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Un progrès pour le Québec, selon les chefs

Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont ont estimé hier que le budget Flaherty représentait un gain pour le Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont ont estimé hier que le budget Flaherty représentait un gain pour le Québec.
Le budget fédéral ne règle pas entièrement le déséquilibre fiscal, mais Jean Charest y voit «un geste significatif» pour le Québec, une vision partagée par ses adversaires André Boisclair et Mario Dumont. Les trois hommes divergent toutefois d'opinion quant aux suites à donner au dossier.

Le chef libéral souhaite batailler pour que le fédéral respecte les champs de compétence du Québec. Le chef adéquiste emprunte également cette voie, mais en revenant à la charge avec l'idée d'obtenir un amendement constitutionnel. Le chef du Parti québécois veut obtenir un règlement permanent par des mesures fiscales.

C'est un Jean Charest souriant qui a réagi hier au budget Flaherty. «On a fait un très grand pas aujourd'hui sur le déséquilibre fiscal», a-t-il affirmé en soulignant que les Québécois sont les «grands gagnants». Il a soutenu en anglais que les résultats obtenus montrent à quel point le fédéralisme est flexible et rentable lorsque l'on fait preuve de leadership.

Ainsi, M. Charest a rappelé son interprétation des faits des dernières années qui ont conduit à la correction annoncée hier; l'initiative péquiste du combat à mener contre Ottawa s'est retrouvée sur la voie de service. Présumant des gains que représenterait le budget Flaherty, le Parti libéral avait d'ailleurs déjà préparé des pancartes affichant le message que le règlement du déséquilibre fiscal était attribuable aux libéraux.

M. Charest a expliqué que, pour l'année financière 2006-2007 qui se termine le 31 mars prochain, le gouvernement fédéral a versé au Québec 10,956 milliards de dollars. Avec le budget Flaherty, c'est une somme de 13,18 milliards, soit 2,2 milliards de plus (une augmentation de 18,8 %). «Le gain fait par les citoyens du Québec est substantiel», a soutenu M. Charest qui est satisfait de la réforme de la péréquation, dont la nouvelle formule respecte les objectifs fixés par le Québec.

Il reconnaît toutefois qu'il reste du travail à accomplir, notamment pour ce qui est du dossier spécifique de l'enseignement postsecondaire, dont les fonds fédéraux ne seront disponibles que l'année prochaine. «Il est très important dans la défense de nos intérêts de tenir compte de l'ensemble des transferts au net. Il ne faut pas tomber dans le piège de regarder une seule enveloppe», a déclaré M. Charest.

Quant à savoir de quelle façon le chef libéral proposera de dépenser les quelque 900 millions de nouveaux fonds qui tombent comme une manne électorale une semaine avec le jour du vote, M. Charest a promis d'apporter des précisions au cours des prochains jours.

Quant au chef péquiste André Boisclair, il a qualifié hier le règlement du déséquilibre fiscal contenu dans le budget Flaherty d'«incomplet et pas entièrement satisfaisant». Il a critiqué la manière de calculer la péréquation, fustigé la façon dont le fédéral a inclus «à peu près n'importe quoi» dans le déséquilibre fiscal et l'absence de véritable solution fiscale. Malgré tout, a-t-il expliqué presque résigné, «il y a de l'argent sur la table. Cet argent, elle [sic] appartient aux Québécois. Et cet argent doit servir au développement de services publics auxquels les Québécois ont droit».

Aussi, M. Boisclair dit comprendre que le chef bloquiste Gilles Duceppe ait accepté d'appuyer ce budget pour des «raisons pragmatiques». Selon lui, il n'y a «pas l'épaisseur d'une feuille de papier [de différence] entre M. Duceppe» et lui. Les deux chefs souverainistes ne s'entendent toutefois pas sur les chiffres. M. Boisclair affirmait dimanche que le Québec était en droit de recevoir 3,9 millions annuellement alors qu'hier, le chef bloquiste a soutenu à Radio-Canada qu'avec 3,2 milliards sur trois ans, le Québec avait obtenu 80 % de ce qu'il réclamait.

Se référant à l'ancien président de la Commission sur le déséquilibre fiscal Yves Séguin (qui fut par la suite ministre des Finances de Jean Charest), il a déclaré que le «fond du problème» n'était pas du tout réglé. «Il reste beaucoup d'ouvrage sur la table», a-t-il dit. Les dépenses des provinces «et en particulier celles du Québec», croissent de manière accélérée, alors que leurs revenus croissent de manière modérée. Le fédéral vit une situation inverse, a-t-il fait remarquer. Selon lui, un règlement acceptable au déséquilibre fiscal devrait procurer aux provinces des «sources de revenus stables»: des points d'impôts ou de TPS, par exemple, puisque ce type de revenus croit avec l'activité économique. M. Boisclair s'est aussi dit déçu que le calcul de la péréquation proposé par le fédéral Flaherty n'inclue pas, comme le Québec l'avait réclamé, 100 % des revenus provenant des ressources naturelles. Le chef péquiste souligne aussi que le budget Flaherty contient beaucoup moins que prévu dans le domaine de l'éducation postsecondaire. La vraie solution à ce problème serait de faire la souveraineté du Québec, a-t-il dit, et ainsi de rapatrier tout le champ fiscal.

Plus tôt dans la journée, M. Boisclair avait affirmé que le budget Harper était organisé avec «le gars des vues», «cousu de fil blanc» pour aider Jean Charest à «sauver sa peau». «On voit bien que des gens, mal pris, pris à la dernière minute, tentent d'acheter le vote des Québécois. Les Québécois, ils sont intelligents, ils ne se feront pas avoir, ils comprennent bien que, pendant quatre ans, ils se sont fait mentir par Jean Charest. Ça fait que c'est pas les lapins qu'on sort du chapeau de magicien à la dernière minute qui vont soudainement faire en sorte qu'on a soudainement le goût de voter pour M. Charest.»

Au cours d'un point de presse à Longueuil, Mario Dumont a affirmé que le déséquilibre fiscal était désormais «largement réglé», un fait que confirme d'ailleurs le fait que le Bloc québécois ait choisi d'appuyer le dernier budget fédéral. «Ça conclut un épisode», estime-t-il.

Jean Charest ne doit toutefois pas prendre le crédit pour ce règlement. «Le point tournant n'a pas été l'élection de Jean Charest en 2003», mais bien l'élection de Stephen Harper en 2006 et l'engagement que le chef conservateur a pris dans son discours de décembre 2005 sur le «fédéralisme d'ouverture». Le chef libéral ne faisait aucun progrès sur le plan du règlement du déséquilibre avant l'élection de M. Harper, a-t-il fait observer. Il a comparé Jean Charest à un bernard-l'ermite, ce crustacé qui «doit aller s'habiller dans le coquillage d'un autre».

«Les Québécois savent maintenant qu'un premier ministre qui tient parole, ça se peut», a dit le chef adéquiste, évoquant les promesses brisées de Jean Charest.

Mario Dumont craint toutefois que les libéraux ne se lancent «dans une basse récupération politique» en se payant, notamment, une campagne de publicité vantant leurs mérites relativement à ce règlement.

Le chef adéquiste a qualifié de «faible» la position de Jean Charest sur la limitation du pouvoir de dépenser. Le Québec ne doit pas se contenter d'une entente administrative ou d'une loi qui pourrait être renversée si un parti centralisateur reprenait le pouvoir à Ottawa. Mario Dumont insiste sur l'importance d'obtenir un amendement constitutionnel même s'il reconnaît qu'il n'y a guère d'enthousiasme dans le reste du Canada pour rouvrir la Constitution.

Quant au Parti québécois, il est «déculotté», il a «les culottes aux genoux», a avancé M. Dumont. Plus que jamais «l'obsession référendaire et la confrontation avec le fédéral apparaissent inutiles», ce qui confirme «le peu de pertinence du PQ».






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  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    mardi 20 mars 2007 01h25
    Quand le Tartuffes mêlent les cartes
    « Quand les Tartuffes faussent les cartes...

    L'autonomie c'est « le fédéralisme »

    Qu'on ne s'y laisse pas prendre, l'autonomie de Dumont, c'est du fédéralisme. Le gens de mon âge reconnaissent bien cette mélodie vieillotte, écho d'un passé révolu. Tenter de jouer à cache cache avec les mots comme le fait ce conformiste et mesquin personnage prouve sa malhonnêteté puisqu'il tente constamment de jouer sur cette ambiguïté de « l'autonomie » donnant l'impression par des mots creux que le Québec y gagnera quelque chose ; alors que le renouvellement politique devrait passer par l'intégrité la franchise et la transparence de ceux qui nous représentent. Est-ce bien cela que nous voulons au Québec ? Est-ce désormais en des gens biaisés que le Québec se reconnaît ?

    Il ne faut pas s'y tromper, l'autonomie n'existe que dans la tête des « autonomistes », car il ne suffit que « d'une province sur dix » au Canada, pour mettre en échec toute modification constitutionnelle, et qui plus est, toute demande de pouvoirs supplémentaires pour le Québec tel plus « d'autonomie ». Non, je vous le dis mes chers amis-es il y a autant de différence entre « L'autonomie » et « l'indépendance » qu'entre être « boss » ou « employé-e » ou entre être locataire ou propriétaire. Les autonomistes seront heureux de recevoir quelques deniers de plus du fédéral, comme un employé une augmentation de salaire. Mais, « le boss » lui, a toujours le loisir de congédier un employé à tout moment ou de couper les vivres ou le proprio de vous transformer en condo pour vous expulser.

    Mais notre petit Mario national lui, sait bien tout ça. Comme il est facile de miser sur l'ignorance politique de l'électorat. Et je crois que c'est bien là le pire qu'il pouvait nous arriver. Pas étonnant que les gens se désintéressent de la politique et que nous avons assister au pire taux d'absentéisme en 2003 avec de pareils tartuffes pour nous diriger.

    Les gens, fiers de se dire « de droite » sont ignares ou des amnésiques. Ils se disent sûrement « de droite » à cause de ce populiste Mario Dumont et qu'ils n'en connaissent sûrement pas le sens. Car s'ils savaient que « être de droite » correspond à : capitalisme sauvage, congédiement arbitraire, racisme, autoritarisme, profit à tout prix et conséquemment anti-écologie, individualisme, la loi du plus fort, Maurice Duplessis ou Georges Bush, je crois qu'ils y penseraient deux fois avant de faire leur petite croix sur leur bulletin de vote. Mais, il n'est rien comme l'ignorance pour faire avancer le capitalisme...

    Le PQ s'est lui aussi laissé glissé à droite : Laisser l'aide sociale désindexée à 500$ par mois durant 30 ans, couper les médicaments au plus pauvres de la société, laisser en place les « boubous macoutes » pour couper l'aide sociale à des mères monoparentales, donner 10 cennes de l'heure d'augmentation au salaire minimum, foutre 15,000 infirmières à la porte du système de Santé : tel est le bilan de droite du PQ.

    Mais désormais, et « beaucoup » sont d'accords, comme le rappelait l'animateur Daniel Pinard à la radio récemment, « ....mis à part la souveraineté...il n'y a plus de différence entre le Parti libéral et le PQ » affirmait-il fort justement.

    L'abération des Verts de Droite

    Avec des Verts opportunistes de la droite fédéralistes, ces apôtres « la sagesse écologique » dépourvus de « moralité économique » et une ultra conservatrice ADQ qui se pointe à l'horizon, prétendant indûment incarner le renouveau, alors qu'on a jamais vu un tel retour en arrière au Québec, sans Québec solidaire, il n'y aurait « aucune » alternative de vote, et aucune représentation des la couches populaires et des personnes les plus précarisées de notre société.

    Pour sauver notre environnement, remettre de l'ordre et consolider notre filet social, rétablir l'équilibre fiscal entre les grandes entreprises et les gens ordinaires et faire tous les liens nécessaires entre la souveraineté, la répartition de la richesse et la justice sociale, c'est d'une « gauche souverainiste » comme Québec solidaire dont le Québec a désespérément besoin.

    Et cela, en nationalisant notre l'hydro électricité, tout comme Québec solidaire veut la nationalisation de l'énergie éolienne et Pharma-Québec, même René Lévesque, l'avait compris. L'indépendance du Québec ne pourra se faire sans la gauche.

    Qui ne fait pas l'indépendance la combat... - Gaston Miron

    La réconciliation étant désormais « impossible » entre le PQ et Québec solidaire, il faudra « à partir de maintenant », que l'unité des souverainistes se fassent sur le terrain électoral, où chacune des formations et/ou des candidats « dits souverainistes » assument leurs positions constitutionnelles et portent sans équivoque la Question nationale en période électorale. Pour cela, ils devront en prendre clairement contrat avec la population.

    Pour déclancher le processus, faire le plein de nos votes souverainistes et en finir avec le « vote stratégique », nous n'avons même pas besoin du PQ. Il faudra que Québec solidaire déclare formellement lui, et avant le jour des élections que :

    « Un vote pour Québec solidaire = un vote pour la souveraineté du Québec ».

    Dans ces circonstances, nul ne pourra plus accuser Québec solidaire de diviser le vote souverainiste et c'est le PQ lui-même qui devra porter l'odieux de refuser la souveraineté. Ainsi seront aussi démasqué ces « tartuffes » prétendument souverainistes et qui n'osent même pas en porter le mandat aux élections.

    Dans l'état actuel des choses, c'est-à-dire, une « démarche référendaire », un projet alambiqué par la taupe de la GRC Claude Morin, toute progression substantielle de Québec solidaire se traduira inévitablement par une perpétuelle division du vote souverainiste et une éternelle remise en échec du projet d'indépendance du Québec par les souverainistes eux-mêmes. Et pendant ce temps... Les Verts eux, progresserons sans entraves et sans véritables adversaires.



    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec
    Candidat de l'Union des forces progressistes / Laporte 2003



    Références :


    David courtise les adéquistes - Le Devoir 16 mars 2007
    http://www.ledevoir.com/2007/03/16/135196.html


    Le Parti vert du Québec : Le « Ponce Pilate » de la politique
    http://pressegauche.org/spip.php?article550


    Quand les Verts nous donnent les bleus...
    http://www.cmaq.net/fr/node/26977


    Articles personnels sur la Question nationale :

    « Référendum : Strike 3 » : Ou réfléchir à la question nationale :

    http://www.pressegauche.org/spip.php?article45

    http://www.cmaq.net/fr/node/26577


    « Référendum : Strike 3 » : Deuxième manche !
    http://pressegauche.org/spip.php?article459


    Débats sur la Question nationale au site électoral d'Amir Khadir Mercier :

    http://antigone.koumbit.org/qsmercier/articles.php?lng=fr&pg=184


    Site personnel :
    http://christianmontmarquette.spaces.live.com/


    Ancien site électoral :
    http://www.geocities.com/chmontmarquette/ufplogo »

  • Robert Henri
    Inscrit
    mardi 20 mars 2007 07h36
    Dumont!
    « ---ce qui confirme «le peu de pertinence du PQ».--- Le peu de pertinance du PQ... Je ne suis pas péquiste. Je ne le suis plus. Mais voici que Dumont vient d'insulter près du tiers des Québécois. Jamais, au grasnd jamais je ne voterai pour un tel innocent, un pareil plein de soupe (pour ne pas dire plein d'autre chose). »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mardi 20 mars 2007 09h54
    Bas les masques
    « On voit bien par les commentaires de Dumont et Charest que leur revendications ont la férocité d'un mouton fâché. Ils rampent comme des larves et se dépêchent de dire que presque tout est réglé. Sans les souverainistes, ils n'auraient pas un sous. Quels négotiateurs ? »

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