Le budget fédéral dénoncé par des militants souverainistes
Un regroupement de militants souverainistes dénonce la décision du gouvernement conservateur de Stephen Harper de déposer aujourd'hui même son budget, qualifiant le geste de «grossière manoeuvre pour court-circuiter la démocratie québécoise, pour manipuler l'opinion publique, pour acheter l'allégeance des Québécois avec leur propre argent».
«Stratégiquement placé une semaine jour pour jour avant l'élection au Québec, il est clair que ce budget visera à faire miroiter aux Québécois des milliards, par ailleurs déjà payés par nos impôts, dans le but de démontrer les grands avantages du régime fédéral, de soutenir les partis fédéralistes québécois et de préparer la campagne fédérale qui suivra», écrivent les auteurs d'un texte que Le Devoir publie aujourd'hui en page A 6.
Le texte en question est cosigné par le Conseil de la souveraineté du Québec, les Intellectuels pour la souveraineté, L'Aut'journal, le Mouvement national des Québécoises et Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et l'Union des écrivaines et écrivains du Québec.
Les auteurs soutiennent essentiellement que «le gouvernement de la nation québécoise est assujetti aux décisions d'une autre nation — la nation canadienne-anglaise — pour boucler son budget. Le "cadre financier" des promesses électorales de Jean Charest le fédéraliste et de Mario Dumont qui se dit "autonomiste" sera finalement défini par le "cadre financier" fédéral qu'il faudra quêter d'année en année, sans aucune garantie de succès».
Les auteurs rappellent qu'entre 1993-94 et 2003-04, «les revenus fédéraux perçus au Québec ont augmenté de 58 % et les transferts fédéraux de 5,8 %». Ils évaluent donc à près de 3,9 milliards par année l'augmentation des transferts des impôts fédéraux au gouvernement du Québec, comme «minimum» pour rétablir les paiements de transfert à leur niveau antérieur.
Quoi qu'il en soit, ajoutent-ils, «[...] que le budget Harper rétablisse totalement ou partiellement ses contributions à la santé, à l'éducation et à la péréquation, cela n'empêchera jamais ce gouvernement ou un autre qui le remplacera de recommencer à recréer un autre déséquilibre fiscal dans un an ou deux, comme le gouvernement Chrétien-Martin l'a fait contre les intérêts du Québec il y a quelques années. Encore moins d'effacer les dix années de turbulences et de souffrances dont les malades et les jeunes du Québec ont fait les frais».
Et selon eux, si «l'encadrement du pouvoir de dépenser du fédéral» était annoncé dans l'énoncé budgétaire, cela «ne ferait qu'empêcher le gouvernement canadien de dépenser dans des champs de compétence du Québec sans son accord. Cela pourrait ralentir la centralisation, mais ne donnerait aucun pouvoir à notre État national pour s'attaquer à nos problèmes de société». Dans ce contexte, la seule option souhaitable pour les Québécois consiste à se «construire un pays», concluent-ils.
«Stratégiquement placé une semaine jour pour jour avant l'élection au Québec, il est clair que ce budget visera à faire miroiter aux Québécois des milliards, par ailleurs déjà payés par nos impôts, dans le but de démontrer les grands avantages du régime fédéral, de soutenir les partis fédéralistes québécois et de préparer la campagne fédérale qui suivra», écrivent les auteurs d'un texte que Le Devoir publie aujourd'hui en page A 6.
Le texte en question est cosigné par le Conseil de la souveraineté du Québec, les Intellectuels pour la souveraineté, L'Aut'journal, le Mouvement national des Québécoises et Québécois, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et l'Union des écrivaines et écrivains du Québec.
Les auteurs soutiennent essentiellement que «le gouvernement de la nation québécoise est assujetti aux décisions d'une autre nation — la nation canadienne-anglaise — pour boucler son budget. Le "cadre financier" des promesses électorales de Jean Charest le fédéraliste et de Mario Dumont qui se dit "autonomiste" sera finalement défini par le "cadre financier" fédéral qu'il faudra quêter d'année en année, sans aucune garantie de succès».
Les auteurs rappellent qu'entre 1993-94 et 2003-04, «les revenus fédéraux perçus au Québec ont augmenté de 58 % et les transferts fédéraux de 5,8 %». Ils évaluent donc à près de 3,9 milliards par année l'augmentation des transferts des impôts fédéraux au gouvernement du Québec, comme «minimum» pour rétablir les paiements de transfert à leur niveau antérieur.
Quoi qu'il en soit, ajoutent-ils, «[...] que le budget Harper rétablisse totalement ou partiellement ses contributions à la santé, à l'éducation et à la péréquation, cela n'empêchera jamais ce gouvernement ou un autre qui le remplacera de recommencer à recréer un autre déséquilibre fiscal dans un an ou deux, comme le gouvernement Chrétien-Martin l'a fait contre les intérêts du Québec il y a quelques années. Encore moins d'effacer les dix années de turbulences et de souffrances dont les malades et les jeunes du Québec ont fait les frais».
Et selon eux, si «l'encadrement du pouvoir de dépenser du fédéral» était annoncé dans l'énoncé budgétaire, cela «ne ferait qu'empêcher le gouvernement canadien de dépenser dans des champs de compétence du Québec sans son accord. Cela pourrait ralentir la centralisation, mais ne donnerait aucun pouvoir à notre État national pour s'attaquer à nos problèmes de société». Dans ce contexte, la seule option souhaitable pour les Québécois consiste à se «construire un pays», concluent-ils.
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