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La tradition se poursuit - L'Outaouais reste rouge

François Desjardins   27 mars 2007  Québec
Benoît Pelletier a été réélu haut la main.
Photo : Jacques Nadeau
Benoît Pelletier a été réélu haut la main.
Le vent du changement n’a pas soufflé jusqu’en Outaouais. Après avoir causé la surprise en élisant un conservateur et un bloquiste aux élections fédérales de janvier 2006, les électeurs de cette région sont revenus à leurs vieilles habitudes hier et ont envoyé cinq députés libéraux pour les représenter à l’Assemblée nationale.

L’offensive généralisée de l’Action démocratique, cependant, a fait en sorte que les ténors libéraux ont eu la vie moins facile que dans le passé. Alors que les électeurs de Chapleau ont réélu avec 45 % des voix le ministre des Affaires intergouvernementales et responsable de l’Outaouais, Benoît Pelletier, cette performance est loin de l’appui de 62 % en 2003.

Quant au whip du Parti libéral, Norman MacMillan, sa cinquième victoire masquait elle aussi une épreuve. Bénéficiaire de 58 % des voix en 2003, M. MacMilllan est subitement tombé à 39 %. La différence est allée surtout à l’ADQ, qui a terminé la soirée avec 26 %, à un cheveu du PQ dont la performance était identique à celle des dernières élections.

La campagne électorale en Outaouais s’est jouée notamment sur l’enjeu de la santé, la région faisant l’objet d’un mécontentement au chapitre des soins offerts et des médecins spécialistes qui délaissent la rive québécoise pour aller pratiquer à Ottawa. Les débats ont aussi porté sur le Rapibus, un projet de transports en commun par autobus qui relierait Gatineau, Hull et Ottawa en des temps records.
La dernière présence d’un parti autre que libéral remonte aux années 1976 à 1981, lorsque les circonscriptions de Hull et de Papineau étaient représentées par les députés péquistes Michel Légère et Jean Alfred.

Dans Chapleau, une circonscription qui repose sur les bases de l’ancienne ville de Gatineau, le ministre Pelletier a amassé une majorité de 6400 voix contre le candidat adéquiste, Jocelyn Dumais. Or c’est deux fois moins qu’en 2003. M. Dumais, malgré une affaire de présumés propos sur les cols blancs, a récolté 25 % des votes pour l’ADQ, alors que le parti avait plafonné à 12 % en 2003. La fonctionnaire fédérale Édith Gendron, candidate du Parti québécois, a terminé troisième avec 22 % des votes.

L’autre grosse pointure libérale de l’Outaouais, le whip en chef Norman MacMillan, a vécu le même phénomène. M. MacMillan, qui a déjà été président du caucus libéral, est en poste depuis 1989. Mais avec 39 % des suffrages exprimés hier, sa majorité de 18 000 voix en 2003 est passée à seulement 4000. Le solde est allé Serge Charette, un agriculteur qui a obtenu 27 % des appuis pour l’ADQ. Quant au Parti vert et à Québec solidaire, ils ont eux aussi joué les trouble-fête en récoltant ensemble presque 8 % des voix. Le PQ, représenté par Gilles Hébert, a terminé à 26 %.

Dans Hull, le député sortant Roch Cholette a été réélu pour un troisième mandat avec 43 % du vote contre 57 % en 2003. Élu pour la première fois en 1998, il affrontait l’enseignant collégial Marcel Painchaud, candidat du PQ bien connu dans la région pour avoir été éditorialiste au Droit et chroniqueur à la radio locale de Radio-Canada. M. Painchaud était deuxième avec 24 % des suffrages exprimés. L’ADQ était représentée par François Lizotte, un professeur du collège Bois-de-Boulogne qui s’est attiré 17 % des appuis.

Là où M. Cholette a aussi perdu des appuis, c’est auprès de Québec solidaire et du Parti vert. Le candidat de Québec solidaire, Bill Clennett, connu pour l’empoignade de Jean Chrétien en 1996, a récolté 8 % des suffrages, à égalité avec les Verts.

Dans Gatineau, qui monte jusqu’au nord de Maniwaki, la candidate libérale Stéphanie Lavallée l’a emporté haut la main avec 45 % des voix. Thérèse Viel-Déry, une enseignante de formation qui représentait le PQ , a récolté un appui populaire de 24 %.

Candidat ayant fait couler beaucoup d’encre dans Gatineau, l’adéquiste Martin Otis se classait troisième avec 21 % des suffrages. Étudiant au collège Lionel-Groulx, M. Otis avait été sévèrement ridiculisé par le premier ministre Jean Charest lors d’un passage en Outaouais. M. Charest s’était longuement étendu sur un article du Droit faisant état d’une entrevue apparemment catastrophique que M. Otis avait donnée au quotidien.

Dans Pontiac, la députée libérale sortante Charlotte L’Écuyer était très en avance, avec 58 % des voix. Elle a facilement défait Patrick Robert-Meunier, candidat du PQ dont les appuis se situaient à 13 %. Victor Bilodeau, de l’ADQ, récoltait 16 % des suffrages. En quatrième place figurait le candidat du Parti vert, Brian Gibb, à 10 %.






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