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Une victoire, quoi qu'il arrive

Robert Dutrisac   26 septembre 2009 21h25  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Quoi qu'il arrive lundi, Mario Dumont sera le grand gagnant de la campagne électorale. Tout l'automne durant, l'Action démocratique du Québec croupissait à 12 % ou 13 % dans les sondages, et voilà qu'elle s'apprête selon toute vraisemblance à détenir la balance du pouvoir à l'Assemblée nationale et à dicter ses volontés à un gouvernement minoritaire. À deux jours du vote, on ne peut même pas exclure que cet éternel tiers parti forme l'opposition officielle. Mario Dumont est bien conscient de sa chance.

«L'ADQ ne fait plus peur», affirme Mario Dumont dans une entrevue accordée au Devoir. Même ses propositions d'ouvrir grande la porte au secteur privé dans la santé n'effraient plus les électeurs, selon lui. C'est tout un contraste avec les élections de 2003, alors que l'ADQ était vouée aux gémonies par la société civile. À commencer par les centrales syndicales qui, trop contentes de la possibilité de se débarrasser des libéraux, sont restées à peu près silencieuses sur les visées de l'ADQ cette année.

Mario Dumont rappelle le discours de Jean Charest de 2003, où il a brandi une carte de crédit en disant qu'elle allait remplacer la carte d'assurance maladie si les plans de l'ADQ étaient appliqués. «Ce n'était pas rien en 2003. C'est épouvantable ce qu'on a dit de nous», se remémore-t-il.

«C'est sûr qu'il y a une évolution de mentalité [depuis 2003]. On a fait un grand bout de chemin. Une campagne de peur, tu peux faire ça juste une fois», estime-t-il.

Selon lui, Il faut mettre fin à «l'hypocrisie actuelle» qui fait que le secteur privé «rentre par la porte d'en arrière» dans le domaine de la santé, comme en fait foi la multiplication des cliniques privées qui ne participent pas au régime public. L'ADQ veut permettre aux Québécois de payer pour obtenir des soins de santé, affranchir le Québec du «carcan de la Loi canadienne sur la santé qui impose un monopole coûteux» et inefficace, en établissant des règles du jeu qui protègent l'offre de services dans le réseau public, plaide le chef adéquiste.

La campagne de 2007, en dépit de déclarations sexistes, homophobes ou encore antisémites de quelques-uns des candidats adéquistes — deux d'entre eux ont dû démissionner —, s'est bien déroulée pour Mario Dumont. Pas une sinécure, mais presque. «On a certainement gagné un volet: c'est d'imposer nos thèmes sur la place publique. Au lendemain du débat, de quoi parlait-on dans les chaumières du Québec? Des idées de l'ADQ. En bien ou en mal, ça fait partie de la vie», se réjouit-il.

Dans les tout derniers jours de la campagne, Mario Dumont a réservé ses salves les plus assassines pour André Boisclair, ignorant presque Jean Charest. «André Boisclair n'a pas l'autorité morale pour faire un référendum», martèle-t-il. Il lance depuis quelques jours des appels aux souverainistes pour qu'ils votent en faveur de l'ADQ. «Le Québec n'a jamais été aussi loin d'un référendum à l'heure actuelle. Le Parti québécois n'a ni le leader, ni le projet sur le plan du travail bien fait, ni le contexte parce qu'à Ottawa, il y a de l'ouverture, il n'y a aucune chicane en vue», avance-t-il.

Certes, des raisons stratégiques expliquent cet acharnement contre l'adversaire péquiste. Mario Dumont souligne «la fin de campagne pitoyable» que mène Jean Charest, aggravée par ce lamentable engagement de puiser à même le règlement du déséquilibre fiscal pour baisser les impôts. Résultat: le Parti libéral est troisième dans bon nombre de comtés francophones et des luttes extrêmement serrées opposent candidats péquistes et adéquistes.

À «l'impuissance» à laquelle confine le PQ, Mario Dumont oppose sa vision autonomiste, qui est «collée à la réalité d'aujourd'hui». «L'ouverture à Ottawa et l'autonomisme à Québec, c'est la combinaison gagnante pour les Québécois en 2007», fait-il valoir. Limiter le pouvoir fédéral de dépenser dans un amendement constitutionnel, éliminer les empiétements dans les champs de compétence du Québec, «c'est la moitié des pouvoirs [réclamés dans le rapport Allaire]», soutient-il.

Mario Dumont se fait bourassien. «L'autonomie, ce n'est pas un absolu. Ce n'est pas le rêve d'un grand soir comme l'idée d'un référendum. L'autonomie, c'est une affirmation progressive, une théorie des pas vers l'avant», expose-t-il.

Tout au long de ses 13 années d'existence, l'ADQ fut perçue comme un «parking» pour électeurs mécontents. Certes, le mécontentement à l'endroit du gouvernement Charest est bien présent, reconnaît Mario Dumont. Mais «la beauté de la chose dans une course à trois, c'est que tu ne peux pas juste avoir un vote de mécontentement, jouer la trappe, comme on dit». Il faut offrir une voie différente. «Une des forces de l'ADQ de 2007, c'est que c'est un parti qui s'assume. On ne laisse pas les autres nous mettre des étiquettes», dit-il. L'ADQ est un parti de centre-droit. Canalise-t-il un courant de conservatisme particulièrement présent en région? «C'est un conservatisme qui, à mon avis, est plus que modéré», affirme-t-il sans sourciller.

Mario Dumont présente aujourd'hui le courant incarné par l'ADQ comme «la conséquence logique de la pleine maturation de la Révolution tranquille». Des progrès énormes ont été accomplis en matière d'éducation et d'aide aux entreprises. «On a créé une première génération d'entrepreneurs», rappelle-t-il. «L'État a joué un grand rôle pour aider à la mise en place de la réalité économique qu'on connaît.» Le jeune entrepreneur des années 60 avait besoin de l'État pour percer. L'entrepreneur d'aujourd'hui trouve que le gouvernement, «ce n'est que de la petite quantité de paperasse. On a l'impression que ce même gouvernement est devenu un obstacle [à] sa progression».

«Aujourd'hui, le Québec est rendu ailleurs, croit Mario Dumont. Une des résultantes de la Révolution tranquille, c'est que le Québec a aujourd'hui des assises beaucoup plus solides dans des sphères de vie qui [ne sont pas celles de] l'État, qui sont des sphères de vie privées: des citoyens plus confiants, mieux formés, et c'est normal que le rapport à l'État évolue. Et, oui, on est peut-être l'incarnation de ça.»

S'il y a une «énigme de Québec» pour le Bloc québécois, il y a sûrement «une énigme de Montréal» pour l'ADQ. Le parti de Mario Dumont éprouve encore de la difficulté à percer à Montréal. Mais le chef adéquiste signale qu'il fonde de sérieux espoirs pour sa formation politique dans des comtés de la couronne de Montréal. Le sentiment antiadéquiste des Montréalais, «ç'a quand même beaucoup changé, ça aussi. Si on lit même les chroniqueurs qui vivent sur le Plateau — je ne suis pas en train de dire qu'on va tout rafler —, il y a quand même, là aussi, une évolution par rapport à la perception de l'ADQ», fait-il observer.

Il est déjà acquis que l'ADQ dépassera l'objectif qu'elle s'était fixé au début de la campagne: obtenir 12 députés, ou 20 % des voix, le seuil minimal pour que le parti soit officiellement reconnu à l'Assemblée nationale. À compter de lundi, Mario Dumont pourra caresser de bien plus amples ambitions.






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  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 23h47
    Le consensus montréalais
    « Il y'a une forme de "group-think" dans le Montréal urbain, qui rend inconvenant de s'afficher adéquiste. C'est pas cool, ça pogne pas avec les mémés chicos-branchées du plateau, ça fait 450 Chemin du Golf. Il y'a aussi la pauvreté, qui émousse la sensibilité au discours volontariste et entrepreneurial de l'ADQ. Il y'a enfin l'immigration, qui souvent à Montréal ne fait que passer: or les immigrants de fraîche date sont les plus sensibles aux sirènes péquistes, n'ayant généralement pas eu l'occasion de réaliser que le projet souverainiste n'est pas si progressiste, dans les faits, pas si "inclusif" qu'il veut le faire croire, et ne paie le plus souvent que de mots; donnez leur 10 ans de jobines, et vous les retrouvez tous au PLQ, à part quelques écartés qui ont réussi à se caser dans la nomemklatura souverainiste et sont trop contents de se farmer la trappe. Tout ces facteurs conspirent à faire de l'ile de Montréal un gros os à ronger pour Mario Dumont. Mais la proximité du pouvoir peut faire beaucoup pour la séduction adéquiste... »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 09h53
    Sauveur de la Révolution tranquille
    « On aura tout vu et tout entendu. Mario Dumont présente son parti comme l'aboutissement normal de la Révolution tranquille. Saint Mario, sauveur des idées progressistes des Lesage et Lévesque. Et on se demande pourquoi tant de gens ne veulent plus rien savoir de la politique.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Josianne Millette
    Abonnée
    samedi 24 mars 2007 10h22
    coudonc, M. Pau!
    « Il n'y vraiment qu'une seule catégorie de personnes qui trouve grâce à vos yeux : ceux qui voteront ADQ lundi...(et qui paient beaucoup d'impôts - voir autre texte)? Les montréalais, les pauvres, les immigrants... Ça ne vous est jamais passé par l'esprit que, peut-être, des gens réfléchis ne partagent tout simplement pas la vision que l'ADQ propose et à laquelle vous semblez adhérer? Et ce, pas parce qu'ils seraient victimes d'une homogénéité de la pensée montréalaise, pas parce qu'ils ne paient pas d'impôts ou qu'ils sont plus pauvres, pas parce qu'ils seraient des immigrants... Tout simplement parce qu'ils sont des personnes intelligentes, qui ont pris le temps de réfléchir et qu'ils en sont venus à des conclusions différentes des vôtres? »

  • Alexandre-Frédérik Joly
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 15h40
    Quel progrès ?
    « J'étais à Boston en octobre dernier et en rencontrant des Américain (en pleine campagne pour le mid-term) m'ont parlé de la différence bostonaise du reste du Massachussette. Les Démocrates sont quasi unanime en milieu urbain alors que les Républicains «perce» le milieu rurale de ce magnifique état de la côte Est. Dans une discussion avec eux, ils se souvenaient de quel de nos premiers ministre vous pensez ? René Levesque et Lucien Bouchard. Deux péquistes... pour mes amis du sud : «2 great «progressist independantist» «Ne soyez pas dupe Joly et ne voter pas pas conservateur cehz vous, votez centre, votez centre gauche, mais jamais à gauche ni à droite... les deux vous brouille l'état et la nation !» (traduction libre) Nous avons un beau pays, envié de nos voisins du sud. Chaque fois que je vais à New York, Boston, Philadelphie et aussi en Arizoana, ils me disent toujours la même chose : «Beware of those who claims that privatization it's THE solution, you'll all wake-up one day with much more to py... look at us !» «Craignez ceux qui vous dise que la privatisation est LA solution, vous vous réveillerez un jour avec beacoup plus de facture» En d'autre mots : selon Dumont et son disciple M Pau : c'était ben le fun la Révolution tranquille pseudo social démocrate, mais là le party est fini faque passé au cash et redonnons au privé ce qu'ont y a pris depuis 40 ans ! Aussi, Aneta, ma meilleur amie, américaine résidente de Staten Island ma démontré ceci: Oui, oui, je paie pas beaucoup d'impôts et notre taxe de vente incluse est de 5 % sauf dans certains États (plus progressistes) ou il y a une taxe de 13% au restaurant et pour les produits jugé de luxe, cependant, toi Freddy tu as de la chance de ne pas payé des primes d'assurance santé désastreuse chaque année en plus de sorti ta carte Visa quand ton fils ce pête le bras à la suite d'une chutte en vélo ! En plus nos urgence à NY, on attend quand même 3 heures pour ça... ah que c'est beau la vie ! En plus y nous reste juste 15 ans à vivre dans cette harmonie teresstre, La Terre va tous nous faire payer notre innertie et notre adoration à l'argent. Lundi : personne ne gagne l'élection et surtout pas notre démocratie qui et revoir. »

  • Jacques Roussel
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 20h22
    La rumeur court!
    « Après avoir essuyé le refus de Gérard D. Laflaque d'être candidat dans un compté sûr ( Portneuf), la rumeur court que Mario Dumont aurait lorgné du côté des Bougon en leur proposant de se joindre à la grande famille adéquiste. Ainsi, il aurait affert les Finances à Paul, l'Éducation à Rita,, la Sécurité publique à Junior, la Condition féminine à Dolorès, les Affaires sociales à l'oncle Frédéric et les Affaires inter-gouvernementales à Ben Laden. Après s'être concerté, c'est unanimement que Paul à décliné l'invitation trouvant trop à droite les candidats déjà sélectionnés. Ce refus aurait incité Mario à faire volte-face en retirant de son programme ses engagements concernant la famille pour les remplacer par l'enseignement de la pensée magique au primaire.

    Toujours selon la rumeur, ce refus s'ajouterait à une longue liste sur laquelle apparaîtraient les noms de Michèle Richard à la Culture, l'Agent Glad à l'environnement, le Doc Mailloux au Revenu, Jean Lapierre au Dossier de l'autonomie, finalement Stéphane Gendron au poste de vice-premier ministre. Après cette succession d'échecs, il semble que Mario ait dû se limiter à des candidatures choisies parmi le vrai monde. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    samedi 24 mars 2007 20h31
    M. Joly, Mme Millette, faites connaître M. Pau
    « M. Pau est une de ces aberrations qui ont poussé avec la mondialisation. C'est une personne très méprisante pour tous ceux qui ne réussissent pas et pour lui et ses semblables, dont la vue est courte et l'esprit étroit, la réussite se mesure à la grosseur du compte de banque et le compte de banque doit être gardé à l'abri des impôts et des taxes. Ces gens-là ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, qu'ils ont particulièrement court. Ils abordent la vie de leur seul et unique point de vue, leur intolérance, leur mépris et leur égoïsme sont incommensurables.

    M. Pau étant un parfait exemple du genre et afin que tous vos proches, amis, relations de même que vos collègues de travail puissent prendre conscience du danger de désagrégation sociale que représentent ces individus, faites circuler les opinions que M. Pau nous fournit avec tant d'obligeance. En préparation pour la prochaine élection provinciale, travaillez à faire connaître le vrai visage de l'ADQ. J'ai déjà commencé et les réactions n'ont pas tardé, deux votes de moins pour l'ADQ. M. Pau je vous l'assure est très efficace !!!! »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 6 avril 2007 21h09
    Le coup du mépris
    « La dialectique péquiste est d'une telle pauvreté qu'elle en devient totalement prévisible. Vous ne savez pas quoi répondre à votre honorable contradicteur? Accusez le d'être "méprisant". On glisse ainsi sans fatigue du terrain de la logique à celui des émotions. N'empêche que, en ce début de mois d'avril 2007, il est évident que même mon "mépris" n'a pas réussi à "couler" l'ADQ. Rendez-vous en 2011 Mme Hart, et meilleure chance la prochaine fois MDR. Et d'ici là, tâchez de dialoguer avec d'autres que ceux qui pensent exactement comme vous. »

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