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Boisclair tire son épingle du jeu

Antoine Robitaille   14 mars 2007  Québec
Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont avant le débat télévisé d’hier soir, un moment très attendu de la campagne électorale au Québec.
Photo : Agence Reuters
Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont avant le débat télévisé d’hier soir, un moment très attendu de la campagne électorale au Québec.
Québec — Les échanges entre les trois chefs lors du débat à Québec se sont révélés sans merci, hier soir, et ont été ponctués par un coup de théâtre de la part de Mario Dumont.

André Boisclair a tiré son épingle du jeu, restant à l’attaque tout au long du débat, forçant à plusieurs reprises ses opposants à se commettre sur des questions précises. «Êtes-vous capable de regarder les Québécois dans les yeux et de leur dire, comme vous l’avez fait récemment, que ça va bien en santé?», a lancé le chef péquiste à son adversaire libéral. Jean Charest a tenté tout au long du débat de rester calme, cherchant à projeter une image de premier ministre. Quant à Mario Dumont, il a dû se défendre de plusieurs attaques de ses adversaires qui ont tenté de miner sa crédibilité.

André Boiclair l’a d’ailleurs mis dans l’embarras en lui demandant à un moment de manière répétitive d’évaluer la «marge de manoeuvre financière» de l’État du Québec. M. Dumont a alors cherché à changer de sujet et à dévier la discussion sur la sécurité et la gestion des prisons, avant d’être ramené par le modérateur Jacques Moisan au thème discuté alors: l’économie et les finances publiques.

Les trois chefs, qui jouaient tous leur avenir, et alors que les sondages laissent ouvertes toutes les possibilités — même celle d’un gouvernement minoritaire — ne se sont donc pas fait de cadeau, se parlant franchement et même crûment à certains moments. «Vous vivez dans vos rêves», a par exemple répété Mario Dumont à M. Boisclair, lors du bloc sur l’avenir du Québec. «Laissez donc les autres parler, c’est quoi votre problème?», a lancé Jean Charest au chef péquiste. «Quatorze milliards, on peut-tu dégonfler la baloune, SVP?», a, à un moment, lancé M. Boisclair à son adversaire libéral au sujet des ententes avec le fédéral.

Coup de théâtre
Le débat a été ponctué par un important coup de théâtre de la part de Mario Dumont. Ce dernier, pour déstabiliser son opposant libéral Jean Charest, a révélé une note de service du ministère des Transports datant de juin 2004 et qui soulignait des problèmes sévères aux «assises» du viaduc du boulevard de la Concorde, qui s’est affaissé le 30 septembre 2006, faisant cinq morts. La note précisait qu’il fallait soumettre l’ouvrage à une «surveillance exceptionnelle». Mario Dumont a alors pourfendu le premier ministre: «Votre gouvernement avait été alerté!», «vous avez caché cela aux Québécois», «vous n’avez pas posé les bonnes questions !» Tentant de conserver son attitude calme Jean Charest a d’abord voulu revenir au sujet — la dette — puis a admis ne jamais avoir pris connaissance de la note de service en question. Il a ensuite recommandé à M. Dumont de faire part de cette information à la Commission d’enquête Johnson créée pour faire la lumière sur cette tragédie, terminant l’échange en traitant son adversaire d’«irresponsable».

Plus tard en point de presse le chef adéquiste a affirmé avoir pris connaissance de cette note de service «plus tôt dans la journée» et a été évasif quant à sa provenance, se contentant de dire qu’elle lui avait été remise par «par des gens qui en ont par-dessus la tête au Québec que la vérité sorte pas.» Selon M. Dumont, les Québécois doivent se poser de sérieuses questions sur «les reports de cette commission», qui permettent au gouvernement de garder secrets des documents qui pourraient faire mal paraître le gouvernement. En point de presse, Jean Charest a été cinglant pour Mario Dumont, précisant qu’il aura à répondre de ce «geste irresponsable» qualifié de «tactique». «Quand il s’agit de sécurité routière, jamais au grand jamais, mon gouvernement aurait remis en question un geste ou une action à poser pour la sécurité des Québécois. [...] Il y a des gens qui ont perdu la vie. M. Dumont a choisi de retenir cette information-là.» L’entourage du chef libéral a fait remarquer aux médias que dans les documents remis par M. Dumont, on trouvait aussi cette phrase: «nous recommandons à la direction territoriale d’attendre l’apparition de dommages plus importants […] avant de procéder aux travaux de réparation décrits ci-après.»

Ouverture
Dans leur déclaration d’ouverture, les trois chefs avaient choisi de prévenir les critiques. Mario Dumont a ouvert le bal en révélant, pour contrer les reproches sur l’absence de cadre financier dans son programme, que celui-ci totalise des dépenses de 1,7 milliard et qu’il présenterait ce cadre au lendemain du budget fédéral de lundi prochain. Quant au chef libéral, il a admis que son gouvernement et lui n’avaient pas été «parfaits» depuis leur élection. Il a devancé les critiques quant à sa «première priorité» en déclarant: «Nous avons fait tout ce qui était humainement possible», a déclaré M. Charest. M. Charest a défendu son bilan en soulignant que les électeurs doivent mesurer ce qui a été fait et «ce qui reste à faire». «Un règlement de déséquilibre fiscal est à portée de main grâce à notre leadership. Et désormais, le Québec est reconnu comme une nation», a-t-il dit.

Santé et éducation
Le premier thème abordé, celui de la santé, a été le lieu d’affrontements acerbes. Autant André Boisclair que Mario Dumont ont accusé le premier ministre de ne pas avoir livré la marchandise. «M. Charest ne mérite pas une deuxième chance en santé», a déclaré le chef du Parti québécois, André Boisclair. Ce dernier a cité de nombreuses statistiques soutenant que les problèmes sont toujours aussi criants en santé, notamment du côté des listes d’attente où des malades doivent patienter en vue d’une chirurgie.
Quant à M. Dumont, il s’est attardé à proposer «une solution différente», c’est-à-dire un système mixte ouvrant la porte au secteur privé. Pour ce qui est des services de garde, André Boisclair a sonné la charge encore une fois, exigeant de Jean Charest qu’il dise de quelle nature sera l’augmentation de tarifs à laquelle doivent s’attendre les parents. Le chef libéral a encore refusé de s’engager à ne pas hausser les tarifs.

Jean Charest s’est moqué des idées avancées par Mario Dumont en éducation notamment l’élimination des commissions scolaires. «Ça ne tient pas la route et vous le savez», a-t-il soutenu. André Boisclair y a ajouté son grain de sel, pointant lui aussi le chef adéquiste: «Vous nagez en pleine confusion». Mais pour Mario Dumont, ses propositions en éducation (un bulletin chiffré, par exemple) vont permettre de ramener le gros bon sens dans les écoles.

M. Charest a mis en contradiction la position autonomiste de Mario Dumont alors que ce dernier attend la présentation du budget fédéral avant de préciser le cadre financier de l’ADQ. «On ne prendra pas de leçon de vous en matière de cadre financier», lui a lancé Mario Dumont, soulignant que les baisses d’impôts promises par les libéraux ne sont jamais venues.

Avenir du Québec
Les échanges ont été vigoureux sur l’avenir du Québec. Tant André Boisclair que Mario Dumont ont dénoncé l’absence de propositions constitutionnelles de Jean Charest. «On est en plein désert constitutionnel», a dit M. Boisclair. Le chef libéral a misé sur son bilan en matière d’ententes Ottawa-Québec. La prochaine étape, c’est l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, a-t-il affirmé.

Le Conseil de la fédération a mené la «banalisation de la position du Québec». «Ça vous fait un terrain de jeu» au Canada, a lancé M. Dumont au chef libéral.

La vision autonomiste de l’ADQ, le «S’affirmer sans se séparer», comme l’affirme Mario Dumont, est un rêve, estime le chef péquiste. «Si ça existait, on l’aurait», a-t-il raillé. Quels pouvoirs voulez-vous aller chercher? a demandé M. Boisclair au chef adéquiste.

«Comptez pas sur moi pour organiser un référendum», a répliqué M. Dumont au chef péquiste. «Si jamais vous étiez élu, il n’y en aurait pas de référendum. On n’est pas sur le chemin d’un référendum.» Or le PQ n’aucune stratégie devant le fédéralisme d’ouverture manifesté par le gouvernement conservateur. «C’est zéro. C’est le néant», a-t-il pesté.

Environnement
Quand les chefs ont abordé la question environnementale, Mario Dumont est celui qui a eu plus de difficulté à se défendre. «Quels programmes, les règlements que souhaitez-vous abolir, M. Dumont?», a mitraillé André Boisclair en reprochant à son vis-à-vis de vouloir limiter le rôle du ministère de l’Environnement et de ne pas avoir prévu de mesures pour les aires protégées, entre autres. «Notre programme ne touche pas à 100 % des sujets», a concédé Mario Dumont qui a mis l’accent sur la nécessité de soutenir les entreprises qui développent des technologies environnementales et des mesures d’efficacité énergétiques à l’intention des particuliers. «Je ne veux pas vous embarrasser M. Dumont, mais Hydro-Québec a depuis des années des programmes [d’efficacité énergétique]...», a lancé à un certain moment Jean Charest. André Boisclair s’est quant à lui fait rappeler à plusieurs reprises son refus de se joindre à la Coalition sur les changements climatiques créée à l’automne par le gouvernement libéral et à laquelle l’ADQ s’était jointe.

Du reste, Mario Dumont a attaqué Jean Charest sur le dossier du Suroît : «Vous avez perdu la moitié du mandat dans un projet qui s’appelait le Suroît. [...] Vous vous êtes lancé à corps perdu dans le projet du Suroît, vous avez essayé de pousser dans la gorge des Québécois une centrale au gaz.»
***
Avec Isabelle Porter, Kathleen Lévesque et Robert Dutrisac






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Vos réactions

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  • Michel Vallée
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 00h08
    Bravo M.... Moisan
    « Celui qui, de toute évidence, a le mieux performé lors du débat des chefs c'est M. Moisan. Quel professionnalisme!

    Pour ceux qui connaissent un tant soit peu M. Boisclair, sa performance n'a pas été une surprise. Comme depuis le début de la campagne électorale, André Boisclair a fait un débat d'idées. Tout en défendant la feuille de route qu'il propose à la population québocoise, il a voulu, d'une part, démontré que Mario Dumont n'a pas la crédibilité pour même espéré être le chef de l'opposition. D'autre part, il a assez clairement démontré que Jean Charest ne méritait pas une deuxième chance comme premier ministre du Québec. »

  • Simon Domingue
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 01h02
    Boisclair se démarque
    « Le chef péquiste se démarque par son offensive ce soir, il donne une performance satisafaisante. Il suscite bien mieux la confiance qu'il y a quelques semaines. Il s'est revenu sur la glace, et pourrait gagner la partie, avec son équipe! »

  • Léandre Nadeau
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 01h29
    Est-ce que vous étiez au petit coin quand Boisclair a fait son discours d'ouverture ?
    « Est-ce que vous étiez au petit coin quand Boisclair a fait son discours d'ouverture ?

    Vous auriez pu lui emprunter son texte et faire du copier-coller, comme lors du Dicours sur le budget. »

  • François Brodeur
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 02h31
    Quand l'opportunisme devient-il lâcheté ?
    « Hier, il n'y avait plus vraiment de lapin dans le chapeau de Mario Dumont. Il était parti. Mais il avait laissé un souvenir.

    Quand Jean Charest, lors du débat qui l'opposait à Bernard Landry, avait évoqué la déclaration faite par Jacques Parizeau, il avait pris bien soin de référer à une manchette sensationnaliste plutôt qu'au contenu exact de la déclaration (et personne n'oserait même croire qu'un politicien d'expérience comme Jean Charest se serait aventuré dans cette voie sans vérifier au préalable la teneur exacte des propos en cause). Évidemment, Bernard Landry avait été cueilli à froid pendant qu'une demi-vérité opportuniste s'installait au sein de l'auditoire. Qu'importe d'ailleurs la vérité; dans ce cas-ci, c'est l'impression qui comptait.

    Cette fois, c'est Mario Dumont qui a sorti le document-qui-tue et qui lui a fait dire à peu près n'importe quoi pour mettre un Premier ministre dans l'embarras. Or voilà une note de service qui n'avait pas à être personnellement soumise à un membre du gouvernement Charest. L'eut-elle été qu'on n'aurait encore rien pu reprocher au ministre des Transport et a fortiori à Jean Charest lui-même : on y recommande précisément d'attendre la manifestation de dommages plus important avant d'entreprendre une action.

    Autre Premier ministre, même piège. Que nos politiciens se donnent entre eux tous les crocs-en-jambe qu'ils veulent. Ce ne sera jamais qu'une manière d'étaler leur manque d'élégance. On pourrait même sourire de voir ainsi l'arroseur arrosé, si la scène à laquelle nous avons assisté hier n'avait laissé planer derrière elle quelque chose de fétide.

    Hier, il y a sans doute des gens, peut-être même des proches de ceux qui ont péri au viaduc de la Concorde, qui se sont couchés convaincus qu'on avait laissé survenir le drame.

    Hier, un de nos politiciens s'est servi des victimes bêtement pour aller chercher quelques votes de plus.

    Je ne connais pas assez Mario Dumont pour juger de sa moralité, de ce qu'il est prêt à sacrifier pour arriver au poste qu'il convoite. J'ose croire que le stress intense et la fatigue explique son geste, si ils ne l'excusent pas. Chose certaine, le geste lui-même était lâche. »

  • l poisson
    Inscrite
    mercredi 14 mars 2007 02h40
    Le "lapin" de M. Dumont et la vision de M. Charest
    « Empêchant la diffusion de plusieurs téléromans mais pas de la partie de hockey de quatre points, le débat des chefs nous a offert un peu de croustillant grâce à M. Dumont.
    Après avoir a été informé qu'il n'avait pas le droit de montrer ces documents à la télé, M. Dumont s'est fait répondre illico par M. Charest qu'il n'avait jamais vu ces documents qui auraient dû être remis à la Commission d'enquête. Quelle vision...
    En conférence de presse, sans doute inspiré par ses conseillers en communiction, M. Charest rappelait pudiquement qu'il y avait eu des morts dans cet "accident".
    Moi je me souviens que la Commission Johnson était formée avant même que les corps des victimes ne soient dégagés. Combien va nous coûter cette autre commission d'enquête ? Je l'ignore mais probablement plus de 400,000. $
    Et pourtant, (selon les notes internes rendues publiques hier par M. Dumont) un an avant la catastrophe, des travaux n'apparaissaient pas urgents à court terme même si un estimé inférieur à... 400,000 $ indiquait les mesures concrètes à prendre. Ça donne à réfléchir: si ça ne coûte pas assez, ce n'est pas urgent.
    Aucun des programmes discutés pendant ce débat ne traitait de l'entretien préventif pour
    sauver des vies humaines tout en économisant des coûts. Et je ne parle pas juste des ponts et chaussées, mais peut-être aussi de prévention en santé, en éducation... etc
    M. Charest pourra donc ajouter à son bilan qu'on a été chanceux que le pont de la Concorde tombe un samedi plutôt qu'à l'heure de pointe dans la semaine. Ou que de toute façon, ce pont avait été construit avant l'élection de son gouvernement. Après la Commission Johnson, ne manquerait plus à Super-Mario de trouver un extrait du Rapport de l'ex-juge Grenier... »

  • André Ouellet
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 03h40
    Le débat des chefs
    « André Bloiclair a fait la démonstration qu'il est capable de représenter dignement son partie.Le premier ministre n'a pas défendu avec vivacité ses dosiers et,qui plus est,n'a pas apporter de preuves convaincantes à ses adversaires.Quant à Mario Dumont, on a pu constater qu'il était capable de faire feu de tout boix. »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 05h17
    Un divertissement crémeux. par Benoît Gagnon
    « Dans le débat des chefs nous, citoyens nous portons notre jugement sur une performance fondé sur une rhétorique qui cherche à convaincre, non pas par une argumentation rationnelle, mais bien par la séduction(ce qui plaît). Ainsi chacun a une personnalité qui plaît.A-t-il la compétence? »

  • Yan Roy
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 05h28
    Bon résumé
    « J'ai pas vu le débat.
    Voici l' Article que je voulais lire ce matin.
    Merci du condensé. »

  • Charlotte Paquet
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 06h49
    Du bon travail...
    « Merci au quatre journalistes qui on produit ce texte équilibré qui à mon avis réflète très bien l'atmosphère le déroulement de ce débat plutôt terne. Ce ne fut pas une soirée très enlevante. Trop nombreux sont ceux qui s'ennuyaient des mises en échec réelles qui se donnaient sur un autre chaîne et qui ont trouvé excitant le geste plutôt "cheap" de Mario Dumont qui s'est référé à un document qui semble conclure qu'il n'y avait pas d'urgence à agir au sujet du viaduc en question pour lancer des accusations qui je le crains lui reviendront comme un boomerang bientôt.
    Georges Paquet »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 06h52
    Monsieur Boisclair gagne sur les 3 E
    « Monsieur Boisclair connaissait à fond les dossiers de l'économie, de l'éducation et de l'environnement et s'est nettement distancié de ses collègues. Quant aux deux autres sujets, ils se sont révélés à peu près égaux. Monsieur Dumont a clairement démontré son manque de connaissance en économie et en environnement malgré toutes ces années passées au parlement québécois; il semble préférer concentrer son discours sur les thématiques alarmantes qui accrochent l'imagination, mais sans y ajouter la profondeur qui s'impose pour occuper une place à ce même parlement. Et puis le pont de la concorde? Une autre variation sur le même ton qui a servi à Monsieur Charest sa propre médecine de 2003. Mais ce n'est pas plus honorable qu'à l'époque... même manière de refaire la politique des années '50. Dommage pour nous!
    Fernand Bélair »

  • martin grenier
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 07h11
    les elections
    « Ce qui m'intrige c'est que personne n,a dit qu'il faut se serrer la ceinture il faut faire attention aux depenses on promet plutot de depenser de ouvrir le portefeuille des pauvres gens qui payerons la facture on est riche ici au quebec attention dans quelque annees nos enfant nous aimerons peut etre pas MARTIN »

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 07h28
    Charest le perdant
    « Charest flottait dans son veston comme Bozzo dans son pantalon. Sa cravate noire de croc-mort annonçait ses funérailles politiques. Charest était éteint, inerte, sans âme pendant les trois-quarts du débat. »

  • Jeremy Lewsaw
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 08h08
    Bien ! Boisclair peut se contenter d'être gangant selon Le Devoir et ses lecteurs..
    « Parmi l'autre 99.99 % de la population du Québec, l'impréssion risque toujours d'être un peu différent que celle du Devoir et nous autres ces lecteurs. On verra bien qu'est-ce que les gens vont penser d'homme qui aime bien poser ses questions mais qui ne s'intéresse pas aux réponses parce qu'il préfère interrompre. Parfois ça peut être un peu ennuyant. »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 08h12
    Si ça existait... on l'aurait!
    « Je fais partie de ces souverainistes qui se questionnent quant à la capacité que pourrait avoir A. Boisclair à mener le Québec vers l'indépendance. Ce soir, le chef péquiste a franchi la première étape, ingrate pour chacun des chefs, celle de bien figurer dans un débat dont on peut questionner la pertinence.

    Ce qui est apparent, c'est l'inertie du premier ministre sortant et le décalage profond entre Charest et les aspirations de la majorité des québécois. Il coupe court quand bon lui semble : "le québec a été reconnu comme une nation" mais il omet "dans un canada uni" la condition intrinsèque à cette reconnaissance de la part du fédéral... Idem pour la place du Québec dans les forums internationaux; la preuve : demandez à Béchard s'il a apprécié arpenter les couloirs à Nairobi plutôt que de se voir réserver une place digne d'une nation...

    L'autonomie que propose Dumont : "si ça existait, on l'aurait!" savoureux! Toute personne qui a travaillé ou habité au Canada anglais sait très bien que toute concession à l'égard du Québec est intenable pour quelconque gouvernement fédéral... Ça ne tient tout simplement pas la route.

    Merci M. Boisclair, vous aurez mon appui. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 09h01
    Un débat des chefs à la hauteur de chacun mais...
    « Mario Dumont a défendu ses positions sans pouvoir régler LE problème de son équipe. Sa sortie pour déstabiliser Charest a été à la hauteur des libéraux quand ils étaient dans l'opposition, du demi mensonge. Le ministre de l'éducation actuelle a du lui donner des leçons sans doute.
    Jean Charest a débité sur un ton monocorde d'enterrement ses cassettes déjà toute connue, on aurait put mettre la sourdine durant ses interventions cela reposerait les oreilles et on sait d'avance sa réaction. Sa pièce de théâtre il l a trop apprise par coeur, c'était certainement pas Charest le tribun.
    André Boisclair a su heureusement montrer un coté de lui que les gens ignoraient, on comprend pourquoi le parti l'a choisi. Il serait sans doute le seule a savoir demander avec insistance au fédéral le retour juste de nos impôts. Pour ce qui est de cet échange si long qu'on en oublie des bouts, c'est lui qui s'en est le mieux tiré et qui a surement remonté son image dans ses troupes.
    Le 4e joueur qui était pas la, Mr Harper dans une semaine vas venir se mêler de politique provinciale et mêler les cartes a sa guise avec NOTRE argent. En fait avec son budget au 3/4 du temps des élections se sera lui le gagnant. Comme quoi sans l'indépendance financière, le Québec est comme une femme divorcée qui doit quémander sa pension alimentaire a un ex qui en fixe le prix a chaque année. Le pire c'est qu'il prend son argent dans sa poche a tout les jours. »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 09h21
    Vas-y Dédé t'es le meilleur!
    « Nous avons assisté hier soir à une très bonne performance de Mr. Boisclair et mitigée de Mr. Dumont, tant quand Charest je crois qu'il dormait sur son podium d'ailleurs il dort toujours, même s'il prétend qu'il est prêt. Cependant nous ne devrions pas juger les candidats sur un seul événement. »

  • Ricardo Contreras
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 09h30
    Parmi les trois.....Boisclair
    « Après avoir regardé le débat de chefs, et contre toute attente, c'est M. Boisclair qui est le gagnant de la soirée. En effet, il est plus rassurant lorsqu'il attaque la démagogie de Dumont et le triste bilan de Charest. Il a fait de bons coups en s'attaquant au pseudo programme de l'ADQ en démontrant que celui ne tient pas la route. Toutefois, plusieurs thèmes ou sujets ont été absents ou oubliés. Par exemple, les communautés culturelles, les salariés au bas de l'échelle, les inégalités sociales, etc. Malgré la bonne performance de Monsieur Boisclair, je ne change pas mon vote qui sera de toute évidence pour Québec Solidaire. Voilà un parti qui travail auprès des gens, surtout avec les immigrants. »

  • Sylvain Paquin
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 09h51
    Autonomiste
    « Ancien partissant du PQ, j'ai aimé l'idée "autonomiste" de Mario Dumont, mais quelle est la différence avec celle de René Lévesque "Souveraineté Association"? »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 11h15
    Dumont K.O.
    « Le petit démagogue, arriviste et populiste crasse qu'est notre Super Mario national a prouvé, lors du débat, qu'il est le fils spirituel de Réal Caouette, Camille Samson et autres guignols politiques issus du bassin de gnochons ignares laissés pour contre par notre système d'éducation et savamment engraissés par le dirigisme retord de nos médias corporatifs de Mindfuck Inc.

    Le démagogue prêche des doctrines qu'il sait fausse à des gens dont il sait qu'ils sont idiots ! - H. L. Mencken

    On y a constaté sans l'ombre d'un doute que Dumont était incapable de répondre à quelque question précise dont l'élémentaire : Qu'elle est la marge de manoeuvre du budget québécois ?

    La vraie réponse était : Je l'ignore, je vais remettre le pouvoir économique de la nation à un ex-lobbyste du patronat car je suis incapable de m'extirper du lançage de bouette médiatique en capsules de 6 secondes qui fait le bonheur de Mindfuck Inc.

    Que l'on cherche à encourager le citoyen à remettre la caisse de la nation à ces poseurs politiques et potiches sociologiques vendus au sensationnalisme démagogique de bas étage auquel nous a habitué les tiers partis régionalistes de l'histoire du Québec relève autant d'un manque flagrant de responsabilité civique que d'aplatventrisme journalistique.

    Un retour du Crédit Social d'antan serait-il pris au sérieux au 21ième siècle ?

    Que Dumont se targe d'accomplir pour le Québec ce que 250 ans de résistance à l'hégémonie canuck et des efforts de moult générations de Premiers Ministres Québécois avec sa vague notion d'autonomie est aussi une hérésie que l'on se garde bien de relever.

    Il faut aussi souligner que ce sinistre wanabe a donné une note de 85% à Harper pour s'être rangé à droite de la junte Bush et se rendre coupable , par association, de crimes contre l'humanité . Bravo Ducon !

    Les profits de la guerre : un crime ?
    http://www.centpapiers.com/spip.php?article1299

    Faut dire qu'il est bien plus facile de contrôler des ti-clins bien dressés à l'aliénation débilitante de Mindfuck Inc. C'est la même logique qui confirme qu'il est plus facile de gouverner une bande d'incultes sous-éduqués que de citoyens avertis et mis au parfum des ficelles du pouvoir.

    Merci Mindfuck Inc. !

    Mindfuck Inc. : La liste de Rabinovitch, Péladeau et Desmarais
    http://www.centpapiers.com/spip.php?article1299 »

  • Max Roujeon
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 11h52
    Le peuple est content
    « Hier il y a eu le débat des chefs, un peu comme les jeux de Rome que l'on offrait au bon peuple pour lui donner l'impression qu'il existait et que l'on se souciait quelque peu de lui.
    Les 3 Champions s'affrontaient...Tu parles d'une fumisterie!
    Je ne suis pas contre l'esprit du débat, c'est très bien, c'est prolo, on aime, moi aussi j'aime. Mais c'est l'utilisation que l'on en fait. D'ici à dire qu'il faut changer sont vote à cause de la tenue (dans les 2 sens du terme, incluant la façon de s'habiller) de tel ou tel candidat, de grâce, on est en 2007.
    Tout le monde (ses opposants) tape à bras raccourcis sur Mario Dumont en disant qu'il n'est pas prêt, qu'il ne connait pas ses dossiers, qu'il n'a pas fait ses devoirs etc.
    Je préfère de loin un BON plan BIEN intentionné pour le Québec même s'il est un tant soit peu mal ficelé (ça reste à démontrer), qu'un MAUVAIS plan fignolé dans ses moindres détails et qui ne mènera nulle part OU que l'on n'a (remarquez le «n'»)pas du tout l'intention de mettre en application (La stratégie péquiste de créer des emplois en mettant leur personnel médical à la retraite anticipée à l'âge où ce personnel atteint sa pleine maturité professionnelle, super bon plan), les libéraux qui font rien, mais qui le font bien. C'est ça l'avenir?
    M. Dumont n'a pas répondu à la question de la marge de manoeuvre?
    Pi? Poser la question est encore plus stupide que de ne pas y répondre!
    Il n'y a PAS de marge de manoeuvre, l'état dépense plus qu'il ne gagne et si des coupures ne sont pas faites, c'est pas la création d'emplois subventionnés qui y changera quelque chose, encore moins l'indépendance! Désolé de vous faire de la peine! Et je ne suis pas économiste! Vaudrait mieux être économe qu'économiste pour gérer le budget de l'état, on serait peut être pas dans le trou.
    Autre chose, la langue française. M. Charest, a claironné par 2 fois «...les enfants de zéro à dix huit ans...» (???) Tout le monde en ce moment a un enfant de «zéro an»! Non?
    M. Boisclair, votre français j'en suis sûr est meilleur que ce que vous avez laissé croire hier et que vous avez voulu ironiser quand vous avez lu que le ministère de l'environnement sous Mario Dumont «cesserai d'interdire»...(ou un truc du genre), vous saviez que cela voulait dire qu'un rôle positif serait donné à ce ministère plutôt qu'un rôle répressif, je veux croire que je ne suis pas le seul à l'avoir compris ainsi. Si vous avez essayé d'exploiter l'ignorance de la compréhension du français des québécois pour discréditer M Dumont, ce n'est pas joli, joli.
    Ça veut dire que vous pensez qu'on est une joyeuse bande d'andouilles. Par contre, si, comme vous l'avez laissé entendre M. Dumont veut cesser d'interdire ce qui est dangereux, alors il faut le dire, je ne suis pas obtus, je vous suivrai.

    Bref, ce débat, il a été très instructif sur un point... car si M. Dumont est l'insignifiant que Messieurs Charest et Boisclair s'accordent à dire...pourquoi s'acharner comme ça contre lui comme ils l'ont fait?
    C'est qu'ils sentent la soupe chaude et qu'il est peut être pas si insignifiant que ça.
    Ils ont tourné en ridicule l'approche autonomiste, j'ai été surpris que M. Boisclair lui même s'en moquât. Rappelez-vous l'expression «souveraineté-association»...ça y ressemble pas mal cette approche «autonome», pas vrai?
    Si la dernière fois, un vote pour l'ADQ c'était un vote pour le PQ, cette fois, il semble bien qu'un vote pour le PQ c'est un vote pour les libéraux. C'est drôle comme la roue tourne. »

  • Réception Lavery-de Billy
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 13h05
    Fédéralisme d'ouverture, Boisclair ne répond pas
    « Plutôt inquiétant de constater que Monsieur Boisclair ne peut répondre à Monsieur Dumont concernant une alternative de fédéralisme d'ouverture a Ottawa advenant un échec au referendum. Devrais-je voter pour un parti dont le chef ne fait que répondre à cette question par un discours sur la souveraineté ? »

  • F-X Campbell-Valois
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 13h29
    Boisclair grand gagnant; Dumont pas serieux; Charest invisible
    « Je trouve que ce débat a été très intéressant et bien mené par M. Moisan, le modérateur. Il y a eu peu d'évènements cacophoniques, un peu de la part de Boisclair, mais pas exagérément. Les éléments du programme du PQ et de l'ADQ ont été bien présentés. Par contre, je n'ai rien retenu du programme du PLQ tant Charest a passé la soirée sur la défensive. L'argument de la continuité n'est pas très convaincant dans le cas du gouvernement Charest, car son bilan est plutôt mauvais. Le coup du viaduc de Dumont a bien déstabilisé Charest. Mais sur le fond, le programme de l'ADQ et la crédibilité de Mario Dumont en tant que premier ministrable ou même en tant qu'hypothétique chef de l'opposition a été complètement anéantie par les attaques de Boisclair, sur les chiffres de leur programme, et par Charest sur le simplisme des solutions proposées dans le programme adéquiste. Boisclair a été méconnaissable, d'attaque, drôle et agressif, juste assez. Un peu trop technique par moment, mais je crois que ça va lui être pardonné, parce qu'il a été plus direct, franc et a évité les formules toutes faites, genre langue de bois.

    Palmares : 1-Boisclair
    2- Charest »

  • Roger Dion
    Abonné
    mercredi 14 mars 2007 14h20
    DUMONT PAS DIGNE D ETRE CHEF DU GOUVERNEMENT
    « Quand j entends les gens dire BOICLAIR NE LAISSAIT pas les autres répondent. Justement c est que DUMONT et CHAREST ne répondaient pas et changeaient de sujet pour ne pas répondent. Comme les journalistes quand un politiciens ne veut pas réponde il revienne a la charge comme ,M.BOICLAIR a fait hier soir, CHAREST ET DUMONT VOULAIENT TOUJOUR DÉVIER le débat pour ne pas répondent en politicien. OUI M.DUMONT n a pas été a la hauteur hier ,dans ses réponses et sa sorti sur le pont LA CONCORDE, pour le respect des familles des morts dans la tragédie et les demis vérités qu il a lu sans lire le dossier complet. NON CE N EST PAS A SON HONNEUR, ET MONTRE QU IL PEUT TOUT DIRE ET FAIRE, POUR ÈTRE ÉLU CE QUI EST DANGEREU, IL NEST PAS DIGNE D ETRE CHEF D ÉTAT.
    ROGER DION rogerdion@hotmail@com »

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    mercredi 14 mars 2007 17h10
    Débat "drabb"
    « J'ai manqué le début du débat, soit environ ¾h, il m'a été difficile de me concentrer sur ce qui en restait, les 3 chefs n'arrivaient pas à me garder concentrée... ce débat a été plutôt "drabb", j'ai trouvé que M. Boisclair était moins arrogant bien que coupant la parole très souvent, M. Dumont a été fidèle à lui-même et M. Charest aurait pu à mon avis questionné davantages les 2 autres chefs, j'aurais aimé savoir où ils vont prendre leur argent pour réaliser toutes leurs promesses.. auraient-ils par hasard un verger où poussent des milliers et des milliers de dollars ? A les entendre on a l'impression qu'ils fonctionnent par "la pensée magique".. que ce soit dans l'éducation ou la santé surtout..
    je suis restée sur mon appétit.. car j'aurais aimé un débat avec plus de vigueur... »

  • Linda Hart
    Abonnée
    mercredi 14 mars 2007 18h20
    La triste confusion
    « Je n'en reviens pas qu'en 2007, on puisse encore cofondre souveraineté-association et autonomie. J'en suis soufflée. La souveraineté, cela signifie en clair l'indépendance et l'indépendance, cela signifie que vous habitez un pays et que ce pays n'est plus le Canada, c'est le Québec. Il y a donc deux pays, le Canada et le Québec. Étant donné que ces deux pays ont un certain nombre d'intérêts communs, comme les pays du Marché Commun ont un certain nombre d'intérêts communs, nous pensons qu'il serait à l'avantage de chacun de mettre au point une sorte d'ALENA est-ouest, cela se nomme association. Il s'agit donc d'un pays souverain qui s'associe avec un autre pays souverain. Il me semble que ce n'est pas trop compliqué à comprendre.

    Le sens du mot autonomie, en particulier dans le contexte canadien, n'a absolument rien à voir avec la souveraineté et celui qui prétend le contraire fait preuve, soit d'une ignorance totale de l'histoire de ce concept au Canada, ou d'une mauvaise foi qui frise l'indécence. On ne compte plus les premiers ministres québécois qui ont joué la carte de l'autonomie pour tenter d'arracher quelques lambeaux de pouvoir à Ottawa ou pour tenter d'obtenir un statut particulier pour le Québec ou pour tenter d'aller chercher un peu plus d'argent ou pour mêler les cartes et amener les Québécois à confondre l'autonomie et la souveraineté (ils semblent y avoir réussi) ou comme l'alternative à la souveraineté prônée par le PQ, en laissant croire aux Québécois qu'ils obtiendraient des concessions importantes de la part d'Ottawa et que le Québec finirait par avoir un statut particulier au sein de la fédération canadienne. Qu'est-ce que tout ce verbiage démagogique et insignifiant a apporté au Québec ? Avons-nous un statut particulier, elle est où notre autonomie ? Elle est jolie notre autonomie, nous sommes régis par une constitution qui ne reconnaît même pas les deux peuples fondateurs, une constitution écrite par PET, le roi incontesté de la centralisation à tout prix, une constitution qu'il nous faut avaler, malgré le fait que nous ne l'avons jamais signée. Joli foutoir de merde oui !

    Et pour satisfaire les Québécois dont le reste du Canada connaît la couardise et sait qu'il vont se satisfaire de l'habituel petit pain, c'est-à-dire d'à peu près n'importe quoi, même des bobards, on nous parle maintenant de fédéralisme asymétrique. C'est quoi le fédéralisme asymétrique ? Parlez-en à Jean Charest et vous le verrez se mettre à patiner. Pourquoi patine-t-il ? Tout simplement parce que le fédéralisme asymétrique, c'est encore moins que l'autonomie, c'est un mot creux, vide de sens et de contenu qui ne sert qu'à cacher un fait indéniable, le fédéral et les autres provinces n'ont absolument rien à proposer, aucun projet de société qui convienne au Québec et lui permette de se développer comme l'Ontario l'a fait depuis 1867. Demandez aux fédéralistes ce qu'ils proposent et vous les verrez enfourcher leur dada favori, les paiements de transferts et les menaces de partition du territoire québécois accompagnés d'allusions plus ou moins voilées au fait qu'ils refuseront de négocier avec le Québec. Ils savent qu'ils jouent "safe" et que les Québécois s'en retourneront se terrer frileusement dans leur chaumière, jusqu'à leur prochaine montée de lait qu'on résoudra en leur faisant l'aumône d'une partie des surplus de l'Alberta et de l'Ontario.

    On a tellement édulcoré la notion de souveraineté qu'elle semble maintenant se limiter au vulgaire calcul de ce qu'on perdrait au niveau des paiements de transferts. On ne parle jamais de ce qu'on gagnerait en marge de manoeuvre au niveau mondial pour effectivement planifier et développer notre économie dans le sens et de la façon qui nous convient. Ce débat est totalement occulté par la peur intense de perdre ... les fameux paiements de transferts qui ont remplacé la peur de perdre ... les Rocheuses.

    En terminant, allez donc demander au fédéral pourquoi si l'Ontario a bénéficié d'un pacte de l'automobile hyper-chromé, le Québec ne peut-il bénéficier d'un pacte de l'aéronautique partiel, à la hauteur de 55%. Allez demander à Jean Charest pourquoi il ne se bat pas la gueule bien haut et bien fort, pour que nous obtenions notre juste part des retombées des contrats octroyés si généreusement par le fédéral, sans appels d'offres, à des compagnies américaines et ce, avec l'argent des contribuables canadiens et québécois. C'est cela, le fédéralisme asymétrique je suppose ? Deux poids, deux mesures, business as usual. »

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