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Leçons politiques du recensement

Josée Boileau   14 mars 2007  Québec
On a beau le savoir, rien ne vaut les chiffres pour le démontrer: la croissance de la population québécoise dépend du mouvement des personnes et non de la natalité, comme le prouve le recensement de 2006. Il faudra bien se décider à assumer cet enjeu politique autrement qu'avec silence ou maladresse.

Le Québec a accueilli quelque 200 000 immigrants entre 2001 et 2006, ce qui correspond à l'objectif de 40 000 immigrants par année visé en l'an 2000 par le gouvernement du Parti québécois, politique poursuivie sans hésitation par les libéraux parce qu'elle correspond à un constat: la natalité ne peut plus assurer la vitalité du Québec. Pourtant, l'immigration n'est pas un enjeu de cette campagne électorale.

Le recensement fait aussi voir l'importance de stabiliser la migration interprovinciale: c'est parce qu'il y a eu une baisse imposante du nombre de personnes qui quittent le Québec que notre croissance démographique a augmenté aussi rapidement, en comparaison avec les recensements précédents. Il faudrait comprendre ce revirement du «vote avec les pieds», mais quel parti s'y aventurera? Ce serait alors reconnaître que ce Québec à réinventer, à reconstruire ou à ramener aux vraies solutions — au gré des slogans des partis — n'est pas si mal puisqu'il ne fait plus fuir les gens!

Et l'analyse est toute aussi délicate pour les libéraux, tant la migration est tributaire d'un climat social et économique (plus rarement politique: il y a bien eu la fuite massive qui a marqué les premières années de pouvoir du Parti québécois, mais qui aujourd'hui a peur du PQ?). Dans ce cas-ci, la baisse du taux de chômage au Québec était enclenchée avant l'arrivée au pouvoir du gouvernement Charest. Et on peut croire que les politiques qui facilitent la vie des travailleurs, comme la multiplication des centres de la petite enfance mis en place par le PQ, ont fini par compter dans le jeu des comparaisons entre partir et rester là. Autant ne pas en parler...

Par contre, il est inacceptable que l'immigration, qui explique quand même les deux tiers de la hausse de population au Québec, soit aussi peu discutée. À moins, comme le fait l'ADQ, de la confondre avec les accommodements raisonnables! Pourtant, les immigrants, de première comme de deuxième génération, ont des problèmes bien plus terre à terre: ils tirent le diable par la queue, peinent à se trouver un logement ou s'y entassent, vivent dans l'isolement, ne se sentent pas reconnus (diplômes, expérience, existence!) par la société d'accueil.

Le Québec se félicite, à bon droit, que l'école francise les enfants d'immigrants. Mais cela ne fait pas une politique d'intégration. Pas avec une immigration concentrée à Montréal, où les enfants de communautés culturelles monopolisent certaines écoles et où le lien avec la société d'accueil est de fait ténu. Pas non plus quand la moitié des immigrants qui nous arrivent sont des travailleurs âgés de 15 à 34 ans! Or la francisation sur les lieux de travail, la plus accessible, ne s'améliore qu'à tout petits pas.

Et une fois le français acquis (ou déjà maîtrisé), l'immigrant se butera à nos tabous: on ne lui avait pas dit qu'à Montréal parler anglais est un atout professionnel et qu'il vaudrait mieux qu'il en maîtrise aussi quelques rudiments!

Ces questions très concrètes ne sont pas abordées par les politiciens, qui préfèrent s'en tenir aux principes, comme le soulignait récemment Le Devoir en faisant le bilan des programmes en matière d'immigration. Hélas, car on fait ainsi l'impasse sur les 40 000 personnes qui, année après année, sont devenues indispensables à la survie de cette société.
 
 
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  • Francois Martin - Inscrit
    14 mars 2007 07 h 41
    "Indispensable à la survie de notre société" ... On délire !
    Effectivement l'immigration devrait avoir beaucoup plus de place dans le débat politique au Canada et au Québec et devrait être un enjeu de la campagne électorale. Surtout on devrait faire un référendum à savoir si l'on veut garder le niveau d'immigration actuel ou l'abaisser/augmenter.

    Les accommodements raisonnables sont évidemment liés à l'immigration. Il faut être de très mauvaise foi pour ne pas se l'avouer.

    L'immigration est aussi liée aux taux de chômage élevé persistant que l'on a au Québec. Il faut constamment aider les immigrés à se trouver du travail, instaurer des lois pour leur faciliter l'accès au marché du travail. Une énergie considérable est mis là-dedans au détriment de la grande majorité des chômeurs du Québec, qui n'ont pas d'éditorialiste moraliste pour les défendre !

    Il faut arrêter le discourt délirant qui veut nous faire croire que les immigrés veulent tous s'intégrer à notre société, participer à sa construction pour des lendemains qui chantent !! Comme la propagande communiste des années 1950 ! Les immigrés sont ici uniquement pour avoir un revenu plus élevé que dans leur pays d'origine et pour beaucoup d'entre eux pratiquer et propager l'intégrisme religieux et ceci avec la bénédiction et l'encouragement de notre 'société'.

    Ce qui serait indispensable à la survie de notre société, c'est d'arrêter de faire croire aux Québécois qu'ils sont coupables et racistes quand ils affirment leur identité et d'arrêter de systématiquement leur faire croire que leur salut dépend des immigrés ! Mais pour se faire il faut un minimum de fierté et beaucoup de courage.
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  • Dominique Cousineau - Abonnée
    14 mars 2007 09 h 50
    Je suggère à monsieur François Martin...
    ...d'aller faire l'écoute de la chanson "L'ouvrage aux canadiens" de la Bolduc. Morceau d'anthologie bienheureusement délaissé par la mémoire collective. Je croyais que ce discours (celui du de l'immigrant voleur de job) était complètement périmé, que plus personne ne pouvait le proférer avec sérieux... Je me trompais. Mais êtes-vous sérieux?
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    14 mars 2007 11 h 41
    La bonne politique
    Les questions soulevées par madamde Boileau sont très pertinentes et devraient êtres débattus... de façon plus pointus: l'on devrait se demander de quels pays nos immigrants devraient venir? J'en aie pour preuve l'émission de M.-F. Bazo où deux émigrants anglophones disaient appuyer le parti Vert... alors qu'une autre d'origine Haïtienne appuyait le PQ et son voisin, d'origine colombienne, je crois, appuyait également le PQ.

    Mais il faudrait aussi se poser des questions sur les politiques pro-familiale du PQ et leur impact sur le taux de natalité. Quel est la porté réelle des chèques d'allocations familiales de Jean Charest par rapport aux politiques de conciliation (d'encouragement au travail) du PQ dans la dernière poussée nataliste?
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  • Francois Martin - Inscrit
    14 mars 2007 13 h 20
    Courte réponse à la Bolduc
    Bien évidemment que je suis sérieux ! Mais il est vrai que le lien chômage-immigration a une importance secondaire, il faut donner sa chance au coureur après tout - tout le monde est en droit de se chercher "une job" au Québec. Ce qui me choque cependant est que le Gouvernement semble consacrer beaucoup plus d'efforts à aider les immigrés à trouver du travail qu'à aider le reste de la population qui souffre du chômage.

    Ce qui a bien changé depuis le temps de la Bolduc, c'est qu'on essaie de nous faire avaler que l'immigration est notre planche de salut. C'est un épouvantable mensonge selon moi - en 2007 l'immigration cause plus de problèmes que jamais dans l'histoire de notre pays; problèmes que nous allons régler lâchement (ça va de soit avec les politiciens que l'on a) en renonçant à note identité.
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  • jacques noel - Inscrit
    14 mars 2007 15 h 38
    "indispensables à la survie de cette société"
    Ayoye! Un bs sur cinq est maintenant un immigrant!

    En novembre 2006, les listes de prestataires de l'assistance-emploi comptaient 70 430 " adultes nés à l'extérieur du Canada " soit 18,9% de tous les BS. Une aberration lorsqu'on sait, qu'en théorie du moins, les immigrants constituent une population choisie, triée sur le volet, donc sans déficients, pauvres, délinquants, handicapés et poqués de la vie, comme dans la population normale. Hors justement, plus de 40% des nouveaux arrivants ne sont pas sélectionnés, d'où l'échec du système.

    En novembre 2006 donc, il avait plus d'immigrants sur le Bs (70 430) qu'il y a d'assistés sociaux dans tout l'Outaouais (15 804), l'Abitibi-Témiscamingue (7403) , l'Estrie (15 611) , le Saguenay-Lac-St-Jean (14,448) , la Cote-Nord (3725) , le Bas-St-Laurent (10 882) , la Gaspésie et les Iles-de-la-Madeleine (7066) et le Nord du Québec (1237) réunis.

    http://www.mess.gouv.qc.ca/statistiques/prestatair

    Jadis, les immigrants mettaient 10 ans à gagner autant que les Canadiens. Selon Statistiques Canada, on est maintenant rendu à 20 ans .

    http://www.statcan.ca/Daily/Francais/030619/q03061

    Comme les nouveaux arrivants ont de faibles revenus, ils paient peu d'impôts tout en bénéficiant des programmes sociaux. Une étude du Fraser Institute montre que les immigrants, arrivés au Canada entre 1990 et 2002, ont coûté, pour la seule année 2002, 18,3 milliards$ aux contribuables canadiens. Une fois et demie le budget de la Défense. Pour le Québec, c'est un fardeau de 4 milliards$, l'équivalent de trois années d'entretien de nos routes!

    L'étude montre que l'immigrant, la première année, gagne en moyenne 63% de ce que gagne un Canadien. La cinquième année, il est à 77% et la dixième il est à 80%. Eh oui, même après 10 ans il gagne toujours moins. Comme il gagne moins, il paie beaucoup moins d'impôt puisque le taux d'imposition est progressif. Il paie aussi moins de taxes puisqu'il a moins d'argent à dépenser.
    La première année, l'immigrant paie seulement 968$ d'impôt contre 4,543$ pour le Canadien (il s'agit d'une moyenne et c'est PER CAPITA, donc ca comprend les bébés comme les vieillards).

    En additionnant les taxes directes et indirectes, le Canadien paie 12,220$ par année contre seulement 4,706$ pour le nouvel immigrant. En retour, le Canadien reçoit 11,508$ en programmes et services contre 10,288$ pour l'immigrant. Alors que le Canadien paie 712$ de plus qu'il ne reçoit, l'immigrant coûte 5582$ à la société canadienne.

    En bout de ligne, ceux arrivés en 1990 ont coûté, en 2002, 1,2 milliard de dollars. En additionnant tous ceux arrivés entre 1990 et 2001, la note monte à 18,3 milliards pour 2002 seulement.

    http://www.fraserinstitute.ca/admin/books/files/Im
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  • Philippe Champagne - Inscrit
    14 mars 2007 20 h 02
    LA DISCRIMINATION POSITIVE
    Et dans le contexte, que dire de la discrimination positive à la Gérald Tremblay qui recule les gens du terroir au profit d'espèces en voie de disparition dans leur pays d'origine?

    Quelque chose ne tourne pas rond dans la caboche de nos polis-ti-chiens.

    La discrimination positive s'exprime même sur les airs. Je vous défie par exemple d'appeler la tribune téléphonique du maire Gendron au 98,5 FM (Corus), du lundi au vendredi de 15H30-19h. Si par malheur un "immigré" veut parler en ondes, Maxime P. Paquette, le producteur de l'émission, n'hésitera pas, avec un boniment de malice, à ignorer son propre compatriote pour passer l'étranger avant lui, même si l'habitant avait décroché la ligne avant l'autre. Essayez! vous m'en donnerez des nouvelles.

    Il faut le dire même si ça semble désobligeant: la plupart des animateurs de tribunes téléphoniques de CORUS: CKAC, 98,5... corrompent les ondes avec leur pensée unique... ainsi que leur équipe de régie. Ils nous traitent d'arrogants si on ne pense pas comme eux.
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  • Normand Chaput - Abonné
    14 mars 2007 21 h 41
    APOYO
    je n ai rien a rajouter d intelligent au debat mais en tant qu immigrant quebecois au Mexique, meme l ecole internationale de mon fils m a nettement laisse comprendre que j avais interet a travailler mon espagnol au plus sacrant, ¡leur patience a mon egard ayant atteint la limite! Alors j ai fait valoir ma demande d accomodement raisonnable mais je pense qu ils n ont pas encore integre le concept. Maudite gang de sous-developpes.
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  • David Boisclair - Abonné
    16 mars 2007 00 h 11
    Lire son journal, M. Francois Martin
    Avant d'écrire de telles inepties M. Martin, que vous pourriez d'ailleurs être tenté d'aller chercher au Fraser Institute, comme un de vos collègues, je vous suggère d'avoir "la fierté et le courage" de bien lire votre journal (entre autres choses):

    http://www.ledevoir.com/2007/03/14/134792.html

    Dites-le si vous n'êtes pas abonné; je vous enverrai le texte collé dans un message particulier. Ou abonnez-vous.
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