec», a-t-il dit. Poussé par un vent favorable aux réflexions vertes, le PVQ a réussi, à la hauteur de ses moyens, à s’imposer davantage sur la scène médiatique dans les dernières semaines, a-t-il souligné. Scott McKay a en effet multiplié les apparitions afin de présenter la biodiversité de sa plate-forme électorale mais aussi pour tenter de sortir son parti de l’image tenace de «parti d’une seule cause», en parlant démocratie, santé, éducation ou culture entre quelques interventions sur l’énergie éolienne ou l’agriculture biologique.
Au-delà de leur projet environnemental, les verts ont en effet martelé depuis le 21 février dernier leurs projets économiques (une fiscalité favorisant les produits non polluants et taxant davantage ceux qui le sont plus), mais aussi sociaux et culturels. Le PVQ, s’il devait former un jour le gouvernement, propose en effet de taxer la publicité afin de financer la culture. Avec un objectif simple: faire grimper le budget annuel du ministère de la Culture de 600 millions de dollars à un milliard. Commentant les résultats des élections, le chef des verts s’est par ailleurs proposé pour «donner des leçons d’environnement» au nouveau chef de l’opposition, Mario Dumont de l’Action démocratique du Québec (ADQ). «D’un point de vue environnemental, M. Dumont pourrait plonger le Québec dans un vide et le PVQ va être là pour lui rappeler de faire ses devoirs en matière d’environnement.»
Il a également décoché des flèches en direction de QS en repoussant du revers de la main les critiques qui pourraient lui être adressées dans les prochains jours selon lesquelles les verts ont fait de l’ombre au parti de Françoise David et Amir Khadir. «Les résultats sont clairs. Nous occupons deux espaces démocratiques différents et nous sommes là pour de bon», a-t-il dit.
«Nous avons atteint nos objectifs, a poursuivi M. McKay. Cette soirée confirme ce que je crois depuis le début de cette campagne: le vote vert au Québec progresse de manière significative et nous allons utiliser les moyens [financiers] à notre disposition [à la suite de ce scrutin] afin de construire un parti encore plus fort.» Fébrile et serein, l’homme s’est présenté devant ses troupes dans un pub de Montréal avec le «sentiment du travail accompli», a-t-il dit. «Depuis 33 jours, notre équipe a réussi à démontrer que nous n’étions pas un parti à enjeu unique. Les électeurs l’ont compris. Le message voulant qu’un vote vert n’est pas un vote perdu mais bien un message clair envoyé au prochain gouvernement est aussi visiblement passé.»
La performance revêt effectivement un caractère historique pour le parti écologiste, qui n’a jamais à ce jour réussi à être représenté par plus de 46 candidats lors d’élections provinciales. C’était en 1989, sous la gouverne de Jean Ouimet. À cette époque, le PVQ avait alors récolté 1,89 % des suffrages. À titre indicatif, lors du dernier scrutin, en 2003, les 37 candidats verts engagés dans la course électorale avaient mis la main sur... 0,47 % des bulletins de vote. Hier soir, avec les trois quarts des boîtes de scrutin dépouillées, les 108 candidats verts engagés dans la course électorale — un record historique pour ce parti — enregistraient l’appui de 142 000 électeurs à travers la province, contre 17 000 il y a quatre ans.
«C’est très encourageant et c’est remarquable, a commenté Jean-Christophe Mortreux, candidat vert dans la circonscription de Lafontaine, à Montréal. Avec le peu de moyens dont nous disposions, nous avons réussi un exploit. Sur l’île de Montréal, le vote vert a considérablement augmenté [il était en milieu de soirée à environ 7 %]. Le Parti vert du Québec a réussi lors de cette campagne à affirmer sa crédibilité et nous attendons désormais avec impatience les prochaines élections.»
Sans surprise, le PVQ n’a toutefois pas réussi hier soir à obtenir des tickets d’entrée pour l’Assemblée nationale. Dans la circonscription de Bourget, le chef, Scott McKay, le candidat vert le plus visible de cette campagne, a été défait. Il a récolté 8 % des votes. Dans ce coin de l’est de Montréal, la péquiste Diane Lemieux y a été réélue avec 41 % des suffrages exprimés. Dans Mercier, où Daniel Turp (PQ) et Amir Khadir (QS) se faisaient la lutte, le candidat vert, Sylvain Valiquette, est arrivé en cinquième place, alors que dans Louis-Hébert, à Québec, André Larocque, vice-président du PVQ, est arrivé en quatrième place avec 4,8 % des suffrages.
Malgré tout, M. McKay, chauffé à bloc par le bruit des urnes et l’enthousiasme de ses sympathisants, s’est dit hier heureux de «récolter enfin ce qu’il a semé dans les dernières semaines. Les verts ont mené la campagne la plus importante dans l’histoire du Québec», a-t-il dit. Poussé par un vent favorable aux réflexions vertes, le PVQ a réussi, à la hauteur de ses moyens, à s’imposer davantage sur la scène médiatique dans les dernières semaines, a-t-il souligné. Scott McKay a en effet multiplié les apparitions afin de présenter la biodiversité de sa plate-forme électorale mais aussi pour tenter de sortir son parti de l’image tenace de «parti d’une seule cause», en parlant démocratie, santé, éducation ou culture entre quelques interventions sur l’énergie éolienne ou l’agriculture biologique.
Au-delà de leur projet environnemental, les verts ont en effet martelé depuis le 21 février dernier leurs projets économiques (une fiscalité favorisant les produits non polluants et taxant davantage ceux qui le sont plus), mais aussi sociaux et culturels. Le PVQ, s’il devait former un jour le gouvernement, propose en effet de taxer la publicité afin de financer la culture. Avec un objectif simple: faire grimper le budget annuel du ministère de la Culture de 600 millions de dollars à un milliard. Commentant les résultats des élections, le chef des verts s’est par ailleurs proposé pour «donner des leçons d’environnement» au nouveau chef de l’opposition, Mario Dumont de l’Action démocratique du Québec (ADQ). «D’un point de vue environnemental, M. Dumont pourrait plonger le Québec dans un vide et le PVQ va être là pour lui rappeler de faire ses devoirs en matière d’environnement.»
Il a également décoché des flèches en direction de QS en repoussant du revers de la main les critiques qui pourraient lui être adressées dans les prochains jours selon lesquelles les verts ont fait de l’ombre au parti de Françoise David et Amir Khadir. «Les résultats sont clairs. Nous occupons deux espaces démocratiques différents et nous sommes là pour de bon», a-t-il dit.
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