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Le vent adéquiste a soufflé

L’ADQ de Mario Dumont formera l’opposition officielle

Josée Boileau   27 mars 2007  Québec
Mario Dumont est allé voter hier à Rivière-du-Loup. Son parti formera l’opposition officielle à Québec.
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont est allé voter hier à Rivière-du-Loup. Son parti formera l’opposition officielle à Québec.
La soirée électorale fut aussi haletante que ce qui avait été annoncé: un gouvernement minoritaire libéral, une Action démocratique formant l’opposition officielle et plus forte, en nombre de sièges, que ce que les derniers sondages avaient prévu ainsi qu’un Parti québécois glissant au troisième rang.

«J’espère que [le scrutin d’hier] marquera un point tournant pour la société québécoise. J’espère que c’est une nouvelle ère pour la politique québécoise qui débute aujourd’hui», avait affirmé le chef adéquiste Mario Dumont hier, après avoir déposé son bulletin de vote dans l’urne. Il ne croyait sûrement pas si bien dire.

Au moment de mettre sous presse, le PLQ se retrouvait avec 48 sièges, l’ADQ 41 et le PQ 36. Pourtant, en pourcentages des voix exprimées, les trois principaux partis se distinguaient beaucoup moins: 33 % pour le PLQ, 31 % pour l’ADQ et 28 % pour le PQ.

La soirée a été particulièrement difficile pour Jean Charest, sérieusement menacé par le péquiste Claude Forgues dans Sherbrooke, au point où celui-ci a pendant quelque temps été déclaré gagnant. M. Charest devait finalement l’emporter par près de 700 voix
Le chef du PQ, André Boisclair, gagnant dans sa circonscription de Pointe-aux-Trembles, n’a pas fait allusion à son propre avenir dans son discours de fin de soirée, soulignant plutôt que «quelques sièges nous séparent du pouvoir, quelques milliers de voix», et promettant une opposition efficace. Il a aussi souligné la nécessité de garder allumée la flamme souverainiste et son «amour pour notre patrie» pendant que ses militants scandaient: «Le Québec, un pays!»

Performance éclatante
Dans son discours, hier soir, Mario Dumont, qui se trouvait dans sa circonscription de Rivière-du-Loup, a désigné les Québécois comme les grands gagnants de la campagne. «Partout sur le territoire du Québec, les citoyens se sont levés [...]. Partout, les autonomistes ont envoyé un message politique fort, un message de changement. C’est un cri du coeur qui résonne de partout ce soir.»

Il a souligné la «volonté de modernisation du modèle québécois», qui marque l’entrée du Québec, sur le plan politique, dans le XXIe siècle, une «étape historique», avant de rappeler ses thèmes chers: famille, classe moyenne et personnes âgées, qui auront droit aux premières attentions de la nouvelle opposition.
Les derniers sondages prévoyaient un maximum de 39 sièges pour l’ADQ. C’est dire à quel point la performance du parti de Mario Dumont était éclatante, notamment dans la région de Québec, ce qui était attendu, et dans Lanaudière, ce qui ne l’était pas. La percée de l’ADQ se mesurait parfaitement bien dans le symbole de cette soirée: la candidate adéquiste Lucille Méthé a remporté la circonscription baromètre de Saint-Jean.

Dans Lévis, le président de la chambre de commerce locale, l’adéquiste Christian Lévesque, supplantait sans peine la ministre libérale Carole Théberge et l’ex-ministre péquiste Linda Goupil. Dans Chauveau, l’autre homme fort de l’ADQ, Gilles Taillon, a lui aussi été facilement élu, un gain sur le Parti libéral. Les circonscriptions basculant dans le camp adéquiste se sont succédé, gains parfois prévisibles, comme cette victoire dans Blainville, où le député péquiste sortant Richard Legendre a été battu, et d’autres surprenants, comme dans les circonscriptions traditionnellement péquistes de Joliette et de Terrebonne.
«Rarement, dans l’histoire des élections récentes, les électeurs, les citoyens, auront eu le sentiment que leur vote pouvait avoir autant de poids, que chaque vote pouvait faire autant une différence», avait déclaré Mario Dumont hier matin, disant avoir voté avec beaucoup de fierté.

Vrai revirement
Ce scénario témoigne de tout un retournement. Il y a un an, l’ADQ ne pouvait compter que sur 11 % d’appuis (contre 18 % lors des élections de 2003), et les cinq sièges occupés par le parti à l’Assemblée nationale ne lui donnaient pas droit à une reconnaissance officielle puisqu’il faut 12 sièges pour se qualifier.

Les 45 sièges que le Parti québécois détenait au déclenchement des élections ne résistaient pas, eux, au tourbillon adéquiste. Seuls 36 sièges lui ont été acquis, dont un revirement dans Jonquière, jusque-là comté libéral, avec la victoire de Sylvain Gaudreault, ce jeune professeur que l’animateur Louis Champagne avait dénigré en raison de son orientation sexuelle. L’ex-journaliste Bernard Drainville, recrue-vedette, a aussi été élu dans Marie-Victorin, circonscription péquiste.

Des recrues-vedettes libérales ont aussi remporté leur siège. Ainsi, dans Chomedey, une forteresse libérale, le nouveau candidat du PLQ et ex-policier Guy Ouellette a succédé sans problème à l’ex-ministre contestataire Thomas Mulcair. Autre nouvelle candidate, l’ex-journaliste Christine St-Pierre l’a emporté dans Acadie. De même, le ministre Philippe Couillard, qui avait quitté sa confortable circonscription de Mont-Royal pour se présenter à Québec, dans Jean-Talon, a réussi à tenir le coup devant le vent adéquiste.

Par contre, des ministres ont mordu la poussière, comme Michel Després dans Jean-Lesage, où le siège a été remporté par l’ADQ.

Dans Mercier, Amir Khadir, un des deux porte-parole du parti Québec solidaire, a mené une chaude lutte au député péquiste Daniel Turp, qui a finalement été proclamé vainqueur. Françoise David, l’autre porte-parole du parti, a été battue, comme prévu, par Nicolas Girard du Parti québécois, mais elle est arrivée bonne deuxième. Le chef du Parti vert, Scott McKay, doit pour sa part se contenter de la quatrième place dans Bourget.

Au moment de mettre sous presse, ces deux partis récoltaient 8 % d’appuis. En 2003, tous les candidats indépendants ou représentant des partis autres que les trois principaux partis n’avaient obtenu que 2,6 % des votes.

Les chefs des cinq principaux partis s’étaient tous rendus aux urnes en matinée. Jean Charest a voté au bureau de scrutin de l’école Carillon, à Sherbrooke, même s’il n’en est pas un résidant; il y a droit de vote à la suite de changements récents à la Loi électorale, qui permet maintenant à tous les candidats de pouvoir voter dans la circonscription où ils se présentent lors d’un scrutin.

Le taux de participation s’est élevé à 70%, au même niveau qu’en 2003, alors qu’on avait enregistré le plus faible taux de l’histoire du Québec. À la dissolution de l’Assemblée nationale, le 21 février, le PLQ détenait 72 sièges, le PQ 45 et l’ADQ cinq. On comptait aussi un député siégeant comme indépendant et deux sièges étaient vacants.
Mario Dumont est allé voter hier à Rivière-du-Loup. Son parti formera l’opposition officielle à Québec. Jean Charest et son épouse Michèle, hier à Sherbrooke. Le premier ministre a risqué de mordre la poussière dans sa circonscription aux mains du Parti québécois, mais le PLQ formera tout de même un gouvernement minoritaire.
 
 
 
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  • Robert Verreault
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 01h31
    Désolant!
    30% des Québécois n'ont pas jugé bon de se déplacer malgré les enjeux majeurs de cette élection... C'est sans doute l'un des aspects les plus consternants de cette élection qui fait figure d'anti-76... 31% de la population a opté pour le programme mol et flou de l'ADQ... Assis entre deux chaises, refusant de s'assumer, refusant de choisir, le Québec vient de faire un grand pas en arrière, sans honneur, sans enthousiasme... Il n'y aura, semble-t-il pas de prochaine fois...Il nous reste à attendre que l'ADQ prouve qu'il ne peut rien changer...

  • Mathieu Lachaine
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 02h32
    Jean Charest gouverne avec l'appui de 23% des québécois
    Taux de participation: 71,28 %
    Votes PLQ: 33,08 %
    Québécois ayant voté pour le PLQ: 23,56%

    Je prédis une victoire conservatrice aux prochaines élections fédérales...

    La gauche est divisée en 4:
    - centre gauche: Libéraux
    - gauche: NPD
    - écologistes: Verts
    - souverainistes: BlocQc
    alors que à droite.... il y a juste les conservateurs !

    Un gros BRAVO à Québec Solidaire et les verts pour diviser le vote de gauche (et contribuer au cynisme), et ainsi augmenter la victoire de la droite au Québec...

    30% de gens ne sont pas allés votés, presque 1 électeur sur 3. Honte à eux.

  • Lapirog
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 06h32
    Faible participation à ce vote contestataire qui marque un changement...
    dans le paysage politique du Québec des régions pour employer une formule consacrée.
    Message puissant et vibrant aux médias Montréalais qui monopolisent toute l'attention au détriment des régions qui se sentent souvent laissées pour compte.
    Les tiers partis comme Québec Solidaire et le parti Vert sont maintenant dans le paysage pour y rester et iront piger dans les trois autres partis pour renforcer leur membership qui a doublé depuis la dernière élection : signe des temps.
    Y a t-il un mystère de Montréal? On pourrait maintenant le croire devant la stagnation de l'électorat.
    Le PLQ devra composer principalement avec le PQ pour pouvoir fonctionner comme gouvernement minoritaire s'il ne veut pas fournir des munitions à l'ADQ qui rêve à une élection anticipée pour rafler le gros lot.Harper a du choisir sa date pour une élection ce printemps et pouvoir surfer sur la vague adéquiste qui lui apportera enfin un gouvernement majoritaire tant révé.Le Bloc et son chef doivent se demander quel sera le verdict qui les attend à ce rendez-vous électoral.

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 07h29
    Le Parti vert se tire dans le pied
    Par Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire

    Montréal, le mardi 27 mars 2007

    Les derniers sondages avaient pourtant clairement démontré que les deux principales circonscriptions électorales, Gouin et Mercier, où des écologistes de gauche de Québec solidaire avaient les meilleures chances de faire élire des députés, qui portaient, et de loin, parmi les meilleures plateformes environnementales selon l'organisme Greenpeace, se sont fait hier concurrencer par deux des candidats du Parti vert du Québec.

    Dans le circonscription de Mercier, le candidat Vert, Sylvain Valiquette, a réussi a rafler plus de 2398 des voix (8,48 %) contre Amir Khadir qui de son côté a obtenu la seconde place avec un résultat historique frôlant les 30% des votes pour la gauche souverainiste de Québec solidaire avec 8 303 voix, pour un résultat exact de (29,38%) du suffrage pour QS dans Mercier.

    Pour 1123 votes de plus...

    La majorité obtenue pour faire vaincre le député sortant péquiste Daniel Turp ayant été de seulement 1123 voix, il n'aurait donc suffit que de moins de la moitié des votes obtenus par le candidat Vert Sylvain Valiquette, pour faire vaincre Amir Khadir, porte-parole national de Québec solidaire.

    Tous les sondages avaient pourtant été extrêmement clairs sur les pourcentages des intensions de vote en faveur de Québec solidaire dans les circonscriptions de Gouin et Mercier et prédisaient des résultats record de plus de 27% du suffrage.

    Se réclamant du pragmatisme, contre toutes attentes, Scott McKay, chef du Parti vert du Québec, qui avait pourtant maintes fois affirmé surtout vouloir profiter de la période électorale pour attirer l'attention des citoyens sur les enjeux environnementaux et ne se faire aucune illusions sur une réelle possibilité d'un gain électoral, se retrouve aujourd'hui dans une flagrante contradiction.

    Au péril de faire perdre le plus crédible des candidats écologiste Amir Khadir, le Parti vert, comme on le sait, s'est tout de même entêté à présenter des candidatures contre le meilleur joueur de Québec solidaire dans la circonscription de Mercier.

    Il est donc aujourd'hui assez pathétique de constater le vote écologiste s'être ainsi divisé, puisque Québec solidaire avait pourtant reçu une note exemplaire de 90 % de la part de Greenpeace pour la qualité de sa plateforme environnementale.

    Peut-on en conclure que le soi-disant pragmatisme du Parti vert se soit subitement fait pollué par un vent d'électoralisme... À moins que la période électorale ne soit la période par excellence pour révéler les véritables intensions du Parti vert, qui prônent l'écologie d'une main, mais qui dans les faits, ouvre le tir de l'autre sur le meilleur joueur écologiste qui aurait eu une véritable chance de se faire entendre à l'Assemblée nationale...

    J'en conclue pour ma part que les intensions réelles du Parti vert n'étaient finalement pas du prétendu angélisme de faire progresser le discours sur la protection de l'environnement, mais une recherche bien quelconque de prêcher pour sa petite paroisse et d'un intéressé cumul des votes, et cela, au mépris d'un gain écologiste réel au plan politique.

    Notons que Québec solidaire avait reçu l'appui de nombreux artistes renommés du Québec, dont le chanteur et cinéaste Richard Desjardins un militant écologiste notoire et ainsi que celui de plusieurs autres.

    Liste d'appuis des artistes à Québec solidaire :

    Richard Desjardins, Luck Mervil, Paul Amarani, France Castel, Yvon Deschamps, Judi Richard, Johanne Fontaine, Karen Young, Christian Vanasse des Zapartistes et Yves Lambert, fondateur du groupe « La Bottine souriante».


    N.B. Toute reproduction du présent texte, en tout ou en partie, est autorisée sans redevance avec simple mention de l'auteur.

  • Valérie Gaillardetz Rousseau
    Inscrite
    mardi 27 mars 2007 07h38
    Ce sera à voir
    Je crois que les élections d'hier soir sont à l'image de ce que sera le nouveau mandat de Jean Charest. L'ADQ formera une opposition qui agira dans l'intérêt des québécois. Le fait que le PLQ ne soit pas majoritaire aidera à apporter des changements un peu plus important et fera avancé la province en tant qu'unité face aux autres provinces et au Canada. En cette année électorale, je souhaite des changements qui comptent pour nous, pour vous. Avec l'entré en jeu de l'ADQ, on dit au revoir du bipartisme à l'américaine. Le Québec est bien représenté et j'attends de voir ce que ces quatre ans nous réserverons. Valérie Gaillardetz Rousseau, étudiante au Cégep Lévis-Lauzon

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 07h49
    Le massacre de la gauche
    Le Parti vert a mieux fait que QS!!!! Et ce en dépit de deux chefs fort connus et d'une incroyable couverture médiatique, à Radio-Cane entre autre!

    Ce n'est pas la souveraineté que les Québécois ont rejeté hier: c'est la gauche. La gauche au pouvoir depuis 40 ans au Québec. La gauche qui a abandonné tout un pan de la société québécoise.

    C'est la revange des non-syndiqués sur les gros syndiqués, des femmes au foyer sur les féministes, des ti-travailleurs sur les professionels et les gros boss, des régions sur le Plateau, du Québec profond sur le Montréal ethnique.

  • Richard Weilbrenner
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 08h09
    Une grande victoire pour les fédéralistes
    L'élection d'hier porte un dur coup à la volonté d'émancipation du peuple québécois. Jean Charest pourra répéter partout qu'il a atteint son principal objectif en repoussant les souverainistes au troisième rang, où ils ne constitueront même pas l'opposition officielle. Tel était l'enjeu de la campagne, il ne faut pas s'y tromper. Jean Charest lui-même l'avait promis sans équivoque. Le Québec souverainiste, qui rassemble pourtant une part importante de l'électorat, a perdu la voix, hier. Le morcellement des forces d'opposition qu'entraînent les résultats de cette élection historique du 26 mars 2007 est la meilleure chose qui pouvait arriver aux fédéralistes québécois et à leurs amis conservateurs d'Ottawa. Contrairement à ce que laissent entendre bien des commentateurs de la scène politique, cette victoire n'est pas courte : elle est magistrale. Le PLQ pourra gouverner à sa guise, manipuler l'opposition divisée que composent les frères ennemis ADQ et PQ... et pavoiser en 2008 quand nous célébrerons dans la contradiction le 400e anniversaire de la fondation de Québec par Champlain. La page d'histoire qui s'ouvre ce matin s'ouvre dans le brouillard.
    Richard Weilbrenner
    Sutton le 27 mars 2007.

  • Alain Larouche
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 08h30
    Chez-nous on résiste
    Saguenay Saguenay-Lac-StJean et Côte-Nord on a résisté aux pensées magiques de L'ADQ et on s'en félicite. Nous on n'a pas eu le lavage de cerveaux des radio-poubelles et nous en sommes très fiers. Maintenant faisons place au marchand de sable.

  • FARAVEL Frédéric
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 09h03
    21-Avril québécois
    Le 26 mars 2007 sera pour le Parti Québécois l'équivalent
    du 21 avril 2002 pour la Gauche française
    Le Parti Québécois vient de connaître sa pire défaite en 40 ans de vie politique de la Belle-Province. Plus largement, ce résultat inquiétant interroge la stratégie politique du PQ, de la Gauche québécoise et sur les aspirations culturelles, sociales et politiques d'une société parmi les plus avancées du monde occidental.
    La suite est à l'url : http://resistances95.over-blog.com/article-6177996
    cordialement,
    Frédéric Faravel

  • Julien Beauregard
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 09h04
    Le vent froid de la droite
    Il a gonflé au sud, a remonté vers le nord et il ravage ici.

    J'ai honte d'être Québécois.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 09h07
    À propos de l'ADQ, tant qu'un parti n'est pas au pouvoir, on peut penser n'importe quoi de ses aptitudes politiques!
    Il faudrait peut-être céder le pouvoir à l'ADQ pour se rendre compte qu'ils n'ont pas vraiment les reins solides sur le terrain du real politic. Pour cette raison, leur programme n'est encore que virtuel et peut encore en faire rêver plusieurs. Je dis cela en tant que spectateur de l'arène politique. C'est plus la curiosité que le scepticisme qui m'inspire.

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 09h24
    Ça ne fait que commencer
    Ce matin j'étais fier encore plus que d'habitude d'être au Québec! Parce que les gens du Québec se sont levés massivement et ont voté POUR eux et le changement!
    Les dénigreurs amers déçus et mauvais perdants, vont dire que les libéraux se sont fait servir un sérieux avertissement et qu'ils ont compris le message. Bah!
    Vieux verbiage usé jusqu'à la corde.
    C'est comme la fable du renard et les raisins que de raisonner ainsi. On prétend lever le nez sur ce que l'on ne peut obtenir.
    Il était temps que ça change! Et ça a changé.
    Que va-t-il se passer maintenant?
    On va gaspiller nos impôts malheureusement, car ce système caduque de gouvernement minoritaire équivaut à ne rien faire et ce, à grands frais si le gouvernement en place n'est pas conciliant!
    Les libéraux ne passent pas pour des conciliants, ce sont des petits rois par leur mentalité.
    Les chances que M. Charest fasse preuve d'ouverture pour le bien des gens du Québec sont minces...mais qui eut dit que l'ADQ serait l'opposition officielle?
    Alors, on ne sait jamais, tout peut arriver...
    Par contre cette situation, pour déplorable qu'elle soit est mieux et c'est tout dire, que d'avoir 1 des 2 «vieux» partis en place pour nous faire un 4 ans de grenouillage en prenant pour acquis que nous sommes une bande de débiles.
    J'espère que l'ADQ saura gérer son succès et la confiance mise en elles par les milliers d'électeurs.
    Bravo à l'ADQ et à Mario Dumont!

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 09h28
    J'ai oublié de cliquer mon adresse
    Faire un commentaire sous l'anonymat n'est pas mon style.
    On a déjà failli voter avec une cagoule sur la tête alors...
    Le commentaire «Ça ne fait que commencer est de moi».

  • André Chamberland
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 10h51
    Résistances aux changements
    La résistance au changement vient des adhérences qui immobilisent l'individu et l'empêchent d'aller de l'avant.

    Ouvrir notre esprit et nos horisons, sortir des autoroutes engorgées, naviguer sur les petites routes de campagne (politique ou autres)(vers Rivière du Loup ou ailleurs, essayer des pistes différentes et chercher des solutions nouvelles sont les seules façons d'arriver à de grandes découvertes pour faire avancer la nation.

    La peur bloque trop souvent les nécessaires innovations, en politique comme en d'autres domaines. La jeunesse et l'inexpérience sont deux valeurs anti-sclérosantes pour un peuple qui veut grandir et prendre et conserver sa place dans le monde.

    Dépoussiérer la vieille politique et tasser les vieilles façons de faire qui ont permis jusqu'à date, toujours aux mêmes, de s'en mettre plein les poches et de bien traiter seulement leurs amis politiques ou financiers, permettront enfin de changerla donne.

    Qu'arrivera-t-il maintenant?

    Rien n'est acquis pour personne. Tout est sur la table. Le Québec s'est donné le plus beau modèle politique pour le moment présent. Chaque parti et chaque politicien, mais aussi chaque citoyen, devra faire sa propre réflexion sur ses valeurs et ses choix, celles et ceux qu'il seront prêts à défendre ou à sauver.

    Un nouveau parti national est né et il aura la chance, avant de diriger le pays, de mettre ses députés en formation, en stages, au travail, en valeur pour proposer aux québécois un nouveau modèle d'avenir tout en assurant un présent sécurisant pour tous.

    Un autre parti devra revoir sa suffisance et son arrogance et revenir à son vrai rôle, celui de servir le peuple et non pas seulement les gens qui l'ont élu ou qui le financent pour leurs propres intérêts.

    Un troisième parti ne cherchera plus à imposer son indépendance mais à convaincre les citoyens qu'il s'agit de la meilleure option pour eux. Souvent la meilleure solution imposée est rejetée. Il devra démontrer une unité et une vision plus grande pour un grand peuple.

    Et chacun des trois premiers partis devra s'isnpirer davantage des idées des tierces partis et même songer à leur faire une place dans ses rangs, non pas en les achetant mais en les accueillant comme des vents frais idéologiques qui représentent des idées sages et des valeurs chères au peuple.

    Félicitons-nous de nous être donné cette grande chance par ce nouvel échiquier politique québécois. Merci et bravo à tous ceux qui ont décidé de changer les choses et l'immobilisme du Québec et se sont investis cette année dans cette expérience politique nouvelle que fut cette élection.

    Et enfin, je ne suis pas un amateur de sports télévisés car le peuple n'y est que spectateur. Mais hier soir, le 26 mars 2007, j'ai regardé avec intérêt et passion, tout comme depuis les 33 derniers jours, la plus belle série finale de notre meilleur sport national, la politique, jusqu'à la fin. Quelle belle et seule vraie télé-réalité !

    Ah que je regrette de ne pas y être un acteur aussi !

    André Chamberland
    Artiste peintre et philosophe temporel
    Lévis, Québec
    andre.cham@sympatico.ca

  • Simon Langelier
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 11h44
    Les médias ont-ils contribué au succès électoral de l'ADQ?
    De quel sujet les médias n'ont pas cessé de nous parler pendant tout le mois de janvier 2007? D'accommodement raisonnable et de laïcité. Il est toujours sain de faire un débat public sur ce type de question. Mais plusieurs médias ont constamment insisté sur les mêmes quelques cas qui ont suscité certaines controverses à Montréal. Soyons francs, de façon générale les différents groupes ethniques qui vivent à Montréal cohabitent bien ensemble. Nous ne sommes pas dans la situation des banlieues parisiennes ou de l'imposition d'une loi sur l'interdiction du port du voile à l'école.

    Mario Dumont, en bon animal-politique, n'a pas hésité à exploiter la scène médiatique grande ouverte pour se présenter comme étant le porte parole des valeurs républicaines à la québécoise. Lui qui a une base électorale conservatrice et majoritairement en région, savait très bien qu'il pouvait gagner plusieurs votes en profitant de la grande présence de ce débat sur l'accommodement raisonnable et la laïcité. Évidemment, déjà avant la surexploitation de ce débat par les médias, plusieurs signes nous démontraient qu'un vent de droite soufflait sur plusieurs régions du Québec. La grande manifestation contre la fermeture de la station de radio CHOI, appuyée par l'ADQ, et le succès des conservateurs dans la région de Québec démontrait déjà que le Québec n'était plus seulement divisé entre souverainistes et fédéralistes. Pourtant, à Montréal, où le côtoiement de la diversité se vit quotidiennement, l'ADQ n'a pas eu de succès.

    Au lieu d'exploiter quelques cas litigieux concernant la cohabitation interculturelle, les médias ne devraient-ils pas plutôt parler de la division entre les deux Québec sur la question de l'identité québécoise?

    Simon Langelier
    Courriel : simonlangelier@hotmail.com

  • Baptiste1
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 11h45
    Ras le bol collectif
    Bravo à Mario Dumont et à ses troupes. Félicitations à tous les québécois et québécoises qui ont voté pour l'ADQ. Chaque fois qu'André Boisclair parlait de référendum, j'avais une écoeurantite aigue.72% des électeurs semblent avoir eu une réaction similaire à la mienne. Il est temps de passer à autre chose. Le Québec a déjà un pays et il s'appelle le Canada. Collaborons à sa construction et cessons d'être les éternels empêheurs de tourner en rond de la fédération!

  • Hervieux Chantal
    Inscrite
    mardi 27 mars 2007 11h49
    Il faut écouter
    Lors de la campagne électorale, les deux partis, le PLQ et le PQ, ne se seront pas réellement intéressés à écouter les revendications de ceux qui ont choisi l'ADQ. Pour ces partis, les citoyens qui votent ADQ ne le font que pour envoyer un message soit au PQ, soit au PLQ; pour eux, cette situation est donc temporaire. Et si au contraire, au lieu de voter CONTRE un parti, les citoyens ont choisi de voter POUR? Au combien de nous auront choisi à chaque élection de voter pour le parti qui avait le plus de chance de battre celui que nous ne voulions pas au pouvoir? Ne trouvant pas d'autres choix, aucun parti ne les représentant réellement. Ignorer le fait que le vote pour l'ADQ représente probablement un vote POUR plutôt qu'un vote CONTRE est une perspective réductrice, elle est aussi une perspective qui démontre un manque de volonté d'écoute, bien que les deux partis se disent avoir entendu le message des citoyens. Nous verrons bien s'ils disent vrai ou s'ils auront entendu uniquement ce qu'ils veulent bien entendre.

  • Zakari Gilbert
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 13h44
    Le PQ doit se transformer pour contrer la droite
    On verra si le PQ saura rebondir et si un nouveau chef est nécessaire. D'après moi, une grande coalition de la gauche est nécessaire et même urgente!!! Le PQ doit se radicaliser davantage sur le plan de l'égalité sociale et de l'environnement pour contrer la droite qui empoisonne le Québec et pour raviver l'espoir et la passion chez les nombreux électeurs déçus qui sont restés à la maison ou qui ont voté ADQ par lassitude. Au moins, mon compté, Taschereau, est resté Péquiste tel un fier village gaulois. Aux prochaines élections, réveillez-vous les souverainistes!!!

  • David Desmier
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 14h06
    Dérive droitière de la société québecoise
    Lendemain d'élections générales au Québec. La grande surprise de ce scrutin est bien évidemment la percée fulgurante du parti populiste de droite de Mario Dumont, l'Action Démocratique du Québec (ADQ). J'avoue être décontenancé par ces résultats. Cette dérive droitière de la société québécoise me donne la nausée. Elle est la conséquence d'un repli sur soi, d'un ras-le-bol général et de la peur de l'Autre. L'Autre justement, le responsable de tous les maux, selon l'ADQ. L'immigrant, l'homosexuel, celui qui est 'différent' de la majorité. On nous vante l'ouverture de la société québécoise. Mais est-elle si ouverte à l'Autre que cela ?
    J'ose croire que oui. Après tout, le vote adéquiste est loin de représenter la majorité du peuple québécois.
    On va se reprendre d'ici quelques mois et on renverra Dumont et ses acolytes à leur poids politique réel.
    Un tel spectacle me donne l'envie irrésistible de me lancer à mon tour dans l'arène politique pour y défendre mes idées sociales-démocrates...

  • ethan solal
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 14h31
    Les yeux bridés...
    C'est drôle, je regardais la mine de M. Boisclair après les résultats... J'ai été surpris de voir qu'il avait tellement les yeux bridés, déconfit et pathétique qu'il était. Le pauvre. Allez savoir, c'est peut-être à force d'avoir étudié à Harvard que ses yeux ont mutés. Mystère.

  • Girouard Sylvie
    Inscrite
    mardi 27 mars 2007 15h50
    Un vent de changement ?
    C'est curieux, un vent de changement a soufflé sur le Québec hier et pourtant, après une telle bourrasque, ça ne sent pas le frais mais les boules à mites.
    André Pratte ce matin : Mario Dumont parle un langage simple que les québécois comprennent. De quoi décourager quiconque avec un QI de plus de 64 de s'intéresser à la chose publique. Désolant.

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 17h27
    La culture catholique au pouvoir
    La culture catholique a refait surface après quelque 40 ans sans véhicule politique, coincée qu'elle était entre deux partis, l'un souverainiste, l'autre fédéraliste, qui ont édifié la Révolution tranquille contre elle, d'abord en bâtissant un réseau gratuit d'écoles secondaires publiques, ensuite en laïcisant lentement mais sûrement les institutions politiques. Mario Dumont a redonné à cette culture la voix qu'elle avait perdue. Reste à voir quels sentiers empruntera la compassion dont l'ADQ a fait son cheval de bataille, à l'instar des Bush et Harper.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Max Roujeon
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 19h01
    WOW! Des commentaires dignes de «sciences po»
    Bonsoir tout le monde! Me revoilà, après avoir posé mes roues d'été (je suis une nature optimiste, je sais) et un verre de blanc à ma gauche (Chardonnay de Californie). Afin de ne pas le renverser sur mon clavier, je le bois le plus vite possible à la santé de l'ADQ.
    Je ne veux pas tourner le fer dans la plaie, ni encore moins faire de peine à ceux qui ne s'expliquent pas la déconfiture des 2 autres partis (car même pour les libéraux, ça fait dur) mais c'est un vote POUR un parti ce coup ci, alors que les 2 dernières fois c'étaient des sanctions de mauvaise conduite qui étaient infligées au parti sortant (et à coups de pied au derrière s'il vous plait).
    Un truc qui, je l'espère sera épique, c'est le dévoilement de l'étude de la commission «bla bla bla ...» de M. Johnson sur l'effondrement du Viaduc de la Concorde.
    Il n'avait pas prévu de revenir minoritaire «notre 1er Minisss Charest». Vu que l'autre «impliqué» est le PQ et que M. Johnson a été «des 2 bords» je crois me souvenir, j'espère que l'ADQ va s'en donner à coeur joie et leur mener la vie dure, parce que, il va y en avoir du «nonobstant, à condition que, si peut être, étant donné que, les conditions n'étant pas comme, par contre vu que, mais il faut tenir compte que, étant donné les faits, mais etc... vous avez compris.. que l'on n'y comprendra rien»!
    Ça va être un chef d'oeuvre de suppositions vaseuses, dont l'inutilité aura pour sommet sont coût qui y sera directement proportionnel. Moins ça en dira, plus ça coûtera cher!
    Voyez-vous, parfois, ça m'écoeure la bonasserie de mes semblables. Nous sommes au Québec et ...les meilleurs dans tout! Reconnaissons-le en toute modestie. Et...alors que des pyramides de 5000 ans (j'ai arrêté de compter à 5000 à cause de Napoléon et de sa phrase à ses grognards quand ils visitaient le pays des pharaons) nous contemplent, le pont du Gard à quelques milliers d'années aussi, nous, on garantit les viaducs 75 ans et ils se cassent la gueule au bout de 36 et on trouve ça normal (je sais, ça fait beaucoup de «on», mais que voulez-vous, «on» ne veut pas de coupable)!
    Tout ça pour dire, ne soyez pas déçus quelles que soient vos aspirations, voyez en France (il y a quelqu'un qui y a fait allusion en parlant des banlieues de Paris) l'alternance, ça ne donne rien de bon et ça conforte le parti en place dans la médiocrité :
    Le gouvernement «nouveau» : Il hérite d'une situation pourrie, il le sait quand il brigue le pouvoir, mais va se servir de ça pour justifier qu'il n'a pas pu tenir ses promesses.
    À la prochaine élection, il est saqué, il va blâmer le gouvernement d'avant qui prend la suite et qui hérite d'une situation pourrie, il le sait mais va se servir de ça pour justifier qu'il n'a pas pu tenir ses promesses.
    À la prochaine élection, il est saqué,...(copié/collé etc...)
    Tout ça pour dire, si nos gouvernements ne sont pas bons, c'est de notre faute!
    Au moins on a brisé la chaîne!
    Alors, croisons nous les doigts et soyons positifs, c'est en mettant tous l'épaule à la roue que nous ferons bouger les choses.
    Bonne soirée.

  • Ernesto Sanchez
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 23h20
    Un questionnement salutaire pour le PQ
    On peut souhaiter que le résultat de la dernière élection conduise le PQ à remettre en question le mélange de genres qui le caractérise. Car il prétend faire dans le "genre politique" qui, dit-on, est « l'art du compromis », mais on sait que l'essentiel de son propos appartient au "genre religieux" qui proclame l'intangibilité des dogmes. La souveraineté n'est-elle pas un dogme pour le PQ ? Pour « les purs et les durs » n'est-elle pas un absolu ? Comment cet objectif immuable peut-il appartenir au domaine politique puisque le PQ le soustrait jalousement à toute forme de compromis ? Le camouflet politique que le PQ vient de recevoir sanctionne cette prétention de sa part. Le citoyen ordinaire - qui a déserté les églises depuis un bout de temps - n'a été que trop patient avec les « nouveaux clercs » qui le sermonnent depuis plus d'un quart de siècle avec leur catéchisme de la souveraineté hors de laquelle, disent-ils, il n'y a point de salut. Quand la souveraineté péquiste intègrera l'espace géo-politique, le PQ s'ouvrira sur la complexité du citoyen et la pluralité de ses allégeances, c'est-à-dire sur le fédéralisme et la modernité. Sans quoi, le PQ risque de sombrer dans la marginalité de l'intégrisme et l'intolérance des « purs » et des « durs ».

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