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Dumont veut relancer Grande-Baleine

16 mars 2007  Québec
Mario Dumont a le sens de la formule, comme chacun le sait, et son humour semble avoir eu beaucoup d’effet sur cette serveuse dans un restaurant de Delson où le chef adéquiste était hier midi.
Photo : Jacques Nadeau
Mario Dumont a le sens de la formule, comme chacun le sait, et son humour semble avoir eu beaucoup d’effet sur cette serveuse dans un restaurant de Delson où le chef adéquiste était hier midi.
Oromstown — Si son parti est porté au pouvoir, Mario Dumont veut relancer le mégaprojet hydroélectrique Grande-Baleine, abandonné en 1994 en raison de la vive opposition des Cris. Treize ans plus tard, une possible levée de boucliers des autochtones et des écologistes contre le projet ne semble pas freiner son ardeur.

Encore plus que ne le fait le gouvernement libéral avec sa stratégie énergétique, un gouvernement adéquiste mettrait tout en oeuvre pour accélérer au maximum la construction de grands barrages sur les rivières du Nord québécois.

Ainsi, aux 4500 nouveaux mégawatts promis par le gouvernement Charest d'ici 2010, Mario Dumont oppose plus du double de mégawatts, soit 10 000.

Grande-Baleine, mégaprojet controversé de 15 milliards de dollars mis sur la touche par l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, serait au coeur de cette stratégie.

«On ne devrait pas laisser le projet Grande-Baleine dans la filière 13», a tranché M. Dumont hier, en point de presse, alors qu'il faisait campagne en Montérégie.

«Les Québécois ont investi plus d'un demi-milliard simplement pour les études reliées à Grande-Baleine», a-t-il ajouté pour justifier son choix.

L'actuel grand chef des Cris, Matthew Mukash, avait été l'un des principaux opposants au projet de complexe hydroélectrique sur la rivière Grande-Baleine, en 1994. C'est lui qui avait pagayé sur la rivière Hudson à New York afin de gagner l'appui des écologistes américains contre le mégaprojet.

En mai dernier, le gouvernement Charest présentait sa stratégie énergétique 2006-15 et Grande-Baleine n'en faisait pas partie. M. Mukash avait alors exprimé sa satisfaction de voir le projet laissé dans les limbes.

M. Dumont a aussi soutenu que le Québec devait produire suffisamment d'hydroélectricité pour générer des surplus à exporter.

«Je pense encore que l'exportation, pour les Québécois, est une voie d'avenir, que les Québécois ont besoin d'argent, ont besoin de ressources financières pour faire face au vieillissement de la population», a-t-il ajouté.

M. Dumont, qui n'a pas fixé d'échéancier à ses engagements en matière énergétique, voudrait aussi relancer les discussions avec Terre-Neuve pour développer le potentiel hydroélectrique du Labrador.

Par ailleurs, M. Dumont s'est montré très optimiste de voir le déséquilibre fiscal corrigé à la faveur du Québec, lors de la présentation du budget fédéral, lundi prochain.

Il s'est dit convaincu qu'Ottawa ferait «un pas important» en ce sens, à cette occasion, donc que les sommes en cause seraient importantes.

«Si on était dans cet ordre de grandeur là, de 1,5 milliard à deux milliards de dollars, ça commence à être des sommes d'argent extrêmement considérables», selon lui.






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