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Les trois chefs dénoncent Harper

23 mars 2007  Québec
Stephen Harper était de passsage à Montréal hier en tant que conférencier et président d’honneur de l’exposition de technologies environnementales Americana.
Photo : Jacques Nadeau
Stephen Harper était de passsage à Montréal hier en tant que conférencier et président d’honneur de l’exposition de technologies environnementales Americana.
Ottawa — Le budget-bonbon de Stephen Harper est en voie de se retourner contre lui et ses troupes conservatrices. Le reste du pays rage à l'idée que l'argent du fédéral servira à financer un cadeau électoral de Jean Charest. Sans compter que la décision d'Ottawa, lundi, de financer un vaccin contre le cancer du col de l'utérus est peut-être le fruit d'un lobbying exercé... par un ancien conseiller du premier ministre agissant désormais pour le compte du seul fabricant canadien de ce traitement.

Décidément, la journée a été difficile pour les troupes conservatrices hier, qui ont essuyé les feux nourris de l'opposition. Le Bloc québécois a encore une fois reproché au gouvernement de tenter d'influencer l'issue du scrutin québécois. Les libéraux ont accusé les conservateurs de dresser les régions du pays les unes contre les autres.

Mais ce qui a surtout marqué la journée d'hier, c'est la hargne que le budget fédéral, qui devait marquer un temps fort dans la campagne électorale provinciale québécoise, a soulevé ailleurs au pays. Des politiciens de l'Ouest sont montés aux barricades ainsi qu'un grand nombre de chroniqueurs anglophones qui manquaient de mots pour dénoncer le cynisme politique du duo Charest-Harper.

«Le spectacle irritant d'un Charest arrachant 700 millions de son butin de 2,2 milliards à peine 24 heures après avoir été mis au parfum de l'aumône fédérale pourrait bien refaire du dénigrement systématique du Québec un sport national», écrit le chroniqueur Don Martin dans le National Post.

Le Post est considéré comme trop à droite? Alors il faut lire le Toronto Star, publication progressiste s'il en est. «Quiconque suit la trace de l'argent [...] arrivera à la conclusion que ce premier ministre et son acolyte provincial se sont entendus pour faire les poches des contribuables pour s'acheter quelques élections», écrit James Travers.

Le ministre des Finances de la Saskatchewan, Andrew Thompson, y est lui aussi allé d'une critique acerbe. Sa province s'est déjà dite flouée par la réforme du système de péréquation contenue dans le budget de lundi. «Tout le monde craignait que le premier ministre fasse ce qu'il a fait: utiliser l'argent provenant des ressources pétrolières de l'Ouest pour acheter des votes au Québec, a-t-il confié au Toronto Star. Mais personne ne s'attendait à ce que cela soit aussi flagrant.»

Le chef du Bloc québécois a dit comprendre les racines de ce salissage. Mais, a insisté Gilles Duceppe à sa sortie de la Chambre des communes, «ce n'est pas le Québec qu'ils doivent critiquer, c'est Jean Charest qu'ils doivent critiquer». «M. Charest, pendant des années, a dit — comme les autres chefs de parti — qu'il avait des défis énormes en santé et en éducation et qu'il n'avait pas les moyens d'y faire face. Il a trahi la position qu'il prenait en utilisant cela à d'autres fins; alors, je comprends ceux qui l'ont écouté pendant des années d'être choqués», a-t-il ajouté. «Je pense que ça le disqualifie s'il voulait négocier avec le reste du Canada», parce que les autres premiers ministres ne lui feront plus confiance.

Histoire de vaccin

L'autre élément dérangeant de ce budget qui ne fait pas l'unanimité, c'est la somme de 300 millions de dollars consentie pour cette année afin d'immuniser les jeunes femmes contre le virus du papillome humain, cause du cancer du col de l'utérus.

Cette décision n'était attendue par personne. L'Agence de santé publique du Canada n'est même pas en mesure d'affirmer qu'elle en avait fait la recommandation au ministre de la Santé. Or on apprend qu'un ancien conseiller de Stephen Harper, Ken Boessenkool, est devenu le 16 janvier 2007 lobbyiste auprès du premier ministre et son entourage pour la compagnie pharmaceutique Merck and Frosst, le seul fabricant canadien du vaccin.

Selon le registre public des lobbyistes, M. Boessenkool, qui a été conseiller de M. Harper jusqu'en 2004, a pour responsabilité de «surveiller les politiques de santé et d'immunisation, en particulier celles touchant à la Stratégie nationale d'immunisation». Merck and Frosst est le seul fabriquant canadien de ce vaccin.

Le député libéral Raymond Simard s'interroge sur le bien-fondé de cette décision. «C'est certainement une bonne cause, lutter contre le cancer cervical, on n'est pas contre cela, dit-il. Mais quand on regarde qui est responsable du lobbying, ça laisse planer un nuage sur toute l'affaire.»

M. Simard se rappelle que les conservateurs avaient refusé d'amender leur Loi sur la responsabilité pour empêcher d'anciens conseillers politiques de faire du lobbying auprès du gouvernement. «Aujourd'hui, on a des personnes du côté conservateur qui ont beaucoup d'influence et qui ont peut-être d'autres projets comme ça de centaines de millions de dollars. Quand on considère que la personne qui a fait du lobbying auprès du gouvernement était très proche de M. Harper, ça soulève la question: pourquoi investit-on une somme aussi énorme? C'est ça qui arrive quand on ne fait pas les choses comme il faut.»

Chez Merck and Frosst, on s'indigne qu'un doute soit soulevé quant au lien entre les activités de lobbying de M. Boessenkool et l'obtention des 300 millions de dollars. «Wow! Et cette question vient d'une femme? "Come on!" Excusez-moi, mais êtes-vous au courant de l'importance de ce vaccin?», a demandé Sheila Murphy, porte-parole de l'entreprise basée à Montréal. «Si vous pensez que c'est juste l'action d'un lobbyiste qui a convaincu un premier ministre de prendre cette décision... Peut-être que c'était plus la femme de M. Harper qui était convaincue?»

Le vaccin a été homologué par Santé Canada en juillet dernier, mais aucune province ne le subventionne encore, en tout ou en partie. Seule l'Île-du-Prince-Édouard a indiqué qu'elle l'offrirait à la suite de l'annonce d'Ottawa lundi. Au Québec, le vaccin fait l'objet d'une analyse par le comité d'immunisation, explique la porte-parole du ministre de la Santé, Philippe Couillard. Les provinces de l'Ontario et de la Nouvelle-Écosse ont dit cette semaine craindre de s'embarquer dans l'aventure parce que le coût à long terme serait à leur charge. Le financement fédéral est ponctuel pour cette année seulement.

Environ 1350 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus ont été dépistés en 2006 (contre plus de 20 000 pour le sein), et environ 390 décès y sont reliés (ce qui le classe au treizième rang parmi les cancers les plus mortels chez les femmes). Le traitement de Merck and Frosst, nécessitant trois doses, coûte environ 400 $. Le budget fédéral permettrait donc d'immuniser environ un million de femmes. Jusqu'à présent, Merck and Frosst a distribué 30 000 doses de son vaccin à travers le pays (on ne sait pas combien de femmes l'ont acheté).






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  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 22 mars 2007 23h35
    Décision carrément irresponsable de M. Charest
    « Carrément irresponsable la décision de M. Charest d'utiliser pour des baisses d'impôts l'argent dont la santé et l'éducation ont cruellement besoin. Il donne ainsi bonne conscience à M. Stéphane Dion qui nie toujours le déséquilibre fiscal, et il se disqualifie comme interlocuteur valable avec le Fédéral. Eux non plus ne le croiront plus. Et cette décision vient de quelqu'un qui a accusé de ses adversaires de manquer de jugement, faut le faire!

    En plus d'un déséquilibre fiscal (qui n'est PAS RÉGLÉ), on a maintenant un déséquilibre premier-ministériel sur les bras! »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 02h25
    cancer
    « Ben quoi vous allez mourir du cancer parce que le gars c est le chum de l autre et vous etes pas d accord? C est peut etre pas intelligent comme decision mais c est toujours bien mieux que d aller faire la paix en Afghanistan non? »

  • Robert Raymond
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 09h43
    La goutte...
    « De l'avis de tous, Jean Charest a obtenu un résultat remarquable par rapport au déséquilibre fiscal mais sa proposition d'utiliser les argents de la péréquation pour effectuer des baisses d'impôt me renverse. Quoi qu'en dise le parti québécois, la péréquation ne nous redonne pas notre argent, elle redistribue de l'argent en provenance des provinces riches (Alberta et Ontario) vers les provinces moins riches (dont le Québec).

    Si je vivais en Ontario ou en Alberta, je me sentirais floué et trahi: on prend des sous de leurs poches pour les mettre dans des poches québécoises et non pour améliorer des services prétenduement en manque de ressources.

    C'est certain que le premier ministre du Québec n'a pas à se faire dicter ses priorités par le reste du Canada mais il y a quand même des limites à la malhonnêteté.

    À cause de cette proposition, Jean Charest, pour moi, n'est plus l'homme que je désire voir comme premier ministre. Étant fédéraliste, je vous laisse deviner quel parti aura mon vote le 26 mars prochain. »

  • Robert C. Paradis
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 10h04
    Dehors Ti-Jean Châra!
    « Il ne faut pas oublier qu'on est sous l'effet des décisions 'malhonnêtes' de Ti-Jean Châra 'encore'. C'EST LUI QUI A CHOISI UNE DATE D'ÉLECTION TELLE QUE LE BUDGET FÉDÉRAL ET LA CAMPAGNE ÉLECTORAL QUÉBÉCOISE SE CROISENT. C'est lui qui n'a pas rempli SES promesses de baisse d'impôt, du maintien des garderies à 5 dollars, de réingénierie de l'État, de vrais défusions, etc.

    On reconnait bien en lui la même conception malhonnête de la politique qu'ont les ConservHARPER's, conservateur il est lui-même. Ainsi, des MENSONGES BIEN MAQUILLÉS, c'est ce dont à droit le citoyen pendant que l'argent des taxes et impôts sert à engraisser les amis, les pétrolières, les pharmaceutiques, le complexe militaro-industriel Américain (Boeing), les religions (God bless Canada!).

    ET MAINTENANT, TI-JEAN NOUS SORT UNE BAISSE D'IMPÔT comme promesse d'élection AVEC DE L'ARGENT QUI DEVAIT SERVIR POUR AMÉLIORER DES SERVICES AFFECTÉS DU DÉSÉQUILIBRE FISCAL. Quelle horrible conception de la Démocratie! Que c'est 'cheap'! Un p'tit chausson avec ça, Ti-Jean? »

  • Roger Dion
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 10h32
    LE VRAI VISAGE DE HAPER
    « NOUS COMMENCONS a voir le vrai visage de HAPER, il n est que minoritaire ,penser s il devient majoritaire. Le petit jeu qu il /HAPER/ dans l élection aux QUÉBEC pour faire battre le P.Q. Avec la complicité de DUMONT ET CHAREST, mais le petit jeu se retourne contre eux ,DUMONT prend trop de vote aux libéraux, le P.Q. va ètre élu. Si l A D Q devait être élu, HAPER serait mal pris car MARIO veut ouvrir la constitution ,le ROC ne veut rien savoir de ça.
    Question de limité le fédéral de dépenser et donner des points d impots a QUÉBEC ,il avait un gourvernement fédéraliste a QUÉBEC./JE CROIS CHAREST FÉDÉRALISTE/ pourquoi ne pas avoir réglé complètement le déséquilibre fiscale.
    HAPER montre de la poudre aux yeux des QUÉBÉCOIS comme son élève DUMONT, tout les deux élus majoritairement ,
    BONNE CHANCE POUR LE FUTUR ,pour la classe moyenne et les plus démunis, aux profit des hauts salariés et des dirigeants de compagnies. Les milliards pour l armement aux fédéral et DUMONT avec la santé a deux vitesse et les coupures dans le bien être social.
    LA DROITE ET L EXTREME DROITE EST EN MARCHE ,A DROITE TOUT »

  • Christopher Ferguson
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 12h12
    Déséquilibre?
    « Dites-moi, M. Arnault, sur quels faits vous basez votre conclusion que le déséquilibre fiscal n'est pas réglé? Le Québec reçoit plus d'argent du fédéral des paiements de péréquation dont il en contribue. Les seules provinces qui sont économiquement nuies par leurs appartenance à la fédération sont l'Alberta et L'Ontario. De plus, le rapport de M. Séguin qui à originalement défini le terme « déséquilibre fiscal » avait estimé le « déséquilibre» a $8 milliards. Les paiements de péréquations ont depuis augmenter de plus que ce montant, dont le premier bienfaiteur a été le Québec. Si le gouvernement du Québec ne peut pas supporter ses opérations dans la fédération comme tel, qui laisse chaque province fournir des services a peu près équivalents a des taux de taxations égaux, la province a deux choix : soit réduire les services offerts, ou augmenter les taux de taxation. Ici, au Québec, le gouvernement provincial dépense $1 500 plus par citoyens que l'Ontario, une province qui a sans doute une économie plus en santé que la notre.

    De plus, puisque le Québec a une vision d'un gouvernement plus socialiste que celui du gouvernement fédéral, le gouvernement provincial va toujours ajouter aux services du fédéral. C'est-à-dire, le gouvernement provincial est rarement de l'avis que le fédéral fourni un excès de services que le gouvernement provincial, autrement, se priverait, et donc pourrait utiliser les monnaies économisées pour une détaxe. Donc, le fédéral, pour le Québec, fourni et dicte un niveau minimum d'intervention gouvernementale, a qui le gouvernement du Québec ajoute sa contribution et vision plus expansive du rôle de l'état. Alors, le gouvernement fédéral ne taxe pas la province excessivement, puisque les services dont il fournit seraient autrement apportés par le gouvernement provincial.

    Le déséquilibre n'existe plus.

    Finalement, une question de philosophie: comme nouvel arrivé de l'est Canadien, je me suis toujours demandé pourquoi que la seule province qui considère sérieusement la séparation est toujours la première a allé demander au reste du pays de financer la bureaucratie comparativement gigantesque du gouvernement provincial? Rien n'est moins indépendant que de demander de la charité des autres (et particulièrement cynique quant on vise à désintégrer leur pays). Qu'on soit séparatiste ou fédéraliste, on est néanmoins de l'avis qu'on habite une province fière, unique, et de ressources abondantes. Alors, c'est à nous, et non aux autres, de la faire fleurir. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 13h52
    Vous avez raison, M. Ferguson...
    « ..., mais votre vision des choses et votre analyse ne cadrent pas avec celles du PQ et des séparatistes en général. C'est un fait connu que le Québec est le plus grand gagnant net de la formule de péréquation. C'est une province pauvre qui reçoit bien plus que ce qu'elle donne, mais ça, le PQ ne l'avouera jamais. Pour lui, tout sera rose et facile après une séparation. Avez-vous remarqué que la seule personne qui a osé dire qu'il y aurait des turbulences après une séparation (Mme Marois) a été baillonnée? Où est-elle, que devient-elle? Nul ne le sait, mais je suis convaincu qu'elle a été tassée et sommée de se taire pour ne pas faire peur aux gens et parce qu'elle allait à l'encontre de la ligne du parti. On se croirait à l'époque stalinienne en URSS...
    Bref, comme je l'ai déjà dit, il est temps pour les Québécois d'arrêter de chiâler, de se retrousser les manches et de faire du Québec une province prospère où il fait bon vivre. Malheureusement, bien des zabitants de cette province semblent se complaire dans ce rôle de chiâleux et de quêteux. La province n'est pas sortie de l'auberge, loin de là! »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 14h37
    MM. Ferguson et Merven, déséquilibre ...
    « Le Québec n'a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l'énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu et continuent de recevoir chaque année des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux. Et l'Ontario n'est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province. Trois poids, trois mesures. Et nous continuons d'envoyer la moitié de nos impôts à Ottawa! On est tenté de dire comme le poète: «Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves ? C'est assez! ». Les coquilles nous tombent des yeux ...

    Le Québec est la 18e économie mondiale quant au produit intérieur brut par habitant (PIB), comparable à plusieurs pays européens de taille semblable (Norvège, Danemark, Suède, Suisse, Irlande, etc). Cela malgé le fait que nous n'ayons pas le plein contrôle de nos impôts, et malgré l'histoire séculaire d'un Québec rapetissé par les politiciens fédéraux rouges et bleus. Il est temps que le Québec soit le maître de son cadre financier.

    Il faut contrer le travail de sape continu des médias, inféodés au fédéralisme invasif et centralisateur, qui s'acharnent à rapetisser le Québec.

    Les souverainistes ne veulent pas détruire le Canada, ils veulent sortir le Canada du Québec. Notez l'ordre des 2 mots Canada et Québec! On en a plein le nez des ingérences du fédéral dans les compétences du Québec.

    Cessons d'être dupe. Ce n'est pas le 100$ par Québécois que M. Harper vient de leur offrir (à même nos contributions!) qui nous endormiront. Nous méritons et sommes capables de mieux.

    Vive le Québec, 18e puissance économique mondiale, bientôt maître de son destin!

    Raymond Saint-Arnaud »

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