La culture a été évacuée de la campagne électorale, déplorent des artistes
Québec — Rarement les arts et la culture ont été aussi peu considérés lors d'un scrutin provincial, plaident les regroupements d'artistes, qui réclament une augmentation de 22 millions de dollars du budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).
C'est dans la capitale, en marge du débat des chefs, que les représentants du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) ont lancé leur cri du coeur hier. «On en avait discuté davantage en 2003 alors que [Bernard] Landry, lui, s'était engagé à augmenter le budget», a relevé le président du MAL, Stanley Péan. «C'est assez étonnant que, pour cette campagne-ci, ce soit à ce point évacué. D'autant plus que M. Charest nous a asséné pendant des années que la culture était une des cinq missions essentielles de l'État.»
Les petits partis
Les libéraux et les péquistes les ont «déçus», le discours de l'ADQ leur semble «faible». Seuls les représentants des petits partis — Québec solidaire et le Parti vert — se sont commis lors d'un débat radiophonique au cours du week-end, a fait valoir M. Péan.
Le MAL réclame que le budget du CALQ passe de 68 à 90 millions de dollars, une revendication appuyée par l'Union des artistes (UDA).
Le saut en politique de l'ancien président de l'UdA, Pierre Curzi, n'aurait donc pas eu les effets escomptés? «C'est sûr qu'il y a une déception du Parti québécois. Pierre Curzi n'est qu'un seul homme. Il n'est pas le leader de cette formation. Pas encore!», a lancé M. Péan.
La solidarité des artistes mise à l'épreuve
La plateforme du PQ prévoit l'ajout de dix millions de dollars au domaine culturel, ce que le milieu juge insuffisant. Quant aux libéraux, c'est plutôt leur approche qui soulève des inquiétudes. Le président du Conseil québécois du théâtre, Martin Faucher, constate qu'au lieu d'accroître le budget des programmes de bourses réguliers du CALQ, la ministre Line Beauchamp a choisi d'investir dans le programme «Placement culture», qui soutient les organismes qui recourent aux fonds privés. Or tous ne peuvent pas s'en prévaloir, signale-t-il: «Je pense que l'entreprise privée doit participer activement aux arts au Québec. Par contre, il y a plein d'artistes beaucoup plus marginaux et subversifs qui n'intéressent pas l'entreprise privée.»
D'où cette inquiétude: «Est-ce qu'en gelant le budget régulier, la ministre veut nous inviter à faire le ménage de telle façon que seules les compagnies aptes à obtenir du financement de "Placement culture" puissent survivre? Si c'est ça, qu'elle le dise!»
La directrice du Regroupement québécois de la danse, Lorraine Hébert, abonde ce sens. À défaut de nouveaux fonds, le milieu risque de se diviser, croit-elle. «L'an prochain, il va y avoir l'évaluation nationale [des organismes qui bénéficient des bourses et subventions du CALQ]. Donc, s'il n'y a pas de nouvel argent, ça veut dire qu'il va falloir faire du ménage pour en faire rentrer d'autre, et ça, c'est très malsain.»
C'est dans la capitale, en marge du débat des chefs, que les représentants du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) ont lancé leur cri du coeur hier. «On en avait discuté davantage en 2003 alors que [Bernard] Landry, lui, s'était engagé à augmenter le budget», a relevé le président du MAL, Stanley Péan. «C'est assez étonnant que, pour cette campagne-ci, ce soit à ce point évacué. D'autant plus que M. Charest nous a asséné pendant des années que la culture était une des cinq missions essentielles de l'État.»
Les petits partis
Les libéraux et les péquistes les ont «déçus», le discours de l'ADQ leur semble «faible». Seuls les représentants des petits partis — Québec solidaire et le Parti vert — se sont commis lors d'un débat radiophonique au cours du week-end, a fait valoir M. Péan.
Le MAL réclame que le budget du CALQ passe de 68 à 90 millions de dollars, une revendication appuyée par l'Union des artistes (UDA).
Le saut en politique de l'ancien président de l'UdA, Pierre Curzi, n'aurait donc pas eu les effets escomptés? «C'est sûr qu'il y a une déception du Parti québécois. Pierre Curzi n'est qu'un seul homme. Il n'est pas le leader de cette formation. Pas encore!», a lancé M. Péan.
La solidarité des artistes mise à l'épreuve
La plateforme du PQ prévoit l'ajout de dix millions de dollars au domaine culturel, ce que le milieu juge insuffisant. Quant aux libéraux, c'est plutôt leur approche qui soulève des inquiétudes. Le président du Conseil québécois du théâtre, Martin Faucher, constate qu'au lieu d'accroître le budget des programmes de bourses réguliers du CALQ, la ministre Line Beauchamp a choisi d'investir dans le programme «Placement culture», qui soutient les organismes qui recourent aux fonds privés. Or tous ne peuvent pas s'en prévaloir, signale-t-il: «Je pense que l'entreprise privée doit participer activement aux arts au Québec. Par contre, il y a plein d'artistes beaucoup plus marginaux et subversifs qui n'intéressent pas l'entreprise privée.»
D'où cette inquiétude: «Est-ce qu'en gelant le budget régulier, la ministre veut nous inviter à faire le ménage de telle façon que seules les compagnies aptes à obtenir du financement de "Placement culture" puissent survivre? Si c'est ça, qu'elle le dise!»
La directrice du Regroupement québécois de la danse, Lorraine Hébert, abonde ce sens. À défaut de nouveaux fonds, le milieu risque de se diviser, croit-elle. «L'an prochain, il va y avoir l'évaluation nationale [des organismes qui bénéficient des bourses et subventions du CALQ]. Donc, s'il n'y a pas de nouvel argent, ça veut dire qu'il va falloir faire du ménage pour en faire rentrer d'autre, et ça, c'est très malsain.»
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