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Ne pas voter

Quel est le parti pris de ceux qui ne votent pas ou qui annulent leur vote?

Jean-François Nadeau   23 mars 2007  Québec
Même les abstentionnistes font campagne! Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, Anaïs et Olivier jugent que les élections sont un cirque dont on pourrait bien se passer.
Photo : Jacques Nadeau
Même les abstentionnistes font campagne! Dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, Anaïs et Olivier jugent que les élections sont un cirque dont on pourrait bien se passer.
D'un scrutin à l'autre, entre 20 et 30 % des électeurs inscrits sur la liste électorale au Québec ne votent pas. Et 1,25 % de ceux qui ont voté aux élections en 2003 ont vu leur bulletin de vote rejeté pour cause de non-conformité avec les règles du système électoral.

Lors de certaines élections récentes, les bulletins rejetés comptaient pour près de 2 % des voix exprimées. Dans ces cas, les bulletins de vote ont été annulés par les électeurs, volontairement ou non, d'une façon ou d'une autre: croix multiples, messages de protestation, bulletins blancs, etc. Aux dernières élections, ce parti très informel de ceux qui annulent leur vote a ainsi obtenu plus de voix dans les urnes que l'Union des forces progressistes, le Parti vert et tous les tiers partis!

Le syndicaliste Michel Chartrand, présenté depuis des décennies comme un homme au sens moral et civique exceptionnel, a souvent suggéré d'annuler son vote. «Puisque tous les candidats veulent notre bien, raille-t-il, il convient par gentillesse de donner une chance à chacun en traçant une belle croix à côté du nom de chacun!» Pour cet homme qui vient de célébrer son 90e anniversaire, annuler son vote a toujours été une façon directe de protester contre le système et la structure politique en place. Le chansonnier Richard Desjardins critique lui aussi, à ses heures, l'institution électorale, soulignant à l'occasion que puisque la population a maintenant le droit de voter, il ne lui reste plus qu'à obtenir le droit de choisir.

Dans le système actuel, les votes annulés ne sont pas comptabilisés formellement mais se retrouvent dans la rubrique vague des «bulletins rejetés». Annuler son vote — ou même ne pas voter, tout simplement — constitue pourtant une option politique, même si notre système politique tend à en minimiser la légitimité. «Au Québec, le Directeur général des élections fournit de l'équipement aux écoles pour apprendre aux jeunes à voter, en collaboration avec le ministère de l'Éducation», explique Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM. «Tout notre système politique repose sur l'enseignement de ce comportement qui considère comme un bon citoyen celui qui vote.»

Le fait de ne pas voter ou d'annuler son vote constitue-t-il une manifestation évidente de décrochage social? Pas forcément, croit l'universitaire: «Ce n'est pas certain. Le vote, tel qu'il est exercé, c'est d'abord la manifestation d'une conception aristocratique de la société: le pouvoir est accaparé par une élite, contrairement à ce que laisse entendre l'idée selon laquelle le peuple est souverain par l'entremise de ses représentants.»

Est-ce donc une faute pour un citoyen de ne pas aller voter ou d'annuler son vote? Pour Vincent Lemieux, spécialiste des phénomènes électoraux et professeur émérite à l'Université Laval, le désengagement envers le monde politique traditionnel est un phénomène relativement récent qui touche l'ensemble des démocraties dites occidentales. «Sauf dans deux ou trois pays, c'est partout qu'on constate désormais des taux de participation à la baisse, surtout chez les jeunes. Si l'abstention de jeunes de 18 à 24 ans persiste, cela pourrait avoir de lourdes conséquences sur le système.»

À l'heure où la publicité de masse est le principal moyen qu'utilisent les partis politiques pour rejoindre la population, les gens se sentent plus éloignés que jamais des enjeux électoraux, croit Vincent Lemieux. «Certaines études ont montré qu'un contact direct avec les candidats encourage la participation. Mais l'éloignement du monde politique par rapport à la base populaire n'est certainement pas le seul facteur qui explique la dépolitisation», s'empresse-t-il d'ajouter.

Une obligation?

D'où vient l'idée qu'il faille absolument voter? Dans l'histoire des idées politiques, la recherche d'un monde meilleur ne s'est pas toujours conjuguée avec la participation à un scrutin. Loin de là.

Jean-Jacques Rousseau lui-même, dans Le Contrat social, affirme que la volonté populaire ne se délègue pas par le vote. «La souveraineté ne peut être représentée», dit-il. Rousseau raille tout particulièrement les illusions qu'entretient à cet égard le parlementarisme britannique, dont le régime canadien est bien sûr issu. Dans Le Contrat social toujours, il écrit en effet ceci: «Le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde.»

Dans un autre texte célèbre, le philosophe français Jean-Paul Sartre soutient quant à lui que les élections ne sont en fait qu'«un piège à cons». Après s'être livré à une longue analyse historique du système français, Sartre en arrive à dire, dans ce texte des années 60, que les bulletins de vote, après l'addition des suffrages, ne font pas apparaître l'intérêt commun du plus grand nombre mais bien le seul intérêt de quelques-uns, tout en forçant la plupart du temps les individus à trahir leurs intérêts collectifs. D'où son sentiment que le refus de voter, sous une forme ou une autre, puisse être parfaitement légitime, voire tout à fait raisonnable.

Dans plusieurs des mouvements de contestation qui animent et secouent toute l'histoire de la pensée politique, on croit, dans le même esprit, que le jeu électoral est tordu à sa base même et qu'il ne sert, en définitive, qu'à reconduire pour un autre mandat des entités déjà en place et quasi immuables.

Au Québec, pour les élections de lundi, le collectif libertaire «Nous on vote pas!» propose l'abstention selon une logique de simple opposition au pouvoir de l'État. Ce groupe disait hier, par voix de communiqué, vouloir «défendre la légitimité de l'abstention comme choix politique viable». Sur son site Internet, il explique que «l'État est la forme que prend une classe pour asseoir sa domination et la faire accepter au nom de "l'intérêt général". L'État perpétue ainsi la société divisée en classes sociales antagoniques: ceux qui possèdent et ceux qui doivent travailler pour subvenir à leurs besoins».

Anaïs, une jeune préposée aux bénéficiaires toute frêle, et son ami Olivier, stagiaire en coopération internationale, ont installé devant leur demeure, tout en haut d'un petit commerce du quartier Hochelaga-Maisonneuve, une banderole qui incite les passants à ne pas voter. «On n'est pas des anarchistes, explique Olivier. Moi, je milite plutôt pour l'environnement.» Quant à elle, Anaïs s'intéresse surtout au sort fait aux malades en psychiatrie. Pour eux, pas question de voter: la société doit changer par d'autres moyens que les élections, qu'ils considèrent au mieux comme un «simple cirque».

Les militants abstentionnistes sont fiers d'eux et de leurs idées. Dans sa forme actuelle, la politique les déprime et les inquiète tout à la fois. Dans le spectacle de cirque électoral auquel ils participent au fond malgré eux, il est fort possible que leur numéro connaisse peu de succès lors de ces élections. La participation au scrutin de lundi risque en effet d'être plus forte que d'ordinaire, soutient le professeur Vincent Lemieux, puisque les experts «ont remarqué, au fil du temps, que lorsque les enjeux sont plus précis ou que la lutte est serrée, le taux de participation a tendance à augmenter». Et, bien sûr, dans toute cette agitation, les abstentionnistes ne font pas beaucoup de bruit alors que la machine électorale, elle, hurle ses espoirs ou ses désespoirs partout.
 
 
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  • Gisèle Picard
    Abonnée
    vendredi 23 mars 2007 07h45
    niqab et annulation de son vote comme geste responsable
    Comment le directeur d'élections Québec peut-il jouer le jeu des extrémistes musulmans en acceptant le port du niqab, pour poser un geste aussi démocratique que celui du vote électoral. Et pourquoi n'accepte-t-il pas le port d'une cagoule tant qu'à faire? Même invisibilité. Un citoyen a un visage et on le reconnaît! Peut-être bien qu'à la suite de la lecture de cet article, j'annulerai mon vote après tout. Quel désolation et quel dérive!


    Gisèle Picard, Montréal

  • Guillaume
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 08h25
    La politique de la chaise vide
    et article fait d'abord un amalgame entre l'abstention et l'annulation du vote. C'est là une grave erreur selon moi, car dans un cas l'électeur ne fait pas part de son insatisfaction face au choix qui lui est présenté. Il ne fait que rester silencieux. Dans l'autre, il indique, tant au Directeur Général des Élections, qu'au partis en présence, son refus de choisir. Il l'indique clairement. Il s'exprime. Cette distinction peu paraître mince, mais elle est importante, car dans le cas de l'annulation du bulletin, il est possible de comptabiliser l'insatisfaction. Ce n'est pas le cas de l'abstention.

    Autre point abordé dans l'article est celui des philosophes, tel Sartre, et des contestataires, tel Chartrand, qui incitent les gens à sortir du système électoral. Ces éminences, et les gens qui suivent leur exemple, prône la politique de la chaise vide. Il prône la réforme du système sans y participer. C'est là une grave erreur, car l'histoire démontre que l'humanité déteste le vacuum. Les élites, qu'elles soient politiques, sociales, économiques ou religieuses, auront tôt fait d'occuper le vide laissé par les penseurs qui s'oppsent au systèmes en se taisant. Notre gouvernance est celle d'un système représentatif. Il n'est pas parfait, loin de là. Mais la politique de la chaise vide a pour effet pervers de laisser toute la place à ceux que ces gens dénoncent. Ce sont eux qui face à une chaise vide ont tout le loisir d'agir à leur guise.

    M'est avis qu'il vaut encore mieux, réformer un système politique malade de l'intérieur que de laisser des gens tordus et corrompus s'approprier les outils de l'État à leurs propres fins. Le 26, de grâce, allez voter!

    N.B.: Cette réponse a également été affichée sur mon blog.

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 08h40
    Pourquoi ne pas voter?
    Aux élections, nous choisissons qui va NOUS représenter au gouvernement. C'est donc à de leur dire "notre programme", nos besoins, nos espoirs et nos désirs. Pendant ce temps, on nous vante notre belle démocracie et on a des partis politiques qui nous dictent ce qu'eux veulent sans même réellement nous demander. Et nous choisissons parmis les partis en ne coisissant que le moins pire.. Voilà pourquoi il est parfois correct d"annuler son vote...

  • Pierre Bellavance
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 08h50
    Je crois que nous avons intérêt à voter.
    L'être humain est un animal. Il ne fait donc que ce qu'il croit être dans son intérêt. Comme les autres animaux, il peut parfois aussi se tromper, d'autant plus qu'il est généralement plus intelligent qu'eux et qu'il a par conséquent moins d'instinct que ceux-ci. Je crois que celui qui pense qu'il est dans son intérêt de ne pas voter se trompe. Pensons aussi aux pays où les gens sont prêts à risquer leur vie pour exercer ce droit.

    Pierre Bellavance

  • Yvan Gagnon
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 10h36
    L'importance du vote
    Pourquoi participer a un systeme electoral irrationel? En effet, si les electeurs votent pour des raisons differentes, l'un pour un parti, l'autre pour ou contre un candidat local, ou encore toujours pour le meme parti par habitude ou pour sortir un parti du pouvoir, comment nous les electeurs, et eux les candidats, peuvent-ils savoir pourquoi ils ont ete elus?
    C'est d'ailleur ce qui leur permet de faire ce qu'ils veulent une fois au pouvoir. Si l'on vous demande qui a gagne la partie hier soir, vous allez demander a quel sport, hockey, basketball ou football vous faites allusion; avec differentes raisons de vote, mais avec un seul buletin de vote, les gents jouent a diferents sports, et on additionne tout cela ensemble pour avoir un resultat des elections! C'est pour le moins illogique.
    De plus, il n'y a pas souvent d'enjeux vriament importants dans les elections au Canada ou dans les provinces. Changer de parti au pouvoir, excepte pour les elus bien sur, ne change pas grand chose a notre realite quotidienne. Heureusement qu'il y a des fonctionnaires permanents qui empechent les elus de faire des betises trop graves et, en dernier essort, des juges avec leur Charte des Droits, pour empecher les abuts legislatifs. Avec ces controles des elus, l'importance des elections et meme la qualite des elus sont pour le moins relatives. Certe, les elections sont necessaires pour legitimiser le syteme politique, mais seulement une minorite interessee peut satisfaire ce besoin. Le reste des citoyens peut refuser de voter tant qu'il n'y aura pas un meilleur syteme electoral en place ou tant qu'il n'y aura pas d'enjeux veritablement importants a defendre ou a proposer. M. Lemieux a raison de dire que les enjeux importants font sortir les electeurs (referendum quand tous les gens jouent le meme sport, ie. repondent a une seule question )
    En entendant les enjeux plus importants pour notre societe ou un systeme electoral plus logique pour nous exprimer, il est comprehensible que plusieurs personnes s'abstiennent de participer au jeu ephemere de la presse et des medias qui melange constamment le trivial avec les tres rares questions de fond.
    Donc, et pour d'autres raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, il est possible de comprendre pourquoi plusieurs citoyens refusent de voter, soutout ceux et celles qui pensent que le systeme electoral en place est irrationel...

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 10h41
    Sartre aurait mon vote
    Sartre avait raison en affirmant: «que les bulletins de vote, après l'addition des suffrages, ne font pas apparaître l'intérêt commun du plus grand nombre mais bien le seul intérêt de quelques-uns, tout en forçant la plupart du temps les individus à trahir leurs intérêts collectifs.» Comment voter si nous privilégions le parti A pour les mesures qu'il propose en santé, le parti B pour son approche en éducation, et le parti C pour sa position lucide face au remboursement de la dette? C'est un peu comme les combos sur le menu d'un restaurant; tous ont des items intéressants, mais aucun rassemble tous les items que je préfère.

    Pour sortir de ces combos, il n'y a d'autre façon que d'abolir les partis politiques. À quoi sert, de toute façon, de voter pour un candidat que nous jugeons intelligent, si celui-ci doit suivre aveuglément une ligne de parti (pour appuyer le gouvernement ou s'y opposer)? Si les partis servent surtout à museler leurs candidats respectifs, c'est qu'ils rendre un très mauvais service à la démocratie, en heurtant de plein fouet la liberté d'expression.

    À mon avis le véritable problème est dans cette croyance presque mur à mur que le multipartisme serait synonyme de démocratie. Dans une réelle démocratie, c'est la population de chacune des circonscription qui proposerait leurs candidats en vue d'une élection prochaine, et lors du scrutin, ceux qui seraient élus feraient tous parti du gouvernement, et choisiraient tous ensemble leur président. De telle sorte, que le pouvoir suprême serait détenu par l'ensemble de nos élus, tous en chambre pour mousser les idées défendues en campagne.

    Un jour, un parti fera campagne avec unique engagement d'abolir les partis politiques et de respecter l'intelligence de chacun des candidats élus, ce jour-là je pourrai étancher ma soif de démocratie en allant déposer mon bulletin de vote dans l'urne.

  • francis dery
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 10h42
    Créons le parti Des Votes Annullés
    J'en serai le chef. Je n'offrirais aucun programme politique aux électeurs. Pas de pancartes électorales. Pas de pamphlets. Pas de local électoral. Je serai encore plus écologiste que le Parti Vert dans ma campagne. Tout ce que je désire : un salaire de député et une pension.

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 11h53
    Voter pour contrer le pire
    Moi j'irai voter pour tenter de bloquer l'ADQ. Ce parti n'a pas d'allure! pas de programme, pas de candidats valables, pas de budget sensé, trop de promesses vagues et non chiffrées.
    Pourquoi une vague vers l'inconnu? pourquoi plonger dans le vide? je ne sais pas mais j'ai peur!

  • Martin Lamonde Safiya Awad
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 12h15
    Ne pas voter ! JAMAIS !
    Ne pas voter, aux prochaines élections, serais pour moi un rendez-vous raté avec ce que j'appelle mon "p'tit" plaisir démocratique.

    Il y a belles lurettes que je perds mes élections tant au niveau municipal, provincial et fédéral. Cela ne m'empêche pas d'aller voter et en ayant un seul but en tête: voter pour l'aspirant ou l'aspirante député(e) représentant le plus mes valeurs et que je considère le plus, ou la plus, apte à représenter mes intérêts !

    Voter pour un candidat à cause de son chef, qu'elle foutaise !

    Voter pour un "no body" à cause d'un programme électoral, de l'image et/ou des capacités de son chef, constitue pour moi la pire des décisions et jamais je ne vais cautionner une expression démocratique aussi vide de sens.

    Martin Lamonde
    Québec

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 12h18
    En Québécois responsables, votons!
    Il y aurait de 20% à 30% d'abstention? C'est beaucoup trop. C'est vrai qu'il y a des cyniques et des anarchiques qui ne vivent que pour soi. Mais les humains vivent en société et sont responsables les uns des autres. Si le quart des abstentionnistes allaient voter, cela ferait 5% de plus de voteurs. On pourrait penser que 5% , ce n'est pas beaucoup. Mais ça fait souvent la différence entre gagner et perdre, entre faire élire un candidat au lieu d'un autre, à favoriser une vision de l'avenir du Québec plutôt qu'une autre. La goutte d'eau peut faire déborder un vase. C'est mathématique. Et ça peut être suicidaire.

    Il faut voir aussi l'environnement électoral au complet. Le Parti Libéral du Québec récolterait 30 % des voix? Le Parti Libéral du Québec a toujours été le parti des Anglais. Les anglophones de longue date et les nouveaux arrivants ayant choisi de s'intégrer aux anglophones forment environ 16% de la population du Québec. Le Parti Libéral du Québec tire donc la moitié ou plus de ses votes de ce groupe qui l'appuie à 99%. C'est démocratique, mais c'est inquiétant. C'est cet appui quasi unanime qui lui permet à l'occasion de prendre le pouvoir. Dans ces conditions, il est suicidaire pour les francophones et surtout pour les souverainistes de diviser leurs votes ou de s'abstenir.

  • Carl Charest
    Abonné
    vendredi 23 mars 2007 13h13
    Choisir le meilleur..
    Ce qui est décevant avec notre système politique, c'est que la plupart du temps, nous ne devons pas voter pour le meilleur, celui qui représente le plus nos valeurs, mais bien pour le moins pire, donc celui qui nous ferait le moins de mal comparé aux autres. Le manque flagrant de plus petits partis, bien que deux nouveaux ont pris leur place lors de ces élections, est à la cause de ce manque de choix. Le système français à deux tours est assez bien élaboré dans ce sens. Plus de 30 partis se présentent aux présidentielles, donc la palette est très grande. Le premier tour est une façon d'exprimer sa diversité, et de choisir celui qui nous représente. À quand un régime qui nous permet la même chose?

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 23 mars 2007 13h40
    À M. Bertrand Léger
    J'en conclus donc que vous voterez pour le PLQ, car le PQ, aussi et surtout, demande aux Québécois de sauter dans une piscine sans savoir s'il y a de l'eau dedans avec son idée référendesque séparationniste...
    J'approuve votre choix!

  • Mon Prenom
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 10h47
    la forme d'action et son sens
    J'annule délibérement mon vote depuis 20 ans.

    Je le fais pour mes propres raisons. Je crois qu'il peut en être ainsi pour beaucoup plus de citoyen. Cela est pour moi un geste concret et volontaire qui exprime mon opinion. Chacun de ceux qui pose ce geste le font pour leurs propres raisons.
    Ce geste concret j'en porte la responsabilité. Je suis allé voté, j'ai exprimé ma volonté concrètement sur mon bulletin de vote. Des millers de responsabilité individuelles exprimées par ce geste affirment leur présence par le seul fait de leur nombre.
    Il n'y a pas que l'économie qui puisse utiliser les nombres pour s'imposer...
    Nous pourrions entendre un soir d'élection:
    ...le nombre de vote délibérément annulé est supérieur au nombre attribué au "gagnant"...

    La légitimité mathématique qui gouverne le monde économique pourrait-elle nié par le monde politique le même soir ?

    Je persiste.

  • Pierre-Marc Duguay
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 15h32
    Et si vous laissiez tomber les préjugés et les pensées toutes faites, mr Saint-Arnaud?
    @ Raymond Saint-Arnaud

    Premièrement, il n'est pas question de cynisme dans ma personnalité en tant qu'anarchiste, mais pas dutout. Si je ne vote pas aux élections, il est complétement faux d'associer mon action à une déresponsabilisation, à un manque à mon devoir ou à un refus réactionnaire.

    Tu prétends que les anarchistes en vivent que pour eux, je t'inviterais à tenter de connaître des anarchistes (pas nécessairement des jeunes en coat de cuir et des patchs avec un grand A encerclé). Humblement, les anarchistes veulent une société meilleure et dirigent leurs actions en ce sens, et non selon leurs intérêts cyniques.

    Comme plusieurs autres thèmes et termes, l'anarchisme est tiraillé de préjugés à travers les médias et l'idéologie dominante capitaliste, ce n'est pas une raison de mettre ses oeillères et de ne pas tenter d'y trouver un sens et de comprendre pourquoi tant de gens pensent qu'il faut penser à un autre système économique que le capitalisme et un autre système politique que l'État (social-démocratique ou non).

    Pierre-Marc

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    samedi 24 mars 2007 19h46
    LES RHINOCÉROS ME MANQUENT.
    Dommage que Chatouille a abandonné la lutte qu'elle avait commencée il y a bientôt 20 ans, inspirée par le docteur Ferron, sans la mener à terme. Je suppose qu'elle aussi vieillit ou a jeté l'ancre.

    Dommage aussi que les abstentionnistes, les désabusés, les cyniques, les abolitionnistes, en sont réduits à voter vert ou Québec solidaire, faute d'assises électorales solides... en consentant par leur X à ce que les petits partis aient 50¢ pour chaque vote reçu, jusqu'à la prochaine élection.

    J'ai aussi connu le parti Citron...Où est-il? A-t-on aussi là jeté la valise? Hé qu'on est lâches et "lâcheux" au Québec!

    Mais c'est vrai que c'est très assommant une campagne, pour en avoir fait personnellement 4. La seule place où je ne me suis pas présenté est aux élections hospitalières, parce que je n'ai été opéré qu'une fois, dans le temps que l'Hôpital Saint-Michel existait...Mais depuis que les libéraux sont là...Je ne vous ferai pas de dessin.

  • Jeune Metis
    Inscrit
    vendredi 10 octobre 2008 23h24
    Ridicules Adultes
    Chers aines, membres de l'armee des medias,
    vous etes si ridicule,
    a la tv, dans les journaux et a la radio...
    A nous mentir en pleine face ou a propager des
    mensonges dont vous ignorez l'impact...
    Les jeunes accèdent a l'information int'l ailleurs
    et avant vous. Les jeunes savent ce que vous ne comprenez pas encore...
    Et vous pensez que la jeunesse ne comprend pas ce qui se passe vraiment.
    Les jeunes vous voient tous comme de simples individus ridicules & corrompus.
    Vous oubliez a quel point la jeunesse est vive...
    Nous savons qu'il ne faut pas suivre les politicailleries...
    Mais nous savons aussi que leur BFFL is YOU cowards :
    Les Médias. Etre payé pour faire semblant d'être neutre.
    Objectif... Mais la SUGGESTIVITE qu'est-ce qu'on en fait ?
    Un annonceur/rapporteur de nouvelles qui "annonce" qu'un gars
    a tué un autre avec une hache, ça fait pas évoluer la planète ça y m'semble...

    PM, ministres, deputee, maires, chef de police et medias, vous participez tous ensemble au cirque sous la direction artistique de la reine et de ceux qui enculent le trône et le peuple depuis le début des temps... , et nous, nous avons le choix de ne pas avoir le choix ou d'etre hors-la-loi...

    Je n'ai jamais voté, je ne me déplace pas non plus pour aller prendre part active au show.

    Ici comme ailleurs dans le monde le gagnant est littéralement décidé d'avance et de plus en plus de jeunes le savent. Beaucoup le sentent mais les médias disent le contraire. De plus en plus de jeunes font confiance a leur instinct et se confirme que tout ça n'est qu'une belle crosse. Presque 30 ans et tel est mon profil.

    C'est la fin de ce show bientot car la machine qui pousse la démocratie va bientot passer en mode totalitaire mondiale, et bcp vont mourir. Alors nous comprendrons. D'autres enjeux seront alors dans nos priorités... Pour l'instant, votre priorité est de cacher la vrai verite afin de proteger votre boss et votre... salaire.

  • Zoe Gagnon-Paquin
    Abonnée
    mardi 29 mars 2011 00h12
    Il faut impérativement voter
    Les politiques de résistances libertariennes et celles visant à réformer le système politique et électoral sont louables. En particulier, il serait important de repenser la dynamique des partis où le chef concentre le pouvoir et décide de la ligne à suivre. (Bravo à QS qui s'est dégagé avant les autres de ce schéma vieillot et en perte de pertinence).

    Cependant, il y a un non sens et un paradoxe à voir les anarchistes et autres anti-électoralistes de tout acabit se faire entendre lors des campagnes électorales. Puisque ces gens discréditent l'ensemble du phénomène du vote, pourquoi les voit-on appeler à la forme de participation particulière à ce vote qu'est le boycott? Quelle réelle alternative proposent-ils?

    L'appel à ne pas voter est une nuisance et un disservice civique. Ultimement, nous devrons toujours nous en remettre à un système de démocratie représentative. Pour améliorer le système électoral, politique et démocratique en place, lequel a beaucoup de torts j'en conviens, il faut y participer. Par le moyen de mouvements, d'actions directes et par le vote.

    Votez donc pour un parti qui propose d'améliorer le système électoral!

    À ceux qui proposent de ne pas voter, je demande: quelle alternative peut-il y avoir? Dans le scénario impossible ou personne ne voterait le 2 mai prochain, serions-nous plus avancés? Bien sûr que non. Il faudrait encore songer à réformer le système tout en étant aux prises avec un État en crise, ce qui ne rendrait que les améliorations plus difficiles.

    À ceux qui rêvent de «Révolution», je dis que la véritable révolution serait une guérison générale: le jour impossible où les limites, les méchancetés et les ignorances de chacun disparaîtront, nous pourrons peut-être nous passer d'un État. En attendant, bienvenue dans la réalité et de grâce, allez voter!

    Par ailleurs, je vous encourage à voter NPD. On peut être à la fois solidaire et souverainiste. Entre maintenant

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