dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Acheter la paix

Paule Des Rivières   18 mai 2002  Québec
Le gouvernement et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) en sont venus à une entente de principe dans l'épineux dossier de l'équité salariale. Au cours des trois prochaines années, les 72 000 enseignants des niveaux primaire et secondaire recevront des hausses salariales moyennes de 5,5 %, avec des pointes à 11 %, ce qui coûtera 236 millions au Trésor québécois. Cette entente survient au terme de longues discussions au cours desquelles le gouvernement a lâchement laissé tomber ses principales exigences.

L'automne dernier, le gouvernement avait commencé à se montrer plus flexible sur la question de l'équité, en insistant toutefois pour que tout ajustement salarial s'accompagne d'une hausse du temps d'enseignement. Présentement, l'enseignant titulaire de niveau primaire passe 20 heures et demie dans la classe et celui du secondaire, 17 heures cinq minutes par semaine. En Occident, l'enfant québécois est celui qui passe le moins de temps en classe. Mais le ministre de l'Éducation, François Legault, a frappé un mur. En janvier, il assouplissait sa position en abandonnant l'exigence d'une présence accrue en classe pour une simple présence auprès des enfants. Le successeur de M. Legault, Sylvain Simard, qui présidait alors le Conseil du trésor, était sur la même longueur d'onde que son prédécesseur.


Or, voilà que l'entente de cette semaine apparaît comme une monumentale reddition. Car on aura beau camoufler les faits en répétant que les enseignants devront passer cinq heures de plus par semaine à l'école, soit 32 heures au lieu de 27, il est écrit noir sur blanc que «la tâche éducative reste inchangée». En bref, les enseignants corrigeront des copies, feront des appels aux parents, mais n'auront pas à dispenser davantage de services auprès des enfants. Par ailleurs, le gouvernement a aussi cédé sur la question de l'échelle salariale unique. Désormais, en éducation, les enseignants n'auront plus aucun intérêt à accroître leur scolarité une fois atteint le seuil minimal de 17 années. Un scandale!


Il ressort de cette négociation que la tâche des enseignants, rigide et minutée, est une vache sacrée. Et tant pis si sa définition ne correspond plus à l'école d'aujourd'hui. Il ressort également de cette entente que l'approche d'une élection peut venir à bout de convictions hier encore défendues la main sur le coeur. Les enseignants n'avaient-ils pas menacé d'appuyer des candidats opposés au PQ au cours de la prochaine campagne électorale?


Que les enseignants soient mieux payés, soit. Leur travail, tellement important dans notre société, s'en trouvera valorisé. Mais qu'ils refusent avec une telle ardeur de consacrer un peu plus de temps à l'encadrement des élèves, voilà qui laisse pantois. Quant au comportement du plus gros syndicat de la CSQ, l'Alliance des professeurs de Montréal, pour lequel les cinq heures ajoutées sont inacceptables, il est odieux. Mais le plus fautif dans cette histoire demeure le gouvernement qui, pour des raisons purement électorales, a capitulé.


Paule des Rivières
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012