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Rétablir l'équilibre

Manon Cornellier   20 mars 2007  Québec
On peut chipoter sur les chiffres, mais on ne peut accuser le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, de s'en être tenu à des changements de surface pour corriger le déséquilibre fiscal. Le jour est-il historique, comme son collègue Maxime Bernier et lui l'ont prétendu? Aux historiens d'en juger, mais on peut dire sans crainte que le virage est marqué et que Jim Flaherty a su le prendre en préservant les ambitions politiques de son parti dans la plupart des provinces.

Au Québec, l'affaire est moins sûre puisque l'évaluation du budget fédéral se fera en fonction des intérêts électoraux des partis provinciaux, mais, dans le reste du pays, il faudra que les premiers ministres provinciaux se forcent pour trouver à redire.

Ce ne sont pas les sommes investies — modestes par rapport aux surplus, surtout cette année — qui vont nécessairement séduire les provinces, bien qu'aucune ne perde au change et que l'Ontario récolte exactement ce qu'elle avait demandé. Et dans le cas de l'Ontario, ce n'est pas un accident. Une élection provinciale doit avoir lieu en octobre et, s'il devait y avoir une élection fédérale ce printemps, c'est là que les conservateurs espèrent faire suffisamment de gains pour obtenir une majorité.

Mais au-delà de l'argent, ce que les provinces voulaient et ont obtenu des conservateurs est la réforme du programme de la péréquation et du système de transferts pour la santé, l'éducation postsecondaire et les programmes sociaux. M. Flaherty a concilié les intérêts opposés de plusieurs provinces, et presque tous les changements structurels qu'il apporte font écho aux revendications faites par les gouvernements provinciaux depuis le budget Martin de 1995.

***

Un retour en arrière est nécessaire pour mesurer le chemin parcouru, mais aussi pour juger des talents de contorsionniste de Jim Flaherty. 1995, année du budget charnière de Paul Martin. Déterminé à éliminer le déficit, il modifie et réduit unilatéralement les transferts aux provinces, ébranlant du coup leur situation financière. Quand Ottawa renoue avec les surplus, il réinvestit, mais de façon inégale et souvent sous le coup des pressions des provinces qui restent à la merci du bon vouloir du fédéral.

Les provinces ont serré les rangs, enfourché le cheval de bataille du déséquilibre fiscal et précisé leur vision. Elles ont toujours demandé des transferts plus généreux, prévisibles et indexés annuellement. Elles ont toujours voulu une formule de calcul de la péréquation qui tienne compte de la capacité fiscale des dix provinces au lieu de cinq.

Paul Martin, le premier ministre, a fait un premier pas pour corriger ce déséquilibre qu'il ne reconnaissait pas. En 2004, il a accepté de s'engager sur dix ans en matière de santé et d'indexer les transferts qui y sont destinés. L'éducation postsecondaire et les programmes sociaux ne sont pas couverts. En matière de péréquation, Paul Martin délie sa bourse, mais sème la pagaille en jetant aux orties la formule de calcul et en signant des accords parallèles avec Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse.

L'Alberta et l'Ontario protestent. Trop riches pour profiter de la péréquation, elles continuent de recevoir moins d'argent par habitant pour la santé et les autres programmes. Elles veulent que cela cesse. La Saskatchewan, qui a souvent vu ses paiements de péréquation diminuer sous l'effet de ses revenus pétroliers, s'est mise à demander le même traitement que Terre-Neuve. Ces deux dernières se sont finalement alliées pour exiger de ne plus tenir compte des revenus des ressources naturelles dans le calcul de la péréquation. L'Alberta leur a donné son appui alors que le Québec, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick exigeaient que l'on tienne compte de la totalité des revenus provenant des ressources naturelles. Belle cacophonie!

***

Beau défi aussi pour les conservateurs qui ont exploité la situation lors des élections de l'an dernier. Ils ont promis de respecter les accords avec Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, d'exclure les ressources naturelles de la péréquation, de tenir compte de la capacité fiscale des dix provinces et de régler le déséquilibre fiscal...

Obligé de trancher, le ministre Flaherty s'est rabattu sur le rapport d'un groupe de travail fédéral formé par Paul Martin qui suggérait de tenir compte des dix provinces, d'inclure la moitié des revenus des ressources naturelles et de plafonner les paiements de péréquation, ce qui nuirait à Terre-Neuve, et de verser le même montant par habitant à toutes les provinces lorsque vient le temps de financer la santé, l'éducation postsecondaire et les programmes sociaux.

C'est exactement ce qu'a fait M. Flaherty hier. En fait, presque. Sa formule, maintenant transparente et prévisible, a été conçue pour n'indisposer personne. Le plafond sur les paiements de péréquation ne s'appliquera pas à Terre-neuve ou à la Nouvelle-Écosse avant l'expiration de leur entente... à moins qu'elles ne le demandent. La moitié des revenus provenant des ressources naturelles seront pris en compte, mais, si l'inverse avantage une province, ce sera cette dernière formule qui sera retenue. Les transferts pour l'éducation postsecondaire et les programmes sociaux seront les mêmes par habitant pour toutes les provinces et ils seront bientôt indexés et prévisibles jusqu'en 2013-14.

L'adoption de toutes ces mesures, inscrites dans un cadre structuré, peut ouvrir la voie à une réduction du déséquilibre fiscal, car elle assure un accroissement continu des transferts aux provinces. Il manque toutefois deux gros morceaux auxquels a toujours tenu le Québec. On ne retrouve pas la promesse d'un éventuel transfert de points d'impôt ou de TPS, le seul vrai mécanisme pour mettre les provinces à l'abri des décisions arbitraires d'Ottawa. Quant à l'encadrement du pouvoir de dépenser, il demeure à l'état de promesse. Le budget répète, comme l'an dernier, qu'Ottawa veut en discuter avec les provinces qui, dans bien des cas, s'en fichent...

***

mcornellier@ledevoir.com
 
 
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  • Gilbert Belzile - Inscrit
    20 mars 2007 13 h 55
    VOICI POURQUOI LE CANADA PEUT MAINTENANT AIDER PLUS LE QUÉBEC!
    Le Canada, un pays en santé



    Vous vous rappelez peut-être de Jacques Parizeau, durant la campagne référendaire de 1995, qui ne cessait de répéter que le Canada était un pays au bord de la faillite avec un déficit annuel de 30 milliards de dollars et une dette accumulée de près de 600 milliards $.

    Aujourd'hui les choses sont bien différentes, le pays ne fait plus de déficit depuis 1997 et la dette qui était de près de 600 milliards est aujourd'hui à environ 480 milliards $. Le pays a donc remboursé sa dette de plus de 100 milliards $ depuis.

    Qu'a fait le Québec durant la même période de temps? Le Québec en principe ne fait plus de déficit annuel depuis 1998. Mais avec des jeux comptables, des dépenses considérées comme immobilisation sont empruntées et passées à la dette. Cette dette qui en 1998 était de 98 milliards $ frôle aujourd'hui les 120 milliards $. La province a donc augmenté sa dette de 22 milliards $ depuis. Et c'est sans compter la part du Québec dans la dette canadienne qui est d'environ 110 milliards $.

    Pourquoi le Canada a-t-il si bien performé? Le contexte énergétique y a contribué beaucoup. En 1995 le baril de pétrole valait environ 20 $, aujourd'hui il vaut près de 60 $. Le Canada est actuellement considéré comme le pays qui a la plus grande richesse pétrolière au monde après l'Arabie Saoudite, surtout grâce aux sables bitumineux de l'Alberta. Au rythme où le pétrole canadien est exploité actuellement, la réserve pourrait durer plus de 200 ans.

    Le Canada est dans une position très avantageuse, il est très envié à travers le monde pour ses immenses ressources pétrolières et gazières et les capitaux y affluent. Des investissements des plus importants, de l'ordre d'une dizaine de milliards de dollars par an, sont en cours en Alberta dans les sables bitumineux principalement. Les Albertains d'abord, mais aussi tous les Canadiens du reste du pays commencent à en profiter, et ce n'est qu'un début.

    Le Canada est un pays exportateur net de pétrole et de gaz naturel. La hausse du prix du pétrole et du gaz est en train de propulser le pays à des niveaux de prospérité jamais vus. Plusieurs analystes économiques pensent qu'il est le pays ou il faut investir dès maintenant pour profiter de cette prospérité qui débute, non seulement à cause du pétrole et du gaz naturel de l'Alberta mais aussi grâce à ses nombreuses autres ressources naturelles dont, en Saskatchewan, la potasse (premier producteur mondial) et l'uranium (premier producteur mondial), pour ne nommer que celles-là. Le charbon de la Colombie Britannique et de l'Alberta n'est pas en reste puisque la forte demande de la Chine pour les besoins de son industrie sidérurgique a même fait rouvrir des mines abandonnées.


    Nos partis politiques souverainistes continuent de nous proposer de laisser tomber la citoyenneté canadienne, celle d'un grand pays, riche et prospère pour ne garder que la citoyenneté Québécoise, celle d'une province relativement pauvre (1) et très endettée. Les Québécois sentent d'instinct qu'il ne s'agirait pas là d'un choix de gagnants et qu'ils seraient ceux-là mêmes qui auraient à en supporter les conséquences! Ils ne veulent plus de référendum sur cette option.

    Non, les Québécois ne sont pas aussi peureux que certains souverainistes le prétendent mais ils sont prudents par nature et ils se disent quelque chose comme :
    «Il vaut mieux ne pas quitter le pays où nous sommes, parce que personne n'est capable de nous dire comment serait le pays que les souverainistes nous improviseraient!»


    .
    (1) Le Québec va recevoir en 2007, plus de 7 milliards $ annuellement (135 millions par semaine), du système de péréquation du Canada pour maintenir les services à sa population au niveau canadien. Et il ne s'agit pas du retour de nos impôts mais plutôt de la redistribution de la richesse des provinces riches envers les provinces pauvres.



    Gilbert Belzile.
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  • Linda Hart - Abonnée
    21 mars 2007 07 h 28
    M. Belzile radote
    M. Belzile vous avez déjà publié ce texte ailleurs. C'est tout ce que vous avez à dire pour défendre le Canada. C'est pas très fort et un peu répétitif.
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