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Montréal campe sur ses positions

Louise-Maude Rioux Soucy   27 mars 2007  Québec
Des électeurs discutent de leur choix. Dès le début de la soirée, Westmount–Saint-Louis avait toutefois d’ores et déjà élu le libéral Jacques Chagnon.
Photo : Jacques Nadeau
Des électeurs discutent de leur choix. Dès le début de la soirée, Westmount–Saint-Louis avait toutefois d’ores et déjà élu le libéral Jacques Chagnon.
Bien campée sur ses positions, l’île de Montréal a offert un visage quasi inchangé hier en résistant farouchement à la vague adéquiste qui a conquis plusieurs régions du Québec. Dans l’ouest de l’île, les libéraux ont rapidement mis la main sur leurs châteaux forts. Les péquistes ont fait de même dans leurs bastions du centre et de l’est, ne laissant que très peu de marge de manoeuvre à l’Action démocratique du Québec (ADQ) ainsi qu’à Québec solidaire (QS) et au Parti vert du Québec (PVQ), qui n’ont fait aucun gain dans la métropole.

Résolument rouge, l’ouest de l’île a été prompt à montrer ses couleurs. Sans surprise, les électeurs de D’Arcy-McGee ont montré un appui massif au libéral Lawrence S. Bergman, sonnant ainsi le coup d’envoi officiel de la soirée électorale. Les luttes se sont révélées autrement plus chaudes au centre et à l’est, où sont concentrés les châteaux forts péquistes. Dans Pointe-aux-Trembles, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a rapidement pris la tête pour être réélu avec une confortable majorité de 6101 voix.
Dans Gouin, le député sortant du PQ, Nicolas Girard, a donné du fil à retordre à la chef de Québec solidaire, Françoise David, qui, en dépit d’une intense campagne de terrain, a finalement terminé bonne deuxième derrière le candidat péquiste, qui l’a emporté avec 3405 voix. L’autre candidat-vedette de QS, Amir Khadir, a quant à lui mené une lutte plus qu’honorable au député sortant Daniel Turp, à qui il a sérieusement donné la frousse en début de soirée. Dans Mercier, les deux candidats ont joué au chat et à la souris avant que le député péquiste ne devance pour de bon le candidat-vedette de QS avec 1123 voix.

Les vedettes libérales sont quant à elles restées bien en selle sur l’île de Montréal. Le sort de la ministre de la Culture et des Communications sortante, Line Beauchamp, a été rapidement assuré dans Bourassa-Sauvé. Idem pour la présidente sortante du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, facilement réélue dans Marguerite-Bourgeoys. La ministre sortante de l’Immigration, Lise Thériault, a repris son siège dans Anjou tandis que le ministre sortant de la Sécurité publique, Jacques P. Dupuis, reprenait le sien dans Saint-Laurent. Dans Outremont, le ministre du Développement économique sortant, Raymond Bachand, s’est lui aussi imposé.

Mont-Royal, l’ancien fief du ministre de la Santé sortant, Philippe Couillard, est lui aussi resté solidement attaché au sein du giron libéral, ses électeurs ayant choisi de faire confiance à son successeur, l’ancien président de Corus Québec, Pierre Arcand. La journaliste Christine St-Pierre a pour sa part réussi son passage à la politique puisqu’elle a été élue avec plus de 13 000 voix dans Acadie sous la bannière libérale. Dans Saint-Henri–Sainte-Anne, l’ancienne présidente du Conseil de la famille et de l’enfance, Marguerite Blais, a donné la faveur aux libéraux, reléguant du coup le candidat péquiste controversé Robin Philpot au deuxième rang.

Dans l’ensemble, le paysage montréalais est resté sensiblement inchangé, à quelques exceptions près. En 2003, les libéraux avaient mis la main sur 21 des 28 circonscriptions montréalaises, dont plusieurs avec une majorité de plusieurs milliers de voix. Le PQ avait quant à lui fait siens sept comtés du centre-est, soit Gouin, Mercier, Sainte-Marie–Saint-Jacques, Rosemont, Bourget, Pointe-aux Trembles et Hochelaga-Maisonneuve.

Une élection partielle avait toutefois permis au PQ de ravir un siège de plus avec la victoire de la jeune Elsie Lefebvre dans Laurier-Dorion. Mais cette embellie s’est avérée passagère pour le PQ, sa candidate ayant dû s’incliner hier devant le candidat libéral Gerry Sklavounos, manifestement déterminé à ce que le PLQ reprenne ses droits dans ce coin de l’île de Montréal.

À l’inverse, la péquiste Lisette Lapointe, l’épouse de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau, a mené la vie dure à la députée sortante Michèle Lamquin-Éthier, qui avait fait pencher la balance en faveur des libéraux en 2003 avec seulement quelque 1500 voix dans Crémazie. Au fil d’une lutte serrée, Mme Lapointe aura finalement eu raison de Mme Lamquin-Éthier, arrachant ce comté au prix de seulement 363 voix.

Les choses ont été beaucoup plus faciles pour la péquiste Louise Harel, facilement réélue dans Hochelaga-Maisonneuve, où elle a ses habitudes. Dans Rosemont, Rita Dionne-Marsolais a permis au PQ de conserver ses assises bien en place. Dans Bourget, la députée péquiste sortante Diane Lemieux a facilement devancé le candidat adéquiste Clermont de La Croizetière et le libéral Pierre Carrier. En dépit d’une campagne déterminée, le chef du Parti vert du Québec, Scott McKay, est resté confiné au quatrième rang, ne récoltant au final que 2680 voix. Dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, le péquiste Martin Lemay est resté en place.

Dans l’ouest de l’île, les châteaux forts libéraux ont maintenu une confortable majorité, bien que l’appui se soit sensiblement érodé dans certaines circonscriptions. Dès le début de la soirée, Westmount-Saint-Louis a élu le libéral Jacques Chagnon. Les électeurs de Jacques-Cartier ont fait de même avec le libéral Geoffrey Kelley. Dans Robert-Baldwin, le libéral Pierre Marsan a conservé ses confortables positions. Le député libéral François Ouimet a lui aussi été reconduit massivement dans Marquette. Notre-Dame-de-Grâce, Nelligan et Verdun ont aussi maintenu une confortable majorité libérale en élisant, dans l’ordre, Russell Copeman, Yolande James et Henri-François Gautrin.

Enfin, dans l’est de Montréal, les libéraux ont conservé le château fort de Jeanne-Mance–Viger en faisant élire Michel Bissonnet. Dans Viau, le libéral Emmanuel Dubourg a aussi été élu, de même que le libéral Toni Tomassi dans LaFontaine.






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 08h03
    Le mystère Montréal
    « Ca fait plus d'un an que le Plateau s'interroge sur le mystère Québec (essentiellement les auditeurs de Fillion et Arthur qui font 40% de la région, assez pour balayer presque toute la région) mais personne ne s'interroge sur le mystère Montréal?

    Comment expliquer que les 3/4 de l'ile de Montréal, tant à Ottawa qu'à Québec, votent dans un sens complètement opposé à celui de l'ensemble du Québec?

    Tout le monde connait la réponse évidemment ("vote ethnique" of course) mais, par pure lacheté, par pure peur de se faire traiter de racistes, on ne pose jamais la question. Question taboue! Alors on se rabat sur Québec qui devient la risée du Plateau, comme Bonhomme Carnaval.

    Comment expliquer qu'en 40 ans d'effort et d'ouverture, le PQ n'est pas parvenu à convaincre plus de 30,000 immigrants (moins de 1000 par année!) à voter PQ!!!!!!

    Comment expliquer que le vent de droite qui rejoint les jeunes familles québécoises, ne rejoint pas du tout les jeunes familles immigrantes et anglophones?

    Pourquoi les Anglos et les immigrants continuent-ils, élection après élection, à voter pour les Libéraux en dépit de tous les scandales et de toute leur incompétence? Voilà le grand mystère Montréal? »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 27 mars 2007 13h33
    Montréal taboo.
    « Le PLQ et PQ réduits à leurs plus simples apparats.

    Le PLQ, le parti des anglais et des minorités ethniques, fédéralistes canadiens(Montréal et l'Outaouais).

    Le PQ, le parti de l'élite "cosmopolitaine" québécoise montréalaise, fédéraliste métropoliste.

    Le PQ "indépendantiste" va remplacer Boisclair par Curzi qui dirigeait un syndicat,l'UDA, dont les membres dépendent du Ministère du Patrimoine du Canada, du Conseil-Radio-Télé-Canada, de Téléfilm Canada,et la Société-Radio-Canada.

    Montréal, après cette élection, est encore plus visiblement le "red light" district du Québec. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mardi 27 mars 2007 20h46
    Y a pas de mystère
    « Les émigrants qui arrivent ici viennent de pays qui sont en guerre constamment et ils viennent au Canada et pas au Québec pour avoir la paix. Leur demander de voter pour un parti qui veut faire la guerre, même sans armes est impossible. Les anglais les attirent bien plus, souvent ils connaissaient l'anglais avant d'arriver. Pour ce qui est de l'ouest de Montréal, c'est une population qui est plus Torontoise que Montréalaise, ils sont à cet emplacement qui est proche du petit aéroport de Dorval qui leur convient admirablement bien pour aller a Toronto voir leurs frères ( c'est cette clientèle qui a fait avorter Mirabel). En plus la 40 est leur fleuve de trafic vers leur ville reine. J'ai des connaissances qui ne connaissent rien à l'est de Déscarie qui ne vont jamais plus loin que la rue Victoria et ils se disent Montréalais. Mais je connais pas trop de gens du bout est de l'ile qui vont à St Anne de Bellevue...
    Ya t il des anglophones de souche au PQ? »

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