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Les libéraux refusent de participer à un débat sur l'éducation

Marie-Andrée Chouinard   14 mars 2007  Québec
Le Parti libéral du Québec (PLQ) refuse de participer à un débat sur l'éducation orchestré aujourd'hui à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), et auquel les quatre autres principaux partis s'adonneront. Forcés de choisir parmi de multiples demandes, les libéraux préfèrent «s'adresser à toute la population» plutôt que de débattre avec des étudiants qui «ont déjà pris position pour le Parti québécois».

Le PLQ dit sélectionner ses apparitions en fonction du public auquel il s'adresse, mais les étudiants de l'Association modulaire de science politique (AMSP), qui organisent ce débat avec les professeurs de l'université, croient qu'il s'agit d'un «manque de courage» et d'une «absence de disponibilité pour des questions du public». Les attaques risquent de bifurquer sur l'épineuse question des droits de scolarité.

Avec l'Action démocratique du Québec (ADQ) qui prône une indexation des droits de scolarité — gelés depuis 1994 à 1668 $ par année —, les libéraux sont les seuls à proposer dans leur plate-forme un net dégel de ces droits, à raison de 50 $ par session pendant cinq ans, pour atteindre 500 $.

Le débat de ce midi, qui réunira des représentants du Parti québécois (Camil Bouchard, critique de l'opposition en matière d'éducation), de l'ADQ (Luc de la Sablonnière), de Québec solidaire (François Cyr) et du Parti vert (Olivier Adam), doit cibler spécifiquement le financement de l'enseignement supérieur. Il pointera inévitablement l'opposition entre gel et dégel des droits, de même que la «situation difficile» de l'UQAM.

«Pendant quelques semaines, les libéraux nous ont fait miroiter la possibilité que [le ministre de l'Éducation] Jean-Marc Fournier soit présent, puis ils nous ont annoncé qu'ils déclinaient carrément l'invitation», a expliqué cette semaine Julie Depelteau, co-organisatrice du débat, représentante étudiante aux affaires académiques de l'AMSP.

Selon les étudiants, les libéraux n'étaient pas à l'aise avec la formule du débat, qui compte une période de questions libres provenant de la salle d'une durée d'une heure. «C'est un manque de courage et une absence totale de disponibilité pour discuter avec le public», dénonce Mme Depelteau.

Au PLQ, on rejette cette interprétation. «Le 26 mars prochain, on va aller chercher un mandat provenant de la population en général, et on veut donc s'adresser à toute la population, a expliqué la directrice des communications du PLQ, Isabelle Melançon. C'est difficile pour nous d'aller faire un débat quand l'association a déjà pris position pour le Parti québécois.»

Les «problèmes d'horaire» du ministre de l'Éducation et d'autres ministres du cabinet expliqueraient aussi ce refus, ajoute la porte-parole. M. Fournier aurait par ailleurs choisi de miser sur les débats électroniques: une apparition à deux débats télévisés de même qu'à une table ronde radiophonique sont déjà choses du passé. «Il pourrait y en avoir d'autres», dit Marie-Claude Lavigne, attachée de presse du ministre.

Au parti, on indique par ailleurs que «plusieurs universités» ont fait des demandes similaires, qui ont été acceptées. Des députés auraient ainsi fait des apparitions dans certains établissements. Le ministre Fournier a aussi accordé des entrevues à certains journaux étudiants.

Position idéologique

Informés de la réplique libérale, les étudiants ont nié avoir pris «position pour le PQ», qui prône le maintien du gel des droits. «Le débat se fait sans bannière, et l'association n'appuie aucun parti en particulier», se défend Julie Depelteau. «Nous sommes opposés au dégel, c'est vrai, mais c'est une position idéologique, sans ligne partisane. Nous souhaitions débattre avec un représentant des libéraux.»

L'AMSP est une association de l'UQAM affiliée à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), laquelle milite pour la gratuité scolaire. Le débat de ce midi devrait accueillir tant des étudiants que des professeurs et des employés de l'UQAM.






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Vos réactions

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  • Paul Martin
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 07h00
    Refus de parler aux étudiants
    « Dans Richelieu, le candidat libéral refuse aussi de participer à un débat organisé par les étudiants du Cégep. »

  • Jean-Simon Rioux
    Inscrit
    mercredi 14 mars 2007 16h40
    Idem à l'UQAC
    « À l'Université du Québec à Chicoutimi, André Harvey brillait par son abscence. Il avait pourtant accepté l'invitation auparavant, mais s'est plutôt désister pour aller rendre une petite visite à la chambre de commerce... »

  • Tommy D'Aigle
    Inscrit
    jeudi 15 mars 2007 10h24
    Un parti vieillissant
    « Je crois que ce refus de participer au débat tenu à l'UQAM, additionné à ceux qui ont été rapportés dans les précédentes réactions, tendent à prouver que le PLQ a mis, d'une certaine façon, une croix sur le vote des jeunes. La plateforme libérale est truffée de promesses qui contreviennent aux volontés communes des étudiants et qui profitent aux aînés: dégel des frais de scolarité, priorisation de la santé, révision très lente du Renouveau pédagogique...

    Comme notre population vieillie rapidement, le PLQ a adopté une stratégie électorale simpliste, visant une classe précise de la société plutôt que la population en générale. À vrai dire, dans la situation démographique actuelle, cette décision est difficile à comprendre puisqu'il est clair que la jeune génération doit être avantagée au plan économique, elle qui devra défrayer les coûts sociaux engendrés par la retraite massive des baby-boomers. »

  • Mira Elvera
    Inscrite
    jeudi 15 mars 2007 13h47
    @Tommy D'Aigle
    « Entièrement d'accord avec vous. Il s'agit d'un choix très calculé de la part du PLQ. Pourquoi perdre son temps avec une population perdue d'avance; de plus, la majorité des voteurs libéraux sont âgés de plus de 55 ans. C'est pourquoi Charest préfère visiter les hospices et les hôpitaux. Il n'a rien à foutre du système scolaire public, de toute façon ses enfants et probablement ses petits-enfants iront au Upper Canada College ou une autre école privée réputée, tout comme lui l'a fait. »

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