vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Et la culture?

Les artistes déplorent le silence des partis politiques et présentent des demandes fermes

Stéphane Baillargeon   16 mars 2007  Québec
Photo : Jacques Grenier
Évacuée des débats par les formations politiques, la vaste question culturelle force de plus en plus son entrée sur la scène électorale. Après le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) mardi, avant l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) aujourd'hui, c'était hier au tour de l'Union des artistes (UDA) de déplorer l'absence de considération pour la culture dans le cadre de la campagne.

Le plus grand syndicat d'artistes du Québec en a profité pour proposer trois gestes concrets que pourrait faire le prochain gouvernement dans les cent premiers jours de son mandat.

L'UDA réclame d'abord de consacrer 1 % du budget de l'État au soutien à la création culturelle, ce qui supposerait un ajout d'environ 80 millions de dollars à l'enveloppe annuelle du ministère de la Culture et des Communications, qui oscille présentement autour de 615 millions. L'UDA veut ensuite qu'on intègre beaucoup mieux les arts et la culture au système d'éducation par une offre accrue de cours ou d'activités animés par les artistes. Le regroupement professionnel demande finalement de convoquer un grand sommet sectoriel afin de «convenir d'une nouvelle stratégie globale en matière de culture», comme l'a résumé le président de l'UDA, Raymond Legault, en conférence de presse, hier matin, à Montréal.

Les critiques et les requêtes se multiplient de la part des divers groupes de pression. Lundi, l'Association des professionnels des arts de la scène au Québec (APAQ) affirmait que la rémunération des concepteurs de décors, d'éclairage, de sons ou de costumes ne s'est pas améliorée depuis une décennie, malgré l'augmentation des fonds du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Le lendemain, jour du débat des chefs, le MAL revenait à la charge avec sa supplique pour de nouvelles hausses du budget annuel de cet organisme afin de le faire passer de 72 à 90 millions.

Le porte-parole Stanley Péan notait que la culture avait joui de plus de considération pendant la précédente campagne, en 2003. En soirée, au débat des chefs, le mot «culture» n'a été prononcé qu'une seule fois, et encore, à la va-vite, dans une phrase sur la protection de l'identité.

«En 2007, la culture, ses créateurs et ses interprètes sont toujours perçus comme au début des années 1960, au moment de la création du ministère des Affaires culturelles, a dit Raymond Legault, en élargissant le débat. On parle de soutien, de subvention, d'aide, etc. Les paradigmes ne changent pas. La culture est toujours perçue comme allant de soi, à la rigueur nécessaire et parfois utile, surtout lors des campagnes électorales... »

Il a ensuite rappelé qu'avec ses quelque 13,6 milliards et ses 177 000 emplois, le secteur culturel compte plus dans l'économie du Québec que les secteurs combinés de l'extraction minière, de pétrole et de gaz naturel, de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse. Dans sa propre «plate-forme» dévoilée hier, l'UDA demande aussi au prochain gouvernement, «dès le 101e jour», d'adopter «une politique d'aide à l'exportation des produits culturels», de réformer la Loi sur le cinéma, essentiellement pour forcer le doublage au Québec des films en langues étrangères projetés ici, et de refondre la Loi sur la formation de la main-d'oeuvre pour que les artistes aient aussi accès à la formation continue. Ce matin, l'ADISQ va déplorer l'absence d'engagement pour son secteur.

Malgré la grogne de plus en plus forte des milieux professionnels, les principales formations politiques en lice se défendent bien de ne pas accorder d'intérêt à la culture. Le PQ et le PLQ ont déposé leurs propositions sectorielles dès le début de la campagne.

Les libéraux promettent par exemple une loi sur le patrimoine tandis que les péquistes voudraient hausser de 10 millions par année les budgets du CALQ. Le chef de l'ADQ a promis que le budget culturel de l'État serait un des seuls épargnés par les compressions envisagées. Le porte-parole de la formation note la prédominance de nombreux autres enjeux fondamentaux, de la santé au décrochage scolaire, et refuse de commenter les demandes particulières de l'UDA ou des groupes de pression de la culture, une règle générale de la campagne adéquiste.

La ministre de la Culture sortante ne se montre pas fermée à l'idée d'organiser un grand sommet pour discuter des enjeux. «Je suis sensible à l'idée», a dit en entrevue au Devoir Line Beauchamp, tout en soulignant que plusieurs intentions formelles pointent déjà dans cette direction, par exemple la tenue des états généraux du théâtre à l'automne ou le sommet à venir en novembre sur Montréal comme métropole culturelle.

«Je n'ai pas refusé un seul débat sur la culture, dit celle qui agit en plus comme organisatrice en chef de la campagne libérale. «Cela dit, si la culture ne se retrouve pas plus au coeur de la présente campagne que des précédentes, la culture demeure une responsabilité fondamentale du gouvernement du Québec.»

André Boisclair entend organiser dès la semaine prochaine une conférence de presse spécialement dédiée aux promesses culturelles de sa plate-forme. Les candidats-vedettes Pierre Curzi, ex-président de l'UDA, et Daniel Turp, critique de l'opposition officielle en matière de culture, y participeront.

«Personnellement, je souhaiterais bien que la culture fasse l'objet d'un débat plus large, confie ce dernier, candidat dans Mercier. Le sujet me semble aussi important pour notre société que la santé ou l'éducation.» Il explique que la sortie publique de son chef servira notamment à détailler les huit engagements culturels de son parti. On y trouve notamment l'idée d'organiser des états généraux de la culture, ce qui peut rejoindre une des demandes fondamentales de l'UDA.

«En matière culturelle, il n'y a pas vraiment de désir d'investissement, a dit M. Legault en parlant de la «pauvreté» des propositions, toutes formations confondues. Les principes sont là, mais l'argent sonnant et trébuchant est inexistant. [...] On dirait que c'est toujours un peu de saupoudrage, des réactions plutôt que des actions. Nous, on demande que des gestes concrets soient posés.»

En fait, l'Union des artistes ne place même pas trop d'espoirs dans l'éventuelle nomination de Pierre Curzi au ministère de la Culture, advenant la formation d'un cabinet péquiste. M. Curzi a quitté la présidence de l'Union des artistes pour se lancer en politique. «Que ce soit un ministre ou un autre, je m'en fous, a dit Raymond Legault, son successeur intérimaire à la tête de l'Union. Que ce soit un parti ou un autre, à la limite, je m'en fous. Ce n'est pas l'important. Parce que même si le ministre de la Culture est convaincu qu'il faut plus d'argent, si au Trésor on lui dit non et que le premier ministre lui dit non, on a peu de chances qu'on le lui accorde.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Lapirog
    Abonné
    vendredi 16 mars 2007 06h35
    La Culture c'est important et ça rapporte plus que:
    cinq autres secteurs industriels combinés.Étrange que les partis politiques ne s'en préoccupent pas davantage.
    Il faut voir comment ce secteur socio-économique rapporte en redevances et en prestige à l'Angleterre et aux États-Unis que ces deux pays soulignent de multiples façons concrètes à leurs créateurs.Sommes nous si endormis ou inconscients ou simplement aliénés?

  • Jean Lapointe
    Abonné
    vendredi 16 mars 2007 09h15
    Pas brillant Legault!
    Pourquoi pense-t-il que le Parti québécois veut que le Québec devienne souverain ? N'est-ce pas pour beaucoup pour être en mesure de pouvoir développer sa propre culture dont sa langue.

    Le jemenfoutisme de Legault révèle qu'il n' a pas compris grandchose. Il fait du théâtre.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 16 mars 2007 09h15
    Dénaturation de la Culture
    Si l'État n'a pas sa place dans la chambre à couché du citoyen, il n'a non plus sa place dans le studio de l'artiste.

    Lorsque, rituellement, je vais au dépanneur du coin achetter mon journal Le Devoir du samedi, la première chose que je fais, une fois à la maison, est de foutre à la poubelle la section "culture". Elle pue trop le concensus et j'y vois trop les mêmes faces, mêmes manières. La subversion que je m'attend à y trouver n'y est jamais.

    La culture, je la retrouve dans la section "livres". En effet, cette section n'a pas besoin de nous rappeller ce qu'elle sert. Elle nous rappelle simplement le moyen qu'elle prend pour le faire.

    De séparer ainsi les moyens de la culture, les arts, pour en isoler la littérature en dehors de la culture me parraît une bien étrange entreprise.

    Je crois aussi que c'est la même erreur que de nommer un ministère de la Culture et surtout un ministre de la Culture. On ne gère pas la Culture. La gestion de la culture équivaut à une dictature, à la mort de la Culture.

    La culture doit rester un acte de création totalement libre. Elle n'est pas l'affaire d'une élite ou d'une sélection arbitraire.

    De grâce, un ministère des Arts, des subventions aux moyens, mais pas à la culture. Financez des studios, des outils, où tous (pas seulement Montréal) pourront se servir pour créer, mais pas les artistes ni les oeuvres.

  • Steve Fortin
    Abonné
    vendredi 16 mars 2007 11h09
    L'identité culturelle pour contrecarrer le populisme démagogue dumontien!
    Un de mes étudiants me disait récemment que l'une des raisons qui faisaient que l'identification au projet d'indépendance était moins attrayante pour lui était que le projet de pays devenait de plus en plus un projet défini par une logique comptable. En effet, les leaders souverainistes se noient dans la logique du déséquilibre fiscal, de la rentabilité et de la compétitivité au détriment de l'identification au projet de pays notamment en fonction de notre diversité culturelle et de nos repères historico-culturels. Si Dumont joue la carte de la démagogie populiste jusqu'à la dérision, pourquoi ne pas mousser et promouvoir l'option souverainiste par ce qui nous définit le mieux en tant que collectivité : la richesse et la diversité de notre culture et de notre patrimoine. Et l'équipe péquiste compte dans ses rangs l'un des plus ardents défenseurs de notre patrimoine culturel, Pierre Curzi; espérons qu'il aura la chance de stimuler les troupes et contrecarrer le discours populiste démagogique de Dumont par l'appel plus constructif de l'identité culturelle et plurielle de la nation québécoise (sans égards au Canada uni!).

  • France Lafontaine
    Abonné
    samedi 17 mars 2007 00h56
    Aux z'artistes
    Chers z'artistes souverainistes,

    Qui vous a donné la loi sur le statut de l'artiste ??? Qui a augmenté le budget du ministère de la Culture et des Communications de 17% en 4 ans ??? Qui a augmenté les crédits du Conseil des Arts et des Lettres de 14.5% millions en 4 ans ??? Qui a donné plus de cours d'art à l'école et propose aussi d'en faire en activités parascolaires ???
    Vous le savez tous , c'est le parti libéral.... Ne vous en déplaise !
    Depuis les années '60, c'est toujours un gouvernement libéral qui a été le plus actif pour l'avancement de la culture au Québec: création du Ministère de la Culture, et du Conseil des Arts. Qui a augmenté de 10 millions par année , récurrents, pour le cinéma québécois ????
    Vous ne l'avez jamais reconnu, ça paraît mieux d'être péquistes même si ceux-ci ont discuté beaucoup mais peu réalisé pour vous....

    Allez chanter , parler pour la souveraineté et vous devrez vous contenter de ce qui existe déjà ou moins parce que l'indépendance ça se paye....

    Une amie des arts,
    France Lafontaine


    lafontaine@videotron.ca

  • Julienne Vigneault
    Inscrite
    samedi 17 mars 2007 13h53
    M.A.L. ralliez-vous à la Fondation nationale québécoise communautaire du Québec
    M.A.L.avec ses quinze mille membres,est appelée à se rallier à la Fondation nationale québécoise communautaire du Québec(FNQCQ).C'estla seule fondation communautaire provinciale au Québec, et, de plus, qui a un Fonds de stabilisation et de consolidation du patrimoine et des arts du Québec (FSCPAQ);
    c'est la seule fondation et l'unique fonds sur mesure pour la culture.

    Ce fond remplace le Fonds de stabilisation et de consolidation de la culture et des arts du gouvernement du Québec FSCAPQ-(1999-2005) .Personne ne sait à quoi et à qui
    a servi ce fonds gouvernemental de 19.$ Millions,car le MCC a refusé de donner la liste des organismes qui furent subventionnés.

    Le monde des artistes professionnels et de la culture,
    quand vous aurez compris qu'il faut vous responsabiliser et prendre en main votre destin!...vous viendrez vous rallier à la FNQCQ! Il faut arrêter de demander l'aumône aux gouvernements, quémander l'argent que les artistes et les entreprises culturelles ont eux-mêmes contribué aux revenus du PIB pour enrichir l'État québécois, et qui ne sont pas redistribués équitablement à l'ensemble des artistes et aux organismes (OSBL), mais uniquement aux plus riches de la culture de masse populiste dans une économie marchande commerciale capitaliste, en compétition déloyale avec la culture impérialiste des multinationales dans la vague de la mondialisation.

    Mais il faut continuer à exiger toutefois des États qu'ils soient responsables et ne se désengagnent pas de leur devoirs et de leurs responsabilités pour protéger et soutenir la culture,les artistes et les industries culturelles québécoises.C'est d'ailleurs leur rôle renforcé par la Convention Internationale de l'UNESCO que le Québec et le Canada ont signée, et qui est en application depuis le 18 mars 2007.

    C'est pourquoi la FNQCQ s'est doté du FONDS de stabilisation et de consolidatin du patrimoine et desa rts du Québec (FSCPAQ). Ce nouveau fonds est un outil, un moyen supplémentaire pour donner du support technique et financier au milieu culturel:le patrimoine, les arts et la culture.
    Ce fonds est le seul moyen d'aquérir une autonomie parl'auto-détermination souvenaine de notre art et de notre culture. En effet,la fondation FNQCQ est une fondation publique,
    un organisme communautaire autonome(ONG)non gouvernemental, à vocation provinciale nationale qui représente toutes les régions du Québec.

    C'est est assez de laisser les gouvernements avec les autres (lobby politiques d'affaires) définir la culture à notre place, décider seuls des grands enjeux culturels de la société,et gérer la vie professionnelle des artistes et leurs projets de production artistiques à la petite semaine, sans avoir de budget de fonctionnement annuel et sans provision financière pour assurer la pérennité de leur carrière et de leur entreprise au présent et pourl'avenir.

    En quelque sorte cette fondation FQNCQ est une forme de gouvernement du peuple pour le peuple et gérée parle peuple,un mouvement solidaire et démocratique pour l'avancement de la philanthropie. C'est pourquoi cette fondation a prévu créer aussi des Fonds ÉQUITABLES dans
    six(6)secteurs d'activités en philanthropie.
    Elle permettra plus d'autonomie aux individus et organismes de bienfaisances entregistrés par la création de fonds orientés. Elle jouera un role de redistribution de la richesse par des subventions communautaires, en évitant la prolifération inutile des fondations privées et publiques. N'hésitez-pas à vous rallier à ce mouvement pour l'avancement de la philanthropie au Québec.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
éditoriaux
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012