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Québec a boudé un projet d'éoliennes de 4,5 milliards

La multinationale Siemens a finalement installé sa base industrielle nord-américaine en Iowa

Louis-Gilles Francoeur   24 mars 2007  Québec
Photo : Agence Reuters
Le Québec a raté sa chance l'année dernière de voir un turbinier de calibre international s'implanter ici avec une usine consacrée au développement et à la production d'un nouveau modèle d'éoliennes nordiques. La multinationale allemande Siemens projetait en effet de construire cette usine au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de même qu'un centre de recherche dans la région de Montréal, à proximité des grandes écoles d'ingénierie, dans le cadre d'un mégaprojet de 3000 MW dans le Grand Nord.

C'est ce qui ressort de la proposition soumise par Siemens le 20 avril 2005 au gouvernement, notamment au ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, document dont Le Devoir a obtenu copie. Le matin même, Siemens présentait brièvement son projet au p.-d.g. d'Hydro-Québec, Thierry Vandal. Les 3000 MW auraient été produits autour du bassin hydroélectrique de LG-4, à la Baie-James, ainsi que dans la région de Manicouagan, sur la Côte-Nord. Ce projet aurait généré un investissement privé de 4,5 milliards de dollars et aurait produit neuf TWh, ce qui en faisait donc une véritable solution de rechange au détournement de la rivière Rupert, dont Hydro-Québec escompte tirer 8,5 TWh.

Québec a finalement refusé d'aller de l'avant avec ce projet même si la multinationale offrait en retour de faire du Québec son centre de production éolienne pour l'ensemble du marché nord-américain, lequel devrait tripler de volume d'ici 2020.

Mathieu Saint-Amant, attaché de presse du ministre Corbeil, a déclaré au Devoir que le gouvernement et Hydro-Québec avaient préféré aller de l'avant avec un processus d'appel d'offres pour 2000 MW plutôt que de négocier l'exclusivité de la fourniture d'équipement en échange de l'implantation de cette multinationale au Québec. L'appel d'offres d'Hydro-Québec en éolien a été officiellement lancé le 29 juin suivant. Siemens n'y participera pas, selon nos sources. En août dernier, la multinationale annonçait la construction de sa base industrielle nord-américaine en éolien en Iowa, à proximité d'un des meilleurs gisements éoliens après ceux du Québec. Le 10 janvier dernier, Siemens Wind Power révélait que son carnet de commandes en Iowa atteignait déjà 1400 MW pour une valeur de 1,7 milliard $US, ce qui se serait ajouté aux 400 à 500 machines prévues chaque année pour le projet nordique québécois.

Ce projet, qui misait sur la mise au point d'une éolienne capable de démarrer après des dizaines d'heures d'arrêt à des froids pouvant atteindre les -50 °C, aurait été totalement équipé de ce nouveau modèle «arctique». Siemens était prête à verser des royautés à Hydro-Québec pour la vente de ce modèle ailleurs dans le monde. Mais surtout, la multinationale offrait à Québec de diminuer le coût de revient de l'électricité éolienne à 6 ¢ le kilowattheure, ce qui est inférieur au coût de 6,5 ¢ le kWh obtenu lors du premier appel d'offres de 1000 MW éoliens, en 2002.

Pour Siemens, s'installer au Saguenay-Lac-Saint-Jean offrait deux avantages. D'abord, la proximité des plus grands gisements éoliens de l'Amérique du Nord lui aurait fourni une base d'affaires à long terme. Ensuite, le transport des machines géantes aurait pu se faire par navires ou par barges à partir du fjord du Saguenay vers d'autres pays ou via l'autoroute bleue qui relie le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs au golfe du Mexique en passant par le Mississippi. L'usine intégrée saguenéenne, qui aurait produit sur place nacelles, tours et pales, serait donc devenue la vitrine technologique nord-américaine de Siemens et sa base en Amérique. La multinationale allemande prévoyait même de faire affaire avec d'autres entreprises québécoises de composantes d'éoliennes en raison des hauts niveaux de production envisagés, qu'elle situait entre 600 et 800 MW par année à sa nouvelle usine.

Ce projet, selon Siemens, aurait «confirmé la place du Québec comme leader nord-américain dans la production d'énergie verte», aurait généré des investissements de 4,5 milliards de dollars, aurait assuré pendant sept ans un minimum de 600 emplois directs en région ainsi que 2000 emplois permanents dans des secteurs connexes et aurait placé le Québec en tête de la production éolienne en Amérique du Nord..

Un premier parc, d'une puissance installée de 1200 MW, aurait été construit à la Manicouagan. Deux projets auraient suivi dans la région du réservoir LG-4 à la Baie-James, soit un premier de 1000 MW et un second de 800 MW. Les vents de ces deux régions atteignent les dix mètres à la seconde, ce qui aurait permis d'escompter un taux d'utilisation minimal de 35 %, soit parmi les plus élevés au monde. En raison du couplage de l'éolien avec les réservoirs d'Hydro-Québec, gérés comme une seule et même réserve d'eau, la multinationale allemande estimait que le potentiel éolien du Québec pouvait être haussé à des niveaux très élevés.

Trois erreurs

Fernand Saulnier, un spécialiste en éolien d'Hydro-Québec aujourd'hui à la retraite, estime que Québec a fait trois erreurs dans ce dossier.

Première erreur: une proposition de 3000 MW avec un taux de production de 400 à 500 MW en usine lui apparaît comme un seuil aujourd'hui minimal pour inciter un turbinier d'envergure à installer une usine intégrée plutôt qu'une simple usine d'assemblage qu'on ferme à la fin des livraisons. Or non seulement Québec a réduit à 2000 MW son appel d'offres en cours, il le fractionne aussi par diverses règles — deuxième erreur —, de sorte qu'un seul turbinier ne peut pas ramasser la totalité des commandes et trouver motif à s'installer ici.

Dernière erreur, selon M. Saulnier, la «politique énergétique du Québec envoie aux grands turbiniers un très mauvais message parce qu'elle limite à 10 % la part de l'éolien. Cette limite sera atteinte avec l'appel d'offres en cours. La politique lance comme message qu'après 2011-12, on ferme le dossier même si on a plus de 100 000 MW de potentiel éolien au Québec. Il n'y a pas de vision à long terme».






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  • Cécile C DUBUC
    Abonnée
    vendredi 23 mars 2007 23h33
    Le 26, est-ce que la gouverne changera ?
    Je ne peux pas croire...
    Cette histoire me laisse complètement consternée...
    ON L'A PERDU!!!
    Et il paraît que nos énergies renouvelables (vent eau) sont notre pétrole (non renouvelable) !?
    Qui disait ça, déjà?

    J'enrage

    CC Dubuc.
    Québec

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 00h12
    Il manquait a ce projet
    assez de retombées commandites pour le parti libéral qui a pas été chercher l'argent de son élection en dessous des sabots de chevaux sauvages de Gaspésie...

  • martin grenier
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 06h25
    notre bon gouvernement liberal voulait s,enplir les poches mais pas capable
    les amis du parti liberal n'etait pas au rendez vous s'est pour ca que sa marchait pas

  • Nicolas Gagnon
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 07h21
    Un énorme gâchis
    Depuis le début, le développement de la filière éolienne est partie tout croche. L'économiste Gabriel Sainte-Marie soutient depuis longtemps que la formule actuelle des appels d'offre ne peut permettre de développer ici une véritable industrie compétitive. Les usines installées en Gaspésie fermeront leurs portes dès qu'elles ne seront plus soutenues artificiellement par l'obligation faites aux soumissionnaires d'hydro-Québec d'y acheter leurs pièces, parceque le contenu technologique des composantes qu'on y fabrique est très faible. C'est le genre d'usine qui peut être délocalisée au Mexique n'importe quand.

    L'énorme potentiel éolien du Québec aurait mérité une politique de développement intelligente garantissant au Québec de véritables retombées à long terme : des emplois à haute valeur technologique ajoutée et des profits importants sur la production d'énergie. Le pire c'est que nous avions l'outil rêvé pour y arriver : Hydro-Québec.

    Si Hydro-Québec avait décider d'exploiter elle-même cette importante ressource, nous aurions non seulement conserver TOUS les profits générés par la production d'électricité (au lieu de les voir s'envoler vers les États-Unis et l'Alberta), mais Hydro aurait été en excellente position pour attirer au Québec un grand turbinier en lui promettant l'exclusivité sur l'achat d'éoliennes en échange de la construction d'une usine de turbines.

    L'histoire retiendra que l'aventure de l'éolien aura été un des plus grand gâchis de l'histoire économique du Québec, l'histoire du gaspillage d'une de nos plus belles ressources naturelles. On est pas beaucoup mieux que le Nigéria qui, malgré son pétrole qu'il se fait voler, croupit au bas de la liste des pays les plus pauvres du monde.

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 07h51
    Que voulez-vous....
    Racontez-moi n'importe quoi sur les Libéraux, je vais vous croire. Cs gens n'ont jamais eu de vision à long terme, ils ne pensent qu'à leur prochaine élection et à leurs porte-feuilles...

  • Jean-Claude Lespérance
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 08h40
    Dans quelle direction souffle le vent?
    Rien de surprenant à lire cet article. Le développement de l'énergie éolienne au Québec n'a jamais fait l'objet d'une structuration cohérente. Nous avons vu la région de la Gaspésie aux prises avec des parcs éoliens qui ne rapportent à peu près aucun dividende aux municipalités. Pas surprenant que la plupart des MRC des autres régions québécoises aient adopté des règlements plutôt restrictifs en matière d'installation d'éoliennes sur leur territoire. Le moratoire sur le deuxième appel d'offres d'Hydro-Québec confirme que le gouvernement ne sait plus dans quel sens souffle le vent. Ce projet de parc éolien dans le nord du territoire québécois va tout à fait dans le sens du programme énergétique du Parti Vert du Québec. Contrairement aux projets de port méthanier (Gros-Cacouna, Lévis et Grande-Anse) qui permettront à nos voisins ontariens et américains de remplacer leurs centrales thermiques au charbon et nucléaires par des centrales thermiques au gaz naturel, augmentant les émissions de GES au Québec et diminuant la demande en électricité, ce qui me paraît un non-sens, les projets de parcs éoliens situés dans le nord québécois se veulent la solution à nos besoins en électricité et permettront au Québec d'atteindre et même dépasser les réductions de GES prévus dans le protocole de Kyoto.

    Jean-Claude Lespérance
    Beaumont

  • Marie-France Gévry
    Inscrite
    samedi 24 mars 2007 09h10
    Grande noirceur énergétique
    Je me désole une fois de plus de voir que le projet de la Ruppert aurait pu être évité. L'installation d'éoliennes en milieu déjà perturbé, le long des barrages, est si logique mais j'ai peine à croire qu'on se bute à en voir l'évidence! Selon Charest, l'eau et notre électricité se comparera dans le futur au pétrole albertain. Sommes-nous idiots à ce point? Après avoir vu le documentaire choc à Zone Libre, tous étaient unanimes, il y a eu abus, l'environnement naturel là-bas a été saccagé. Désirons-nous vraiment le même sort pour nos rivières?? Réveillons-nous, posons d'autres priorités d'avenir pour notre pays. Les méga projets hydroélectriques c'est dépassé, on doit préserver ce qu'il nous reste.

    Marie-France Gévry, biologiste

  • Michel Arvisais
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 09h51
    Les rivières exécutées sur la place publique par choix politique
    Trompé, consterné, désolé, affligé, inquiet, et mettez-en. Je vois, encore une fois, que le choix de sauver ou non la rivière Rupert est politique et non de sécurité énergétique ou de création d'emplois, comme nous le font croires les partis politiques de l'Assemblée Nationale. Ils se disent verts et nous roulent dans la farine et pas à peu près.

    Les mégas projets hydroélectriques ne sont pas un choix écologique. Ses impacts sur les écosystèmes et les populations autochtones sont trop négatifs. L'éolien l'est, la géothermie l'est, le solaire l'est et surtout l'efficacité énergétique l'est. Les partis politiques en place sont peu soucieux de préserver l'environnement; Le PQ part le projet de dérivation de la Rupert. Le PLQ continu ce projet, mais en relance deux autres, la Péribonka et la Romaine (rivière à saumons en passant). Et l'ADQ veut relancer le projet de la Grande Baleine, rejeté par les Cris et les Inuits.

    Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. Pis encore, nous l'embrasons de plus en plus. Que vont regarder nos descendants de ces rivières... du béton. Voilà du béton inerte, qui jadis était si fertile à la vie. Les citadins sortiront de leurs villes bétonnées pour voir encore du béton. Désolation à grandeur humaine.


    Michel Arvisais
    Messager pour Révérence Rupert

  • Roger Dion
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 10h40
    UNE AUTRE DÉCISION POUR LES PETITS LIBÉRAUX
    Comment se fait il que se reportage sorte maintenant, il aurait du sortir il y a deux semaine. POUR que tout le monde puissent en prendre connaissance. Car nous voyons comment se gouvernement a travaillé que pour leurs petits amis. Sans penser aux bien fait du QUÉBEC .LE MONT ORFORD,LES P.P.P DU PONT DE L A25, A30, HYDRO QUÉBEC LA VENTE/ENQUÈTE/ ,
    S A Q /ENQUÈTE/ OPTION CANADA/ ENQUÈTE/ PONT LA CONCORDE/ENQUÈTE/ ETC.
    Le pire gouvernement depuis plus de 50 ans.
    Les lecteurs du devoir devraient faire circuler se reportage
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com

  • Michel Bédard
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 11h16
    Le mépris du moi-collectif !
    Survol de trente ans. Je me souviens d'un soir de novembre 1976 où je m'étais épris de mon moi-collectif. Avec le temps, j'ai remarqué que les élus qui ne font pas ce qu'il faut pour réaliser le bonheur du citoyen, qui le font mal ou à l'opposé de nos intérêts, en viennent à inspirer de la honte chez le citoyen, voire du mépris pour le moi-collectif. Le vieux rebelle sur le "chiffon" patriotique s'est souvent tiré dans le pied. La dégradation du sentiment identitaire peut aller jusqu'à la haine du moi-collectif. Je n'en suis pas rendu là, mais j'en ai marre de nous voir pâlir parmi les pires. Au défilé de la St-Jean, il y a longtemps que je ne bois plus ma Maudite ontarienne, que je n'agite plus mon drapeau "made in China". Nous sommes dans la gueule du dragon asiatique et on se demande béatement quelle est la marque de son dentifrice. Pour rassasier le monstre, on lui envoie même des "Team Canada". Pour raviver ma fierté disparue, il me faut beaucoup plus que des Lepage, Langlois, Dion ou Laliberté, créateur d'une mega entreprise en qui aucun banquier d'ici ne croyait à l'origine.

    Il me désole que nous soyons encore imbibés de notre esprit de colonisé. Nous n'avons jamais su exploiter intelligemment nos ressources naturelles pour en tirer un bon profit. Dans l'improvisaton du développement éolien, ceux qui acceptent des éoliennes sur leurs terres obtiennent des redevances beaucoup moins élevées qu'ailleurs. Fourrés à l'os, certains se font dire qu'une fois les contrats échus ils devront assumer les frais de démentèlement des structures. Jean Charest affirme qu'il s'en remet les yeux fermés à l'expertise du secteur privé ! Ramper pour vendre notre âme confirme que le Québec est encore le Mali du continent nord américain. À force de se faire manger la laine sur le dos, le mouton s'impose comme notre emblème animalier. La preuve en est que Bernard Landry a déjà qualifié de "brebis égarées" tous les péquistes défroqués ou devenus mous, en partie par sa faute. Traitres, déjantés, vendus, pensent ou disent tous les Falardeau qui vibrent au "crois ou meurs". Sommes-nous vraiment démocrates, respectueux, ouverts et "tolérants" ? Encore si le PQ posait clairement les questions référendaires, et surtout les bonnes. L'absence d'un guide digne de ce nom contribue à la désorientation du Québec. Boisclair, chef de gouvernement ? L'ayant connu comme guide touristique avant qu'il devienne député, il est peu probable qu'il puisse nous aider à retrouver le Nord. Avec ce fort en gueule, porté sur le patinage, les entourloupettes, et les celles et ceux, la prochaine question aura sûrement huit paragraphes…

    Avec des paysages balafrés par des centaines d'éoliennes, les gaspésiens verront leur qualité de vie diminuer. Pourquoi ne pas installer ces structures imposantes hors de notre vue en les ancrant sur les nombreux hauts fonds qui charpentent l'estuaire du fleuve et la Baie-des-Chaleurs ? Inspirons-nous du Danemark qui a installé les siennes en milieu marin, entre ses côtes et les eaux internationales. Le déficit commercial touristique atteint un sommet record au pays, et je doute fort que les gaspésiens attireront des touristes avec une exposition de girouettes sur pilotis.

    Avec la mondialisation des marchés, notre autosuffisance agro-alimentaire en prend pour son rhume. Premier exportateur mondial de poissons en 1985, le Canada fait aujourd'hui vivoter l'industrie en important du poisson à transformer. Même les produits qui font notre force trouvent peu preneurs à l'étranger: bois, papier journal, fourrure, sirop d'érable, pomme, etc. Exit la tranformation de la viande, le textile, la chaussure, les appareils électroménagers, et quoi encore. Peu versé dans le recyclage, on exporte nos déchets et ils nous reviennent en produits transformés ! Alors que le Québec est le premier producteur canadien de produits laitiers, on retrouve du beurre de Colombie-Britannique dans nos restaurants ! Faut dire que le fédéral subventionne le transport… C'est croire que nos élus privilégient une politique économique axée sur les fermetures d'usines et l'exportation des emplois. On favorise même l'exode des cerveaux. Nos élus nous offrent la mort, et le peuple obnibulé en redemande. Il en redemandera tant que le pain et les jeux ne manqueront pas, surtout les jeux. On a certes les élus qu'on mérite, mais y a-t-il une limite au masochisme collectif ?

    Dans ce Québec qui me ressemble assez peu, on a déjà harnaché et asséché de majestueuses rivières qui passaient au cœur des villes (Alma, Shawinigan, etc), laissant à jamais des paysages d'une dévastation hallucinante. Harnacher, comme dans arracher l'âme et la beauté. Le pouvoir public mise sur l'épuisement et l'abdication de ceux qui s'opposent aux faux progrès. Le rouleau compresseur est convaincu que le peuple résigné peut s'habituer à tout, même à la laideur qu'il intègrera tôt ou tard, jusqu'à ne plus la voir. Une intégration qui désintègre l'intérieur. En novembre dernier, un colloque mondial se tenait à Montréal sur la partage du pouvoir avec les citoyens. Même si le maire y participait, aucun média n'a rapporté quoi que ce soit, ou si peu. Il est vrai que la mission des médias n'est pas tant de contribuer à faire de meilleurs citoyens que de manufacturer des consommateurs. La surconsommation valorisée s'impose comme une faux remède aux maux de l'âme. La publicité envahissante a transformé mon milieu de vie en vaste fascicule commercial, et le mal l'atteint jusque dans ses entrailles (métro). On en est rendu à monnayer avec le privé le changement d'appellation des stations… Il est faux et pernicieux de faire croire que nous n'avons pas les moyens de notre existence. Montréal est affligé de problèmes qui n'ont rien d'incurables, mais nos élus menottés sont redevables à des créanciers qui dictent la ligne à suivre. Notre destinée nous échappe.

    Il est stupéfiant de devoir constamment se défendre contre nos "représentants": Hertel des Cantons, Suroît, Rupert, Rabaska, Orford, etc. Tout élu qui se tient debout se retrouve "backbencher". Les décisions sont prises et parfois mises en force avant de consulter. On se félicite d'avoir le droit d'expression inscrit dans une charte, mais la loi du silence s'impose insidieusement, car seul "Money talks". Le pouvoir a tendance à considérer le citoyen comme un danger potentiel, surtout s'il n'est pas du bon bord. Du côté du Casino, c'est tout juste si la partie favorable à la relocalisation ne voyait pas la participation citoyenne comme une regrettable ingérence. Faudrait-il se taire quand nos laquais se croisent les bras, se cachent la tête dans le sable, ou appliquent la politique du laisser-faire ? S'exprimer ou mourir de l'intérieur, disait Louise Forestier. Une société où l'information ne peut circuler n'a rien de démocratique. Je dis non aux pressions visant à créer une société de bouches cousues, même si nos représentants sont sourds.

    Quand une personne conclut que sa parole n'est plus sollicitée, que sa contribution au travail est injustement appréciée, monétairement ou autrement, la dévalorisation s'installe et l'engagement jadis marqué au sceau de l'excellence s'effrite. La pensée qui prévaut devient donc "On n'en donnera pas plus que le client en demande". La rigueur s'éclipse et la qualité totale minimum s'impose d'elle-même, générant erreurs et étiolement des compétences. Au Québec, c'est souvent le nivellement par le bas et le "je m'en foutisme" qui priment. Pour renverser la vapeur, il faut plus que des galas d'excellence. Dans notre société "Bougonnisante" où les élus servent de modèles, ces derniers sapent le moral, démotivent et démobilisent la fonction publique et la population. Faisant preuve d'amateurisme en gestion de personnel, les élus locaux de Montréal en sont réduits à suivre les employés au GPS ! La politique de la chaise vide étant le recours prisé par plusieurs élus, les citoyens ne devraient-ils pas eux aussi pouvoir retracer leurs élus par GPS ? Le dernier exemple de non confiance de la Ville de Montréal envers son personnel et la population a trouvé récemment son expression dans le cadre d'un prestigieux concours international de décoration florale. La Ville avait confié notre représentation à des horticulteurs de Québec ! Une gifle. Comme si on ne pouvait croire en nos gens et leurs talents. Nos élus se proclament les porteurs de nos rêves, mais ils n'en sont que les fossoyeurs.

    Dans ce Québec auquel je m'identifie peu, la pauvreté est produite et cultivée avec raffinement. La pauvreté culmine annuellement avec une Guignolée qui prend l'allure d'un Festival de cannes. "Vaincre la pauvreté" fut le slogan déconcertant de l'édition 2006. C'est croire que penser peut user le cerveau. Encore un gros cirque où personne n'a souligné les facteurs d'appauvrissement qui sévissent en nos murs, ici plus durement qu'ailleurs en Amérique du Nord. Pauvre ou non, le Québécois mange relativement mal ou trop. Le fédéral surprend toujours, notamment par ses moyens de combattre l'obésité. Il accorde maintenant un crédit d'impôt aux skieurs de Bromont, Whistler, Tremblant, etc, paradis des hôtels et des auberges !

    Les jeunes itinérants, quant à eux, ne sont pas sortis de l'auberge (du cœur) ou de leur refuge. Après vingt-cinq ans de désinstitutionnalisation en santé mentale, le manque de ressources est toujours criant. La croyance populaire dit que certains d'entre eux préfèreraient vivre dans la rue. J'en doute. Est-ce qu'un sans-abri a déjà affirmé que sa situation était son rêve d'enfant ? Quoi qu'il en soit, la santé mentale demeure toujours le parent pauvre du système de santé. La solidarité est un mythe. Dans ma société de mensonges et d'illusions, le "Scratch my back and I scratch yours" est la pensée dominante en politique, et si le pouvoir fait peu pour ces gens, c'est qu'il n'a rien à tirer d'eux, même pas des votes. On déserre les cordons de la bourse que si l'extrème pauvreté est trop visible, donc dérangeante. Au tournant de l'an 2000, la région la plus dépourvue de ressources était la Montérégie, qui avait pourtant comme députée la ministre des Finances. Qui a dit que la femme était l'avenir de l'homme ? Quand je vote, je considère avant tout la qualité de la personne, ses valeurs, ses principes, ses projets, ses solutions, et surtout sa sensibilité et sa fibre démocratique. Qu'importe que cette personne ait ou non un pendentif entre les jambes, ou qu'elle soit "de souche" ou non. Personne ne m'a encore convaincu que la parité homme-femme aux élections serait une bonne chose.

    À nos maux s'ajoute une profonde crise de valeurs qui crée incertitude, insécurité et perte de confiance en nous et dans l'avenir. Cela a contribué à produire un taux de natalité qui ne permet plus au Québec de se prolonger dans le temps. Notre société a peu d'égards envers sa jeunesse. Les sombres statistiques sur son état parlent d'elles-mêmes. Il y a multiplication de ghettos résidentiels défavorisant la mixité inter-générationnelle, et dans le logement locatif on en est rendu à exclure les couples avec enfants. Plutôt que d'abattre les barrières contre la vie, on en élève. Détester sa jeunesse, c'est se détester soi-même. Nous nous dirigeons inconsciemment vers un suicide collectif. Pourquoi se faire un pays si la nation n'est pas déterminée à survivre ? Le Québec est si broche à foin et profondément empêtré dans les droits et libertés, notamment dans les procédures légales pour adopter les enfants d'ici, que les intéressés à devenir parents trouvent moins compliqué d'emprunter la filière internationale. Curieusement, ce sont les poupons du dragon asiatique qui ont la cote.

    Il y a mille et une façons de tuer un homme, disait Félix. Il en va de même pour une nation. "Être homosexuel, c'est savoir qu'on est lié à un génocide", disait Guy Hocquenghem. "Vivre et laisser vivre", j'en suis. Mais peut-on vraiment croire que l'homosexualité soit un phénomène normal et naturel ? Robert Merle disait "détaché par la nature des cycles de transmission de la vie, l'homosexuel est davantage disponible pour la mort". La mort est une finalité naturelle et non un état habitant une personne de son vivant. On a eu beau "libérer" la femme, s'affirmer par une révolution tranquille, en venir à reconnaître le mariage gay, je vois le mur sur lequel nous allons nous fracasser. Ma vieille grand-mère me dit qu'il est temps qu'elle parte, et je la comprends.

    Pour endormir ou divertir la nation qui s'éteint, la télé nous gave d'émissions abrutissantes produites par nos impôts ! Odieux. À part RBO, l'humour est débilisant. On éloigne les gens de toute réflexion à dessein de former et "contrôler l'opinion" (Daniel Lamarre, ex-pdg de TVA). Mais la pauvreté intellectuelle commence assez tôt au Québec: insuffisance de manuels scolaires, inexistence de bibliothèques dans plusieurs écoles de Montréal, etc. Avec tous ces jeunes qui vont à l'école le ventre vide, on se donne un air de pays sous-développé. Sceptique ? On n'a qu'à faire du slalom sur les routes pour s'en convaincre. Et puis tombent les poutres, viaducs, lames de verre, etc. On s'efforce d'investir un peu dans le décor, pour mieux masquer la réalité. Montréal a même honoré le dragon asiatique en lui offrant des portes monumentales aux entrées du quartier chinois. Mais les opérations cosmétiques ne suffisent pas.

    Le gouvernement dit qu'il n'a pas d'argent, mais ça ne l'empêche nullement de dilapider les fonds publics. Uniquement l'étude de faisabilité du CHUM a coûté 32 millions aux contribuables ! Nous passons pour des "twits" mais ce n'est pas grave, l'électeur oublie vite. Tentacules du pouvoir, les pseudo lucides affirment avec candeur que le gouvernement doit sabrer dans les dépenses, et surtout les services, naturellement. Il faut se serrer la ceinture et vivre selon nos maigres moyens. Les tireurs de ficelles cherchent à nous persuader que le Québécois est encore né pour un petit pain. On ressort les vieilles rengaines de Bourassa. En matière de revenu disponible, le Québec, le Mississippi et la Louisiane compétitionnent pour s'arroger le dernier rang en Amérique du Nord. En tournée dans ces deux états en 2004, j'y ai gagné comme chauffeur d'autobus non syndiqué un salaire 3.5 fois plus élevé qu'au Québec. Et nous sommes encore trop exigeants sur les salaires, de dire Lucien Bouchard, chef des lucides. Alors pourquoi n'a-t-il pas donné un exemple de retenue en 2005, lui qui a été surpayé $3000 par jour comme négociateur dans le dossier de la SAQ ? Exit le sermon sur les vertus de la pauvreté. J'ai lu sur une épitaphe de l'oratoire St-Joseph que notre saint patron fut un amant de la pauvreté... Je comprends mieux maintenant l'association entre le saint berger et le mouton. Et celle d'être à la fois berger et menuisier, ou berger et premier ministre. M.Bouchard est en fait un émule contemporain de St-Joseph, mais les prédicateurs d'aujourd'hui ne pratiquent plus ce qu'ils prêchent. Côté productivité, il est vrai que certains secteurs d'activités devraient mieux gérer les effectifs pour améliorer le rendement, mais le sujet abordé par les lucides est avant tout un simple prétexte pour que nous alimentions davantage le trésor public.

    Les paradoxes sont nombreux et désarmants. Alors que le Québec se distingue par sa pauvreté, nos députés provinciaux sont les mieux payés au pays, et ils jouissent de cinq mois de relâche par année ! Vive la productivité. Dans la ville importante la plus pauvre au Canada, l'ensemble des élus municipaux de Montréal disposent, toute proportion gardée, de la masse salariale la plus colossale de tous les conseils de ville en Amérique du Nord. Et que penser des indécentes allocations de dépenses… Ils bouffent et s'habillent à nos frais. Curieusement, une revue des dépenses confirme que les bloquistes sont les élus les plus goinfres. Ils défoncent leurs budgets et se font même rembourser sans facture. Et dire que les bloquistes réclament à cor et à cri une gestion responsable des affaires publiques ! Qui a dit que le fédéralisme n'était pas avantageux pour le Québec ? Étrange que nos élus et leurs petits amis soient les seules personnes qui puissent améliorer grassement leur sort économique.

    Il y a vingt cinq ans, tout le Québec était contre les casinos. Aujourd'hui, le jeu est devenu une énorme vache à lait, on ne peut plus sacrée. Le pouvoir public a beau multiplier et diversifier maladroitement ses sources de financement, on nous dit toujours dans le trou ! Ce n'est pas la productivité ou l'insuffisance de fonds publics qui cause problème, c'est la gestion irresponsable et le manque d'encadrement des grands projets, comme le métro de Laval, la construction du siège social de la CDPQ, etc. Nous avons pris trente ans pour éponger la dette olympique d'un milliard. Peut-on imaginer ce qu'on aurait pu faire avec ce magot ? Les jeux ont été présentés en 1976 dans un stade inachevé qui a fait voir notre incompétence à toute la planète. Les grands projets soutenus ou initiés par les gouvernements donnent souvent l'occasion de s'empiffrer. Le transport collectif n'a jamais été déficitaire, jusqu'à la réalisation du métro en prévision d'Expo 67. Quarante ans plus tard, les problèmes financiers de la STM sont tels qu'on essaie de faire des économies de bouts de chandelles en éteignant un néon sur deux dans plusieurs stations de métro, ou en immobilisant des escaliers mobiles chèrement retapés ou remis à neuf !

    Les jeunes ne pourront malheureusement pas compter sur les emplois des baby boomers à la retraite. 75% d'entre-eux anticipent de travailler après 65 ans car ils n'auront pas assez d'argent pour bien vivre. Dommage que le travail autonome soit peu soutenu et que l'emploi soit de plus en plus précaire, subventionné, bas de gamme, mal payé, occasionnel, temporaire ou à temps partiel. Pas surprenant que les annonces d'appartements à partager rivalisent en nombre avec celles des logements à louer. L'intérêt de créer des emplois bien rémunérés est si faible que ça favorise le travail au noir et le commerce illicite relié notamment aux drogues, au sexe, au prêt sur gage, etc. Avec l'assentiment de la Ville de Montréal, le prêt usuraire a pignon sur rue et prend de l'expansion, ce qui démontre qu'il y a toujours moyen de s'enrichir en saignant les plus mal pris. Les pauvres ont eu leur utilité économique… Les autorités locales ont beau tenter de voiler la pauvreté incrustée, mais les faits sont là. Montréal est la porte d'entrée principale de toutes les drogues en Amérique du Nord, le premier pourvoyeur de cobayes humains pour l'industrie pharmaceutique, la destination touristique de choix pour le sexe (agence d'escortes, clubs, salon de massage, prostitution), etc. Montréal, "The affordable destination", est-il écrit avec un zest de condescendance dans les guides américains. Montréal, la destination bon marché par excellence en Amérique du Nord... Ayant travaillé vingt ans en tourisme sur tout le continent, je constate que le Québec fait bien peu pour obtenir sa juste part du gâteau. Mais il y a toujours moyen de se reprendre autrement. Montréal dont on vante le caractère féminin, en raison de sa culture et de son côté festif, est "abordable" sous plus d'un rapport, comme l'a déjà laissé voir le site web du Casino via la racoleuse Ginette…

    Nos salaires sont maintenus à un niveau si faible que 75% des couples sont contraints de travailler pour joindre les deux bouts. Et les garderies servent de "parking" à nos mioches... Alors que le crédit et l'endettement des individus n'ont jamais été aussi élevés, le taux d'épargne n'a jamais été aussi bas. Pas surprenant que 72% des montréalais soient encore locataires, et que plus de 75% des québécois roulent avec des voitures louées, ce qui fait du nous les champions nord américains en ce domaine. On ne s'appartient pas, jusque dans notre quotidien. Depuis 1970, le nombre de comptoirs et banques alimentaires sur l'île de Montréal a grimpé de 70 à plus de 500. Les problèmes financiers constituent un facteur contributif à l'éclatement des familles. Plus de 60% des couples se séparent ou divorcent. Les familles reconstituées forment maintenant 50% des familles québécoises, les familles monoparentales, 25%. Alors que la ville offre un mode d'organisation devant favoriser le vivre ensemble, 50% des ménages à Montréal se compose d'une seule personne. Qui a dit que nous étions dans l'ère des communications ?

    J'en ai marre des discours ronflants et décrochés de la réalité. Jean Charest nous invite à innover et exploiter de nouvelles "niches" pour créer plus de richesse à redistribuer. Du vent, comme celui qui souffle sur la Gaspésie. L'histoire enseigne que la main d'oeuvre d'ici s'est toujours pliée aux compressions salariales en temps d'austérité économique, et aucun rattrapage ou partage significatif de richesse ne s'est réalisé en période de croissance. Nouvelles "niches", quel mot réducteur. C'est bien d'enrichir le glossaire politique, mais ça ne relèvera pas le moral de ceux qui mènent une vie de chien. Si nous sommes loin de briller parmi les meilleurs, c'est aussi parce que le capital de risque et les fonds publics reliés à l'entrepreneurship sont réservés, peu accessibles, et créateurs de jobinettes. Un nouveau journal est lancé, journaliste demandé, 10$ l'heure… beaucoup moins qu'un opérateur d'éolienne, à 11$… Minable. Parce qu'on est frileux, investir en recherche et développement n'a jamais été notre tasse de thé. Dire que nous aurions pu devenir dans les années 70 les maîtres d'œuvre nord américains du développement éolien, mais les gouvernements n'ont jamais soutenu véritablement nos ingénieurs. "Les politiciens et les bureaucrates ne comprennent rien", me confia en 1985 Witek Brzozowski, éminent inventeur et ingénieur en aéronautique.

    Le Québec n'est plus assez vaste pour fuir et se refugier dans une autre région. Y a-t-il un seul endroit sans pollution agricole ni coupe à blanc ou dépotoir minier toxique ? Nommez-moi cet oasis qui a su résister au développement anarchique, à l'exploitation de carrière en pleine ville, aux fermes d'élevage industriel, au saccage de montagnes défigurées ou éventrées, à l'aménagement de méga-sites d'enfouissement, à l'érection de pylones qui ombragent les maisons. Où est ce hameau où l'on ne fait jamais bouillir l'eau, où les inondations ne sont dûes qu'aux castors, où l'eau de baignade n'est jamais testée, où la vie locale n'est pas désorganisée par le crime organisé, où les champs de maïs ne produisent que du maïs, où il n'y a ni érosion des berges ni affaissement de maison dû au sol impropre à la construction ? Où est ce patelin qui a su contrer l'enlaidissement produit par les immenses panneaux réclames, la luminosité au néon, les fils non encore enfouis, les revêtements extérieurs de plastique et de tôle ondulés, les graffiti qui traduisent le mal de vivre ? Existe-t-il un havre de païx sans vrombissement de quads, de motomarines et de motoneiges ? Y a-t-il un seul lieu à l'abri d'excès d'accomodements raisonnables et de décrets qui brisent les jugements favorables à la qualité de vie ? Où est ce Village des vraies Valeurs où les Rois du matelas sont tous décédés ? Quelle est cette municipalité prospère qui a pu mettre en faillite ses Dollarama ? Quel est ce lieu qui ne doit pas sa survie aux subventions et aux coupons rabais à découper ? Où est cette ville effervescente qui a choisi de vivre activement, pleinement, et non par personnes interposées via les télé-romans et le sport télévisé ? Existe-t-il encore un seul quartier, une seule rue, un seul trottoir où les passants croisent leurs regards en illuminant la vie d'un sourire ou d'un bonjour sonore ?

    La situation est désespérante mais pas totalement désespérée. Vu qu'on ne peut fuir vers un ailleurs meilleur, il faut s'impliquer. "Le changement, ce n'est pas les autres, c'est moi", dit Jacques Languirand. Avec la perspective de deux élections générales en 2007, une citation me traverse l'esprit, celle d'un ancien secrétaire d'État américain. Redevenu simple citoyen, Henry Kissinger a déjà dit qu'il regrettait que les 90% de mauvais politiciens fassent ombrage aux 10% de bons. Il a néanmoins soutenu que le devoir du citoyen consiste à engager tous les efforts requis pour rechercher et trouver les aspirants politiciens pouvant appartenir au groupe minoritaire. Pour éviter de nous tromper, ne soyons pas en Vert et contre tous, mais en Ver et pour tous.

    Michel Bédard
    Chef du Parti Éléphant Blanc de Montréal.
    2416 rue de Rouen,
    Montréal, H2K 1M2

    514-598-8829 ebmmichel@hotmail.com

    Montréal, le 26-03-07.

  • coté carol
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 11h18
    ils etait pret:incompétence crasse
    Ce monsieur qui au juste:A oui!Corbeil.Non seulement a t'il mis la pagaille dans l'industrie forestiere par des décisions irréfléchies il est passé a coté du bateau sans se noyer dans ce dossier.Le gouvernement de Charest ne gere qu'a la petite semaine, aucune vision a long terme,incompétence crasse,il penselaisser le marché créer de la richesse sans intervenir,il se trompe,il va appauvrir le québec,qui ne sera une sorte de succursale de l'établissement économique.

  • Renaud Blais
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 11h23
    Merci Monsieur Francoeur
    J'ai eu cette idée il y a quelques semaines.
    Pourquoi n'installons-nous pas des éoliennes
    sur les barrages du nord ?
    Les lignes de transmission sont là, le vent est là,
    quand il vente on produit au vent et on économise l'eau,
    et quand le vent n'est pas là on turbine,
    tout ça planifié par des machines
    qui ont été programmées par des humains.
    Je ne suis pas génial, je ne suis pas ingénieur,
    je suis un citoyen, heureusement pas payer à coup
    de million pour m'éviter de penser en terme de l'intérêt
    de la population pour les générations futures...
    renaud Blais

  • Judith Couture
    Abonnée
    samedi 24 mars 2007 12h29
    Je n'en reviens pas!
    On se plaint du cynisme des citoyens! Comment ne pas l'être quand on découvre ces décisions à courte vue de nos dirigeants...

  • David Prince
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 15h40
    Un mensonge
    Le vrai Charest est celui du Suroit. Pas celui des éoliennes. Il n'a jamais vraiment cru au développement durable. Une preuve de plus. Ce qui m'enrage, ce sont les emplois et un centre décisionnel perdu au Québec. Nous ne sommes pas dans une position économique pour repousser la manne lorsqu'elle se présente.
    Mais pourquoi Hydro-Québec ne le ferait pas ce projet. S'il est bon pour Siemens, pourquoi pas pour notre état... j'oublais, on est un petit peuple...
    Johanne Moreau

  • Gille Tremblay
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 16h18
    Une autre belle histoire comme celle du moteur-roue Le samedi 24 mars 2007
    Ce n'est pas tellement grave pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, cette nouvelle bourde à propos des héoliennes,on a seulement un des plus haut taux de chômage chronique en province. On est tellement créatif au Québec !... Pas possible, on a encore les moyens dans le contexte de la mondialisation actuelle, de se tirer dans le pied en répétant toujours les mêmes erreures comme celle du moteur-roue. Quels sont les véritables enjeux derrière cette décision ?

  • lise jacques
    Abonnée
    samedi 24 mars 2007 17h42
    Erreurs après erreurs
    Ce gouvernement a fait erreur après erreur, mais nos gouvernements précédents n'ont pas eu de grosses réussites non plus. Je crois que tant que nous continuerons d'élire des les anciens partis, nous n'avancerons pas, ni comme province , ni comme nation.

    Il nous fait des gens conscientisés aux différents palliers de gouvernements face aux urgences économiques, sociales et eenvironnementales. Des gens intègres, honnêtes qui veulent bâtir et non détruire ...qui agissent avec une vision à long terme.De telles personnes existent au Québec,

    Notre système actuel est malade! Il faut y remédier...arrêtons d'élire des inconscients. Assez c'est assez!

    Lise Jacques

  • Hains Sébastien
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 21h02
    Nous sommes prêt, disait-il.
    Quel belle occasion pour le Québec de rayonner par la production d'énergie réellement verte, sans avoir à harnacher nos dernières grandes rivières et redémarrer les projets de mini-centrales hydro-électriques.

    Ce gouvernement qui se prétent promoteur du développement durable n'y comprend décidément pas grand chose et manque de vision. Les grands barrages, c'était une autre époque. Elle a apporté son lot de richesse au Québec et c'est très bien. Mais nous sommes maintenant à une autre époque. Il faut mieux que de l'admiration pour des projets passés et un désir de les reproduire. Il faut créer, innover, et avec la technologie et la réalité d'aujourd'hui.
    C'est innacceptable qu'une telle opportunité nous ait glissé des mains!

  • Hains Sébastien
    Abonné
    samedi 24 mars 2007 21h07
    Nous sommes prêt, disait-il.
    Quel belle occasion pour le Québec de rayonner par la production d'énergie réellement verte, sans avoir à harnacher nos dernières grandes rivières et redémarrer les projets de mini-centrales hydro-électriques.

    Ce gouvernement qui se prétent promoteur du développement durable n'y comprend décidément pas grand chose et manque de vision. Les grands barrages, c'était une autre époque. Elle a apporté son lot de richesse au Québec et c'est très bien. Mais nous sommes maintenant à une autre époque. Il faut mieux que de l'admiration pour des projets passés et un désir de les reproduire. Il faut créer, innover, et avec la technologie et la réalité d'aujourd'hui.
    C'est innacceptable qu'une telle opportunité nous ait glissé des mains!

  • Jean Riopel
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 21h24
    L'implacable érosion des monopoles d'état.
    Une société d'état comme Hydro-Québec représente un potentiel financier très attirant pour les disciples du néo-libéralisme et de la privatisation à tous crins. La décision de nos dirigeants de confier le développement de l'énergie éolienne au secteur privé est une grave erreur qui compromet notre avenir et notre prospérité. Cette gestion improvisée et dénuée de vision bafoue allègrement tous les principes du développement durable. Le capitalisme sauvage qui prévaut actuellement nous laisse deviner des jours amers pour les contibuables québécois qui connaîtront bientôt les affres du sacro-saint marché. Le processus est d'ailleurs enclenché avec les hausses successives annoncées par la Régie de l'Énergie. Il faut bien constater que les appels d'offres ont été préparées avec le plus grand soin pour favoriser une brochette d'entreprises affamées par la manne énergétique et par une clientèle captive et doublement flouée. Il est bien à propos de rappeler un des slogans de notre gouvernement pour souligner sa grande incompétence car le Québec vient de rater une chance en or de briller parmi les meilleurs!

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    samedi 24 mars 2007 22h07
    Je suis soufflée!
    Inimaginable! Incroyable! Les mots me manquent, je suis soufflée! Comment a-t-on pu laisser passer une occasion pareille? Je n'en reviens pas. J'en reviens encore moins de constater que cette véritable bombe sorte à deux jours des élections. À elle seule, elle aurait suffi à démontrer l'ineptie et l'incompétence du gouvernement sortant. Comment se fait-il qu'un André Boisclair ou un Mario Dumont ne s'en soit pas emparé? Étaient-ils au courant? Est-ce que vous, M. Francoeur, étiez le seul journaliste dans le secret des dieux?

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    samedi 24 mars 2007 22h10
    Je suis soufflée (bis)
    Ce texte aurait au moins mérité la une du journal de ce matin!

  • Dominic Rouette
    Abonné
    dimanche 25 mars 2007 00h11
    Saguenéens, jeannois et québécois: Ne manquons pas l'occasion de lui faire comprendre son erreur
    Pendant que Jean Charest tente de s'approprier le saupoudrage des 700 millions de péréquation du fédéral, on apprend qu'il a fait perdre 4,5 milliards de dollars d'investissement dans l'éolien par la compagnie Siemens. Siemens offrait au gouvernement et à Hydro-Québec de construire une usine de production d'éoliennes au Saguenay-Lac-Saint-Jean qui aurait permis de produire l'équivalent en électricité du barrage de la rivière Rupert ainsi qu'un centre de recherche à Montréal qui aurait accélérer le développement d'une expertise québécoise en éolien.

    Incompréhension
    Peut-être ne ment-il pas quand il affirme par la publicité du Parti Libéral du Québec, que son plan de réduction de gaz à effet de serre atteindra les objectifs de Kyoto alors que son ministre de l'Environnement et du développement Durable affirme qu'il n'atteint que 60% de celui-ci. Peut-être est-ce tout simplement qu'il ne comprend rien au développement énergétique. Jean Charest est venu à plusieurs reprises au Saguenay-Lac-Saint-Jean durant l'actuelle campagne et il est venu spécifiquement le 14 mars à Chicoutimi, où il a d'ailleurs été accueilli par une manifestation étudiante, pour faire la promotion de la construction d'un barrage sur la rivière Romaine en vantant les retombées économiques pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Comment peut-il préférer l'harnachement d'une des dernières grandes rivières à l'exploitation paisible, qu'on peut d'ailleurs cacher bien loin des zones habitées, d'un des meilleurs potentiels éolien au monde ? Si ce n'est pas de l'incompréhension de la part de Charest et de son équipe libérale, alors c'est qu'il faut ajouter d'autres qualificatifs à celui de « mensonger » dont l'on traité, tous en choeur, l'ensemble des groupes environnementaux québécois en demandant au PLQ de retirer sa publicité trompeuse. À l'incompréhension des environnementalistes, il faudra ajouter celle des 11% de chômeurs de la région qui payent actuellement par des pertes d'emplois les nombreuses erreurs boréales passées ainsi que pour la mise au rancart d'une technologie désuète de production d'aluminium. Un tel investissement dans des énergies renouvelables aurait permis de réconcilier les travailleurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean avec le statut traditionnel de leur région en tant que « laboratoire du développement durable ».

    Pas d'excuse
    Jean Charest et son ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, ne peuvent nous servir l'excuse de refuser un investissement étranger. Personne, ni au Québec, ni au Canada ne possède d'expertise suffisante pour remplir les charges des appels d'offre d'Hydro-Québec en éolien, tous font affaire à des sous-traitant étrangers. La multinationale allemande a donc décidé d'installer son centre nord-américain de production d'éoliennes en Iowa. Les futures éoliennes du Québec pourraient donc être construite chez nos voisins américains ce qui risque fort de diminuer leur désir et leur besoin de nous acheter de l'énergie propre.

    Occasion manquée
    Cet investissement aurait créé deux solutions : il aurait permis à l'un des meilleurs territoires inexploités de profiter pleinement des retombées économiques de l'éolien par la construction d'une usine qui aurait fourni toute l'Amérique du Nord et il aurait permis aux chercheurs québécois d'acquérir l'expertise de pointe qui revient de droit à l'Alberta ou même l'Arabie Saoudite de l'éolien, conservatisme social et intégrisme religieux en moins, j'ai nommé le Québec. Jean Charest et son équipe nous mentent en pleine face, nous créent des problèmes et rate les occasions de bien faire. C'est le moment de l'élection, saguenéens et jeannois, électeurs de tout le Québec, ne manquons pas cette occasion.

    Dominic Rouette
    Candidat du Parti Vert du Québec dans Jonquière

  • Robert Henri
    Inscrit
    dimanche 25 mars 2007 11h59
    Le Québec a bien fait pour une fois. Il reste à nationaliser...
    Québec doit nationaliser toute les formes de procuction électrique pour n'appliquer que les façons écologiques, ce qui exclus l'énergie atomique. Québec doit également remetrre Hydro-Québec comme il était avant d'être scindé en plusieurs organismes pour revenir à l'esprit de la nationalisation par René Lévesque: Un prix uniforme à la grandeur du Québec qui soit le plus bas possible et la vente des surplus à l"étragner dans le but de développer les régions. Je voudrais bien que juste une ou deux journées, les régions bloquent les routes, les ports et les aéroports et coupent le courant au reste de la province dont Montréal et Québec. Peut-être y comprendrait-on enfin que ce n'est pas parce que nous ne sommes pas très nombreux dans nos régions dites éloignées par les deux villes que nous sommes des quantités négligeables. Le seul et unique burt des entreprises privées étant de générer le plus de profits possibles à ses actionnaires, il est impératif pour le Québec de nationaliser toutes sources d'énetrgies sur son territoire, y compris le pétrole, le gax naturel, le charbé ou d'autres sources. Ce ne fait penser à Bruno l'imbécile qui disait qu'on dépense trop pour la route du Havre-Saint-Pierre. Il donne la preuve qu'il n'y est jamais allé: La route y est affreuse et sans le Havre, Sorel ne pourrait vivre. De plus, pour prétendre à l'intégrité territoriale du Québec, il faut le défendre et l'"habiter"... Robert Henri

  • Linda Hart
    Abonnée
    dimanche 25 mars 2007 18h41
    À qui le crime profite-t-il ?
    La seule question intéressante, pourquoi les libéraux ont-ils fait ce choix ? On sait qu'ils gouvernent systématiquement et hypocritement pour avantager l'entreprise privée ? Qui avait avantage à ne pas voir Siemens s'installer au Québec ? Pourquoi privilégier le harnachement des rivières, plutôt que l'éolienne ? À qui cela rapporte-t-il ? La réponse à cette question pourrait permettre de répondre à la première ? Le fouilis merdique qui prévaut dans le dossier éolien n'est pas autre chose qu'un coup monté !

  • Dominic Rouette
    Abonné
    mercredi 28 mars 2007 09h22
    À qui le cadeau aurait-il profité?
    Il n'y a personne dans le domaine de l'éolien au Québec à qui le crime a profité: personne ne possède l'expertise ici et les contrats accordés font appel à des sous-traitant venus d'outremer. À qui le crime aurait-il profité? A l'une des quelques régions qui ont une carte électorale péquiste. Ce ne devait pas être suffisament payant politiquement aux yeux de M. Charest. Autre erreur, du point de vue libéral puisque la région a défait les deux députés sortant libéraux à Jonquière et Roberval. L'ancienne ministre Françoise Gauthier dit qu'elle n'a pas eu vent de ce projet.
    Bref cette décision incompréhensible est une double erreur des libéraux. D'abord un mauvais calcul financier: 4,5G$ c'est énorme pour le Québec et l'éolien est un domaine de croissance pour tout le siècle à venir. Ensuite un mauvais calcul politique: la décision de Charest et ses proches conseillers (proches de M. Charest et loin du PLQ et du Québec puisqu'ils sont eux aussi issus de l'ancien Parti conservateur fédéral) a démontré à tout le monde, à trois jours du vote qu'il ne sert à rien pour la région de voter du "bon bord" et que les gens pouvaient retourner vers leurs habitudes péquistes ou même voter par conviction pour le Parti Vert.

    Dominic Rouette
    Ex-candidat du Parti Vert du Québec dans Jonquière
    dominicrouette@pvq.qc.ca

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